Les États-Unis jouent les pères Noël dans le Pays de Gex

L’éclat de rire de Lashawn, un an, qui joue avec le canard en plastique qu’il a reçu. L’émerveillement d’Hilma, quatre ans, quand elle ouvre son paquet et découvre sa poupée. La question de Noah Mohammed, cinq ans, à sa maman : « Je peux l’ouvrir ? ». « Oui, mais seulement si tu me promets de bien travailler à l’école », répond la jeune Sénégalaise. Pour ces parents, qui étaient ou sont encore sans-papiers, c’est un soulagement de voir leurs enfants heureux.

Hebergeur d'image

Mercredi après-midi, le Cimade du Pays de Gex (Comité inter-mouvements auprès des évacués, une association nationale qui se consacre à l’accompagnement des étrangers migrants) organisait un goûter et une distribution de cadeaux. [...]

Un goûter était également organisé. Un morceau de gâteau à la main, la petite Makbule reste très sérieuse. Trop peut-être, pour une fillette de 4 ans et demi. Sa maman, Muhteber, est arrivée de Turquie en 2003.

Et depuis, elle et son mari sont en cours de régularisation. Un quotidien difficile. Heureusement, ils sont aidés dans leurs démarches administratives par le Cimade et par Émilie, 28 ans, leur belle-sœur, qui a connu cette situation avec son mari (le frère du mari de Muhteber).

« La peur est quotidienne, raconte-t-elle. Être toujours enfermé à la maison, avoir peur même quand on fait les courses, ce n’est pas facile » raconte-t-elle. [...]

Le Dauphiné Libéré

Merci à Mielrubis

Les associations de sans-papiers manifestent devant le PS de l’Hérault

Ils veulent montrer leur mécontentement vis-à-vis du gouvernement, qui selon plusieurs associations, la Cimade notamment, n’a pas changé de cap par rapport à la politique de Nicolas Sarkozy.

France 3 Languedoc Roussillon

Lille : les sans-papiers grévistes de la faim hospitalisés

La petite quarantaine de sans-papiers lillois qui étaient encore grévistes de la faim la veille ont été pris en charge par les services de santé lundi, au lendemain de l’arrêt du mouvement, selon des sources concordantes. [...]

Dans un communiqué, le CSP 59 (Comité des sans-papiers) notait qu’après 70 jours «le préfet prend en compte la grève de la faim à travers les expressions +calendrier échelonné,  bienveillant, minimum de dossiers+ et +examiner avec humanité+ par le biais des associations» en charge d’une sortie de crise.

Dans leur dernier communiqué, ces associations (Emmaüs, CCFD-Terre Solidaire, Cimade, Secours Catholique) précisaient qu’elles trouvaient «intéressantes les dernières propositions du préfet consistant à délivrer un récépissé de séjour aux personnes grévistes». «Ce délai de séjour provisoire permettrait ainsi à ces personnes de reprendre une alimentation, de se rétablir, de recevoir les soins et le suivi médical dont elles ont besoin», expliquaient-elles.

Selon Amar, les sans-papiers vont désormais déposer 20 dossiers par jour, 10 le matin et 10 l’après-midi, «pour ne pas chambouler la préfecture». «On nous a dit que l’étude des dossiers serait faite dans les 15 jours, après on verra la suite»,  souligne-t-il. Quelque 147 dossiers sont sur la liste.

Nord éclair

Merci à Intro… Unleashed (Upon Mankind)

Strasbourg : les cercles du silence solidaires vont continuer (vidéo)

Après l’élection présidentielle les membres de ces cercles du silence créés pour dénoncer la politique répressive à l’encontre des sans-papiers, espéraient bien un changement de cap. Après l’élection présidentielle les membres de ces cercles du silence créés pour dénoncer la politique répressive à l’encontre des sans-papiers, espéraient bien un changement de cap. Mais selon eux, il n’en est rien. Alors la plupart des bénévoles entendent bien continuer la lutte.

