Chika Unigwe sort son quatrième roman en néerlandais. L’écrivaine belgo-nigériane n’est pas tendre avec sa deuxième patrie. « La communauté africaine n’est toujours pas entendue en Belgique » .
« Lorsque je suis venue en Belgique, j’ai atterri dans un pays où j’étais avant tout une Noire. Je n’oublierais jamais ma première visite à l’agence pour l’emploi. J’avais à l’époque deux diplômes universitaires et je travaillais à mon doctorat. Avant que j’aie eu le temps de dire quoi que ce soit, une femme m’a interpellé pour me signaler qu’ils étaient à la recherche d’une femme de ménage et que je pouvais commencer le jour même. Elle a seulement dit cela parce que j’étais Noire. Être Noir, en Belgique et en 2013, signifie qu’on vit des allocations ou que, dans le meilleur des cas, on est ouvrier.
Le gouvernement est-il trop laxiste face au racisme ?
C’est évident non ? Il existe encore des entreprises où on refuse ouvertement d’engager des Noirs ou des musulmans. Certains propriétaires refusent de louer leur appartement à des Noirs. C’est illégal et pourtant c’est une pratique courante tant le sentiment d’impunité domine dans ce domaine.
Cette discrimination ne peut cesser que si l’on punit réellement ce genre de comportement.
Dans les études sur le racisme, la Belgique ne brille pas particulièrement par sa tolérance. Lorsqu’on est Noir, on ne peut que remarquer que la Belgique est structurellement raciste. Le racisme y est présent de manière latente.
Je ne me suis jamais fait traiter de sale Noire. Pourtant, ce serait peut-être beaucoup plus simple si c’était le cas puisque cela permettrait de savoir à qui on a réellement affaire.
[extraits] Fille de gitans, Mihaela C., 19 ans, s’est rendue coupable à vingt-six reprises de vol, escroquerie et fraude informatique. Elle était à l’occasion accompagnée de Bianca B., 22 ans.
Elles ont abusé de nombreuses femmes naïves et crédules chez qui elles s’introduisaient. Fausses attestations à l’appui, elles se disaient envoyées par Médecins du monde et Médecins sans frontière, voire par une association de parents d’élèves.
Elles empochaient de petites sommes et parvenaient à subtiliser les cartes bancaires des victimes dont les comptes étaient rapidement allégés.
[Pour les opérations bancaires], elle avait recours aux services d’Abel M., un Etterbeekois de 21 ans, interpellé en Allemagne grâce à un mandat d’arrêt européen.
Le parquet a retenu 63 infractions, faux, vols, escroqueries, fraudes informatiques et association de malfaiteurs. Mihaela écope de 24 mois de prison et d’une amende de 600€, le tout avec sursis. Bianca prestera 130 heures de travail. Abel purgera dix mois en plus de la détention qu’il subit déjà.
Les établissements scolaires ne peuvent pas obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant les cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement, selon un arrêt du Conseil d’Etat. L’arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles.
La commune de Grâce-Hollogne, qui pratiquait cette règle dans ses établissements, est condamnée à modifier son règlement d’ordre intérieur : le Conseil d’État l’oblige à retirer la disposition qui, depuis 2011, n’autorisait aux enseignantes d’islam de porter le voile que dans leur classe et pendant leurs cours, et pas ailleurs à l’école.
Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves : «Le voile islamique est un symbole religieux visible et fort, incompatible avec le devoir de neutralité.»
Selon le Conseil d’État , les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues. […] Le conseil d’État cite Xavier Delgrange pour qui «l’enseignement de la religion échappe pratiquement totalement au contrôle des autorités publiques […] Les titulaires de cours de religions reconnues ne sont pas astreints au devoir de neutralité et même, le prosélytisme de leur part n’est pas critiquable».
par Colette Bériot, psychologue, « animatrice en éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle » .
[extraits]Les animateurs du planning familial sont aux prises avec de sérieux changements chez certains groupes de jeunes. Ces changements sont liés à des phénomènes sociétaux comme l’hypersexualisation des médias mais aussi à “l’ethnicisation” de nombreuses écoles.
(…) Trop souvent, le travail d’animation d’Education à la vie relationnelle, affective et sexuelle (E.V.R.A.S.) se concentre sur la transmission des valeurs d’un idéal humaniste occidental. Du point de vue de notre idéal progressiste d’émancipation des femmes, les positions machistes [des jeunes de quartiers. ndlr] sont difficiles à entendre. Mais sommes-nous cohérents ?
