Disparition du 20h de France 2, la rédaction acculée à remettre en ligne sans caviardage (MàJ)

Epilogue 

Anne-Gaelle Matoksy explique à Arrêt Sur Images: «  »J’ai juste demandé une interview à Gilbert Collard, il me l’a refusée avec une boutade pas très habile qui fait sourire. Point final ».

Et d’ajouter:

je suis sidérée par l’ampleur que prend cette affaire microscopique

La journaliste confie que ce qui la dérangeait dans les images est « Le fait que rien ne montre que je suis journaliste et qu’elles sont sorties de leur contexte ».

Anne-Gaelle Matoksy explique que finalement, face à l’engouement de cette affaire, et en accord avec elle, France Télévisions a finalement remis le journal en ligne dans sa version initiale.

Jeanmarcmorandini.com a joint Hervé Brusini qui nous explique que

France 2 n’a jamais censuré quelque séquence que ce soit

« Ses journaux ont relaté les grandes manifestations de ce dimanche y compris avec la séquence qui allait faire problème. La journaliste concernée, ne fait pas partie de France 2 mais de la rédaction nationale de France 3. C’est sur la demande de cette dernière que PLUZZ a retiré les deux JT – 20h de France 2 du 13/01 et 12/13 du 14/01 – de sa plateforme. Car Il lui est effectivement impossible pour l’heure de retirer une composante isolée d’un journal » précise le directeur des rédactions web de France Télévisions.

Avant d’ajouter : « En fin de journée hier, la journaliste de France 3 a fait savoir qu’une remise en ligne des deux JT pouvait se faire. Ce qui fut réalisé dès 21H08 hier. Et cela dans la version originale des deux éditions »

Morandini
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Messages haineux sur Internet : la dangereuse solution du gouvernement

(…) Le raisonnement du gouvernement pourrait se défendre si le problème ne se posait que sous un angle pratique. Poursuivre les centaines de milliers d’internautes qui publient des propos racistes ou homophobes sur le Web nécessiterait une armée de procureurs, de juges et d’avocats.

Sans compter que l’identification des citoyens français ne peut se faire qu’a posteriori, une fois l’enquête aboutie et l’adresse IP obtenue de la part de la plateforme, sur réquisition judiciaire. Il faudrait donc aussi enquêter sur les étrangers avant de se rendre compte qu’ils ne tombent pas sous le coup de la juridiction française… Un casse-tête magistral qu’il est tentant de confier aux réseaux sociaux eux-mêmes, via l’autocensure des contenus, sans intervention de l’État ou de la Justice.

Mais cette solution met de côté la démocratie et la liberté. « Les dérapages sur Twitter sont des propos de café du commerce dont les réseaux sociaux ne sont que le thermomètre », expliquait la semaine dernière Guillaume Buffet, président du think tank Renaissance numérique. Un ras-le-bol partagé : « Demandez aux procureurs d’agir systématiquement contre les propos homophobes, racistes ou antisémites, mais ne rendez pas l’outil responsable de l’usage : c’est la première étape de la sortie de l’État de droit », renchérit Benjamin Bayart, président de French Data Network, sur PC INpact.

« Rendre les intermédiaires techniques responsables de ce que font les utilisateurs, c’est rétablir un système féodal » : chacun fait sa loi sur son territoire. Mais c’est aussi « supprimer (le) statut d’adulte responsable », ajoute-t-il. (…)

Le Point

Twitter : « la liberté d’expression avant tout »

Des représentants du réseau social et de plusieurs associations se sont retrouvés au Tribunal de Grande instance de Paris lors d’une audience en référé sur les tweets #unbonjuif et #unjuifmort. Si les messages ont été supprimés, Twitter refuse de communiquer les données des utilisateurs susceptibles d’être poursuivis devant la justice française. Décision attendu le 24 janvier prochain.

Si les messages antisémites publiés sous le mot clé #unbonjuif et #unjuifmort ont été retirés du site de microblogging, cela ne suffit pas pour l’Union des étudiants juifs de France, « J’accuse – action internationale pour la justice », SOS racisme et la Licra. Les avocats de ces associations et un représentant de Twitter avaient rendez-vous ce mardi devant le Tribunal de Grande instance de Paris pour une audience en référé.

L’enjeu ?

