Air France : une nouvelle campagne de pub plus internationale

La compagnie lance à partir du 2 avril une nouvelle campagne «France is in the air». Objectif : montrer un nouveau visage d’une France plus ouverte et en mouvement. [...]

Hebergeur d'imageCe repositionnement vaut une petite révolution: Air France abandonne sa signature en français -«Faire du ciel le plus bel endroit de la Terre»- pour adopter l’anglais : «France is in the air». «Ce que l’on voulait éviter dans cette campagne, c’est l’arrogance, explique Bertille Toledano, présidente de BETC, l’agence de publicité d’Air France. Choisir l’anglais est un vrai signe d’ouverture. Air France doit renvoyer l’image d’une France en mouvement».

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Le Figaro

Tocqueville : »Ce sont encore des Français trait pour trait »

Tocqueville lors de son voyage au Bas-Canada:

« Ne serait-on pas vraiment tenté de croire que le caractère national d’un peuple dépend plus du sang dont il est sorti que des institutions politiques ou de la nature du pays ? Voilà des Français mêlés depuis quatre-vingts ans à une population anglaise; soumis aux lois de l’Angleterre, plus séparés de la mère patrie que s’ils habitaient aux antipodes. Eh bien ! Ce sont encore des Français trait pour trait; non pas seulement les vieux, mais tous, jusqu’au bambin qui fait tourner sa toupie. Comme nous, ils sont vifs, alertes, intelligents, railleurs, emportés, grands parleurs et fort difficiles à conduire quand leurs passions sont allumées. Ils sont guerriers par excellence et aiment le bruit plus que l’argent. A côté, et nés comme eux dans le pays, se trouvent des Anglais flegmatiques et logiciens comme aux bords de la Tamise; hommes à précédents, qui veulent qu’on établisse la majeure avant de songer à passer à la mineure; gens sages qui pensent que la guerre est le plus grand fléau de la race humaine, mais qui la feraient cependant aussi bien que d’autres, parce qu’ils ont calculé qu’il y a des choses plus difficiles à supporter que la mort. »

(Merci à François T.)

L’université française va-t-elle parler anglais ?

Des associations s’élèvent contre le projet de loi sur l’enseignement supérieur qui étend la possibilité de cours dispensés en anglais plutôt qu’en français.

Maintenant, même pour un CAP de carrossier, on impose de parler anglais. Au nom, paraît-il, d’une ouverture vers le monde… Je dirais au contraire qu’on s’enferme. On se tourne vers le seul monde anglosaxon.(Régis Ravat, président de l’association Francophonie avenir)

Et si, demain, à la manière des Bretons et des Basques, on militait pour sauver l’enseignement en langue française ? Angoisse de vieux grincheux ou inquiétude fondée ? Plusieurs voix s’élèvent contre le projet de loi sur l’enseignement supérieur, présenté en conseil des ministres le 20 mars, qui permettra aisément aux facs et écoles de dispenser leurs enseignements en anglais plutôt qu’en français.

«Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les étudiants de pays émergents comme la Corée du Sud et l’Inde. Et nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table, même si j’aime Proust…», justifiait le 20 mars à Libération la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. Professeur au collège de France, Antoine Compagnon, a aussitôt bondi : «Je l’invite à franchir les quelque deux ou trois cents mètres qui séparent son bunker ministériel des amphis du Quartier latin pour découvrir le monde réel, lui répond-il dans nos colonnes. En anglais, on parle de friendly fire pour désigner le genre d’action que vient de mener la ministre. Car Mme Fioraso nous tire dans le dos alors que nous montons au front. »

Jusqu’ici, la loi Toubon de 1994 posait comme principe qu’en France, dans n’importe quelle école ou université publique ou privée, tous les enseignements devaient être dispensés en français, la langue de la République. A deux exceptions près : pour les cours de langues et lorsque l’enseignant est un intervenant étranger.

