Haoues Seniguer : «Une nouvelle loi stigmatiserait encore plus les musulmans et pourrait en radicaliser certains»

L’affaire de la crèche Baby Loup a ravivé le débat sur le port de voile. Les Français y sont majoritairement opposés dans les lieux privés et certains élus souhaitent une nouvelle loi sur la laïcité. Pour Haoues Seniguer, docteur en science politique une nouvelle loi serait contre-productive car elle stigmatiserait encore plus les musulmans».

Le sentiment de rejet de l’islam [...] pourrait même, à terme, en radicaliser certains, en les amenant peut-être à répondre aux sirènes d’extrémistes de tout poil. Il ferait aussi le lit d’un esprit victimaire.

Personne n’est dupe. Ce sont l’islam et les musulmans qui seront une fois de plus pris pour cœur de cible. Ceci suscite d’ailleurs d’ores et déjà parmi les musulmans, y compris chez les plus modérés d’entre eux, le sentiment d’être toujours les victimes expiatoires du marasme socioéconomique ambiant ! […]

En pareil contexte, ce serait donc éminemment contreproductif de recourir de nouveau à la loi pour réguler le port des signes religieux. En effet, le sentiment de rejet de l’islam, aussi diffus soit-il, sans doute exagéré quelquefois, risquerait de s’enraciner durablement dans l’esprit de nos concitoyens de confession musulmane. […]

Il semblerait, aux yeux de certains, que visibilité des musulmans, en particulier des femmes musulmanes, rimerait nécessairement avec prosélytisme ou «islamisation» de la France. Or, c’est là que le bât blesse : aussi sincères soient-ils, les partisans d’une nouvelle loi donnent un blanc-seing indirect aux thuriféraires de l’identité française (les «identitaristes») qui prétendent que notre pays serait menacé par l’islam et ses fidèles. Pour ceux-là très précisément, le foulard illustrerait à merveille la marque de leur avancée inéluctable dans l’espace public et leur subversion maligne et progressive des traditions françaises. […]

Le Nouvel Obs

L’Observatoire de la laïcité de nouveau sur les rails

Promis depuis des années, jamais concrétisé, l’Observatoire de la laïcité, présidé par Jean-Louis Bianco, ancien ministre et ancien Secrétaire général de l’Eysée, verra le jour en 2013.

Quinze membres ont été nommés, dont quatre parlementaires : le député PS Jean Glavany, la députée UMP Marie-Jo Zimmermann, la sénatrice PRG Françoise Laborde et le sénateur UMP François-Noël Buffet. Ensuite une dizaine de membres (philosophe, chercheurs, juriste….) sont désignés «en raison de leur compétence et de leur expérience».

«Il y a un enjeu dans la personnalité qui sera désignée», notait, avant l’annonce du nom de Jean-Louis Bianco, un proche de la mission laïcité. «Deux écoles s’affrontent: d’une part l’école française classique qui vise à délimiter clairement des espaces de laïcité. D’autre part l’école plus anglo-saxonne dite d’accommodement raisonnable», notion inspirée d’Amérique du Nord selon laquelle on adapte certaines règles, sur le lieu de travail par exemple, pour permettre la pratique d’une religion. Un débat relancé suite au récent arrêt de la Cour de Cassation dans l’affaire Baby Loup.

«Ce que je souhaite, c’est qu’on dépasse ces deux visions», affirme pour sa part le sociologue Jean Baubérot, l’une des figures de cette approche d’accommodement raisonnable. Il attend donc de cet Observatoire une «conception équilibrée», et d’autre part, qu’il enclenche une «réflexion de fond sur la laïcité, à froid». «Il y a un usage hypertrophié du terme laïcité, mais une confusion sur ce que cela recouvre», estime le sociologue. Un point sur lequel chacun semble s’accorder.

Le Figaro

La laïcité doit être pensée «en fonction des nouvelles réalités sociales et économiques, de l’immigration et des banlieues»

Tribune d’Eric Decouty dans Libération sur la laïcité dans le secteur privé.

Un nouveau débat politique sur la laïcité va s’engager et il est nécessaire. Car même si l’affaire de la crèche Baby-Loup est une histoire singulière, la décision de la Cour de cassation d’annuler le licenciement d’une employée voilée, pose une question essentielle. En substance : le secteur privé est-il débarrassé de toute contrainte quant au respect de la neutralité religieuse, le service public restant le seul à garantir les principes de laïcité ?

C’est ce problème juridique que François Hollande s’est engagé à régler, jeudi soir, pour qu’un des fondements de notre République s’applique aux deux mondes de notre société.

Mais les politiques qui vont devoir animer le débat, ont une responsabilité considérable. Il s’agit de penser le principe de laïcité en fonction des nouvelles réalités sociales et économiques, de l’immigration et des banlieues. La laïcité dans notre République doit prendre en compte ces différences sans vouloir l’uniformité.