(…) France 3 – Alsace

Clermont : Le tribunal administratif accorde l’injonction en faveur de demandeurs d’asile dans sept dossiers sur trente-quatre

Trente-quatre familles du Kosovo, d’Albanie, du Congo…, demandeurs d’asile, demandaient au juge d’enjoindre le préfet de leur trouver un logement. Le magistrat a accordé l’injonction dans sept des 34 dossiers, sept familles avec enfant. Désormais, la préfecture dispose de 72 heures pour trouver un hébergement pérenne, d’ici à la fin de l’examen de leur dossier.

Cette décision, rare, du tribunal administratif de Clermont-Ferrand va faire date dans le département. Mais ne sera malheureusement pas une première en France. D’autres préfets ont déjà eu à mettre en oeuvre ce type d’injonction et la jurisprudence du Conseil d’État est, en ce domaine, constante, corollaire du droit constitutionnel d’asile : « La privation du bénéfice […] des conditions d’accueil des centres […] est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à leur liberté ». La juridiction a même sanctionné l’inertie de certains préfets qui ne proposaient rien pour assurer les conditions d’accueil.

À écouter le directeur de la cohésion sociale, représentant le préfet à l’audience du tribunal, hier matin, nous n’en sommes pas là dans le Puy-de-Dôme. Il faut plutôt parler d’engorgement. Le 115, le numéro composé en première intention, est saturé. En occupant le hall de la mairie de Clermont-Ferrand, mardi, les associations ont dénoncé « cette situation qui ne peut plus durer ». Comment en sommes-nous arrivés là ? Cent soixante dossiers de demandes d’asile seraient actuellement à l’instruction, trois ou quatre fois plus que l’an dernier.

La Montagne

Merci à Ribosome

Web-documentaire Canal + : la machine à expulser

Un web documentaire
de Julie Chansel et Michaël Mitz

Il y a aujourd’hui en France métropolitaine et en outre-mer 25 centres de rétention administrative (CRA) ; onze d’entre eux sont habilités à enfermer des familles et des enfants. Des dizaines de milliers de personnes y sont enfermées chaque année, en vue d’être expulsées du territoire. Leur seul délit est de ne pas avoir de papiers. Ces lieux de privation de liberté, de plus en plus sécurisés, échappent à notre regard.

La Machine à expulser parle de ces hommes et de ces femmes qui
« disparaissent », dont la vie bascule soudain, lors d’un contrôle d’identité. Placés en rétention administrative pour une durée maximale de 32 jours et bientôt de 45, ils deviennent des « retenus », avant d’être « reconduits à la frontière ».

Nous avons recueilli leurs paroles, entre deux rendez-vous devant un juge, dans l’anonymat de leur chambre du CRA, parfois à quelques heures d’être embarqués vers un pays que, pour la plupart, ils ne connaissent pas. Leur enfermement est double, dans un lieu et dans une procédure complexe. Ce sont eux qui subissent la « politique du chiffre », eux qui nourrissent les « objectifs chiffrés de reconduite à la frontière ».

Avec ce web documentaire, nous avons voulu décrypter « la rétention administrative des personnes en situation irrégulière », interroger l’instrumentalisation de l’étranger, expliciter un acharnement administratif, expliquer des lois de plus en plus répressives, déconstruire un discours politique. Il s’agit pour nous de révéler l’absurdité d’un système et ses conséquences humaines dramatiques. Nous voulons inviter chacun à y réfléchir.

(Merci à Birenbouille) 

Intro

Partie 1

Partie 2

Partie 3

Partie 4

Partie 5

Partie 6

Partie 7

«L’immigration est plutôt propice au développement humain et économique d’un pays»

Mercredi, Manuel Valls a affiché sa volonté de fermeté sur le dossier de l’immigration. S’il voit des «avancées par rapport au précédent gouvernement», David Rohi, responsable de la commission éloignement de la Cimade, estime que le ministre de l’Intérieur n’est pas «dans une véritable rupture».

