Crise de la dette, la spirale infernale

Le scénario se déroule exactement comme prévu : après la Grèce, dont les bons du Trésor sont assimilées depuis hier à des obligations pourries, c’est au tour du Portugal de voir sa note dégradée. Lisbonne peut trembler. Car les marchés ne veulent tout simplement plus de la dette grecque : plus de 10% ce matin pour les taux à 10 ans, près de 18% pour ceux à 2 ans… !

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Bienvenue à la Grande Correction

Par Bill Bonner

Nous allons rebaptiser notre théorie. Nous vivons plus qu’une dépression ; c’est plutôt un phénomène économique et financier. Il inclut un transfert du pouvoir… un retour à la normale après quatre siècles d’aberrations… et l’échec de toute une série de sottises économiques récompensées par des prix Nobel — dont l’Hypothèse des marchés efficients et la Théorie du portefeuille moderne. Appelons cette phase la « Grande Correction »… et attendons que les événements nous donnent raison.

Les tendances profondes se poursuivent. L’influence gouvernementale augmente… et file tout droit vers la faillite. La plupart des pays développés accumulent de gigantesques déficits dans leurs finances publiques. C’est la Grèce qui fait les gros titres en ce moment. Les autres pays à la périphérie de l’Europe, observent avec attention. Ce que la Grèce vit maintenant, ils vont probablement le subir plus tard.

Jour après jour, les roues grincent et cahotent… en route vers des gouvernements toujours plus présents, avec des dettes plus grandes… Un gouvernement se tourne vers un autre lorsqu’il a besoin d’aide. Ce dernier se tourne vers un autre encore. Un pays dépend de sa Banque centrale… et sa Banque centrale dépend de la Réserve fédérale américaine, le capo di tutti capi de toutes les banques centrales de la planète.

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Menaces sur la reprise économique

La montée des déficits budgétaires et de l’endettement public fait peser un risque sur nombre d’économies avancées. Une menace qui était dans le passé celle des pays émergents.

L’abaissement de notations, l’accroissement des différentiels de taux d’intérêt et la contre-performance d’enchères de bons du Trésor de pays tels que le Royaume-Uni, la Grèce, l’Irlande et l’Espagne montrent bien que les investisseurs, les autorités de surveillance des marchés obligataires et les agences de notation pourraient encore durcir leur position. A moins qu’ils n’assainissent leurs finances publiques.

Les conséquences de la sévère récession et de la crise financière ont été plus lourdes pour les pays qui n’ont pas pris de mesures visant à corriger leur déficit budgétaire structurel pendant les années de croissance. En outre, une faible reprise économique combinée à un vieillissement de la population menacent d’alourdir le fardeau de la dette dans de nombreux pays industrialisés : États-Unis, Royaume-Uni, Japon et certains pays de la zone euro.

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Finances publiques ingérables au printemps 2010

Selon le LEAP/E2020 (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique), la crise systémique globale va connaître un nouveau point d’inflexion à partir du printemps 2010 : quand le nœud coulant des déficits publics va étrangler les États et les systèmes sociaux occidentaux.

En effet, à cette date, les finances publiques des principaux pays occidentaux vont devenir ingérables parce qu’il deviendra simultanément évident que de nouvelles mesures de soutien à l’économie s’imposent au vu de l’échec des différents stimulus de 2009 et que l’ampleur des déficits budgétaires interdit tout nouvelle dépense significative.

Ce « nœud coulant » va tout particulièrement affecter les systèmes sociaux des pays riches en appauvrissant toujours plus la classe moyenne et les retraités, tout en laissant les plus défavorisés à la dérive.

Parallèlement, le contexte de cessation de paiement d’un nombre croissant d’États et de collectivités locales (régions, provinces, états fédérés) va entraîner un double phénomène paradoxal de remontée des taux d’intérêts et de fuite hors des devises en direction de l’or.

Le pari de la reprise ayant désormais été bel et bien perdu par les gouvernements et les banques centrales, ce point d’inflexion du printemps 2010 va ainsi représenter le début du transfert massif des 20.000 milliards de dollars d’ « actifs fantômes » vers les systèmes sociaux des pays qui les ont accumulés.

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