  1. Que Twitter mette en place un dispositif destiné à signaler les contenus illicites « tombant sous le coup de l’apologie des crimes contre l’humanité et de l’incitation à la haine raciale« .
  2. Obtenir les coordonnées des auteurs de messages litigieux.

Sur le premier point,  Twitter refuse de mettre en place un système de modération au nom de la liberté d’expression et assure d’ailleurs ne pas avoir les moyens de le faire dans ses conditions d’utilisation : « Twitter n’est pas en mesure de surveiller ou de contrôler les contenus postés au travers des services, et ne peut engager sa responsabilité vis-à-vis de ces contenus« .

La liberté d’expression avant tout

Un peu plus loin, le réseau social explique que « Twitter ne vérifie pas les contenus et nous ne supprimons pas les contenus potentiellement offensants. sauf si ces contenus constituent une violation de nos conditions« . Or, ces conditions et ces bonnes pratiques ne bannissent en fait que la pornographie.

C’est également au nom du principe de la liberté d’expression que Twitter refuse de communiquer les données personnelles de ses utilisateurs potentiellement condamnables en France.

« Notre position sur la liberté d’expression nous pousse également à protéger celle de nos utilisateurs. Ainsi nous leur permettons de contester les requêtes d’accès à leurs données privées. Cela signifie donc que malgré les demandes d’information que la loi nous contraint à exécuter, nous faisons de notre mieux pour en notifier les concernés à l’avance afin de leur donner la possibilité de faire appel à ces requêtes s’ils le souhaitent. » (Twitter) (…)

France info

Il n’existe pas de formule scientifique pour déterminer ce qu’est un « discours haineux »

Chroniqueur du Guardian, Jason Farago a salué l’intervention de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, demandant au réseau social Twitter d’aider le gouvernement français à criminaliser les idées qui lui déplaisent.

Décrétant « les tweets haineux […] illégaux », Farago ajoute avec enthousiasme que la ministre française n’a pas l’intention de se contenter de poursuites judiciaires et compte à présent « obliger Twitter à prendre des mesures pour pénaliser les messages de haine » en modifiant « tout le système opératoire » du réseau et en demandant « la mise en place d’alertes et de mesures de sécurité » pour empêcher la publication de tweets jugés haineux par les autorités.

Voilà qui est formidable, s’exclame mon confrère qui – reprenant l’argument de tous les tyrans et de toutes les censures – estime que les nouvelles technologies rendent la liberté de parole bien trop dangereuse :

« Si seulement nous vivions encore au 18e siècle ! Hélas, nous ne pouvons plus croire aujourd’hui que la liberté de parole est le privilège de parfaits citoyens réunis dans un merveilleux salon des Lumières où tous les points de vue sont écoutés et où le plus noble s’impose naturellement. (…)

A aucun moment de son plaidoyer pour la censure Jason Farago ne considère la possibilité que l’Etat puisse interdire des idées que lui-même approuve et pas seulement celles qu’il désapprouve.

Les partisans de la censure sont tellement convaincus de leur bien-fondé et de l’incontestable justesse de leurs opinions qu’il ne leur vient même pas à l’esprit que certaines de leurs propres opinions puissent un jour figurer sur la liste noire.

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Budget 2013 : La taxation à 75% censurée par le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a annulé samedi la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros prévue dans le budget 2013, qui était une des mesures les plus emblématiques de François Hollande durant la campagne présidentielle. Cette taxation, appelée «contribution exceptionnelle de solidarité»,devait s’appliquer pendant deux ans aux revenus d’activité excédant 1 million d’euros.

Si cette mesure avait un faible rendement — elle devait toucher environ 1500 personnes, qui auraient payé en moyenne 140000 euros à ce titre —, elle avait une forte valeur symbolique et constituait un marqueur de la présidence de François Hollande.

Jean-Marc Ayrault a annoncé que le gouvernement présenterait dans le cadre de la prochaine loi de finances un «dispositif nouveau». Le Premier ministre a assuré que ce nouveau dispositif serait «conforme aux principes posés par la décision du Conseil constitutionnel». «La trajectoire de relèvement des finances publiques n’est pas compromise», a estimé le ministre de l’Economie Pierre Moscovici, et François Hollande aurait accueilli «sereinement» la décision des sages.