Une règle pas toujours respectée, certains établissements comme Sciences-Po s’autorisant déjà des entorses au nom de l’internationalisation de leur cursus. «Certes. Sauf que là, il n’y aura plus de limite. Ce projet de loi renverse totalement les choses. Ce qui était du domaine de l’exception peut devenir la règle», s’insurge François-Xavier Grison, responsable des solidarités francophones pour l’Union populaire républicaine, un mouvement qui prône la sortie de la France de l’Union européenne. […]

Depuis cette pétition, la polémique fait son chemin. Les associations de défense de la langue française tempêtent avec leurs petits moyens. Régis Ravat, président de l’association Francophonie avenir, se désole de constater «l’anglicisation progressive de notre pays, encouragée par la droite comme la gauche. La ministre Fioraso dit ‘langue étrangère’ dans sa loi mais c’est d’une totale hypocrisie. Tout le monde sait qu’elle veut dire ‘anglais’. Maintenant, même pour un CAP de carrossier, on impose de parler anglais. Au nom, paraît-il, d’une ouverture vers le monde… Je dirais au contraire qu’on s’enferme. On se tourne vers le seul monde anglosaxon. »

Même l’Académie française s’est offusquée de ce texte rédigé, dit-elle, en des termes trop vagues. […]

Libération

Université : polémique autour du projet de diplômes en anglais

Avec son projet d’introduire des diplômes sanctionnant des parcours « entirely taught in English » (« entièrement enseignés en anglais »), la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Geneviève Fioraso ne fait pas vraiment l’unanimité, rapportent nos confrères du Figaro.

La ministre s’attire plutôt les foudres des défenseurs de la langue française qui estiment qu’on marche sur la tête. Avec ce projet qui vise à aménager une fois de plus la loi Toubon, déjà souvent contournée dans l’enseignement supérieur, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

En France, les enseignements « à caractère international », qui accueillent une certaine proportion d’étudiants et de professeurs étrangers, ont déjà la possibilité de délivrer des diplômes en anglais. Mais, dans les autres cas, la langue d’enseignement, comme celle des thèses, doit rester le français. (…)

Actualitté

Le CSA s’attaque au mauvais français dans les journaux TV

Gardien du bon usage de la langue française, le CSA relève un certain nombre d’erreurs de prononciation comme de grammaire et s’inquiète du nombre d’anglicismes

Organe de régulation, le Conseil supérieur de l’audiovisuel défend l’usage du bon français à la télévision et sur les radios. Inquiet de voir la grammaire bousculée, les mots utilisés à contresens et les anglicismes se multiplier, le CSA vient de relever un certain nombre d’incohérences dans les journaux télévisés.

[...]

Cependant, le sage s’étonne d’un usage trop fréquent des mots anglais dont on se pourrait se passer quand il existe des équivalents en français. « Pourquoi, est ce qu’on dit « challenge » pour « défi ? » À la radio et à la télévision, on entend constamment « live » pour « direct ». » On dit « talk-shows » pour les débats, « coachs » pour entraîneurs et « mails » pour courriels.

La Lettre du CSA n° 265 – Novembre 2012 (lire page 14)

La Lettre du CSA n° 265 – Novembre 2012
TV Mag

27 juillet 1214 : la bataille de Bouvines


La bataille de Bouvines par Horace Vernet.

Extrait de la Vie de Philippe Auguste de Guillaume le Breton (v. 1165-1226), prêtre biographe du roi, auteur de la Philippide et continuateur de la Gesta Philippi Augusti (Vie de Philippe Auguste) de Pierre Rigord.

L’an de l’Incarnation du Seigneur 1214, pendant que le roi Jean exerçait ses fureurs dans le pays de l’Anjou, ainsi qu’il a été rapporté plus haut, l’empereur Othon, gagné par argent au parti du roi Jean, rassembla une armée dans le comté de Hainaut, dans un village appelé Valenciennes, dans le territoire du comte Ferrand. Le roi Jean envoya avec lui, à ses frais, le comte de Boulogne, le comte de Salisbury, Ferrand lui-même, le duc de Limbourg, le duc de Brabant, dont ledit Othon avait épousé la fille, et beaucoup d’autres grands et comtes d’Allemagne, de Hainaut, de Brabant et de Flandre. [...]

