Polémique Haziza/Bilger : «Une France de petits inquisiteurs, de fouineurs médiocres»

Frédéric Haziza, journaliste sur LCP et à Radio J, mis en cause dans la dernière chronique de Philippe Bilger dans le Figaro, répond au magistrat.

Extraits de la tribune de Philippe Bilger «Halte à l’inquisition médiatique»

Une France de petits inquisiteurs, de fouineurs médiocres, de tristes sentinelles montant la garde en permanence devant la pensée d’autrui et ce qu’elle pourrait exprimer non pas même de dangereux ou de sulfureux mais de non convenu et de singulier.

Plusieurs exemples des pratiques de ces justiciers à plein temps. Deux membres du Parti socialiste saisissent le CSA parce qu’Alain Finkielkraut, confronté à Manuel Valls, a osé faire allusion aux «Français de souche», et c’est intolérable !

«Ce monde que la gauche morale est en train de nous fabriquer devient irrespirable»

Pour le racisme et l’antisémitisme, on a, à foison, des Elliot Ness du pauvre dont la seule occupation est de débusquer le licite et l’intéressant pour les soupçonner d’être scandaleux ou nauséabond – ils ont le goût si raffiné et l’odorat si fin qu’un rien les trouble et les met en état d’accusateurs sans mandat. […]

Frédéric Haziza, journaliste sur LCP et à Radio J, a été victime de propos antisémites et a écrit un livre sur l’extrême droite loué, comme un rituel, par les ministres l’évoquant. Ces données l’autorisent-il à se camper en dénonciateur compulsif et en découvreur, chez les autres, d’antisémitisme inconnu ? […]

Extraits de la tribune de la réponse de Frédéric Haziza : «Quand les Lumières se perdent»

C’est à un véritable ensauvagement de la parole publique que nous assistons. La loi fait ce qu’elle peut pour l’endiguer mais cette vague est puissante.

Qui ignore la fragilité économique et la précarité dans laquelle vivent tant de nos concitoyens?

Qui ignore la perte de repère massive qui bouleverse notre société?

Il fut un temps où des personnalités de gauche se montraient complaisantes vis-à-vis de Dieudonné: il incarnait peut-être à leurs yeux cette «France Black-Blanc-Beur» qu’ils avaient toujours prônée, et son «antisionisme» pouvait encore les séduire. […]

Il oublie simplement que la justice ne se réduit pas au droit. Elle suppose de tenir compte du bien commun et d’accorder une place aux minorités, sans qu’elles doivent subir des injures constantes. Cela s’appelle la tolérance. Et elle ne doit pas jouer seulement pour un délinquant multirécidiviste refusant de payer ses amendes.[…]

Robert Ménard soumis à la question de Philippe Bilger (vidéo)

sujets abordés : journalisme, racisme, Front National, liberté d’expression, peine de mort…

extrait à propos des journalistes :

lien direct de l’extrait vidéo sur VK : http://vk.com/video231636035_167064261

L’interview en intégralité :

Philippe Bilger Vs Jamel Debbouze

Identité nationale: Jamel Debbouze peut-il tout dire ?

L’artiste insulte les parlementaires à propos de la burqa et beaucoup de médias applaudissent. Le blogueur Philippe Bilger veut partager son ras-le-bol face aux propos de l’humoriste. Les artistes ont-ils tous les droits ?, demande-t-il.

C’est entendu, les artistes ont le droit de dire n’importe quoi, de proférer des insultes et de nous imposer leur point de vue comme s’ils étaient plus légitimes que le citoyen ordinaire, plus avertis et plus conscients. De leur bouche sort la vérité et la société n’a qu’un devoir : les écouter bouche bée.

Imaginons alors le poids d’un Jamel Debbouze reconverti en penseur dont les saillies et provocations sont accueillies (France Inter) et reprises (nouvelobs.com, Le Parisien). On prend une claque et nous n’avons plus qu’à tendre l’autre joue. Pourquoi n’aurait-on pas le droit de dénoncer la bêtise toute nue ?

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«Traître génétique»

PARIS – Me Francis Szpiner a qualifié l’un de ses confrères de «traître génétique». Il pourrait faire l’objet de sanctions disciplinaires…

Ses propos ne sont pas passés inaperçus. Francis Szpiner, avocat de la famille d’Ilan Halimi, pourrait faire l’objet d’une enquête après avoir tenu des propos peu amènes après le procès du «gang de barbares».

Dans un article publié le 23 juillet dans «Le Nouvel Observateur», Francis Szpiner qualifiait notamment l’avocat général au procès, Philippe Bilger, de «traître génétique»**. L’ancien avocat de Jacques Chirac et d’Alain Juppé s’en prenait également à ses confrères de la défense, des «connards d’avocats bobos de gauche», selon lui. (…)

Source : 20minutes.fr

**Le père de Philippe Bilger avait été condamné pour collaboration à la fin de la Seconde Guerre mondiale

Jugement de Youssouf Fofana

Lu sur le site de gauche Politis :

Doit-on refaire un procés à la demande d’une communauté religieuse ?

Serais-je qualifié d’antisémite, si je questionne fortement la légitimité d’un groupe religieux à critiquer une décision de justice rendue par un jury populaire en réclamant vengeance au nom de sa communauté ? Si la réponse était oui, tout groupe communautaire, juif, musulman, chrétien, hindouiste ou bouddhiste, serait donc désormais fondé à exiger une justice particulière. Que je sache, Youssouf Fofana a été condamné à la perpétuité assortie de 22 ans de peine de sûreté, soit la peine maximale dont était passible son crime terrible. Si les jurés ont été plus « indulgents » -appréciation toute relative- pour 14 de ses complices que ne le demandait le procureur, ils l’ont fait, comme le veux la formule, en « leur âme et conscience » mais aussi en fonction d’un exposé des faits qui a duré prés de deux mois et des plaidoiries des avocats, ce qui inclue évidemment ceux de la partie civile parlant au nom de la famille de l’homme horriblement supplicié puis mis à mort.

De quel droit et, je le répète, au nom de quelle appartenance communautaire, est-il permis de s’en indigner et de demander plus ? Je ne parle pas ici de la famille de la victime à laquelle tous les aspects de la douleur sont permis puisque l’irréparable a été commis mais d’une partie de la presse qui refait le procès au nom de l’antisémitisme. Je parle aussi de la ministre de la justice qui, toujours ministre de l’Intérieur dans son for intérieur, se conduit comme si la justice pouvait être confondue avec la vengeance. En cédant à une partie de l’opinion ou plus exactement avec celle qu’exprime une partie de la presse, madame Alliot-Marie complait surtout à un avocat de la partie civile habitué des cercles de la majorité, et qui prétend parler au nom de la partie de l’opinion publique qui serait, le conditionnel est de rigueur, choqué par la décision rendue en son nom.

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Ruth Halimi, la mère d’Ilan :
http://www.dailymotion.com/video/x9ulhh

Patrick Lozès (CRAN) :
http://www.dailymotion.com/video/x9ut6z

Philippe Bilger, avocat général
http://www.dailymotion.com/video/x9ul0b