En liant les régularisations et la période de crise, Manuel Valls reste fondamentalement dans le paradigme qui est de dire que l’immigration est une charge, un poids et coûte à la Nation.

Quelle est votre réaction suite aux propos tenus par Manuel Valls sur l’immigration ?

Il y a des avancées par rapport au précédent gouvernement. On ne peut pas le nier. Par contre, nous sommes beaucoup plus réservés sur le fait que le ministre annonce d’une part une rupture avec la politique du chiffre, mais annonce de l’autre 30.000 régularisations (par an, soit le même nombre que sous le gouvernement Fillon, Ndlr). Cela nous paraît être une très mauvaise chose. Il n’est donc pas dans une véritable rupture. […]

Des dizaines de milliers de clandestins vivent dans la précarité aujourd’hui. Si on les régularise, nous aurons beaucoup moins de soucis pour les prendre en charge. Les régulariser, ce n’est pas une charge supplémentaire, mais leur donner les moyens de leur autonomie. Pareil sur le plan de l’emploi. Quand des migrants entrent sur le territoire, cela n’entraîne pas mécaniquement une augmentation du nombre de chômeurs. Nous savons très bien que l’immigration a un coût, mais qu’elle est aussi une ressource. […]

Jean-Luc Mélenchon estime que Manuel Valls «valide une thèse absurde, anti économique, ridicule du Front National (…) sur le sujet d’après lequel il y aurait un rapport entre l’immigration et les difficultés sociales». Qu’en pensez-vous?

Je pense que le gouvernement doit être courageux. Effectivement, cela ne va pas être facile après dix ans de matraquage où on a répété qu’il fallait expulser, que l’immigration n’était qu’un problème… Surtout qu’il y a une sensibilité de l’opinion publique sur ces sujets. Mais le gouvernement va devoir faire de la pédagogie et expliquer que, pendant des années, on a raconté n’importe quoi. Il ne pourra pas s’en sortir autrement qu’en expliquant que jusqu’à présent, on a marché sur la tête. Il faut rétablir la vérité sur ce qu’il s’est passé et se poser la question d’une position dépassionnée, ambitieuse.

Le JDD

La-Roche-sur-Yon (85). Expulsée en septembre dernier, la famille tchétchène est revenue

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre, hier après-midi, parmi les ONG de Vendée : la famille Dzhanaraliev, originaire de Tchétchénie, expulsée en septembre dernier en Vendée, est de retour. L’expulsion de cette famille de huit enfants vivant dans un bungalow de 20 m2 dans un quartier de La Roche-sur-Yon avait suscité une intense émotion, politiques, associations et l’évêché s’indignant des méthodes employées.

Le 27 septembre, vers 6 h, un impressionnant dispositif de CRS avait en effet été déployé pour interpeller cette famille. Le lendemain, malgré la mobilisation, ils quittaient le sol français pour la Pologne à bord d’un avion spécialement affrété pour l’occasion. Pourquoi la Pologne ? Parce que c’est dans ce pays de l’Union européenne que le couple avait déposé sa première demande d’asile.

Mais, depuis, les nouvelles se faisaient plus rares. Jusqu’à l’appel de Rumissa Dzhanaraliev, hier, survenu en début d’après-midi. Elle venait d’arriver en gare de La Roche-sur-Yon. « Quand elle m’a appelée, je n’y croyais pas, témoigne Karine Fahy, de la Cimade. On s’est mise à pleurer toutes les deux. » Visiblement éprouvée par un voyage de cinq jours, Rumissa est accompagnée de ses cinq plus jeunes enfants, les trois plus grands ayant préféré rester à Paris, « de peur de vivre une nouvelle expulsion », raconte une interprète. Le père, lui, n’a plus donné de signes de vie depuis plusieurs semaines.

Un nouveau parcours administratif commence pour cette famille tchétchène.

Ouest France

Merci à Nathan_