Sénat. Texte sur l’emploi : Le gouvernement demande un «vote bloqué», les communistes quittent l’hémicycle

Les sénateurs communistes, furieux du déroulement du débat sur le projet de loi sur l’emploi, ont retiré ce soir tous leurs amendements et quitté la séance. Alors qu’ils défendaient pied à pied leur position hostile au texte en multipliant les prises de parole, le gouvernement a décidé de demander un vote bloqué, procédure parlementaire qui empêche le vote sur chaque amendement au profit d’un vote global à la fin de l’examen de tous les amendements.

«C’est un acte grave qui ne restera pas sans conséquences et sans lendemains, nous n’acceptons pas cette parodie de débat», a lancé la présidente du groupe CRC (communiste) Eliane Assassi.

«Vous ne vouliez pas d’un débat au Sénat. Vous avez choisi de mettre fin au débat de manière violente, excessive», «alors que nous vous démontrions point par point que ce projet de loi, l’accord qu’il reprend, est un accord largement favorable aux intérêts patronaux», a-t-elle ajouté. Les sénateurs communistes avaient déposé plus de 400 amendements. […]

La gauche ne dispose que de six voix d’avance au Sénat et le gouvernement y a besoin de toutes ses composantes pour faire passer ses textes. Le groupe CRC, fort de 20 membres, a déjà fait échouer l’examen de plusieurs projets de loi au Sénat, comme les lois de finances pour 2013 ou la réforme des scrutins locaux.

Le Figaro

Onfray défouraille sur les communistes pendant la guerre (Canal+)

Canal +, « Salut les terriens », 2/03/2013

« Pendant deux années, les communistes français ont collaboré car ils considéraient que les nazis et les communistes avaient des ennemis en commun : les Juifs, la bourgeoisie, le capital, les Anglais et le général de Gaulle. (…)

Guy Môquet n’est pas en prison pour acte de résistance mais pour faits de collaboration et de défaitisme. »

A propos de l’appel du 10 juillet 1940 évoqué par Michel Onfray, lire l’article de Wikipediavoir également la reproduction de l’exemplaire faux puisqu’antidaté, de l’Humanité

Onfray

Michel Onfray, Les consciences réfractaires : Contre-histoire de la philosophie, tome 9. Disponible sur Amazon

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Quand le PCF voulait « arrêter l’immigration »

Il y a 30 ans, Georges Marchais n’avait pas peur des mots.

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Un maire de banlieue parisienne a suspendu quatre animateurs d’une colonie de vacances qui avaient jeuné pendant le Ramadan, arguant d’une possible mauvaise condition physique. Cet édile a reçu le soutien du FN. Mais devant la bronca, il a finalement décidé de ne plus imposer aux animateurs de s’alimenter en août « pour apaiser le débat ». Or, cet élu n’est pas un fan de Claude Guéant ou un sympathisant de Riposte Laïque, c’est Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers et membre du… PCF.

Jacques Bourgoin s’est déjà fait connaître en mars 2011 en imposant un couvre-feu aux mineurs de sa ville après la mort d’un jeune dans des violences entre bandes rivales. Une telle fermeté vient-elle d’une quête des voix FN ? Bourgoin n’en a pas spécialement besoin. A Gennevilliers, Marine Le Pen n’a recueilli que 10,71% des voix à la présidentielle (contre 17,9% au plan national), à l’inverse Mélenchon a obtenu 28,04% des voix et Hollande 40,30%.

Autre élu PCF aux positions atypiques : Patrice Carvalho, député-maire de Thourotte. Ce dernier s’est opposé au droit de vote des étrangers en des termes forts.

« L’intégration ne se fait pas par le vote, mais en parlant la langue et en participant à la vie collective », avait-il clamé dans Le Monde, dénonçant « les dames qui ont des foulards sur la tête et qui ne parlent pas français ».

Mais à l’inverse de Bourgoin, Carvalho est soumis à une forte concurrence du FN. Il a été élu député en juin dans une triangulaire avec l’UMP et FN et Marine le Pen a obtenu 25,54% des voix dans sa ville lors de la présidentielle.

Il y a aussi le cas d’André Gérin, ex-député de Vénissieux qui fut un fervent partisan de l’interdiction du voile intégral.

En juin 2011, il avait publié un billet sur son blog estimant que « l’immigration n’est pas une chance pour la France » et que « limiter y compris l’immigration régulière devient vital face une situation intenable et explosive dans des centaines de villes populaires ».

