Sapir: « Il est urgent de dissoudre la zone euro »

Par Jacques Sapir

La crise de la zone euro a atteint un point critique. Quelles que soient les solutions envisagées, qu’il s’agisse de la mutualisation de la dette ou des mesures dites « non conventionnelles » que la Banque centrale européenne pourraient prendre, elles ne peuvent apporter de solution durable. A cela une bonne raison : cette crise n’est pas une crise de la dette souveraine mais une crise de compétitivité aggravée par l’effet pervers de l’euro sur la croissance.

Les différentes mesures prises depuis le début de 2010 ont été globalement inopérantes. Elles n’ont pu éviter que, pays après pays, cette crise s’étende, de la Grèce à l’Irlande, de l’Irlande au Portugal, puis à l’Espagne et à l’Italie. La situation dans la plupart des pays va continuer à se dégrader sous l’effet de la conjonction de politiques mal avisées de déflation compétitives, qui sont l’équivalent des politiques de dévaluation compétitives que l’euro prétendait supprimer.

Alors que le chômage recommence à fortement monter en France, il est temps de changer de politique, sinon nous nous imposerons l’équivalent d’une grande dépression par notre propre stupidité.

Des politiques inefficaces liées à une erreur de diagnostic

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L’euro baisse face au dollar, dans un marché inquiet du blocage politique en Grèce

L’euro poursuivait son repli face au dollar mardi, le marché connaissant un regain d’anxiété face à la situation de la zone euro, particulièrement en Grèce, confrontée à un blocage politique après la victoire aux élections législatives des opposants à l’austérité. (…)

Le cours de la monnaie unique était plombé mardi par la nervosité croissante du marché à l’égard de la situation politique en Grèce, deux jours après la tenue d’élections législatives qui ont laminé les deux partis gouvernementaux sortant, pro-euro et ayant accepté de signer le programme d’assainissement de l’économie grecque. (…)

« Est-ce que les Grecs vont pouvoir s’entendre au point de vue politique? Et est-ce qu’ils vont rester dans l’euro? De plus en plus de gens doutent que la Grèce termine l’année en tant que membre de la zone euro »,

a noté Charles St-Arnaud, cambiste chez Nomura.

Or, comme le soulignent les experts de Commerzbank, « le scénario catastrophe d’une sortie de la Grèce de l’euro peut alimenter une fuite des capitaux hors des autres pays dits de la périphérie, ce qui pousserait la BCE (Banque centrale européenne) à les aider », et à assouplir encore plus vite sa politique monétaire. (…)

Le Point

Europe : les Draghi, financiers de père en fils

Le fils du président de la BCE se dit « interest rate trader » sur son profil Linkedin. Un possible conflit d’intérêts ?

Avant sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), plusieurs eurodéputés n’avaient pas manqué de relever le passage de Mario Draghi chez Goldman Sachs.

En revanche, ni le Conseil européen, responsable de sa nomination, ni le Parlement, qui l’a auditionné, ne mentionnent un fait notable : son fils, Giacomo, travaille à la banque Morgan Stanley à Londres.

Sur son profil du réseau Linkedin, Giacomo se dit « interest rate trader ». Or, les marchés de taux sont largement influencés par les décisions de… la BCE. »

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La zone euro, nouvelle victime du «consensus de Washington» ?

Dans quelques jours, les « cow-boys » de Washington s’installeront à Rome. C’est à la fin du mois de novembre que l’équipe des experts du Fonds monétaire international (FMI) est attendue dans la capitale italienne, avec sur ses talons celles de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE).

Le trio veut s’assurer que Mario Monti, le tout nouveau président du conseil et ministre de l’économie italien, met bien en oeuvre la cure d’austérité censée éponger la dette pléthorique de plus de 1.900 milliards d’euros qui asphyxie son pays. Et menace la zone euro dans son ensemble.

Avant Rome, Lisbonne, Athènes ou Dublin ont déjà dû multiplier, eux aussi, les purges sous la pression des marchés et sous l’oeil de ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « troïka ».

Certains y voient le retour du « consensus de Washington », cette école de pensée libérale théorisée par l’économiste américain John Williamson en 1989, dans la ligne de l’école de Chicago. Après s’être imposée en Amérique latine et en Asie dans les années 1980 et 1990, elle serait en train de se propager à la zone euro, alors qu’elle semblait pourtant enterrée. Terrassée par le retour en grâce d’un keynésianisme planétaire destiné à sortir les pays occidentaux de la pire crise de l’après-guerre. »

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L’euro, un otage idéologique

Il y un moyen simple de résoudre la crise de la zone euro : que la Banque centrale européenne promette de prêter aux États en dernier recours. Mais cette solution défendue par de nombreux économistes est rejetée par l’institution. Une rigidité purement idéologique, déplore un éditorialiste du Monde [Alain Frachon].

Il suffirait d’une phrase pour endiguer la crise de l’euro, affirment nombre d’économistes. Une petite phrase que devrait prononcer la Banque centrale européenne. La BCE devrait dire haut et fort qu’elle jouera le rôle de prêteur de dernier recours pour les membres les plus endettés de l’union monétaire. Et l’euro se porterait mieux. »

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Grèce : « Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Ce ne sont pas les nôtres »

Dimitris Polychroniadis paie ses impôts sur le revenu, mais il refuse de payer ceux qui sont, selon lui, imposés par la « troïka », constituée de représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne. C’est une question de principe.

Il refuse de payer le nouvel impôt sur la propriété, qui vient d’être instauré. « Je ne paierai pas ces impôts jusqu’à ce que ce gouvernement s’en aille, que le FMI quitte la Grèce et que nous sortions de l’Europe », assure-t-il.

Depuis deux ans, il milite aussi dans un autre mouvement, très présent dans les manifestations, appelé « Den plirono » (« Je ne paie pas »). Ce mouvement s’est fait connaître en laissant libre passage aux automobilistes aux péages des autoroutes pour protester contre les hausses des tarifs. Il continue ses actions aujourd’hui en s’opposant au très impopulaire impôt sur la propriété, qui est directement prélevé sur la facture d’électricité. Si le contribuable ne paye pas, son électricité sera coupée.

Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Mais ce ne sont pas les nôtres, ce sont celles des politiciens et du capital. Nous n’avons pas besoin de toutes ces armes que nous vendent les Français et les Allemands. »

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Crise : l’euro est en danger selon une étude de la BCE

La monnaie unique européenne est en danger en raison des dépenses incontrôlées des Etats de la zone euro et de la crise de la dette qui en a découlé, estime une étude de la Banque centrale européenne (BCE) corédigée par Jürgen Stark, qui a depuis quitté ses fonctions.

Les déséquilibres budgétaires en très forte hausse dans la zone euro dans son ensemble et la situation extrême de certains pays pris individuellement risquent de saper la stabilité, la croissance et l’emploi, de même que la pérennité de l’Union économique et monétaire (UEM) elle-même (…) »

Le Figaro