On passe sous silence les discriminations dont sont victimes ces jeunes. Quand on aborde les questions de sexualité, on ne pense pas nécessairement à s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils se construisent.
Ils sont pour la plupart les héritiers d’un parcours d’exil souvent douloureux. (…) Comment concilier un héritage familial, culturel, religieux, avec les exigences contradictoires de la société où ils sont censés construire leur avenir ?
Aborder les questions de sexualité en faisant l’impasse sur ces questions constitue une forme de violence faite à ces jeunes.
Les positions machistes exprimées sont à mettre en lien avec la lutte que ces garçons doivent mener pour occuper une place digne dans notre société.
Quotidiennement, ils affrontent racisme et ségrégation. Face à ces questions, garçons et filles n’affrontent pas les mêmes réalités. Eux, plus qu’elles, souffrent d’une infériorisation sociale due à leur origine et leur apparence corporelle.
Si la féminité prête le flanc au machisme, elle écarte en revanche plus volontiers le regard raciste. “Elles” sont bienvenues dans les boîtes de nuit ! L’émancipation des femmes est alors vécue par les hommes de leur communauté comme une forme de trahison de la solidarité “raciale” et sociale.
Cette situation permet de mieux comprendre l’enjeu crucial que constitue le contrôle des femmes et particulièrement le contrôle de leur sexualité.
Dans cette perspective, la virginité des filles prend une valeur symbolique. Il s’agit d’un enjeu de dignité du clan tout entier, dans une société qui l’infériorise.
Ce n’est pas seulement leur libération personnelle qui est en jeu, c’est aussi et surtout leur loyauté à l’égard de leur communauté.
(…) Les garçons sont déchirés entre le désir d’expériences sexuelles et le devoir de s’assurer une épouse fidèle garante de la dignité familiale. Les filles, elles, sont écartelées entre la solidarité “raciale” et le désir d’émancipation.
En pleine traversée de l’adolescence, leur identité est en complète réorganisation. Ils ne savent pas très bien qui ils sont ni qui ils veulent être. La provocation, les conduites à risques et, dans certains cas, la violence constituent un appel à la confrontation, un appel à la loi, voire au conflit pour définir l’autre et, par voie de conséquence, se définir soi-même.
Ils cherchent à mettre l’adulte hors de lui, espérant ainsi accéder à son fond de vérité. Quand l’adulte sera déstabilisé, triste ou en colère, le jeune aura accès à de l’authentique, de l’inédit.
La provocation, vue sous cet angle, fait partie d’une tentative de construction identitaire complexe.
C’est le début d’un processus de métissage, une tentative d’harmonisation de leurs différents repères culturels.
Pour cette élaboration difficile, il apparaît fondamental de fournir à ces jeunes des repères mixtes et des passerelles, de leur permettre de se former auprès d’adultes “réconciliateurs”.
Une construction identitaire harmonieuse ne pourra se faire sans que soit reconnue la culture de leurs familles. Il semble préférable de commencer par aborder le culturel d’entrée de jeu, travailler avec la diversité et les différences.
Il s’agit de quitter une position ethnocentrique et d’adopter une position “cosmopolite”.
Alors, seulement peut se nouer un dialogue qui enrichira les uns et les autres, fondation d’un réel échange interculturel, source de métissage pour les jeunes mais aussi pour nous.
[ NDLR n°1 : Cet article signé Annabel Claix, rédactrice du site d'information belge 7sur7, n'est pas présenté comme un article d'opinion, une chronique politique ou un éditorial. Il est proposé comme une "information" comme une autre sur Bruxelles et sa région. ]
NDLR n°2 : La « diversité » au sein de la rédaction de 7sur7 :
[extraits] L’immigration, les difficultés à vivre ensemble, la fracture sociale, l’intégration, des termes que l’on utilise à foison (…) Ce sont les habitants qui ont une mission essentielle dans la cohabitation culturelle qui n’est plus une option aujourd’hui mais une évidence.
Le Bruxellois dit « de souche » a toutes les peines du monde à accepter que 75,6% de la population de la capitale est directement issue de l’immigration. Et que la ségrégation actuelle n’apportera rien de bon.