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Gennevilliers : Animateurs suspendus pour ramadan, une peur de l’islam ?

La décision prise par la municipalité de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) de suspendre quatre animateurs de colonie de vacances qui avaient effectué le jeûne durant leurs heures de travail a suscité incompréhension et indignation chez les musulmans. Pour le site saphirnews, cette affaire révèle une cassure plus profonde entre la mairie communiste et les «jeunes issus de l’immigration».

Les bénévoles associatifs, fils et filles d’immigrés, ne se sentent pas reconnus par les élus communistes de Gennevilliers. Marginalisés par la municipalité, ces derniers n’ont pu être intégrés dans le paysage politique. Aucune place ne leur a été donnée.

Face à ce tollé, le maire communiste Jacques Bourgoin a décidé le 31 juillet de faire marche arrière. [...] «Depuis deux jours, cette décision est sujette à incompréhension. Elle est par ailleurs l’otage soit de manœuvres politiciennes, soit d’interprétations religieuses que nous ne souhaitons pas. (…) Nous subissons de façon injuste des polémiques totalement éloignées de nos convictions antiracistes et de notre engagement contre les discriminations», déplore la mairie. […]

Cette décision reste purement discriminante pour les musulmans. La mairie de Gennevilliers avait d’ailleurs obtenu le soutien du Front national, heureux qu’une ville se positionne clairement contre les pratiques religieuses musulmanes.

Incompréhensible pour une gauche qui défend des valeurs de tolérance d’autant plus que les musulmans votent en majorité pour elle.

Cet épisode risque, par ailleurs, de creuser un fossé encore plus large entre la municipalité de Gennevilliers et sa population issue de l’immigration. Dans son ouvrage La Gauche et les Cités : enquête sur un rendez-vous manqué (La Dispute, 2003), Olivier Masclet,actuellement maître de conférences en sociologie à l’université Paris Descartes, relève déjà une fracture entre ces deux mondes. […]

Pour protester contre une stigmatisation de plus, la communauté musulmane s’organise. Une manifestation et la rupture du jeûne devant la mairie de Gennevilliers sont prévues samedi 4 août.

saphirnews

«Le Front de Gauche est un mouvement républicain, contrairement au FN»

Pour Bruno Belliot, professeur d’histoire, membre du cabinet du Maire de Choisy le Roi, «les communistes, aujourd’hui comme hier, se situent dans la République».

Pour De Gaulle […] c’était la reconnaissance du rôle éminent joué par les communistes dans la lutte pour l’indépendance nationale, dans la Résistance, alors même que de nombreux hommes politiques de la droite républicaine et de l’extrême droite s’étaient vautrés dans la collaboration la plus abjecte avec l’ennemi.

A la veille du second tour des législatives, M. Juppé, ancien premier ministre, maire de Bordeaux, voulant justifier le «ni-ni» de l’UMP pour refuser le désistement républicain face au Front national, s’est permis de traiter les membres, les sympathisants et les candidats du Front de Gauche «d’excités mélenchonnistes». Il reprenait ainsi des propos déjà lancés sur France Inter et par l’ensemble des ténors de la droite dite républicaine sur tous les médias français.

Que les leaders de la droite populaire argumentent ainsi, ce n’est guère étonnant, qu’un gaulliste déclaré le fasse, voilà qui en dit long sur l’état de l’ensemble de ce courant de pensée. […] Je voudrai donc rappeler à M. Juppé un fait historique sans doute enfoui au fond de sa mémoire. Le général de Gaulle, dont il se dit l’héritier, n’a-t-il pas reconnu le Parti communiste français (PCF) comme parti républicain ? […]

Le Monde

« Les communistes et l’extrême-droite, ce n’est pas tout à fait pareil dans l’Histoire de France » (RMC)

Christophe Jackubyszyn analyse l’accord possible entre l’UMP et le Front National aux législatives. Il estime qu’un accord UMP/FN est différent d’un accord PS/extrême-gauche.

« En 45, les communistes ont fini la guerre dans le maquis, l’extrême-droite du côté de l’occupant. » – Christophe Jackubyszyn

Témoignages : Pourquoi ils militent pour Mélenchon

Jean-Paul, Annick, Stéphanie, Audrey, Dereck, Gérard, Philippe… témoignages de militants qui ont rejoint Mélenchon pour cette campagne.

