Italie : Condamnation historique de Silvio Berlusconi

C’est un séisme judiciaire et politique qui vient de frapper l’Italie. La Cour de cassation a confirmé jeudi les jugements rendus en première instance, comme en appel, à l’encontre de Silvio Berlusconi dans l’affaire Mediaset, à savoir quatre ans de prison.

La plus haute juridiction italienne a toutefois décidé de faire rejuger en appel son interdiction d’exercer une fonction publique pendant cinq ans, la peine la plus symbolique qui menaçait Silvio Berlusconi.

M. Berlusconi, 76 ans, qui avait été condamné en première instance et en appel à quatre ans de prison dont trois couverts par une amnistie, ne devrait toutefois pas aller en prison en raison de son âge.

Libération ; Le Point

Le «rêve morbide» de Cohn-Bendit : Marine Le Pen présidente

Daniel Cohn-Bendit, député européen Vert, «décrypte» dans le JDD les causes de la crise politique italienne, la montée des populismes et montre du doigt Angela Merkel. «Il faut tirer la sonnette d’alarme» estime-t-il

Imaginons, je dis bien imaginons –nous avons tous des rêves morbides –, Mme Le Pen présidente. Que fait-elle au sujet de la viande de cheval et de Spanghero? Que fait-elle pour sauver Peugeot? Oblige-t-elle les Français à rouler français ?

La montée des populismes en Europe serait donc due au rejet de l’Europe ?

Les sociétés en crise ne voient pas la valeur ajoutée de l’Europe mais au contraire pointent sa responsabilité dans la dégradation économique de leur pays. Ce qui n’est pas exact, la réalité est bien plus complexe mais l’Europe ne sait pas offrir autre chose. Cela dit, trouvez-vous que la Grande-Bretagne, qui n’a pas adopté l’euro, se porte bien? En Suède, autre pays qui a conservé sa devise, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait qu’augmenter. La seule réponse des autorités, c’est le renforcement des inégalités et des injustices sociales. Une politique dont on voit la traduction dans les urnes.

Marine Le Pen estime que le résultat des élections italiennes est «assez enthousiasmant pour les élections européennes»…

Oui, c’est un vrai danger. On risque d’avoir au Parlement européen une majorité d’eurosceptiques. La crise, l’immigration non légale, les Roms, les scandales alimentaires… «Tout est de la faute de l’Europe», entend-on dire. Mais ce sont les gouvernements nationaux qui ont refusé une plus grande traçabilité des produits alimentaires… […]

Le JDD

Italie. Le «populiste et démagogue» Beppe Grillo fait une entrée fracassante au Parlement : 25% (MàJ vidéo)

Marc Lazar, professeur à Sciences-Po, nous en dit un peu plus sur Beppe Grillo :

« Des revendications quasiment d’extrême-droite contre l’immigration »

——————————-

Addendum 25 /02 : Les élections italiennes n’ont pas dégagé de majorité mais avec plus de 25 % au Sénat et à la chambre, Le Mouvement 5 Etoiles (M5S) du comique populiste Beppe Grillo, qui a pris davantage de voix à gauche qu’à droite, dépasse les plus folles espérances de ses partisans. Il se place derrière les deux coalitions du Parti démocrate(PD) et du Peuple de la liberté (PdL), mais est désormais le second parti italien après le Parti démocrate. Un score de 20% aurait déjà été un exploit. Pierluigi Bersani, secrétaire du PD, devrait payer lourdement cette défaite et abandonner le leadership de la gauche.

Le Point

Devinette : quelle phrase Beppe Grillo n’a-t-il pas prononcée ?

- « Donner la nationalité italienne à ceux qui sont nés dans le pays, sans que leurs parents aient une nationalité italienne, n’a aucun sens. »

- « L’immigration, c’est une bombe à retardement. »

- « [Les Français] vont bombarder les Touaregs et les musulmans pour aider un gouvernement né d’un coup d’Etat au Mali, un pays riche en uranium et en or. Ils sont impérialistes. Et nous sommes contre tout type de guerre. »

Réponse : il est l’auteur des trois phrases, alors que son côté contestataire le fait passer le plus souvent pour un candidat de l’extrême gauche, comme ici dans Paris Match. « D’un côté il se positionne à l’extrême gauche, défendant un discours anti-impérialiste, anti-establishment et pacifiste, explique Giuliano Santoro. De l’autre, il s’attaque à l’immigration. On observe aussi que son discours change en fonction de la région où il le prononce. »

Francetvinfo

—————————–

Ratissant de l’extrême gauche à l’extrême droite, le comique Beppe Grillo devrait faire une entrée fracassante au Parlement italien avec un score de l’ordre de 20%. Un véritable «tsunami politique» selon Le Point.