Un phénomène apparaît : celui d’un centre-ville terne et mal entrenu, délaissé aux mains des moins nantis tandis que les ménages plus aisés forment des blocs en périphérie.
C’est ce que les spécialistes appellent une « edge city ». Bruxelles est un exemple frappant de ce phénomène et se pose aux antipodes de villes qui ont réussi le pari de la multiculturalité comme Londres ou Sydney.
Là bas, les cultures s’entrechoquent et se mêlent à l’envi, chacun (ou presque) a trouvé sa place sans déranger l’autre.
Au contraire, car ce que l’autre apporte de nouveau est le plus souvent vécu comme une expérience positive et constructive (…)
Peu nombreux sont les Bruxellois des quartiers confortables qui « s’aventurent » spontanément dans les quartiers de l’ouest ou du nord du centre de Bruxelles.
Ceux-là préfèrent, ce qui est confirmé par une étude révélée en 2009, apprendre à leurs enfants à ne connaître qu’un Bruxelles, le leur, un morceau de capitale qui ne représente aucunement la réalité de la ville.
A cette fin est régulièrement agité le spectre des quartiers où l’on est forcément agressé, où il ne fait pas bon vouloir découvrir autrui.
Le directeur-adjoint du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme estime que la Ville de Bruxelles a pris la bonne décision
Un Belge converti à l’islam, employé à la Ville de Bruxelles, a été licencié parce qu’il a refusé de serrer la main de son échevine de tutelle, Karine Lalieux (PS), révèlent lundi les journaux de Sudpresse et Le Soir.
L’échevin en charge du personnel communal, Philippe Close (PS), a expliqué que l’ex-employé des musées de Bruxelles a refusé de serrer la main de Karine Lalieux « prétextant que sa religion lui interdisait de toucher des femmes ».
1) L’ex-Monsieur météo de RTL, au coeur d’une grosse polémique suite à la publication sur sa page Facebook de propos jugés ‘racistes’, en rajoute une couche aujourd’hui en postant la vidéo d’un reportage intitulé « La France se convertit à l’islam ».
La vidéo intitulée « La France se convertit à l’islam » est celle d’un reportage réalisé par une télévision russe dans un quartier parisien à forte population musulmane et souhaitant démontrer l’islamisation de la France. 7 sur 7
2) Le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX) a annoncé son intention de porter plainte contre Luc Trullemans pour propos racistes et incitation à la haine.
Nous allons constituer un dossier puis nous irons interpeller le procureur du Roi pour qu’il diligente une enquête », indique le président du MRAX. Le MRAX regrette par ailleurs « une banalisation des discours xénophobes et racistes » Le Soir
mise à jour n°9 4 mai 2013
[extraits] Le licenciement par RTL du plus célèbre des météorologues en Belgique fait des vagues. Luc Trullemans est au cœur d’une polémique pour avoir publié sur sa page Facebook, des propos résolument hostiles à la population d’origine arabe.[Lire les propos incriminés][ou cliquer l'image ci-dessous]
Affirmant « s’en foutre » s’il était taxé de racisme, le M. Météo de la chaîné télé RTL affirmait qu’il est « temps que quelqu’un dise tout haut ce que beaucoup de monde pense tout bas ».
A la suite de son licenciement, il a décidé de porter son affaire devant la justice avec l’aide de Me Modrikamen, par ailleurs dirigeant du Parti populaire, une formation populiste et islamophobe [terminologie "Le Monde" NDLR].
Un organisme affirmant défendre les droits des musulmans a déposé une plainte auprès du Centre pour l’égalité des chances, une structure parapublique chargée notamment de lutter contre le racisme.
Sur le Web, diverses pétitions de soutien circulent, la plupart affirmant soutenir la « liberté d’expression » et exigeant la réintégration de M. Trullemans. Le Monde
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màj n°8 2 mai 2013
màj n°7 1er mai 2013 – 15h40
Les hommes politiques s’en mêlent
màj n°6 1er mai 2013 – 15h20
Le patron de RTL s’explique: « On a une éthique dans cette maison ». L’administateur délégué de RTL-TVI, a déclaré.
« [Le licenciement] est devenue inéluctable, on n’avait pas le choix. Luc Trullemans avait publié un texte à caractère raciste, xénophobe qui était inacceptable pour notre maison.