Mais il incombe surtout au gouvernement – qui a des combats économiques autrement plus difficiles à gagner – de dépassionner le débat à venir. Car si l’enjeu est d’importance, en France aujourd’hui, le principe de laïcité n’est pas directement menacé.

Toute dramatisation, toute politisation aurait pour effet d’annihiler la réflexion. Paradoxalement, la question laïque peut permettre à François Hollande d’illustrer la république apaisée qu’il vantait durant sa campagne.

Libération

Crèche Baby-Loup : Risques de faillite et menaces de mort pour avoir dit non au voile islamique (vidéo)

Désavouée par la justice, la crèche Baby-Loup de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) craint des risques de faillite. L’équipe de la crèche a eu le temps d’évaluer les conséquences de la décision de la Cour de cassation du 19 mars dernier. Elle avait estimé que le licenciement en 2008 d’une employée, au motif qu’elle refusait d’enlever le voile, était « discriminatoire ».

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A la crèche, les stéréotypes genrés se portent bien

Un rapport de l’Igas, remis ce jeudi matin à Najat Vallaud-Belkacem, préconise un «pacte éducatif pour l’enfance» pour améliorer l’égalité entre les filles et les garçons dès la naissance.

Comment diminuer la perpétuation des stéréotypes entre les garçons et les filles dès la petite enfance? C’est l’enjeu d’un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (Igas) remis ce jeudi matin par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem et que Libération a pu se procurer.

Pour les deux auteurs, les inspecteurs généraux Brigitte Grésy et Philippe Georges, à la crèche, «les pratiques, sous couvert de neutralité, confortent les stéréotypes». Si, dans la théorie, «il n’y aucune mention du caractère sexué des enfants dans les documents des collectivités territoriales et une affirmation de neutralité de la part des professionnelles», ils remarquent que des déséquilibres se créent malgré tout dans de nombreuses activités de ces lieux d’accueil.

(…) Libération

Seine-Saint-Denis : Le port du voile interdit à la Sécurité sociale

Alors qu’un arrêt de la Cour de cassation vient d’annuler le licenciement d’une salariée pour port de voile dans la crèche Baby Loup, mardi 19 mars, le même jour, un autre jugement de la Cour de cassation, moins médiatisé, a été rendu en défaveur des femmes voilées.

En clair, la justice réaffirme le droit pour les salariées du privé de porter le voile. Mais par contre, en plus de se voir fermer les portes des postes de la fonction publique, les emplois privés revêtant une mission de service public sont également fermés aux femmes voilées. La discrimination dont elles sont victimes dans le monde du travail est donc étendue.

En effet, dans l’affaire opposant une jeune femme voilée et son ex-employeur la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Seine Saint-Denis, la Cour a jugé que «les principes de neutralité et de laïcité du service public sont applicables à l’ensemble des services publics, y compris lorsque ceux-ci sont assurés par des organismes de droit privé». Elle a ainsi débouté la salariée qui dénonçait son licenciement pour port du voile islamique qu’elle portait en forme de bonnet. […]

Dans l’affaire Baby Loup, le fait que la crèche soit un établissement privée avait amené la Cour de cassation, à conclure, au contraire, que le licenciement d’une salariée voilée était une discrimination. […]

saphirnews

Saint-Ouen (93) : La première crèche qui nie la différence entre filles et garçons

Après la Suède, pays qui a largement développé les crèches «qui traite de façon indifférenciée les garçons et les filles», c’est au tour de la France dont la première crèche basée sur ce modèle a été ouverte à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis.

«La crèche Bourdarias s’inscrit [...] bien dans un projet global du gouvernement à agir sur les modèles éducatifs pour promouvoir dès le berceau l’indifférenciation des sexes». (Stéphane Clerget, pédopsychiatre)

Par l’ouverture de la crèche Bourdarias, «l’objectif assumé» du gouvernement est de «lutter contre les préjugés ‘sexistes’ dans l’éducation pour promouvoir l’égalité homme/femme » […]

genethique (Merci à Rozenwyn)

Ce soir sur France 2 : «Depuis trente ans, Mohamed, un habitant des quartiers populaires au chômage…»

A 20h45 sur France 2 programme un téléfilm « La crèche des hommes », avec Salim Kechiouche, Alex Fondja, Julien Courbey, Mhamed Arezki…

Synopsis : Depuis trente ans, Mohamed, un habitant des quartiers populaires au chômage, passe le plus clair de son temps à traîner dans le même hall d’immeuble, avec les mêmes personnes. Le quotidien dans sa cité n’est pas rose. Mohamed, qui a laissé depuis longtemps ses rêves de côté, est gagné par l’ennui et peine à se motiver.

Pourtant, autour de lui, la vie continue. Mohamed observe les mamans qui emmènent leurs enfants à la crèche, les jeunes actifs qui partent au travail, toute cette population qui a réussi et qui passe devant lui sans même le voir. Mais un jour, Mohamed décide de s’offrir un véritable avenir. Contre l’avis général, il entreprend d’ouvrir avec l’aide de ses amis une crèche sauvage dans le quartier…

programme-tv (Merci à riri22 )