Europe et « autoracisme » : « Nous avons renoncé à survivre »

Tandis que notre continent Europe, frappé en son cœur civilisationnel, la Grèce en banqueroute, sombre corps et biens, nous, ses habitants, européens, avons renoncé à survivre.

Nous voulons notre propre fin. Nous nous considérons comme illégitimes au monde. Nous sommes à nos propres yeux le mal incarné. Nous ne souhaitons rien laisser de nous à nos enfants. Nous ne sommes même pas dignes, à nos propres yeux, d’avoir une descendance. Nous sommes pour nous-mêmes, et pour tous, la plaie ancienne du monde, qu’il convient de suturer. Nous sommes la trace baveuse laissée par l’escargot de l’histoire. Nous sommes les feuilles mortes de l’arbre-univers. Nos propres amis pensent de nous ce que pensent nos ennemis. Nous pensons de nous ce que pensent nos ennemis. Nous sommes nos meilleurs ennemis. Nous sommes à l’origine des malheurs du monde. Tout le mal du monde vient de ce que nous faisons ou ne faisons pas. Et le bien que nous avons pu faire ou ne pas faire s’est perdu dans l’histoire. [...]

Boulevard Voltaire

La stratégie ? L’appel au sursaut national face à l’invasion

Tribune libre de Paysan Savoyard

Pour les patriotes, les scrutins de 2012 se sont soldés par un échec. Dans ce contexte, plusieurs stratégies sont envisageables.

Laissons de côté celles qui nous paraissent relever de l’illusion. Miser sur l’implantation locale et les élections municipales ? Chimère nous semble-t-il : il sera aussi difficile de faire élire des maires de grandes villes « patriotes » que le président de la république lui-même car les raisons qui freinent la progression du FN au plan national jouent tout autant localement.

Compter sur l’aggravation de la situation économique et sociale et sur l’accroissement de la délinquance pour provoquer une réaction de l’opinion ? Nous n’y croyons pas pour notre part : les difficultés de vie quotidienne que rencontrera dans les années qui viennent une proportion croissante de la population provoqueront plus probablement le repli sur soi et l’exacerbation d’un individualisme craintif plutôt qu’une mobilisation collective.

Miser sur un autre parti que le Front national, déjà existant ou à créer ? Il nous paraît pour notre part plus prudent pour les électeurs patriotes que nous sommes de fonder les quelques espoirs qui subsistent sur un parti implanté depuis quarante ans plutôt que sur une structure embryonnaire qui mettra des décennies à acquérir une certaine notoriété.

Renouveler le nom, le profil des cadres et l’organisation du Front national ? Certaines adaptations seraient peut être utiles, mais les obstacles majeurs à la croissance du vote « patriote » ne tiennent pas, à notre avis, aux questions d’appareil ou de personnes.

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Ivan Rioufol : «La droite doit aussi répondre à la crise oubliée de la nation»

Bloc-notes de Ivan Rioufol dans le Figaro.

Rien n’est plus urgent, à côté du désendettement public, que de renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens à la France héritière de 1 500 ans d’histoire et à la civilisation européenne, berceau des émancipations. Des décennies de désinvoltures sont à corriger.

L’installation de Marine Le Pen dans le tiercé de 2012, avec Nicolas Sarkozy et François Hollande, rappelle l’autre crise qui la porte : celle de la cohésion nationale. Le vivre ensemble, bousculé par l’immigration de peuplement, a un avenir incertain. Or le sujet est sous-évalué par les politiques qui peinent de surcroît à admettre leurs responsabilités dans la crise économique qui frappe l’État dépensier. […]

L’irruption des réalités dans le confort politique est un tsunami qui va tout emporter. Les remplacements, en Grèce puis en Italie, des dirigeants par des technocrates et des comptables sont les premiers épisodes d’une révolution systémique poussée par l’entêtement des faits. Dans cette valdingue des utopies, la droite française en sortira amochée. […]

Le Figaro

Sainte Lucie en Suède

Le 13 décembre, jour de la Sainte Lucie, on peut voir dès l’aube dans les rues de Stockholm des jeunes filles blondes qui défilent revêtues de manteaux de fourrure blanche. Dans tous les villages et dans les écoles on élit et on couronne une Sainte Lucie.

Le soir, elles défilent toutes dans les rues en chantant le traditionnel « Sankta Lucia ». Elles sont accompagnées de garçons déguisés en Rois Mages qui portent des chapeaux pointus parsemés d’étoiles dorées, comme Merlin. Il y a des défilés et des fêtes toute la journée et même des concours de Lucie.

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Humanisme, Lumières, haine de la civilisation européenne

Tribune libre // Parmi les courants de pensée qui ont contribué à faire naître au sein de la société française un sentiment de rejet de notre propre civilisation et un désir d’autodestruction, l’idéologie de l’Humanisme et des Lumières a joué un rôle prééminent.

La modernité : une idéologie de rupture

Au 18e siècle, le mouvement philosophique des Lumières débouche sur la révolution française. A la faveur des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, les idées des Lumières gagnent l’Europe et bouleversent les sociétés française et européennes : fixée depuis près de mille ans, la société traditionnelle cède la place à la modernité. La rupture porte sur chacun des cinq piliers qui en constituaient l’armature :

La société traditionnelle était centrée sur le groupe. L’individu n’était pas absent mais il devait tenir, à sa place, son rôle dans l’organisation sociale, laquelle reflétait les volontés divines. La modernité est au contraire axée sur l’individu, dont elle célèbre la liberté et les droits et promeut l’épanouissement. Ouvrant la voie aux Lumières, l’Humanisme de la Renaissance avait opéré la rupture initiale, en attribuant à l’Homme la position centrale que Dieu occupait jusque-là.

La société traditionnelle « organique » était par nature inégalitaire : Lire la suite