Printemps arabe-Egypte : le retour du pharaon ?

Les Egyptiens retournent aux urnes pour choisir leur Président. En l’absence d’une nouvelle constitution et d’un parlement, le chef de l’Etat aurait un pouvoir quasi illimité.

http://img841.imageshack.us/img841/9162/45295449.jpg

(…) Les Egyptiens ne sont pas redescendus dans la rue malgré les appels de plusieurs mouvements contestataires. Les raisons de protester ne manquent pourtant pas. Jeudi, la Cour constitutionnelle a invalidé la loi électorale et dissout du même coup le premier parlement démocratique de l’histoire de l’Egypte. Dans la foulée, les 19 « sages » ont rejeté un autre texte instituant l’inéligibilité des caciques de l’ancien régime. Conséquence : sur le plan juridique, plus rien ne s’oppose à la désignation à la Présidence, dimanche soir, du général Ahmed Shafiq, ex premier ministre de Hosni Moubarak.

Dernier coup dur pour les révolutionnaires et les démocrates : à peine la loi d’urgence levée, le ministre de la Justice a redonné aux militaires le droit d’arrêter des civils. « Retour à la case départ » titre le journal indépendant, al-Shourouk. Même Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, s’est émue de ce grand pas en arrière.

Tout en dénonçant un « pustch » légal, les Frères musulmans n’ont pas appelé à des manifestations de masse. Car ils espèrent toujours faire gagner leur candidat, Mohammed Morsi, arrivé en tête au premier tour, avec 24,3% des suffrages, soit un point de plus qu’Ahmed Shafiq. « Isolons le représentant de l’ancien régime à travers les urnes », proclament-ils dans un communiqué.

Mais en cas de défaite, les islamistes qui détenaient 70% des sièges à la chambre basse (confrérie et salafistes confondus), auront alors tout perdu. « Quel que soit le vainqueur, il y aura des troubles. Si Shafiq l’emporte, l’opposition va se liguer contre lui. Si c’est Morsi, l’armée et la police laisseront le désordre s’installer », prédit Abdallah el-Senawy, un grand chroniqueur proche des nassériens qui n’exclut pas à terme une seconde « révolution », voire « un coup d’état ».

En l’absence d’une nouvelle constitution et d’un parlement, le prochain chef de l’Etat disposera de pouvoirs quasi illimités, à faire pâlir d’envie un Hosni Moubarak. « Ce sera comme élire un empereur », écrit l’ancien candidat libéral, le prix Nobel Mohamed el-Baradei sur son blog. Ou un pharaon ? (…)

Le nouvel Observateur

F. Hollande : suppression du mot « race » de la Constitution (rediff.)

Rediffusion 10/03/12

François Hollande, candidat socialiste à la présidentielle, a annoncé aujourd’hui qu’il demanderait au Parlement de supprimer la mention de race dans la Constitution française s’il était élu.

« Il n’y a pas de place dans la République pour la race. Et c’est pourquoi je demanderai au lendemain de la présidentielle au Parlement de supprimer le mot « race » de notre Constitution » où il figure dans son article premier, a-t-il déclaré lors d’un meeting consacré à l’Outre-mer à Paris.

Le Figaro

_______________
Lu sur Twitter :

« C’est quoi une origine? Moi je suis de nulle part et de partout » (vidéo et màj)

Addendum du 08/04/2012 :

Le Film dans son intégralité. La Licra a souhaité prendre part au débat dans cette campagne électorale qui se déroule sur fond de crise économique et de danger extrémiste.

Lire la suite

Egypte : Les islamistes dominent la commission constituante

Le Parlement égyptien a désigné essentiellement des islamistes au sein de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, lors d’un vote dont les libéraux tentaient dimanche d’obtenir l’invalidation, selon la presse officielle.

Les libéraux redoutent que les islamistes essaient d’imposer des références plus explicites à l’islam dans la nouvelle Loi fondamentale, malgré les déclarations rassurantes du PLJ.

Samedi, les élus libéraux avaient refusé de participer au vote, accusant leurs collègues islamistes qui dominent l’assemblée de vouloir composer une commission à leur image plutôt qu’à l’image du pays. […]

Selon la presse, 37 des 50 parlementaires élus ainsi qu’un grand nombre de non-parlementaires sont islamistes. La commission ne compte que six femmes et quelques Coptes (chrétiens d’Egypte), dont l’un, Rafiq Habib, appartient au Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans.

France Soir

Constitution : Sarkozy demande des excuses à la Licra

Nicolas Sarkozy a demandé aujourd’hui au président de la Licra Alain Jakubowicz de «revenir» sur les propos «blessants» qu’il a tenus à son encontre au sujet de sa proposition de supprimer le mot «race» de la Constitution, dans une lettre rendue publique par son état-major.

«Je vous demande (…) de bien vouloir revenir publiquement sur vos propos, blessants autant qu’inexacts, s’agissant de ma supposée proximité idéologique avec la présidente du Front National», écrit le candidat UMP à l’élection présidentielle. […]

Dans sa lettre au président de la Licra, M. Sarkozy explique que «la poursuite d’actes odieux commis à raison de l’appartenance supposée de la victime à un groupe humain exige la présence, dans notre Constitution, comme c’est le cas à de multiples reprises dans notre code pénal, de la mention explicite du motif de ces actes». […]

Le Figaro

Caroline Fourest : «Le racisme existe, pas les ‘races’»

Caroline Fourest revient sur l’éventuelle suppression du mot «race» dans la Constitution.

Le droit à la différence part du principe que les humains sont différents, en raison de leur couleur de peau et de leur origine ethnique, mais qu’il faut les traiter équitablement. C’est la tournure prise par l’antiracisme américain, parfois plus efficace mais aussi moins subtil que l’antiracisme français. […]

En France, le défi est différent. L’antiracisme de ces soixante dernières années ne s’est pas construit face à la ségrégation mais face à l’extermination. En refusant les catégories du nazisme. […]

Le Monde

Rioufol, le mot ‘race’ : « traquer les mots c’est porter atteinte à l’intelligence » (RTL)

RTL ‘langue de vipère’ le 15/03/2012

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Juppé : Supprimer le mot race est « une mauvaise réponse à un vrai problème »

Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a jugé dimanche que la proposition de François Hollande de supprimer la mention race dans la Constitution était « une mauvaise réponse à un vrai problème. »

« Faute d’agir, on change les mots » a-t-il estimé en réaction à la proposition lancée samedi par le candidat socialiste. « Il s’agit de lutter contre le racisme. On va supprimer une disposition qui est antiraciste? Et je vous rappelle qu’elle figure dans la déclaration universelle des Droits de l’homme et du citoyen. C’est une mauvaise réponse à un vrai problème » a-t-il ajouté.
Interrogé sur l’immigration, M. Juppé a qualifié de « position parfaitement équilibrée » celle de Nicolas Sarkozy, évoquant « le terrorisme intellectuel » de l’époque. « Vous prononcez le mot immigration et vous êtes classé à l’extrême droite, c’est fabuleux ! » a-t-il dit.

Le Parisien