Ils attendent tranquillement l’ouverture du Zénith de Clermont-Ferrand pour le meeting de Jean-Luc Mélenchon, mercredi. Jean-Paul et Annick, deux jeunes retraités d’EDF, voteront pour lui au premier tour. «Les idées qu’il défend nous convainquent, et on a vraiment envie de changement, là… D’un bon changement. Un seul mandat pour Sarkozy, ça suffit», dit Jean-Paul. En 2007, lui a voté Marie-George Buffet ; elle Olivier Besancenot. […]

Charlène, 29 ans, salariée, et Audrey, 22 ans, étudiante.

Pour toutes les deux, Mélenchon est le premier homme politique qu’elles viennent voir en meeting. Pourquoi lui ? «Il a l’air de bien parler», dit Charlène. Pour Audrey, qui finit de rouler sa cigarette, ce sera son premier vote à une présidentielle. Elle reste inquiète à l’idée de voir un 21 avril se renouveler. Mais si elle choisit de voter «par conviction», ça irait «plus vers Mélenchon» : «Sur le social, l’écologie, l’économie… Il est plus crédible que d’autres partis.» […]

Dereck, 22 ans, étudiant, et son père Gérard, 58 ans, cadre.

«Même si des fois Mélenchon est excessif, il faut faire comprendre à Hollande qu’il doit être près du peuple. Et il ne faut pas qu’il ait peur de taxer le pognon !» dit Gérard, conseiller municipal d’une petite commune proche de Clermont-Ferrand et cadre au sein d’un grand groupe agroalimentaire. […]

Philippe, 53 ans, ancien cadre dirigeant dans un grand groupe.

[…]Au début je n’étais pas trop à l’aise avec Mélenchon, je le trouvais agressif, violent. J’ai basculé à la fin de l’année, quand il a fait une campagne plus posée et aussi plus axée sur la dénonciation de l’imposture FN.

Dans ma vie professionnelle, j’ai vu les effets de la financiarisation, le moment où le profit immédiat est devenu l’objectif numéro 1. On ne s’occupait plus que des actionnaires au détriment des collaborateurs, ou des clients. La gangrène s’est propagée. Je sais qu’on a besoin de solutions radicales. Mélenchon a ce niveau de radicalité.»

Libération

Ahmed Ouyahia critique la pénalisation des injures envers les harkis

Le patron du Rassemblement national démocratique (RND, au pouvoir) algérien Ahmed Ouyahia a critiqué samedi la proposition de loi visant à pénaliser en France la diffamation et l’injure envers les harkis, des supplétifs musulmans qui ont servi dans l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

La proposition de loi pénalisant l’injure envers les harkis « ne vise qu’à imposer l’image d’un colonialisme civilisé », a déclaré M. Ouyahia, également Premier ministre, à Oran (430 km à l’ouest d’Alger) dans un discours à l’occasion du 15e anniversaire de la création du RND.

Ce texte « ne peut effacer ou faire oublier la barbarie à grande échelle ayant causé la mort de millions d’Algériens. Nous avons nos martyrs, vous avez vos traîtres », a ajouté M. Ouyahia.

«Le colonialisme français a été sauvage et barbare, du début jusqu’à sa fin et l’histoire ne peut et ne doit retenir que ces aspects », a-t-il encore dit.

La proposition de loi prévoit que, pour l’application de la loi de 1881 sur la liberté de la presse qui punit la diffamation et les injures, les formations supplétives sont considérées comme faisant partie des forces armées.

Ainsi, elle sanctionne de 12.000 euros d’amende l’insulte et de 45.000 euros la diffamation. Elle permet aussi aux associations de défense de se porter partie civile.

Le 19 janvier, le Sénat, à majorité de gauche, avait adopté cette proposition de loi à l’unanimité, sauf les sénateurs communistes qui n’ont pas pris part au vote.

La commission des Lois de l’Assemblée nationale a adopté le 8 février à la quasi-unanimité la proposition de loi.

Un grand nombre de harkis ont été massacrés à l’indépendance tandis que d’autres ont fui vers la France où ils ont été parqués pendant des années dans des centres de transit. Ils forment aujourd’hui une communauté, descendants compris, de 500.000 personnes.