Quel sera lundi soir le score du Mouvement 5 étoiles, 17 % ? 20 % ? 25 % ? Le quotidien La Repubblica prévoit jusqu’à 200 «Grillini» – les partisans de Grillo – dans le nouveau Parlement.

Il l’avait promis et il l’a fait. Pour son dernier meeting électoral, Beppe Grillo a rempli de plus de 500 000 supporteurs la Piazza San Giovanni, la plus grande place de la Ville éternelle, qui accueille depuis un siècle les rassemblements du peuple de gauche. Durant les mêmes heures, Silvio Berlusconi déclarait forfait à la manifestation prévue à Naples et Pier Luigi Bersani réunissait ses fidèles… dans un théâtre de quatre cents places. Les leaders censés faire la course en tête n’ont pas osé affronter le comique populiste dans la traditionnelle démonstration de force de clôture de campagne. Un aveu de faiblesse qui alimente les craintes et les spéculations. […]

Puis Grillo évoque son programme. Il promet tour à tour la démocratie directe via Internet et la semaine de 30 heures. Avant de se reprendre : «Non, pas 30 heures de travail hebdomadaires, mais 20 heures ! » Suivent le mariage des prêtres, un revenu minimum de 1 000 euros, la fin des missions militaires de paix «qui sont en réalité des missions de guerre». On croit alors pouvoir situer politiquement Grillo à gauche, mais le Coluche italien prend son auditoire à contre-pied. Abolition d’Equitalia, l’organisme de recouvrement des impôts, abolition de la taxe foncière, interdiction de saisir les habitations principales, condamnation de l’euro, attaque contre Angela Merkel et la politique de rigueur : c’est la moitié du programme de Berlusconi qui vient de défiler. […]

Le Point

Echangisme : le club des Chandelles, « c’est le club de DSK, de la jet set et du show-biz, d’avocats et de magistrats, de patrons et d’hommes d’affaires »

La brigade de répression du proxénétisme a réclamé la fermeture administrative de ce club sis 1, rue Thérèse (Ier arrondissement de Paris) à la préfecture de police qui, « pour des considérations d’opportunité et de procédure », l’a reportée au mois de janvier : « On les laisse faire la saison », dit un ponte. Suspecte de « tolérance », la patronne Valérie Hervé, 44 ans, est convoquée la semaine prochaine par la « Mondaine » puis par le directeur de cabinet du préfet qui prononcera la sanction.

Mais la dame étant bien sous tous rapports, « inconnue des services de police », « le trouble à l’ordre public » pas si manifeste et l’établissement « très bien fréquenté », les Chandelles ne risquent a priori qu’un mois de fermeture. Afin de ne pas nuire aux nuits parisiennes et à ses illustres clients : « Ce n’est pas une boîte à voyous, c’est le club de DSK, raille un enquêteur, de la jet set et du show-biz, d’avocats et de magistrats, de patrons et d’hommes d’affaires, mais aussi de Russes qui viennent avec des escort girls ».

Si Thierry Ardisson ou Frédéric Beigbeder n’ont jamais fait mystère de soirées libertines aux Chandelles, Dominique Strauss-Kahn l’a longtemps caché avant d’être démasqué. Depuis le scandale de New-York, DSK est persona non grata dans ce club du Palais Royal, a décrété la tenancière dans une interview unique au Bonbon nuit le 16 juin. Interrogée par ce fanzine pour noctambules sur les mœurs sexuelles de DSK et de Berlusconi, Valérie Hervé stigmatise alors « le recours à la violence pour assouvir leurs pulsions » et la « drague pressante » qu’elle appelle « du harcèlement ».

Libération

Crise : «Des juntes civiles» pour remplacer des gouvernements démocratiques ?

