Terra Nova : Le think tank libéral du PS aux mains des financiers (Màj)

On savait déjà que le cercle de réflexion proche du Parti socialiste était hermétique aux critiques sur les choix économiques du gouvernement – comme nous le révélions ici – mais on ignorait que ce think tank dit progressiste était un repaire de banquiers influents.

Copie écran du site Terra Nova

Dans une enquête parue dans Charlie Hebdo cette semaine, le journaliste Laurent Léger révèle la mise au placard d’une note sur les paradis fiscaux ainsi que les appétits des cols blancs qui sévissent à Terra Nova.

Souvenez-vous: en novembre, nous vous racontions la façon dont Juliette Méadel, secrétaire nationale au Parti socialiste, fut remerciée de la direction de Terra Nova pour avoir publié sur le site Internet de ce think tank proche du PS une note très critique sur la réforme bancaire alors en discussion au Parlement.

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François Hollande, l’ami des riches

Malgré ses invectives contre les puissants de ce monde, le candidat socialiste peut compter sur un vaste réseau de soutiens composé d’amis énarques, de banquiers, de riches industriels et d’une presse généraliste de gauche « aveuglée », remarque ce journal de droite italien.

Miroir inversé de « l’ouverture à gauche » qui avait marqué les débuts du quinquennat de Nicolas Sarkozy, « l’ouverture à droite » a officiellement commencé pour François Hollande.

Après le ralliement d’Olivier Poivre d’Arvor, directeur de France Culture, http://img826.imageshack.us/img826/2517/20120316t062347z1apae82.jpgJean-Jacques Aillagon, l’ancien ministre de la Culture de Jacques Chirac, a déclaré à son tour qu’il voterait pour le candidat socialiste.

Si les deux principaux candidats à la présidentielle s’efforcent d’arracher des voix à l’électorat des extrêmes, ils savent que la bataille se jouera au centre. C’est pourquoi ni l’un ni l’autre ne peut se passer du soutien de l’establishment, du monde de la finance, de l’industrie et de la presse.

En la matière, malgré ses invectives contre les riches, le favori François Hollande peut compter sur un réseau solide. (…)

(…) Les journalistes l’adorent

Second cercle : la presse. Hollande a là aussi de bonnes cartes en main, entre autres grâce à sa compagne Valérie Trierweiler.

C’est à elle, ancienne journaliste politique, qu’il doit le réseau de solidarité journalistique qui l’entoure.

Les journalistes l’adorent. Pas seulement la gauche caviar de Libération, mais aussi les catho-communistes du Monde [propriétaire de Courrier international].

Depuis qu’il y a deux ans le grand quotidien français est passé sous le contrôle du trio BNP, alias Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse, le journal a abandonné toute mesure. Matthieu Pigasse est directeur général de la banque Lazard en Europe. Pierre Bergé, homme d’affaires féru d’art et de mode affiche clairement son soutien à François Hollande.

Xavier Niel, entrepreneur sans scrupules, ne cache pas sa sensibilité de gauche et tire à boulets rouges sur la droite. Nicolas Sarkozy, qui cherche à se débarrasser de son image de président des riches, a beau pointer du doigt les amitiés fortunées de François Hollande, rien n’y fait : tout se passe comme si l’élection était jouée d’avance.

Hollande est un œcuménique. Il déteste les conflits, au point de s’être vu affublé du surnom de Flanby. (…)

Courrier International

« Les banquiers sont les dictateurs de l’Occident »

Traduction par @Boreas d’un article de Robert Fisk paru le 10 décembre 2011 dans le journal anglais The Independent, dont il est le correspondant à Beyrouth :

Les banques et les agences de notation sont devenues les dictateurs de l’Occident. Comme les Moubarak et Ben Ali, les banques croyaient – et croient encore – qu’elles sont propriétaires de leurs pays. Les élections qui leur donnent le pouvoir sont – à travers le manque de cran et la collusion des gouvernements – devenues aussi fausses que les scrutins derrière lesquels les Arabes ont été forcés de s’aligner décennie après décennie pour consacrer leurs propres propriétaires nationaux. Goldman Sachs et la Royal Bank of Scotland sont devenus les Moubarak et Ben Ali des États-Unis et du Royaume-Uni, chacune engloutissant la richesse du peuple dans des récompenses factices et des bonus pour leurs patrons vicieux, à une échelle infiniment plus rapace que leurs cupides dictateurs-frères arabes ne pouvaient l’imaginer.

Lire l’article en entier…

Les non-dits de la crise économique et financière

La critique des banquiers et des spéculateurs est juste. Mais elle ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la crise économique et financière.

La réalité est la suivante :

Les consommateurs et les rentiers contre les producteurs

Nous assistons à l’agonie d’un système qui s’est imposé depuis trente ans. Un système favorable aux consommateurs, aux assistés et aux rentiers, mais profondément pénalisant pour les producteurs et les forces vives des pays développés.

