La France appelle ses ressortissants en Algérie à la vigilance

En raison de la persistance d’un risque terroriste élevé dans la région (cf. fiche « Infos pratiques » Sécurité au Sahel), la plus grande prudence s’impose à tous nos ressortissants résidant en Algérie ou prévoyant de s’y rendre.

 

Les déplacements sont en particulier formellement déconseillés à nos ressortissants dans la zone rouge définie par ce site (cf. carte de la rubrique Sécurité), notamment au Sud et à l’Est de l’Algérie.

 

Dans le contexte des troubles qui se poursuivent depuis plusieurs mois dans la ville et les environs de Ghardaïa, la plus grande prudence est de mise dans cette zone, où les déplacements sont déconseillés sauf raison impérative.

Par ailleurs, et de façon générale, il est recommandé de se tenir à l’écart d’éventuels rassemblements ou manifestations, notamment dans le contexte actuel de l’élection présidentielle.

Tous les ressortissants français voyageant en Algérie sont appelés à se signaler au Centre de crise du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international en s’inscrivant sur le site Ariane.

 

Ministère des Affaires étrangères

Islam/Trappes. Farid Laroussi : «On rejoue la bataille d’Alger»

Farid Laroussi, Professeur de lettres à l’université de Colombie britannique, Vancouver, (Canada), revient sur les émeutes de Trappes et fait un lien avec le passé colonial de La France. D’origine algérienne, né en France, il a pris la nationalité américaine.

Il avait tracé sur le site oumma le portrait d’une «France des clochers de villages et de la terrine de porc» sur laquelle plane l’ombre de Vichy. (Voir Fdesouche)

La cerise sur le ghetto c’est le discours sur l’insécurité et les raids de la police dans les cités dites sensibles où l’on rejoue la bataille d’Alger.

A l’heure où la parole raciste s’est libérée dit-on, il n’est pas plus mal d’entamer les débats par un peu de provocation. Et si en effet la crise sociale que traverse la France depuis la fin des années 1980 était dûe à une espèce d’impasse postcoloniale ? […]

Oui, on peut parfaitement être français et musulman au vingt-et-unième siècle, et ce sans avoir à se justifier de quoi que ce soit. Justement le nombrilisme défensif franco-français (alimenté par la même élite qui faisait la leçon à la classe ouvrière de jadis) peut amuser ou exaspérer, mais il demeure inexcusable. Inexcusable en ce qu’il lie son affirmation dans le contact périlleux avec le discours honteux et néantisant du racisme.

Bien sûr la fachosphère s’en donne à coeur-joie, entre illuminés des théories identitaires, nationalistes anti-Europe devenus croisés version endimanchés, chrétiens fondamentalistes limite hystériques face une foi qui s’amincit, ou nostalgiques de l’Algérie française qui croient toujours que le totalitarisme colonial c’était leur Renaissance à eux. De toute évidence il faudra plus que le Front National pour ravigoter les illusions perdues. Qu’à cela ne tienne, les autres partis politiques lui ont emboîté le pas. […]

Il est anormal qu’avec une histoire coloniale de plus de cent trente ans au Maghreb, la France ne comprenne toujours rien à l’islam. Là les musulmans de service (Malek Chebel, Abdelwahab Meddeb, et l’inénarrable Hasan Chalghoumi, entre autres) méritent notre indulgence.

Leur boulot consiste à défaire des siècles de pensée islamique, et à faire rentrer cette dernière de force dans l’obsession de l’assimilation, du mythe du musulman modéré (quelqu’un qui ferait le ramadan un jour sur deux?). […]

Si l’on veut user des vertus idéologiques de l’insécurité, il faudra d’abord avoir le courage de lutter contre des taux de chômage ahurissants, des discriminations permanentes (la publicité française lave plus blanc que blanc), et une islamophobie qui donne l’illusion à certains de prendre leur civilisation au sérieux.

oumma

Jean-Luc Mélenchon à Alger : «La repentance ? Une belle perte de temps»

Par Jean-Luc Mélenchon a animé mardi une conférence à l’Institut français d’Alger. Il a évoqué la «Révolution algérienne», qualifiée de «guerre civile», et la repentance par des formules à l’emporte-pièce, à la Mélenchon, qui n’a pas manqué de susciter quelques grincements de dents.

La France, c’est aussi moi, et moi je n’ai martyrisé personne, ni mes ancêtres.

