«L’insécurité est un instrument de contrôle so­cial» (rediff)

[Précédente diffusion : juin 2009]
« On croit que l’insécurité est toujours et néces­sai­re­ment une calamité. C’est là une vue trop étroi­te du problème. L’insécurité joue un rôle important dans le maintien de la stabilité du système.

L’insécurité concourt par exemple à dé­mo­raliser les populations, et à les convaincre de la va­nité qu’il y aurait à vouloir s’opposer au « sens de l’histoire»  (tel que le définissent les autorités).

Elle a une fonc­tion rééducative : elle réduit les individus à l’impuissance et  les met dans l’incapacité de rien entreprendre contre la no­menklatura en place.

Bref, c’est un instrument efficace de contrôle so­cial. On lui est redevable de soustraire les autorités aux désa­gré­ments liés à une contestation ve­nue de la base.

On comprend dès lors le soin tout particulier que les autorités mett­ent à laisser se développer l’insécurité. Elles ne disent na­turellement pas qu’elles sont pour, mais elles s’emploient à la favoriser discrètement.

L’in­sécurité a une autre fonction péda­go­gi­que : celle d’habituer progressivement les populations à l’ab­sence de droit.

La croyance en l’existence du droit n’a de sens que dans un Etat de droit.

Dans un Etat qui n’est pas de droit, ou l’est de moins en moins, la croyance dans le droit perd évidemment tou­te raison d’être. A la limite même, elle passe pour sub­versive.»

Eric Werner – De l’extermination, Editions Thael – 1993.
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Éric Werner  est un philosophe suisse, docteur ès Lettres et ancien professeur de philosophie politique. Il a écrit plusieurs essais sur le système politique contemporain et la religion. Vidéo d’interview ici

Sur le même thème, lire :
Anarcho-tyrannie
Le billet de Father Mac : insécurité et contrôle des masses

Policiers de la bac frappés et encerclés lors d’un contrôle à Avignon

C’est un véritable piège dans lequel les policiers de la bac (Brigade anti-criminalité) d’Avignon ont été pris vendredi en début de soirée avenue Richelieu à Avignon, au cœur de la zone de sécurité prioritaire.

Vers 20 h, trois policiers en patrouille décident de contrôler les occupants d’un véhicule qui leur paraît suspect. En s’approchant, ils reconnaissant une forte odeur de produit stupéfiant. Les quatre individus à bord s’opposent au contrôle et très vite, les policiers sont pris à parti.

Des coups partent, un policier est atteint au visage et les assaillants tentent même de ceinturer les agents qui ripostent. Mais bientôt, une trentaine d’individus sortant de nulle part se regroupent autour des policiers et dégradent le véhicule des forces de l’ordre. [...]

Mais hier après-midi, nouveau rebondissement de l’affaire : les deux individus impliqués qui avaient été reconnus par les policiers se présentent au poste de police pour porter plainte pour violence…contre les policiers. Ils ont été immédiatement placés en garde à vue. [...]

Midi Libre

Merci à antibarbare

Arizona : Un juge autorise le début des contrôles au faciès

Un juge fédéral américain a donné son feu vert aux contrôles d’identité au faciès en Arizona (sud-ouest) pour lutter contre l’immigration clandestine, rejetant une plainte d’organisations de défense des droits de l’homme.

Cette disposition controversée avait été maintenue dans ce qui représente l’une des lois les plus répressives jamais votées contre les sans-papiers aux Etats-Unis et que la Cour suprême avait invalidée dans sa quasi-totalité en juin.

L’Union américaine contre les libertés civiles (ACLU) et d’autres organisations de défense des immigrés avaient demandé à la justice qu’elle soit bloquée dans l’attente de jugements au fond sur la constitutionnalité des contrôles d’identité. […]

«Cette décision impose d’énormes contraintes aux innombrables habitants d’Arizona qui seront les victimes d’un contrôle racial d’identité et de rétentions illégales, en raison de cette loi», a souligné Cecillia Wang, chargée des droits des immigrés à l’ACLU.

Le Forum national sur l’immigration a estimé que cette «position d’attente allait saper les droits fondamentaux des enfants d’immigrés nés aux Etats-Unis, des Hispaniques et des nouveaux Américains». […]

Tribune de Genève

Marseille : Un contrôle d’identité d’une femme intégralement voilée a «mal tourné» (màj info+audio 28/07)

Maj 28/07: Contrôle d’une femme voilée : la tension ne retombe pas à Marseille

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Le contrôle, mouvementé, mardi soir sur le boulevard National, d’une femme voilée, va-t-il se transformer en bras de fer entre les syndicats de police et la justice ? Ce simple contrôle d’identité sur la voie publique d’une jeune fille de 18 ans intégralement voilée a, en effet, provoqué en cascade d’autres procédures…

Quatre personnes, dont un mineur, avaient été interpellées et entendus dans les locaux du commissariat de la Division Nord. Audition à l’issue de laquelle elles étaient ressorties libre, après avoir reconnu les faits mais, aussi, affirmé avoir été également victimes de violences de la part des policiers…

Cette décision avait suscité la colère des syndicats de police, reprochant au Parquet « de ne pas avoir pris de mesure de garde à vue à l’issue des interpellations, dans un souci d’apaisement en période de ramadan ».

Et de regretter : « un mauvais signal à l’opinion alors que les violences contre les policiers sont régulières dans la ville ». « C’est exact mais incomplet, rectifie-t-on au Parquet. Les syndicats oublient l’aspect procédural. Ces personnes étaient en audition libre, on ne pouvait donc pas les déférer. Par ailleurs, on essaie d’avoir une réponse mesurée et proportionnée à la gravité des faits. Ces personnes ont reconnu les faits et se sont excusées ». [...]