Les ennemis étant arrivés à un ruisseau qu’on ne pouvait facilement traverser, le passèrent peu à peu, et feignirent, ainsi que le crurent quelques-uns des nôtres, de vouloir marcher vers Tournai. Le bruit courut donc parmi nos chevaliers que les ennemis se détournaient vers Tournai. L’évêque était d’un avis contraire, proclamant et affirmant qu’il fallait nécessairement combattre ou se retirer avec honte et dommage. Cependant les cris et les assertions du plus grand nombre prévalurent. Nous nous avançâmes vers un pont appelé Bovines, placé entre un endroit appelé Sanghin et la ville de Cisoing. [...]

Pendant que le roi, un peu fatigué des armes et du chemin, prenait un léger repos sous l’ombre d’un frêne, près d’une église fondée en l’honneur de saint Pierre, voilà que des messagers envoyés par ceux qui étaient aux derniers rangs, et se hâtant d’accourir promptement vers lui, annoncèrent avec de grands cris que les ennemis arrivaient, et que déjà le combat était presque engagé aux derniers rangs ; que le vicomte et les archers, les cavaliers et hommes de pied armés à la légère, ne soutenaient leur attaque qu’avec la plus grande difficulté et de grands dangers, et qu’ils pouvaient à peine plus long-temps arrêter leur fureur et leur impétuosité. A cette nouvelle, le roi entra dans l’église, et adressant au Seigneur une courte prière, il sortit pour revêtir de nouveau ses armes, et le visage animé, et avec une joie aussi vive que si on l’eût appelé à une noce, il saute sur son cheval. Le cri de Aux armes ! hommes de guerre, aux armes ! retentit partout dans les champs, et les trompettes résonnent ; les cohortes qui avaient déjà passé le pont reviennent sur leurs pas. On rappelle l’étendard de Saint-Denis, qui devait dans les combats marcher à la tête de tous, et, comme il ne revient pas assez vite, on ne l’attend pas. Le roi, d’une course rapide, se précipite vers les derniers rangs, et se place sur le premier front de la bataille, où personne ne s’élance entre lui et les ennemis.

Les ennemis voyant le roi, contre leur espérance, revenu sur ses pas, frappés, je crois, comme de stupeur et d’épouvante, se détournèrent vers le côté droit du chemin par lequel ils venaient, et, s’étendant vers l’occident, s’emparèrent de la partie la plus élevée de la plaine, et se tinrent du côté du nord, ayant devant les yeux le soleil plus ardent ce jour-là qu’à l’ordinaire. Le roi déploya ses ailes du côté contraire, et se tint du côté du midi avec son armée qui s’étendait sur une ligne dans l’espace immense de la plaine, en sorte qu’ils avaient le soleil à dos. Les deux armées se tinrent ainsi occupant à peu près une même étendue, et séparées l’une de l’autre par un espace peu considérable. Au milieu de cette disposition, au premier rang était le roi Philippe, aux côtés duquel se tenaient Guillaume des Barres, la fleur des chevaliers ; Barthélemy de Roye, homme sage et d’un âge avancé ; Gautier le jeune, homme prudent et valeureux, et sage conseiller ; Pierre de Mauvoisin, Gérard Scropha, Etienne de Longchamp, Guillaume de Mortemar, Jean de Rouvrai, Guillaume de Garlande, Henri, comte de Bar, jeune d’âge, vieux d’esprit, distingué par son courage et sa beauté, qui avait succédé en la dignité et en la charge de comte à son père, cousin-germain du roi récemment mort, et un grand nombre d’autres, dont il serait trop long de rapporter les noms, tous hommes remarquables par leur courage, depuis longtemps exercés à la guerre, et qui, pour ces raisons, avaient été spécialement placés pour la garde du roi dans ce combat. Du côté opposé se tenait Othon au milieu des rangs épais de son armée, qui portait pour bannière un aigle doré au dessus d’un dragon attaché à une très-longue perche dressée sur un char. Le roi, avant d’en venir aux mains, adressa à ses chevaliers cette courte et modeste harangue : « Tout notre espoir, toute notre confiance sont placés en Dieu. Le roi Othon et son armée, qui sont les ennemis et les destructeurs des biens de la sainte Eglise, ont été excommuniés par le seigneur Pape : l’argent qu’ils emploient pour leur solde est le produit des larmes des pauvres et du pillage des églises de Dieu et des clercs. Mais nous, nous sommes chrétiens ; nous jouissons de la communion et de la paix de la sainte Eglise ; et quoique pécheurs, nous sommes réunis à l’Eglise de Dieu, et nous défendons, selon notre pouvoir, les libertés du clergé. Nous devons donc avec confiance nous attendre à la miséricorde de Dieu, qui, malgré nos péchés, nous accordera la victoire sur ses ennemis et les nôtres. » A ces mots, les chevaliers demandèrent au roi sa bénédiction ; ayant élevé la main, il invoqua pour eux la bénédiction du Seigneur ; aussitôt les trompettes sonnèrent ; et ils fondirent avec ardeur sur les ennemis, et combattirent avec un courage et une impétuosité extrêmes. [...]