Il a vexé une grande communauté dans ce pays. »
« Et on a constaté que ce n’était pas un événement isolé et qu’il avait déjà eu des propos de ce type-là précédemment. Et puis, il a alimenté la presse d’interviews, à notre sens totalement déplacées. »
Le patron de RTL revient aussi sur la façade vandalisée des locaux de la chaîne cette nuit : « On a été tagués cette nuit sur le bâtiment de RTL, de façon incroyable par l’extrême droite. Je pense que l’on a quelque chose d’extrêmement important. Un mouvement qui soutient Luc aujourd’hui, ce que je peux comprendre par ailleurs, mais il n’était pas possible pour nous de le garder dans cette maison. »
« Quand on est dans cette maison, on est lié à un devoir de réserve. On a une éthique dans cette maison, on ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment. Et hélas, Luc a dépassé les bornes et donc son départ était inévitable. »
La polémique autour des propos de Luc Trullemans ne cesse d’enfler. Plusieurs animateurs de RTL Belgique ont fait l’objet de menaces et d’insultes. Selon Sudpresse, plusieurs centaines de SMS haineux qui ont été envoyés sur les serveurs SMS de la chaîne privée.
Thomas van Hamme [animateur vedette en Belgique] a publié sur sa page Facebook: « Mon patron vient de s’exprimer au 13h. Comprenez mon devoir de réserve face à cette délicate polémique. Je ne pense pas que cela mérite les insultes et les menaces dont mes collègues et moi avons fait l’objet depuis deux jours… »
La facade de RTL a été taguée de l’inscription « Pourris » et d’un symbole fasciste dans la nuit de lundi à mardi. RTL a porté plainte. 7 sur 7
màj n°4 30 avril 2013
C’était le Monsieur Météo de RTL Belgique depuis près de vingt ans. Un dérapage « raciste » ™ sur Facebook a mis un terme à sa carrière. Luc Trullemans a été licencié après avoir diffusé vendredi 26 avril 2013 une lettre (supprimée depuis), à caractère raciste™ et islamophobe™ qui interpellait notamment les musulmans en disant « intégrez-vous ou dégagez ! ».
« Les prises de positions publiées par Luc Trullemans ainsi que les différentes interviews qu’il a données par la suite, sont incompatibles avec sa position d’homme public représentant RTL, et le devoir de réserve qui y est associé », a déclaré RTL dans un communiqué. « Ceci rend la poursuite de la collaboration entre RTL et Luc Trullemans impossible. »
Dans une interview accordée aux journaux Sudpresse, Luc Trullemans, déclare qu’il visait « une minorité d’Arabes.»
«Ceux qui font le marché gare du Midi le dimanche ne me posent pas de problème, eux. Mais la racaille, j’en ai marre. Ces gens-là n’ont rien à faire chez nous. ».
Pour rappel, la direction de RTL Belgium a annoncé vendredi soir avoir suspendu Luc Trullemans de l’antenne jusqu’à nouvel ordre. Philippe Delusinne n’exclut d’ailleurs pas un licenciement.
Le directeur-adjoint du Centre pour l’Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (CECLR) qualifie les propos tenus par Luc Trullemans de « condamnables sur le plan moral »
Luc Trullemans se défend d’être raciste. Le monsieur météo de RTL, qui vient d’être suspendu suite à un dérapage sur Facebook, affirme aujourd’hui avoir agi « sous le coup de la colère ».
« Je roulais à environ 50 – 60 km/h, mais ce n’était visiblement pas assez pour ceux qui me suivaient » (…) La voiture derrière me fait des appels de phares et me fait une queue de poisson. Je klaxonne fort puis le conducteur commence à accélérer puis freiner soudainement, à plusieurs reprises ».
Selon Luc Trullemans, les occupants de la voiture qu’il décrit comme « des gens du sud, habillés en tenues traditionnelles » sont alors sortis du véhicule.
« Ils m’ont dit de sortir mais je n’ai pas voulu car j’avais peur », dit-il. « Ils étaient très agressifs. Ils m’ont dit que je n’avais pas à les klaxonner. Je leur ai répondu qu’il y avait des règles à respecter comme les lignes blanches et les limitations de vitesse.
Ils ont alors rétorqué qu’ici, ils étaient chez eux, que je n’avais pas à leur imposer mes règles. Ils ont également dit que je n’étais qu’un petit Belge », affirmant que l’un des individus a donné un coup dans sa voiture.