François Fillon a estimé de son côté que la décision du Conseil constitutionnel «sanctionnait la politique de matraquage fiscal menée par François Hollande depuis sept mois». […]

Libération

Reporters sans frontières lance un site Web contre la censure

Reporters sans frontières (RSF) a lancé mardi le site Web d’information We Fight Censorship (« nous combattons la censure » en anglais) pour publier des contenus censurés, interdits ou ayant valu des représailles à leurs auteurs.

Le site proposera des contenus éditoriaux (articles, vidéos, sons, photos, etc.) envoyés par des journalistes ou des net-citoyens victimes de la censure. Les contenus sélectionnés par le comité éditorial de WeFC seront accompagnés d’un texte de présentation du contexte et de l’auteur. Des pièces de procédures ou des documents annexes nécessaires au grand public pour apprécier la valeur informative de ces documents seront publiés, précise RSF dans un communiqué.

Le contenu en ligne sera disponible en deux versions, française et anglaise. Seront publiés des articles ou sujets du monde entier dans leurs langues originales (chinois, persan, vietnamien, etc.) et en traduction. Conçu pour être aisément duplicable, le site sera relayé par des sites miroirs, pour mettre en échec les tentatives de filtrage et de blocage. Les internautes seront appelés à relayer les contenus censurés pour leur donner une plus grande visibilité.

RSF espère « rendre la censure caduque » avec « un outil de dissuasion pour inciter les Etats et autres pouvoirs à respecter la liberté de l’information ». [...]

Nouvel Obs

Le CSA accepte la fusion avec l’Arcep s’il régule les contenus sur Internet

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) a fait savoir mardi qu’il était d’accord pour fusionner avec l’Arcep, à condition que l’entité nouvelle dispose de pouvoirs de régulation des contenus audiovisuels sur Internet, et que la neutralité du net soit abandonnée au profit d’une priorité accordée aux services qui suivent les recommandations du CSA.
(…) Numerama

(Merci à AntiUMPS)

Novopress “menacé” : bienvenue au Kolkhozistan

Certaines personnes croient que la France est une satrapie d’Asie centrale dans laquelle on peut menacer la presse impunément.

Nous avons reçu ce jour un courriel de David Serra « Kersan », président des éditions Ring, qui n’a pas eu l’heur de goûter les deux articles que nous avons consacrés à l’affaire qui l’oppose à Maurice G. Dantec (À qui va profiter le succès de “Satellite Sisters” de Maurice G. Dantec ? et Maurice G. Dantec vs son ex-agent : la bataille de “Satellite Sisters” se poursuit).

Ces articles relatent les faits avec les conditionnels d’usage dans ce genre de cas (l’affaire n’ayant pas encore été jugée), l’accusation de diffamation est donc hors de propos.

Dans un État de droit, le droit de la presse autorisait parfaitement la partie mise en cause à donner son point de vue dans le cadre d’un droit de réponse. Ce qui n’a PAS été demandé. David Serra préfère menacer Novopress et nous intimer l’ordre de retirer les deux articles litigieux : « en conséquence, je vous mets en demeure de cesser toute diffusion des propos diffamatoires contenus dans ces deux articles […] à défaut de réponse satisfaisante sur mes demandes légitimes […] je donnerai instruction fermes (NDLR : la faute d’accord est d’origine) à mes avocates de prendre à votre encontre toutes les mesures nécessaires ».

Mieux, nous sommes sommés de nous laisser menacer en silence : « le contenu et l’objet de cette mise en demeure est privé et ne saurait faire l’objet de diffusion ou de publicité ». Sauf que nous ne vivons pas au Kolkhozistan. La presse est libre et la liberté d’expression, inaliénable. Et si l’on nous menace, rendre ces menaces publiques est plus qu’un droit, c’est un devoir.

Novopress

#UnBonJuif : SOS Racisme porte plainte (MàJ)

15/10/12

L’organisation SOS Racisme assure lundi 15 octobre qu’elle « portera plainte contre les propriétaires des comptes Twitter à partir desquels ont été diffusés les propos antisémites ». L’association s’est dite « profondément choquée par le déferlement fiévreux de haine répandue sur Twitter ces derniers jours, déclenché par le hashtag d’un internaute ayant suscité l’expression morbide d’un violent antisémitisme sur le réseau social ».

