Quand le Front national fait les yeux doux aux syndicalistes (màj)

Addendum 28/12/12

Au micro de Jean-François Achilli, Bernard Thibault assure que la CGT combattra les thèses du FN au sein des syndicats.

« Le FN vise et avant tout à chercher à opposer les salariés entre eux, en fonction de leurs origines, en fonction de leur confession, et non pas de s’attaquer au système, ce pour quoi les salariés sont précarisés. » – Bernard Thibault

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Adossé à un fort électorat ouvrier, le parti de Marine Le Pen veut désormais recruter au sein même des organisations syndicales. En ligne de mire : les municipales de 2014.

Le Front national s’intéresse de très près aux syndicats. Dernière illustration en date : les futurs candidats FN pour les municipales de 2014 auront à remplir une fiche biographique sur laquelle ils devront préciser leur appartenance à une organisation syndicale. Une simple case à cocher… qui en dit long sur l’intérêt grandissant du parti de Marine Le Pen à l’égard des défenseurs des salariés. « De plus en plus de syndiqués, même des élus et des mandatés, prennent leur carte chez nous. Nous n’avions pas ces profils il y a deux ou trois ans », affirme Steeve Briois.

Certes, le Front n’en est pas à sa première tentative . Déjà dans les années 1990, des syndicats FN (police, pénitentiaire, RATP…) avaient vu le jour, avant d’être interdits par la justice. Aujourd’hui, la stratégie a changé : le Front n’infiltre plus en plaçant des sympathisants du parti au sein des syndicats mais il recrute directement des syndiqués encartés et acquis aux principes frontistes. « Ils prennent contact avec les syndicalistes, essaient de les rencontrer. Et leurs thèses trouvent un écho, décrypte Sylvain Crépon, un sociologue spécialiste du Front. Cela permet au FN de se légitimer auprès du monde du travail, tout en déstabilisant les syndicats. »

En 2011, déjà, l’émergence de candidats frontistes syndiqués lors des élections cantonales avait donné des sueurs froides aux syndicats. (…)

Et en privé, certains syndicalistes sont alarmistes. « Dans le Nord ou l’Est, certains gars sont devenus ouvertement pro-Front national, du jamais-vu ! » s’alarme ainsi ce haut cadre de la CGT.

(…) Le Parisien

La guerre de succession à la CGT inquiète l’équipe Hollande

La crise engendrée par Bernard Thibault pour imposer sa candidate contrarie la stratégie de réformes du PS.

L’attaque est venue en fin de semaine dernière de Xavier Bertrand, en représailles à l’appel à voter contre Nicolas Sarkozy et à faire du 1er Mai un rendez-vous très politique, avec l’appui du Front de gauche.

«La CGT ferait mieux de balayer devant sa porte, a fustigé le ministre du Travail. Bernard Thibault devrait s’occuper de sa succession plutôt que de l’élection présidentielle.»

Jamais la désignation du futur patron de la CGT n’aura provoqué autant de remous. Guerre des chefs, modification des règles, fronde à tous les étages… Le remplacement en mars 2013 de Bernard Thibault tourne à la lutte fratricide.

Et inquiète fortement l’entourage de François Hollande, y compris certains prétendants sérieux à Matignon qui comptent – si leur candidat est élu dimanche – sur le soutien de la CGT pour accompagner les futures réformes.

«Il se dit de plus en plus que ce sera compliqué tant la crise est profonde», avoue un proche du candidat socialiste. «Il n’est pas certain que la CGT puisse se rassembler, confirme un expert. La guerre de succession laissera des traces pour longtemps.»

Persuadé très tôt par ses proches de ne pas rempiler pour un 5e mandat, Bernard Thibault a ouvert en décembre 2011 la course à sa succession en lançant une vaste consultation au sein de l’organisation. Convaincu qu’une femme doit lui succéder, il a poussé la candidature de deux proches, Nadine Prigent (54 ans, patronne de la fédération de la santé) et Agnès Naton (50 ans, retraitée de France Télécom et dirigeante de l’organe de propagande maison).

En vain. Un troisième larron est sorti du chapeau, à une majorité écrasante: Éric Aubin (50 ans, patron de la fédération de la construction et «M. Retraites» de la centrale). (…)

Le Figaro

Tuerie de Toulouse : Thibault (CGT) et Sopo (SOS Racisme) s’en prennent à… Marine Le Pen

MONTREUIL (Seine-Saint-Denis) – Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, et Dominique Sopo, président de SOS racisme, ont lancé mercredi soir lors d’un meeting contre le racisme, une violente charge contre la candidate du FN Marine Le Pen, accusée de vouloir « instrumentaliser » les tueries de Toulouse et de Montauban.

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Le meeting, qui a regroupé quelque 300 personnes au siège de la CGT à Montreuil, intervenait après les tueries de Toulouse et de Montauban, et

au moment où leur auteur présumé, se réclamant d’Al-Qaïda, est en voie d’arrestation.