L’Expression

Jean-Luc Mélenchon pour le «respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance»

Jean-Luc Mélenchon et les communistes ont leur propre Livre rouge. Le Front de gauche et son candidat à la présidentielle publient ce mercredi en librairie leur programme pour la présidentielle – L’humain d’abord (Librio)

Parmi les propositions de Jean-Luc Mélenchon : 35 heures, Smic à 1700 euros, salaire et revenu maximum, construction de 200 000 logements sociaux, doublement de l’aide de l’État aux actions de prévention et d’aide sociale, respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance, retour à la retraite à 60 ans, blocage et encadrement des loyers …

[…] L’immigration zéro est un mythe qui divise et affaiblit notre pays. Même s’ils seront peut-être moins importants que dans le passé, la France continuera à connaître comme tous les pays du monde des flux migratoires […] Nous rétablirons la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial […] Nous régulariserons les sans-papiers dont le nombre a augmenté du seul fait des réformes de la droite […] Notre vision de l’avenir de la France s’appuiera sur un nouveau Code de la nationalité, fondé sur le respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance et sur un droit à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir la nationalité française au-delà de cinq ans de résidence.»

Libération

Jean-Luc Mélenchon, «piètre démocrate», un barrage face au FN

Le 18 juin, Jean-Luc Mélenchon a été investi candidat du Front de gauche pour la présidentielle de 2012. Pour la Tribune de Genève, ce «populiste salutaire» ferait «du bien à la démocratie» s’il parvenait à faire barrage à Marine Le Pen.

Les quelques pourcentages de voix que prendrait Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen empêcheront peut-être la candidate frontiste de figurer au second tour de l’élection présidentielle.

L’Histoire tourne souvent à la farce cruelle. L’un des derniers vestiges du stalinisme européen, le Parti communiste français (PCF), vient de se donner pour candidat à l’élection présidentielle de 2012 un ancien militant trotskiste [et ancien membre du Parti socialiste (PS)], Jean-Luc Mélenchon, sous la bannière du Front de gauche. […]

L’extrême gauche sera donc représentée par un seul candidat sérieux en 2012, qui développe dans sa propagande les thèmes du populisme sur une musique marxiste. Excellent orateur, Jean-Luc Mélenchon n’a pas son pareil pour ironiser sur les «belles personnes» et stigmatiser la connivence politico-médiatique. Son slogan préféré : «Qu’ils s’en aillent tous» doit sonner comme du Rouget de Lisle aux oreilles des électeurs du Front national (FN). C’est d’ailleurs en cela que la candidature de Mélenchon est une bonne nouvelle pour la démocratie. Cela ne signifie certes pas que le patron du Parti de gauche soit devenu un grand démocrate. Il sacrifierait volontiers la démocratie sur l’autel de la lutte anticapitaliste, répétant ainsi la tragique erreur de Lénine. Mais à la gauche d’un PS dont le programme est d’une fadeur toute gouvernementale, Jean-Luc Mélenchon peut attirer vers lui une partie de ces classes populaires qui se sentent aussi méprisées par le PS que par l’Union pour un mouvement populaire (UMP).

Le monde est secoué par le frisson de l’indignation, du ras-le-bol devant l’impuissance politique vis-à-vis des agences de notation et autres spéculateurs sans visage. En France, cette indignation augmente chaque jour de volume. Or il est malsain qu’elle ne soit captée que par l’extrême droite dont le programme se limite à la haine de l’autre.

Courrier international

Crise du logement: les solutions de la gauche

Objectif 2012. Pour sa deuxième édition, les Etats Généraux du logement -qui représentent 33 organisations du secteur- ont voulu interpeller ce mercredi les politiques pour faire de l’habitat une priorité de la présidentielle. Une enquête TNS-Sofres révèle que 69% des Français pensent que l’action des pouvoirs publics en matière de logement est insuffisante. Ils sont aussi 33% à juger trop importantes les dépenses consacrées à l’habitat.

Difficile de savoir si le logement sera effectivement un thème central de la campagne, mais les partis politiques de gauche assurent déjà en faire une priorité. « Le logement cher est-il une fatalité ? », interrogeait l’une des tables rondes. « Non, c’est une question que l’on peut traiter par une volonté politique au niveau national », a martelé Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV). Socialistes, écologistes et communistes ne préconisent d’ailleurs pas un effort budgétaire massif pour vaincre la crise du logement. Les dépenses resteraient quasiment inchangées, à 2% du PIB contre 1,96% cette année. Mais une série de décisions politiques réorienteraient les aides vers des publics précis, tout en régulant mieux le marché.

[...]

L’Expansion