S’il s’est gardé de critiquer ouvertement le gouvernement algérien et encore moins les autorités de son pays, M. Mélenchon a distillé, subtilement il est vrai, quelques piques. Au cours de sa conférence comme pendant le point de presse, le leader du Front de gauche a répété à l’envi qu’il est un patriote français qui aime son pays. Une manière, peut-être, de suggérer qu’il n’y a pas lieu de trop espérer une quelconque critique de sa part à l’égard du gouvernement Hollande.

La repentance de la France pour les crimes coloniaux commis en Algérie ? Il ne veut pas en entendre parler, allant même jusqu’à qualifier la focalisation sur cette question de «belle perte de temps».

Si les Algériens ne sont pas contents des contrats, ils n’ont qu’à en signer d’autres avec d’autres pays.

N’est-il pas gêné par le fait que les relations algéro-françaises se résument presque aux seuls gros contrats pour les entreprises de l’Hexagone ? «C’est qu’il doit y avoir un manque des deux côtés, non ? La vie des nations est faite aussi de contrats», a-t-il rétorqué. […]

Liberté Algérie

Comment Bouteflika a organisé les bains de foule de Hollande à Alger

(…) Tôt dans la matinée du mercredi 19 décembre, des dizaines et des dizaines de bus, remplis d’hommes, de femmes et enfants, ont été acheminés vers Alger pour servir de foule aux deux Présidents.

Les lycéens d’Alger ont été également libérés en fin de matinée. La même opération a été reproduite à Tlemcen, ouest de l’Algérie, où les deux Présidents ont été reçus par une foule en liesse, comme on dit dans le jargon officiel.

Les bains de foule organisés sont une spécialité du pouvoir algérien. Vieille pratique en vogue depuis les années 60, la technique a été excellemment rodée durant la présidence de Bouteflika.

A chacune de ses sorties publiques, les autorités s’arrangent pour organiser une liesse populaire habillement fabriquée. Mercredi 19 et jeudi 20 décembre, on n’a donc pas dérogé à la règle.

Rue 89

Alger refuse toute intervention internationale armée contre les Djihadistes occupant le Nord du Mali

 Le Nord-Mali déjà perdu ?

L’AFP a publié mercredi un reportage au Nord-Mali occupé par des islamistes depuis le printemps, qui confirme les pires craintes des observateurs: les deux tiers nord du Mali sont devenus un sanctuaire pour djihadistes du monde entier, appuyés par des trafiquants et des adolescents perdus de toute la région.

Ce reportage va certainement – et de manière justifiée – mettre la pression sur les décideurs de ce monde. Toutefois, ceux-ci sont trop loin d’un accord en la matière pour qu’on puisse espérer une issue rapide; on doit donc s’attendre à ce que les djihadistes renforcent leurs positions au Nord-Mali, accroissant ainsi l’insécurité internationale et rendant plus difficile toute éventuelle reconquête du territoire pris en otage.

On doit le déplorer, mais il faut aussi se défier d’une intervention mal préparée, qui dégénerera encore plus sûrement que les « printemps arabes » si ses protagonistes ne s’entendent pas sur un objectif commun et un minimum de cohérence.

Or, en la matière, toutes les craintes sont permises. Le président Hollande n’a ainsi pas encore expliqué pourquoi il « reconnaîtra » le futur gouvernement rebelle en Syrie, où les islamistes domineront sans doute, tout en réclamant une opération armée contre ceux du Nord-Mali. Et que dire de l’incapacité des Maliens à présenter un front uni à l’envahisseur,

et de l’ambiguïté d’Alger, dont les djihadistes sont la principale force au Nord-Mali, mais qui refuse toute intervention étrangère ?

Lalibre.be

Alger : Les urgences hospitalières entre insécurité, menaces et agressions

Article du quotidien algérien Tout sur l’Algérie sur les urgences du CHU Mustapha Bacha à Alger.

Ici, on évoque entre trois et quatre agressions par jour. Des statistiques ? « On ne sait pas s’il y en a. On n’en a pas connaissance mais on vous parle de ce qu’on vit tous les jours », poursuit l’aide-soignant Ahmed Chekour. «Il y a parfois des gens qui courent derrière nous avec des couteaux», lance-t-il.