Après les nominations en Grèce et en Italie, de technocrates comme chefs de gouvernement Michel Colomès, directeur du Point, craint que «la crise ne fasse reculer la démocratie»

C’est Mariano Rajoy, président du Parti populaire espagnol, qui, le premier, a lancé l’avertissement : «Les gouvernements européens devraient être des représentants élus de leur peuple plutôt que des technocrates cooptés par Bruxelles.» […]

Lucas Papademos, qui a succédé à Georges Papandréou est un ancien gouverneur de la Banque de Grèce puis vice-président de la Banque centrale européenne. Quant à Mario Monti, 68 ans, successeur de Berlusconi, il est professeur à l’université Bocconi de Milan, ancien commissaire à la Concurrence de la Commission de Bruxelles jusqu’en 2004, il n’a jamais siégé dans aucune assemblée parlementaire.

On peut certes objecter que ces deux gouvernements, constitués dans la hâte après que la crise de liquidités traversée par leur pays eut fait chuter les gouvernements en place, ont bénéficié d’un vote de confiance de leurs assemblées parlementaires respectives. Il n’empêche que ces équipes issues de la société civile, dont les Britanniques disent déjà méchamment qu’elles ressemblent à des «juntes civiles», vont devoir faire rapidement leurs preuves et notamment celle-ci : sont-elles capables de faire accepter, sans débordements violents excessifs, par les peuples grecs et italiens des mesures d’austérité drastiques forcément impopulaires ?

Le Point

L’Italie en mode panique

La démission annoncée de Berlusconi n’a pas rassuré les marchés. Le champion des cabrioles a posé ses conditions : des élections anticipées sans gouvernement de transition. Autrement dit, l’incertitude politique totale. Résultat : le taux des emprunts d’État a atteint 7,42%. Situation intenable qui menace l’euro.

La bourse plonge, le « spread », l’écart de rendement Italie-Allemagne à 10 ans atteint 572 points de base puis retombe à 552 points. Le rendement des obligations sur dix ans, grimpe à 7,42%. Un niveau insoutenable comme le prouve, notamment, l’exemple de la Grèce qui a dû réclamer une aide financière du Fonds Monétaire International (FMI) et de l’Union Européenne (UE). Et aussi, un point de non retour.

Du coup, Rome craint d’être dévoré à la sauce grecque. Et pourtant, la situation des deux pays n’est pas comparable. « L’Italie est un pays riche qui repose sur un tissus de PME solides, les fondamentaux sont solides contrairement à ceux de la Grèce » estime Vincenzo Visco, ancien ministre des Finances du gouvernement Prodi. »

Suite et commentaires sur Fortune

Italie : Berlusconi jette l’éponge en raison de la crise de la zone euro

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi démissionnera après l’adoption au parlement des mesures promises à l’UE pour éviter la contagion de la crise de la dette.

Avant cette annonce, le taux à 10 ans de l’Italie est monté jusqu’à 6,770%, un niveau inédit depuis la création de l’euro, légèrement plus que le précédent record qui datait du matin même (6,73%). Ce niveau est jugé insoutenable à plus long terme compte tenu de la dette colossale du pays (1.900 milliards d’euros, 120% du PIB).

Mercredi, le taux à 10 ans de l’Italie se détendait légèrement sur les marchés obligataires asiatiques, à 6,65%. Les bourses d’Asie ont également bien accueilli l’annonce du départ de M. Berlusconi.(…)

20 Minutes

Berlusconi : La rebellion libyenne n’est «pas un soulèvement populaire»

La rebellion libyenne, qui a renversé le colonel Mouammar Kadhafi, «n’a pas été un soulèvement populaire» mais un acte d’ «hommes de pouvoir» décidés à le chasser», a déclaré aujourd’hui le président du Conseil Silvio Berlusconi.

Cela n’a pas été un soulèvement populaire parce que Kadhafi était aimé de son peuple comme j’ai pu le constater quand je suis allé en Libye

«Cela n’a pas été un soulèvement populaire » comme dans d’autres pays nord-africains, « où un vent de liberté commence à souffler», a déclaré le Cavaliere devant des jeunes de son parti, le Peuple de la liberté, rassemblés à Rome. Au contraire, a-t-il observé, à Tripoli, «des hommes de pouvoir ont décidé de donner vie à une nouvelle ère en mettant Kadhafi dehors».

Jusqu’au soulèvement au début de l’année, le président du Conseil italien avait entretenu des rapports étroits avec le régime libyen. La réconciliation avec le régime de Tripoli «m’a apporté la sympathie non seulement de la Libye mais de nombreux dirigeants de pays africains», et «ainsi nous avons pu consolider notre présence, importante pour les fournitures de gaz et de pétrole», s’est-il justifié devant ses jeunes partisans.

