Quelques dizaines de «jeunes Flamands» se battent en Syrie aux côtés des «radicaux»

L’agence européenne Eurojust, qui collabore avec les autorités judiciaires de tous les pays de l’UE pour lutter contre le terrorisme, a été informée qu’un nombre croissant de jeunes faisaient l’aller-retour entre l’Europe et la Syrie.

Elle estime que quelques dizaines de Flamands se battent contre le régime de Bachar el-Assad. Les jeunes Flamands présents en Syrie seraient principalement originaires d’Anvers, de Malines et de Vilvorde.

Le Soir (Merci à Chantecler)

«Pourquoi il faut armer les rebelles syriens» (Edito du Monde)

Editorial du Monde du 23 février 2013.

L’armement de l’opposition n’est donc pas incompatible avec une solution négociée pour parvenir à l’éviction du clan dirigé par Bachar Al-Assad et éviter un chaos destructeur pour toute la région. C’est au contraire un outil au service de la diplomatie.

Près de 100 morts à Damas dans les attentats perpétrés jeudi 21 février, les plus sanglants dans la capitale syrienne depuis le début du soulèvement, il y aura bientôt deux ans. Qui s’en soucie encore ? […]

Depuis que l’impasse diplomatique créée à l’ONU par l’alignement russe sur les positions du régime syrien a été constatée, les Etats-Unis et les Européens ont baissé les bras. Même s’ils peuvent s’en défendre, ils ont abandonné les révolutionnaires syriens à une guerre asymétrique – face à une armée qui continue de recevoir un soutien logistique et matériel iranien et russe.

Leur principal argument est connu : approvisionner une Armée syrienne libre en armes susceptibles de soutenir la comparaison avec la puissance de feu du régime, c’est prendre le risque de voir ces armes retournées contre eux, le jour venu, par les groupes djihadistes qu’aimante la nouvelle zone grise du Proche- Orient. Cet argument serait convaincant si la paralysie actuelle ne produisait pas ce qu’ils veulent éviter : le développement continu de groupes armés fondamentalistes financés par certains pays du Golfe. […]

Le Monde

Syrie : «La peur des islamistes est démesurée»

De retour du nord d’Alep, sous le contrôle principal des insurgés, Koert Debeuf, représentant au Moyen-Orient du groupe libéral du Parlement européen, juge urgent de faire parvenir des aides à la fois humanitaires et militaires aux anti-Assad.

Comment vivent les populations civiles que vous avez rencontrées ?

Les conditions de vie sont catastrophiques, y compris dans le camp de déplacés d’Azzaz, près de la frontière turque. […]

Comment leur venir en aide ?

Il faut revoir l’acheminement de l’aide humanitaire internationale. L’ONU a récemment annoncé l’attribution d’une aide de 519 millions de dollars à la Syrie. Or, elle passe par le gouvernement syrien et le Croissant rouge. Autant dire que les populations civiles qui vivent dans les provinces sous contrôle de l’Armée syrienne libre n’en verront pas la couleur. À l’inverse, j’ai été positivement surpris par la façon dont les zones contrôlées par l’opposition s’autogèrent: elles ont leurs conseils ­locaux, leurs tribunaux, leur police. […]

Quant à l’aide militaire aux rebelles, elle est cruciale pour faire cesser le massacre. Il y a un besoin urgent en matière de défense antiaérienne pour faire face aux attaques par missiles. C’est le seul moyen de faire plier Assad.

Mais les Occidentaux craignent que de telles armes ne tombent dans les mains des islamistes…

Cette peur est démesurée. Parmi les combattants anti-Assad, les djihadistes existent mais restent minoritaires. En revanche, sans aide et sans soutien, l’ASL se fragilise jour après jour au profit de groupes islamistes mieux organisés, et mieux entraînés. Plus nous attendrons pour offrir une aide adéquate aux opposants, plus la guerre se prolongera, et plus nous renforcerons les djihadistes.

Le Figaro

«Il faut armer les rebelles syriens»

Pour Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste, il est urgent de fournir des armes aux rebelles syriens, ce qui serait un «un moindre mal». Un argumentaire en 6 points.

Avec l’enlisement du conflit syrien, il devient nécessaire de réévaluer les options disponibles. En l’absence d’une solution politique et d’une intervention militaire directe improbable et dangereuse, il ne reste qu’une manière de hâter la fin du conflit : armer les rebelles

Ceux qui préfèrent ne rien faire et s’indigner pendant que les Syriens meurent au rythme de 1 000 personnes par semaine opposent plusieurs objections. […]

4. Cela ne reviendrait-il pas à armer les terroristes ? On se souvient de l’Afghanistan (600 missiles Stinger livrés par la CIA aux moudjahidine évanouis dans la nature). Les armes antiaériennes sont les plus convoitées par les terroristes – la menace principale étant qu’ils s’en servent contre des avions de ligne, comme Al-Qaida à Mombasa (Kenya) en 2002. Le risque est réel, mais il est largement exagéré par ceux qui justifient leur inaction en égalisant «les rebelles» et Al-Qaida, faisant le jeu du régime. […]

6. Ne serait-on pas responsables des crimes de guerre commis avec nos armes ? Non, car il faudrait qu’ils agissent sur nos instructions. Le degré de contrôle requis pour reconnaître la responsabilité de l’Etat tiers est d’ailleurs élevé, comme l’a montré la Cour internationale de justice en 1986, en concluant que le contrôle qu’exerçaient les Etats-Unis sur les contras au Nicaragua était insuffisant pour qu’on puisse leur attribuer la responsabilité des violations du droit international humanitaire commises par eux.[…]

Le Monde

Syrie : Rumeurs, désinformation, intoxication et manipulations…

Le régime syrien et son opposition armée s’affrontent depuis dix-sept mois. Sur le terrain et dans les médias. La rumeur est devenue une arme de destruction de l’adversaire. Valeurs actuelles revient sur plusieurs de ces manipulations.