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Guillaume le Breton, Vie de Philippe Auguste (XIIIe siècle), publié par François Guizot dans la Collection des mémoires relatifs à l’Histoire de France, Paris, J.-L.-J. Brière, 1825, pp. 274-279.

UE : le français, langue de seconde zone face à la dictature de l’anglais ?

La diffusion, uniquement en anglais dans un premier temps, d’un important rapport économique de la Commission déclenche une vive polémique. Car, au-delà de l’affaiblissement du français face à l’anglais, c’est tout le multilinguisme européen qui est remis en cause petit à petit. (…)

TF1 news

Les grands patrons anglais craignent une mise à l’écart de l’Europe

Une vingtaine de grands patrons britanniques ont demandé mardi au gouvernement de rester « au coeur de l’Europe », soulignant qu’il était « dans l’intérêt de la Grande-Bretagne que l’euro survive », trois millions d’emplois étant en jeu.

Dans une lettre ouverte publiée par le Daily Telegraph, les signataires, dont les patrons de Virgin Richard Branson et de British Telecom Mike Rake et le vice-président de Royal Dutch Shell John Kerr, ont accueilli comme un point positif la récente décision du gouvernement de prendre part comme observateur aux réunions d’experts sur le sauvetage de la monnaie unique.

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Twitter : Croissance exceptionnelle de l’arabe, l’anglais se stabilise en dessous de 40%

En octobre 2011, plus de 2 millions de messages publics sur Twitter s’échangeaient chaque jour en arabe, une progression spectaculaire par rapport aux 30 000 tweets quotidiens en arabe en juillet 2010, d’après une nouvelle étude ayant porté sur 5,6 milliards de tweets.

twitter arabe

Le volume des tweets en arabe a été multiplié par 22 (+2 146%) depuis octobre 2010. L’arabe est désormais la 8ème langue la plus utilisée sur Twitter et les messages en arabe représentent 1,2% de tous les tweets publics (soit 2,2 millions par jour). Du fait de l’actualité récente, Twitter a cru de manière exceptionnelle au Moyen-Orient. Bien qu’ils ne soient pas dans le top 10 des langues les plus utilisées, le perse (+350% en un an, mais seulement 50 000 messages par jour) et le turc (+290%, 0,8% de tous les tweets) ont aussi cru très rapidement sur la période. [...]

L’anglais demeure la langue la plus utilisée sur Twitter, avec 39% des messages en octobre 2011, ce qui correspond à plus de 70 millions de tweets publics par jour. Entre octobre 2010 et octobre 2011, le volume des messages en anglais a cru de +182% (x2,82), légèrement plus rapidement que Twitter au niveau global (+150% ou x2,5). La part des tweets en anglais s’est stabilisée sur les 12 derniers mois entre 35% et 40%, une baisse par rapport aux deux tiers en 2009 et à 50% en février 2010. [...]

Semiocast – 24/11/2011