Dans un communiqué, SOS Racisme ajoute « souhaiter que l’entreprise Twitter, en tant que personne morale, prenne la mesure de la responsabilité qui est la sienne dans le cas de tels dérapages racistes et antisémites ». Comme l’explique Slate, seule une plainte peut faire retirer ces tweets, qui sinon, resteront sur la Toile.

Huffington Post

14/10/12

L’UEJF veut censurer twitter

Suite au record de propos antisémites suscités par le hashtag « #unbonjuif », l’UEJF demande un rendez-vous d’urgence à Twitter France afin de mettre en place un nouveau systéme de modération des tweets et envisage de porter plainte.

(…) UEJF

Coup de fil de l’Elysée en Suisse pour faire retirer une déclaration de Najat Vallaud-Belkacem

On peut noter que seul trois sites en ligne ont repris la déclaration de Najat Vallaud-Belkacem (Le Figaro, CameroonVoice et Romandie.com)

Lu sur le blog de Pierre Chappaz

Mon ami Stefan Renninger, patron de Romandie.com, me racontait hier soir les coups de fil insistants qu’il a reçus de l’Elysée pour lui faire supprimer cette info. Il n’a pas cédé aux pressions, heureusement.

La porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem, a dû se rendre compte un peu tardivement de l’effet sur l’image de la France de sa déclaration. Selon elle, l’hexagone est « en état de faillite aggravée » :

La France a été laissée dans un ‘état de faillite aggravée’

PARIS – La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a aujourd’hui déclaré que la précédente majorité avait laissé la France dans un « état de faillite aggravée« . Mme Najat Vallaud-Belkacem répliquait aujourd’hui à François Fillon, qui a accusé le président François Hollande « d’amateurisme », en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale.

« M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d’un Etat en faillite et l’a laissé en état de faillite aggravée ? », a déclaré à l’AFP Najat Vallaud-Belkacem.

Suite à ces propos, certains commentateurs ne manquent pas de souligner qu’il est difficile de défendre avec crédibilité la note AAA de la France tout en déclarant que celle-ci est dans un état de faillite aggravée [...]

Romandie.com

« CleanIT » : le nouveau projet qui va faire bondir les internautes

Sous couvert de lutte contre le terrorisme, ce groupe de réflexion européen propose notamment d’interdire les pseudos et avatars sur les réseaux sociaux.

Il y a maintenant deux ans, le Programme de Commission européenne pour la prévention et la lutte contre la criminalité avait mandaté un groupe rassemblant responsables gouvernementaux et représentants du secteur privé afin de réfléchir aux moyens de lutter contre le terrorisme sur internet. Pour ce faire, le projet, baptisé « CleanIT », et mené par le responsable néerlandais de l’anti-terrorisme But Klaasen, avait été doté d’un budget de 400.000 euros.

Depuis, ce groupe de réflexion travaille discrètement, rendant régulièrement des rapports d’étapes qui n’ont jusqu’à présent été que très peu médiatisés. Mais la semaine dernière, l’association de défense des libertés sur internet European Digital Rights (EDRI) a mis la main sur un nouveau rapport jusqu’à présent tenu secret et comportant des propositions assez étonnantes, voire « ridicules » ou « effrayantes » selon certains, qui risquent en tous cas de provoquer une levée de boucliers chez les défenseurs du web.

En effet, pour lutter contre le terrorisme, CleanIT propose ainsi tout simplement de bannir tout « contenu terroriste ». Or, cette idée suppose tout d’abord de trouver une définition commune à tous les pays d’Europe du terrorisme et de ce que peut-être un « contenu terroriste », au risque dans certains cas de violer la liberté d’expression de certains groupes. En outre,

le projet propose d’également rendre illégal le simple fait de faire un lien hypertexte vers de ces « contenus terroristes ».

CleanIT entend également mettre la pression sur entreprises du web en assimilant le fait d’avoir un groupe terroriste dans ses clients à une aide financière au terrorisme. Ainsi, le fait de « fournir des services internet » à l’un de ces groupes serait qualifié « d’aide économique (…) et serait donc un acte illégal ».

Parmi les autres mesures proposées risquant de déclencher un tollé figurent notamment le fait d’obliger les entreprises du web « n’autoriser que les vrais noms » des internautes, ce qui reviendrait à interdire tout pseudo, l’obligation de mettre sa vraie photo sur les réseaux sociaux

ou encore l’obligation d’inclure dans les navigateurs un « bouton d’alerte »…

Nouvel Obs