Enfin, concernant les violences policières dont se plaignent certains mis en cause, le Parquet a indiqué avoir saisi « la commission de discipline ». Une enquête administrative a donc été ouverte.

La Provence

Les faits se sont déroulés dans la nuit de mardi à mercredi, à Marseille. Vers 0 h 45, alors qu’ils se trouvent à proximité de la mosquée es-Sunna, située dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne, des policiers aperçoivent une femme intégralement voilée. Ils décident de procéder à un contrôle d’identité, comme les y autorise la loi sur le voile intégral adoptée en 2010. Mais très vite les choses se gâtent.

«Les autorités les ont remises en liberté, car elles redoutent des troubles manifestes à l’ordre public. C’est un scandale», confie sous le couvert de l’anonymat un policier marseillais.

Louise-Marie, une jeune femme âgée de 18 ans, refuse de décliner son identité et, d’après les policiers, se met à pousser des cris, attirant une horde de curieux, empêchant ainsi tout contrôle. Une altercation éclate entre les forces de l’ordre et quelques hommes. Résultat : deux policiers blessés, un troisième mordu à la main par la jeune femme voilée. Des renforts arrivent alors sur place, quatre personnes – dont la jeune femme voilée – sont interpellées et placées en garde à vue. Elles seront finalement remises en liberté dans la nuit, avec à la clef une simple convocation. […]

Sollicitée par Le Point.fr, Nora Présozi, l’adjointe au maire de Marseille, fervente défenseuse de la laïcité et des droits des femmes, refuse d’entrer dans cette polémique. «Effectivement, ce quartier regorge de femmes voilées, mais peu importe. Si on veut éviter une situation explosive, les policiers doivent impérativement appliquer la loi. Chaque citoyen a l’obligation de se soumettre au contrôle d’identité quand la situation l’exige, comme c’est le cas dans cette déplorable affaire.»

Mais l’élue assume une certaine franchise. «Beaucoup de femmes vêtues de burqa cherchent l’affrontement avec les forces de l’ordre», assure-t-elle. «De ce fait, elles donnent une piètre image de l’islam, poursuit-elle. Or, pour les fins connaisseurs, la religion musulmane prône la paix et la tolérance.»

Le Point (Merci à alma)

Burqa/agression de policiers : « Y a pas de quoi en faire toute une polémique » (Benmarnia/RMC)

Les GG de RMC reviennent sur l’agression de policiers par des musulmans, suite à un contrôle d’une femme entièrement voilée. Nasséra Benmarnia (Union des familles musulmanes) met en garde contre toute stigmatisation et sous-entend un passe-droit pour les musulmans en période de ramadan. Marie-Anne Soubré, Claire O’Petit et Franck Tanguy n’en reviennent pas.

« C’est l’attitude d’une personne face aux forces de l’ordre qui a dégénéré, qui a entrainé des échauffourées, mais ça n’a rien avoir avec les musulmans. Il faudrait que ça s’arrête. C’est des jours de ramadan, on a autre chose à gérer qu’une polémique. » – Nasséra Benmarnia

Arizona : Le contrôle au faciès approuvé par la Cour suprême

La Cour suprême des Etats-Unis a approuvé une disposition très controversée d’une loi sur l’immigration de l’Arizona, le contrôle au faciès, marquant une défaite pour l’administration Obama qui lui avait demandé de la rejeter.

Dans une décision unanime des huit juges ayant participé au vote, la plus haute juridiction du pays a confirmé la mesure de contrôle au faciès de cette loi mais retoqué trois autres de ses dispositions : l’obligation pour tout immigré de pouvoir présenter des papiers à tout moment, l’interdiction de travailler ou de rechercher un emploi en l’absence de papiers et l’arrestation sans mandat de tout individu soupçonné d’être clandestin.

Elle n’a en revanche pas retoqué la disposition de la loi autorisant des contrôles sans motif du statut migratoire de toute personne.

Le Figaro

Un contrôleur CGT de la SNCF : « Les agressions physiques se multiplient »

Contrôleur, Thomas Joussant, délégué CGT, dénonce la situation de plus en plus préoccupante à bord des trains en raison de la multiplication des agressions physiques.

Le Parisien : La réaction des contrôleurs SNCF après l’agression de jeudi révèle-t-elle un malaise plus profond ?

Thomas Joussant :  » Ce fait divers est très clairement un révélateur. Depuis le début de l’année, nous constatons une dégradation très nette et sans précédent de nos relations avec les voyageurs. Il y a de plus en plus d’outrages verbaux. Les agressions physiques, même si elles restent marginales, se multiplient. Ce phénomène ne touche pas les seuls trains de banlieue ou les TER, mais l’ensemble du réseau, grandes lignes et TGV inclus. » (…)

Interview complète dans Le Parisien

Paris : Un policier traîné par une voiture lors d’un contrôle

Une nouvelle fois, un banal contrôle routier a failli se terminer en drame.

Les faits se sont produits dans la nuit de samedi à dimanche en plein Paris vers 2h00 du matin. Deux policiers sont en train d’effectuer des contrôles routiers place de la Concorde à Paris, lorsque l’une des voitures sur le point de se faire contrôler «démarre brusquement lorsque l’un des policiers est à sa hauteur», a assuré l’une des sources. Accroché, le policier est alors «traîné sur plusieurs mètres», mais n’a pas été blessé. Son collègue, qui se trouve en retrait de la scène, a alors fait usage de son arme à feu et tiré «en direction de la voiture en train de prendre la fuite». [...]

Le Parisien

(Merci à Aurelius)