Le 25 mai, Houla, une petite ville au nord de Homs, est frappée par des tirs de mortier et des bombardements : 108 personnes, dont 49 enfants, sont tuées. D’après l’enquête du Frankfurter Allgemeine Zeitung, ce massacre a été commis par des anti-Assad et la grande majorité des victimes appartiennent aux minorités chiite et alaouite, favorables au pouvoir. Cette version des faits a été très peu reprise dans la presse internationale.

Alors que l’insurrection continue et que les forces gouvernementales tentent de regagner, pied à pied, le terrain abandonné devant les insurgés, une guerre secrète oppose les deux camps sur le terrain de la communication. Les armes sont les lobbies à l’oeuvre dans chaque camp, les médias internationaux et leurs reporters, généralement plus sympathiques à l’égard des insurgés et beaucoup plus durs pour le gouvernement de Bachar al-Assad.

Les rebelles ont beaucoup appris dans ce domaine, aidés par des conseillers liés aux intérêts hostiles au régime actuel, financés par des réseaux liés à la Turquie, au Qatar, à l’Arabie Saoudite. […]

La mort à Homs, le 11 janvier, du journaliste de France 2 Gilles Jacquier, 43 ans, est presque un cas d’école. […]Damas nie aussitôt toute implication dans cet incident tragique, mais sa défense est inaudible. Personne ne veut y croire, surtout pas les médias occidentaux. […] Assez vite, pourtant, au-delà des certitudes nées sous le coup de l’émotion, il a fallu se rendre à l’évidence : ce sont bien les combattants de l’opposition qui ont bombardé le groupe de journalistes. L’enquête judiciaire va le prouver. […]

Valeurs actuelles

BHL et les «fripouilles du Front national»

Bernard-Henri Lévy estime que la communauté internationale a un devoir de protection vis-à-vis des Syriens et que le départ du dirigeant syrien est une question de temps. Il prévient : «Bachar al-Assad est le prochain sur la liste». Il tresse des lauriers à Sarkozy sur la Libye mais précise qu’il votera pour la gauche en 2012.

Il y a des gens qui, comme les fripouilles du Front national, sont fiers d’être français quand on jette un immigré dehors. Et puis il y a ceux qui sont fiers d’être français quand on fait l’inverse et qu’on aide un peuple arabe à se libérer. Eh bien, c’est ce que nous venons de faire.

Doit-on redouter l’instauration d’un pouvoir islamiste en Libye ?

Pour l’instant, il n’y a pas de gouvernement à Tripoli, juste un Premier ministre. Donc, arrêtons de fantasmer. Je connais un peu mieux ce pays, désormais, que les pisse-vinaigre parisiens qui croient que les révolutions se font en un jour : à l’heure où nous parlons, les partisans de la charia ou du retour de la polygamie sont une minorité. […]

Allez-vous continuer à vous impliquer en Libye ?

Oui, bien sûr. Il y a quelques jours, mon ami Hugues Dewavrin est venu me proposer l’idée de créer, à Tripoli ou à Benghazi, l’équivalent du centre André-Malraux qui a été ouvert à Sarajevo après la guerre de Bosnie. Un centre qui défendrait les valeurs de la francophonie mais qui porterait aussi les couleurs de la démocratie. C’est simple. C’est concret. […]

Hollande a-t-il la trempe d’un chef de guerre comme Sarkozy ?

Très difficile à dire. Si vous voulez que je réponde sans langue de bois, je dirai même : probablement pas. Et c’est d’ailleurs bien ce qu’il dit quand il nous annonce, lui-même, qu’il sera un président «normal». Et après? Qu’à la suite d’un président dont je montre qu’il a «le sens de l’histoire tragique» arrive un président plus apaisant, pourquoi pas? […]

Pour vous, la France va mieux ou plus mal qu’il y a cinq ans ?

Mieux. A cause de cette histoire libyenne. C’est très important l’image de soi que peut avoir un peuple. […]

Le Parisien

Syrie: des pro-Assad attaquent l’ambassade de France

Une foule de partisans au régime syrien a mené une attaque contre les représentations diplomatiques française et américaine, sans faire de victimes.

L’attaque a été brève mais violente. Les ambassades de France et des Etats-Unis à Damas ont été prises d’assaut par des partisans du président syrien Bachar el-Assad. Les gardes de l’Ambassade de France ont dû tirer à balles réelles pour repousser les attaquants, qui n’ont pas réussi à rentrer dans le bâtiment.

Le Figaro