Janine Mossuz-Lavau du CNRS : « Il y a bien un ‘effet Marine’ au FN »

INTERVIEW – Janine Mossuz-Lavau, directrice de recherches au Cevipof-CNRS, analyse la place des femmes dans la vie politique française.

Les femmes font-elles de la politique différemment des hommes?
Non. Les premières femmes politiques disaient qu’elles faisaient de la politique autrement, qu’elles étaient plus douces, plus sensibles, plus à l’écoute. Cette vision est sérieusement remise en cause. Et d’ailleurs, il n’y a pas de raison que les hommes aient le gène de la politique. Il y a une petite distinction, qui n’est pas due à leur sexe mais à leur genre. Du fait de leur situation sociale, les femmes sont plus proches du quotidien. Elles sont dans le « privé-politique », quand les hommes sont plus dans le « tout-public ».

Y aura-t-il bientôt une femme présidente de la République?
Ça arrivera certainement et plus tôt qu’on ne le pense. Même s’il y a un plafond de verre, même si des stéréotypes persistent, les femmes ne cessent d’avancer en politique. Et certains partis politiques ont compris l’avantage qu’ils ont à être dirigés par des femmes. Il y a bien un « effet Marine » au FN.

C’est la place de Marine Le Pen que vous retenez?
Même si l’idéologie n’a pas changé, Marine Le Pen a donné un coup de jeune au FN, il y a eu un « effet femme ». J’ai suivi sa campagne présidentielle. À mon avis, elle était la seule qui parvenait à parler aux milieux de la précarité en se faisant comprendre et les milieux précaires comptent une majorité de femmes.[...]

JDD

Sondage : 69% des français se méfient des politiques, M Le Pen gagne en crédibilité

Dans son enquête annuelle confiée à OpinionWay, le Centre d’études de la vie politique française (Cevipof) met en lumière l’immense défiance des Français à l’égard de leurs dirigeants. Un constat récurrent, mais qui a de quoi inquiéter avant la présidentielle.

Entre la classe politique et la « France d’en bas », le lien n’en finit pas de se déliter. Le dernier baromètre du Cevipof (centre de recherches politiques de Sciences po associé au CNRS) met en lumière cette « défiance » accrue, […] les dirigeants politiques se voient, eux, de plus en plus désavoués.[…]

Le cas Marine Le Pen

En revanche, les mésaventures judiciaires de Dominique Strauss-Kahn n’éclaboussent pas vraiment les politiques dans leur ensemble : pour 59 % des personnes sondées, cela ne change en rien « l’image » qu’ils en ont, cette affaire demeurant circonscrite à un cas personnel.

La désaffection vis-à-vis du monde politique semble ne pas atteindre la présidente du Front national. Marine Le Pen a gagné 4 points dans l’opinion auprès de ceux qui n’avaient, jusque-là, nulle confiance en elle.[…] Et louent aussi sa manière de dire « tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ». […]

Chemin inverse pour la candidate d’Europe Ecologie-Les Verts, Eva Joly, qui subit le plus fort recul des postulants à l’Elysée : 63 % des Français ne lui font pas confiance (11 % de plus en moins d’un an).

François Hollande, lui, reste stable, mais doit encore convaincre un Français sur deux. « Prises de position trop policées », « trop mou », estiment les sceptiques, même s’il reste le mieux noté des candidats. […]

Les Échos

Sondage : 59% des Français pensent qu’il y a trop d’immigrés en France (M-à-J)

Addendum vidéo du 01/02/11

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Les Français sont moroses, et font de moins en moins confiance à leurs dirigeants pour résoudre leurs problèmes. Le phénomène n’est certes pas nouveau, mais il s’accentue dans des proportions inquiétantes. C’est ce que révèle le dernier baromètre sur la « confiance en politique », réalisé par OpinionWay pour le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) et l’Institut Pierre-Mendès-France.

Une étude conduite du 7 au 22 décembre 2010 auprès de 1501 personnes âgées de plus de 18 ans, et dont Le Monde publie les résultats en exclusivité.

Cet appel au protectionnisme est à la fois économique et culturel. 59% des Français pensent ainsi qu’il y a trop d’immigrés en France, soit 10% de plus qu’en 2009. Le fait que ce sentiment soit devenu majoritaire chez les jeunes, les diplômés et les « sans religion », autrement dit au sein de l’électorat traditionnel de la gauche, est sans doute l’un des résultats les plus préoccupants de cette enquête, en particulier pour le Parti socialiste.

Le Monde

(Merci à Voyage et Ardwen)

A un an de la présidentielle, le fossé se creuse entre les Français et les politiques

Les Français se défient de plus en plus de leurs élus, selon le deuxième baromètre de la confiance politique du Centre de recherche politique de Sciences Po (Cevipof). Un résultat de mauvaise augure pour la participation aux cantonales de mars.

Pas moins de 83 % des personnes sondées (+2 points) considèrent que « les responsables politiques, en général, se préoccupent peu ou pas du tout » des gens comme eux. Et 57 % d’entre elles (+9 points) pensent que la « démocratie ne fonctionne pas bien » en France.

Plus inquiétant encore, les élus locaux, qui bénéficiaient jusqu’à présent d‘une bonne image par rapport aux élus nationaux, voient leur cote chuter d’une dizaine de points en un an. Le tout dans un contexte général très sombre : interrogés sur leur état d’esprit actuel, les Français classent en tête les mots « lassitude », « méfiance » et « morosité ».

Les Échos

(Merci à Olivier)

Vers la fin du clivage gauche-droite

C’est un sondage passionnant que le Cevipof a fait réaliser par la Sofres. Il mesure l’opinion des Français à l’égard des institutions politiques et économiques. Il recèle de nombreuses pépites qui montrent que les ingrédients pour un big bang politique semblent se rassembler.

Un rejet très fort des élites

En effet, si 69% des Français font confiance à leur conseil municipal et 65% à leur conseil général ou régional, 55% ne font pas confiance à l’Union Européenne, 64% à l’Assemblée Nationale, 65% à la présidence de la République et 68% à l’égard du gouvernement.

En clair, deux tiers des Français ne font plus confiance aux hommes politiques nationaux. Il faut dire que 78% de la population pense que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce qu’ils pensent. La défiance à l’égard des institutions se retrouve partout. Les Français ne font plus confiance aux banques, ni aux grandes entreprises, qui ne pensent qu’à leur profit.

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