« Le premier sentiment » face à ces drames « est celui de la compassion » et le « deuxième est l’inquiétude quant aux répercussions possibles que des crimes aussi odieux peuvent entraîner compte tenu des amalgames qu’ils sont susceptibles d’alimenter dans cette période électorale », a affirmé M. Thibault.

« Je relève que depuis ce matin Marine Le Pen relance à grand fracas son offensive pour tenter d’imposer les thèmes de l’immigration, de la sécurité, de l’islam, et de la peine de mort au centre de la campagne électorale », a-t-il dit. (…)

(…) De son côté, Dominique Sopo, président de SOS-racisme, a souligné que

« ces « derniers jours ont été marqués par l’horreur raciste et par l’antisémistisme ».

Selon lui, Marine Le Pen « essaie d’en faire ses choux gras » et « de relancer ses thèmes les plus haineuses ».

« Quelle honte pour cette femme », a-t-il lancé.

« Voir cette personne essayer de récupérer ce drame » et « de créer la division ne peut que nous choquer », a-t-il dit.

Selon lui, « Marine Le Pen, qui fait semblant de pleurer sur des victimes d’antisémitisme, dirige un parti qui a gardé vive la tradition d’antisémitisme ». « Ce meeting est pour rappeler l’importance du vivre ensemble, affaibli ces dernières années », a-t-il affirmé. (…)

20minutes

«Pas de Printemps pour le racisme» : Meeting SOS Racisme / La CGT

A la veille de l’élection présidentielle, SOS Racisme et la CGT organisent le 21 mars, à l’occasion de la journée internationale contre le racisme, un meeting pour défendre les valeurs républicaines, promouvoir la solidarité, rejeter la banalisation du Front national et des thèses racistes.

La France vit ces mois-ci une période charnière dont l’issue marquera profondément la décennie à venir. (…)

(…) De nombreuses personnalités du monde associatif, syndical,  artistique et intellectuel y participeront. Ont déjà confirmé leur participation :http://img269.imageshack.us/img269/9502/meetingcontreleracismew.jpg

Dominique SOPO, président de SOS-Racisme et Bernard THIBAULT, secrétaire général de la CGT

ainsi que
Pierre HENRY
, directeur général de France Terre d’Asile, Caroline FOUREST, essayiste, Ghaleb BENCHEIKH, théologien, Ridan, artiste
la FSU, l’UNSA, la Ligue des droits de l’Homme, le MRAP, la LICRA, l’UNEF, la FIDL, l’Union des Etudiants Juifs de France…

L’Humanité.fr

 

La CGT a-t-elle viré capitaliste ?

Achat d’une entreprise, « facturation » du service syndical, gestion autoritaire du personnel : la centrale se convertit aux méthodes libérales. Ce qui ne va pas sans heurts…

A la CGT, Jean-Pierre Delannoy s’est fait une spécialité : « décoder » les discours des camarades dirigeants. « On ne comprend rien à ce qu’ils racontent, » déplore ce militant qui, lors du dernier congrès de la CGT, à Nantes, s’était opposé au leader Bernard Thibault. Quand ils évoquent les retraites, ils parlent de « négociations systémiques, d’ »obsolescence » ou de « comptes notionnels. » Il faut suivre ! » La CGT qui prendrait des accents libéraux ? Concédons-le, le mouvement est timide. Mais il existe ! Chez les « réformistes, » on ne parle plus de lutte des classes, mais de compromis.

Des sujets longtemps tabous, comme l’actionnariat salarié ou la participation, ne le sont plus. Et des structures gérées par la CGT se retrouvent à la tête de groupes privés, comme la Compagnie internationale André Trigano (Ciat), une société cotée en Bourse. Ce mouvement pourrait s’accentuer. Car la CGT veut conquérir le monde de l’entreprise.

Quitte à emprunter les méthodes de l’ennemi honni, le grand capital. Enquête.

Suite et commentaires sur Fortune

Bernard Thibault et la tradition chrétienne de la France

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, est opposé au travail du dimanche. Parmi les arguments qu’il énumère pour justifier cette opposition, il souligne, de manière inattendue,  la tradition chrétienne de la France.

Q. Que la CFTC, syndicat chrétien, défende le repos hebdomadaire le jour du Seigneur, cela se comprend. Mais la CGT ? Pourquoi le dimanche plutôt qu’un autre jour, tant que la durée légale du travail est respectée ?

Dans tous les pays du monde, le droit au repos s’est organisé autour des fêtes religieuses. En France, pays de tradition chrétienne, c’est le dimanche. C’est un fait.

Et si un certain nombre de gens profitent du dimanche pour aller à la messe, pourquoi pas ? Mais ce qui nous inspire, c’est de façon beaucoup plus générale le fait que dans notre société, le dimanche est une journée réservée à des activités non professionnelles, familiales, associatives, sportives ou autres. De quel droit les patrons imposeraient à toute la société les temps de la vie ? (…)
(Libération)