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Si l’Islande refuse de banquer…

Faut-il faire payer par le contribuable l’incompétence des banquiers ? Alors que le krach ne cesse de révéler les dérives d’une oligarchie, la révolte gronde.

Face au krach financier, les responsabilités restent à déterminer. Visés, les oligarques, qui contrôlaient en même temps les banques (prêteuses), les sociétés (emprunteuses), les médias (silencieux), les hommes politiques (complaisants). « 50 requins ont joué le pays à la roulette », accuse Sveinbjörn Arnason, fondateur du mouvement Nouvelle Islande. « Or nul n’a encore été traîné devant les tribunaux. La gauche au pouvoir ne fait pas le ménage et nous trahit. »

Quelque 230.000 Islandais ont été appelés samedi à se prononcer sur un accord organisant le remboursement par Reykjavik de 3,9 milliards d’euros, avancés par Londres et La Haye pour indemniser leurs citoyens lésés par la faillite de la banque sur l’internet islandaise Icesave, en octobre 2008.

Les Islandais [ont voté] non. Au risque d’aggraver la crise de confiance dont pâtit l’île sur les marchés internationaux. Déjà, les agences de notation ont abaissé la note du pays au rang d’« obligation pourrie ». L’étonnante fuite, il y a dix jours, dans la presse locale, d’un télégramme secret de l’ambassade américaine, a confirmé l’isolement de l’île. On y lisait que dans l’hypothèse d’une victoire du « non », suivie d’un gel de crédits promis par le Fonds monétaire international et par des pays européens, l’Islande ne pourrait plus remplir les obligations liées à sa dette dès 2011 et retournerait « trente ans en arrière ».

La perspective d’un non [au référendum] a poussé Reykjavik à tenter, ces dernières semaines – jusque-là en vain -, de trouver un nouvel accord avec Britanniques et Néerlandais. Au cours des négociations, les Islandais ont paradoxalement reçu une offre améliorée, mais ils l’ont déclinée, sous la pression des partis d’opposition.

Après avoir immédiatement reconnu sa défaite, le gouvernement islandais s’est efforcé de minimiser la signification du scrutin, en soulignant que le oui n’était plus une alternative crédible, du fait des nouvelles négociations.

L’affaire Icesave a réalimenté le sentiment anti-européen dans le pays. Au total, plus de la moitié des Islandais sont aujourd’hui opposés à une éventuelle adhésion à l’UE, près de deux fois plus qu’en 2008.

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Ne m’appelez plus jamais Europe !

Les gouvernements européens maquilleraient donc leurs bilans pour cacher ou édulcorer leurs déficits ! Voilà où en est aujourd’hui réduite la crédibilité de certains Etats Européens et non des moindres.

Ces manipulations comptables, pénalement répréhensibles dès lors qu’elles émanent d’une entreprise quelconque, auraient ainsi été appliquées par les Etats dans le but de satisfaire aux critères du Pacte de Stabilité, en termes de déficits et d’objectifs d’endettement. Ce pêché originel européen, inadmissible et scandaleux, hantera l’Union assurément pendant encore de longues années, car la Grèce – qui a escamoté certaines dépenses publiques – ou le Portugal – qui a fait passer des dépenses pour des investissements – n’ont fait que suivre l’exemple des « grandes nations » leur ayant montré le chemin.

Ces artifices et ces tromperies comptables ne sont, en définitive, que la résultante de machinations politiciennes de dirigeants (de l’époque) ne reculant devant aucun mensonge pour intégrer certains pays dans l’Union, dans le seul but de favoriser certains lobbies capitalistes ayant misé sur des concentrations et des regroupements d’entreprises au niveau européen !

Mais alors : pourquoi s’acharner contre la finance, si la politique elle-même, dévoyée de sa noble mission de servir l’intérêt public, déguise sciemment la réalité afin de parvenir à ses fins ? La crise des années 2007-2009 a-t-elle été provoquée par la gourmandise du milieu financier, par les bonus inacceptables de certains banquiers ou traders, ou par une politique qui, une fois de plus, s’est faite – le coeur léger – instrument et bras armé du système financier et capitaliste ? La vérité est que la politique n’est plus qu’une excroissance de la finance, trop contente de lui rendre service à la moindre occasion.

Une détérioration des conditions économiques européennes, qui semble aujourd’hui inévitable, fera franchir à cette crise ayant démarré en 2007, un nouveau palier dangereux, car ce sont les Etats eux-mêmes, leur crédibilité et leur aptitude à nous diriger sainement, qui seront progressivement remis en question. Après la déconfiture confirmée ou prévisible de petits pays européens – Grèce, Portugal, Irlande -, il conviendra de scruter avec la plus grande attention les développements au sein des « grandes nations », comme la France ou l’Allemagne.

L’Europe est aujourd’hui devenue le maillon faible de l’économie globale.

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