« Je ne suis pas raciste », se défend-il. « D’ailleurs j’ai eu une relation de 5 ans avec une Algérienne« .
Les réseaux sociaux peuvent s’avérer “glissants” pour les personnalités publiques. C’est au tour du « M. Météo » de RTL Belgique, Luc Trullemans, d’en faire l’amère expérience.
Luc Trullemans a publié sur sa page Facebook une lettre qui traîne depuis quelque temps déjà et qui s’adresse aux Musulmans. Cette lettre a déjà été publiée depuis plusieurs années et refait régulièrement surface.
Le problème, c’est que Luc Trullemans exerce un métier public et que sa page Facebook est également publique.
La direction de RTL Belgium a annoncé avoir suspendu Luc Trullemans de l’antenne jusqu’à nouvel ordre. Celui-ci a finalement retiré les publications tendancieuses après la révélation de l’affaire dans la presse et publié un communiqué dans lequel il déclare :
« Je tiens à m’excuser personnellement auprès de la communauté musulmane des propos que j’ai tenus à son égard. Je tiens à préciser que, suite à une agression sur la voie publique et sous le coup de l’émotion en étant dans un état de grande fatigue, j’ai écrit ce texte sous l’emprise de la colère. Je précise que je ne suis pas du tout raciste. »
Tout en publiant dans la foulée un message qui dit que « la liberté d’expression n’est plus ce qu’elle était… »
[extraits]Le Maroc, qui a vu naître mes parents, fait partie de mon histoire. Le 7 mai 2002, ils ont été tués en Belgique par un individu qui, nourri par le discours de la haine et de la xénophobie, a considéré qu’ils n’avaient plus le droit de vivre.
Il ne faut pas oublier tous ces travailleurs immigrés qui se sont battus pour obtenir des droits, pour être reconnus en tant que citoyens. Ils ont fait face à des conditions de travail difficiles, au racisme et à l’extrême droite.
Cette histoire fait partie de la mémoire collective de l’ensemble des citoyens belges.(…)
Aujourd’hui, je suis la troisième génération, je suis aussi cette Belgique, qu’on le veuille ou non. Combien de générations encore pour que cela soit compris une bonne fois pour toute ?
Après le débat sur l’immigration et celui sur l’intégration, c’est à présent l’islam le débat en vogue. Les cas de discrimination à l’encontre des citoyens belges de confession musulmane ne sont même plus à dénombrer. Ce constat est révoltant dans une société où on aspire au vivre ensemble.
Il est insupportable de se faire discriminer suite à un entretien d’embauche. Il est insupportable de voir des écoles exclure des filles parce qu’elles ont fait le choix de porter le foulard. Il est insupportable de voir certains médias stigmatiser les citoyens de confession musulmane à grand renfort de raccourcis. Le racisme antimusulman, jusque dans les hautes sphères de notre société, est de plus en plus considéré comme acceptable.
C’est la banalisation, la tolérance de ces discours racistes qui ont engendré des tragédies comme celle qu’a connue ma famille. Le racisme est un délit, pas une opinion ; faut-il encore le rappeler ?
Les choses changeront, j’en ai la conviction ; l’histoire nous l’a prouvé. L’heure n’est plus aux discours. L’heure n’est plus aux promesses. L’heure est aux actes.
En 1962, en quelques semaines, près d’un million d’Européens d’origine française, italienne ou espagnole quittent l’Algérie. C’est un exode massif. Ils débarquent souvent en France dans un dénuement total.
Plusieurs générations de Pieds-Noirs, dits « Européens d’Algérie », avaient vécu en Algérie française de 1830 à 1962.
«L’un des exodes les plus importants de l’histoire»
Complément 2 :
Extraits d’une interview d’Alain Besançon, agrégé d’histoire, docteur en histoire, membre de l’Institut, membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Emission complète ici.
Les populations musulmanes ne se fondent pas dans la population alentour. C’est un fait, un simple fait. Le 20e siècle a vu une purgation des zones mixtes. Il y avait beaucoup de chrétiens en Turquie, en Égypte etc… Ils sont tous partis. Il y avait des musulmans en Grèce, dans les Balkans… Ils sont tous partis. Il y avait des Français en Afrique du Nord, ils sont tous partis…