Le Figaro

Lybie : Kadhafi voulait submerger Lampedusa d’immigrés africains


© Keystone

Le dirigeant libyen en fuite Mouammar Kadhafi voulait submerger l’île italienne de Lampedusa d’immigrés africains pour se venger de la participation de Rome à la coalition qui a combattu son régime, a affirmé vendredi le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini.

« L’Italie a des preuves des ordres donnés par le colonel Kadhafi, comme celui de transformer Lampedusa en enfer. Il y a des preuves que Kadhafi a ordonné de mettre des milliers de désespérés sur des embarcations pour jeter l’île dans le chaos », a déclaré le chef de la diplomatie italienne dans une interview au journal catholique Avvenire.[...]

Plus de 20.000 immigrés clandestins, essentiellement en provenance d’Afrique sub-saharienne, sont arrivés ces derniers mois à Lampedusa en provenance de la Libye.

S’ajoutant à près de 25.000 candidats tunisiens à l’immigration arrivés entre mi-janvier et mi-mai sur la petite île, ces débarquements ont provoqué des tensions avec la population locale et une crise politique opposant le gouvernement italien au reste de l’Union européenne et plus particulièrement à la France, accusés de manquer de solidarité face à l’afflux des immigrés.

Il y a dix jours, le ministre de l’Intérieur italien Roberto Maroni a affirmé que « plus de 48.000″ migrants étaient arrivés en Italie depuis le début de l’année en provenance de Tunisie et de Libye.

L’ambassadeur de Libye en Italie, Hafez Gaddour, a lui aussi affirmé, dans une interview à la radio publique RAI, que Mouammar Kadhafi « en personne pilotait l’immigration clandestine, il commandait lui et disait qu’il voulait faire devenir Lampedusa noire, pleine d’Africains », pour punir les Italiens de leur participation aux raids aériens de l’Otan en Libye.[...]

Tribune de Genève

L’ultimatum de la Ligue du Nord à Berlusconi

Umberto Bossi fixe les conditions de son soutien au président du Conseil. [...]

Le contingent militaire déployé à l’étranger devra être réduit. Il faut interrompre la participation aux frappes libyennes qui ont déjà coûté «un milliard d’euros» à l’Italie. Et réduire le train de vie du personnel politique. Dans le cadre de l’application du fédéralisme, quatre ministères devront aussi être transférés, trois à Monza, dont celui de l’Économie, et un à Milan, celui de l’Industrie. L’effort majeur devra toutefois porter sur la très controversée réforme fiscale, avec une diminution consistante des impôts pour les petites entreprises et les artisans.

Umberto Bossi n’appelle pourtant pas à des élections immédiates: «Nous ne pouvons prendre aujourd’hui la responsabilité de faire tomber Berlusconi. La gauche regagne du terrain. Elle en profiterait», a-t-il dit.

Le Figaro

La Ligue du Nord pourrait faire tomber Berlusconi

(…) Dimanche prochain, la Ligue se rassemblera à Pontida pour sa traditionnelle kermesse annuelle. Sous la pression de ses troupes, Umberto Bossi, fondateur du mouvement fédéraliste, dictera ses conditions – nombreuses – pour continuer à soutenir le gouvernement Berlusconi : arrêt des missions militaires à l’étranger, décentralisation au nord de certains ministères, blocus naval pour empêcher l’arrivée en Sicile de réfugiés en provenance du Maghreb et, surtout, baisse des impôts. Alors que l’Italie doit réduire ses dépenses publiques de 40 milliards en 3 ans, c’est sur ce dernier point que se jouera la bataille. « Il faut de la prudence », a déclaré le ministre de l’Économie Giulio Tremonti. « Il faut du courage », lui a répondu le numéro deux de la Ligue, Roberto Maroni.

En 1995, c’est Umberto Bossi qui avait fait tomber le gouvernement Berlusconi en lui retirant son appui au bout de sept mois. Mais à l’époque, la Ligue, qui ne comptait que quelques élus, n’avait pas grand-chose à perdre. Aujourd’hui, elle est au gouvernement et elle administre des provinces, des régions et des centaines de communes. Si la « prudence » l’emporte sur le « courage », Bossi osera-t-il remettre ces acquis en question en rompant une nouvelle fois avec le Cavaliere ?

Le Point