L’œil droit violet, rougeurs et traumatisme cranio‑facial. Mercredi 25 juillet, il est 0 h 15. Bachir Guerbas, médecin résident au CHU Mustapha Bacha, est assis au fond d’une salle à l’hôpital, entouré de ses collègues. Il venait à peine de commencer sa garde aux urgences, vers 19 heures, quand il a été brutalement agressé par un groupe composé d’environ six personnes accompagnant une malade. […]

D’autres membres du personnel pénètrent dans la salle. La colère, l’indignation et la rancune se lisent sur les visages. Un des agresseurs du médecin serait un policier en civil. «Quand je suis venu pour aider le médecin, l’un d’eux m’a dit de ne pas m’en mêler car il était policier. Un membre de sa famille m’a ensuite donné un coup de poing», raconte Azzedine Amirou, un agent de sécurité. […]

Le poste de police est situé à quelques mètres du service des urgences. Mais mardi soir, les policiers ne sont pas intervenus. Au fil des années, médecins, infirmiers et agents de sécurité ont fini par ne plus trouver cela étrange. Ils ont appris à faire face, seuls, à ces agressions. «Cela se passe tous les jours ici», assure Réda Ouhab, un médecin au CHU. Tout le monde acquiesce. Notamment Boualem Touati, infirmier à Mustapha Bacha depuis bientôt trente‑deux ans.[…]

TSA

L’Algérie réclame à la France ses archives (LCI)

LCI le 5/7/2012

Alors que le pays célèbre le 50ème anniversaire de son indépendance, les Algériens souhaitent récupérer les archives que les fonctionnaires et militaires français ont remporté avec eux. 130 années de documents précieux qui renferment notamment toute la cartographie du sous-sol d’Alger.

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Alger : Les jeunes font la loi dans les nouvelles cités

Chaque mois, les services de sécurité enregistrent une moyenne de cinq batailles rangées à Alger et semblent être dépassés. Ils conseillent simplement aux victimes de déposer des plaintes contre “X”.

Ils n’ont peur ni de l’État ni de la justice, encore moins des policiers et des gendarmes. […] Par peur d’un embrasement, donc d’émeutes, les services de sécurité jouent l’apaisement. Entre-temps, la victime se retire sur la pointe des pieds et ferme les yeux.

On les appelle “Aâraya”. Au sens académique du terme, eux, ce sont de jeunes voyous, sans foi ni loi. Ils sèment la terreur dans les nouvelles cités, baptisées 1 600, 1 300 ou encore 1 800-Logements. Mais jamais, 5 000, 8 000 ou 12 000 habitants. Organisés en clans, ils refusent les «intrus». C’est-à-dire ceux qui ne font pas partie de leur passé. Autrement dit, de leur quartier, donc de leur «houma». Ils s’imposent par les armes, la force, la violence, les agressions et la menace de mort. Sans scrupule. Sans pitié envers celui qui viendra les raisonner.

Car, toute plainte déposée fera l’objet de graves représailles, donc de menaces de mort ou d’actes de vandalisme. Ce qui s’est passé vendredi et lundi derniers à Tessala El-Merdja relève d’un pur scénario hitchcockien. Un jeune homme est passé à tabac par une trentaine de voyous jusqu’à l’envoyer dans un coma profond. […]

«A mon avis, ce qui ce passe dans ces cités-dortoirs relève de la pure guerre des clans et de gangs animés par une volonté d’imposer un mode de vie. C’est-à-dire qu’il y a des gens qui veulent faire croire aux habitants qu’ils sont les maîtres à bord et que la sécurité n’est qu’un vain mot», témoigne Hamza, un Algérois de souche. […]

Liberté-Algérie

Algérie : Les «Franco-Algériens» ont voté en masse

Les Français et Franco-Algériens installés en Algérie sont allés en nombre voter dimanche au consulat de France d’Alger pour le second tour de la présidentielle.

Un taux de participation historique pour un jour historique. Notamment par les Français et Franco-Algériens installés en Algérie sont allés voter en nombre au consulat de France d’Alger pour le second tour de la présidentielle. Même si aucune évaluation n’était disponible en milieu de journée, le Consul général de France Michel Dejaegher s’est félicité «d’un flot ininterrompu de votants depuis 8h00 (07H00 GMT) du matin ».

A priori une mobilisation sans précédent donc. Les cinq bureaux installés dans l’enceinte pour recevoir les électeurs par ordre alphabétiques devaient fermer à 18h00 locales. «Nous avons eu beaucoup d’affluence depuis huit heures et ça continue», a-t-il déclaré, jugeant même qu’il semblait que la participation des électeurs avait été plus importante que pour le premier tour, le 22 avril, où le taux de participation avait oscillé autour de 18%.

Le premier tour de l’élection présidentielle française avait été remporté à Alger par le candidat socialiste François Hollande avec 63% des 4.264 suffrages exprimés, parmi plus de 22.000 électeurs en Algérie, selon des sources officielles. Entre les deux tours, une délégation du Parti socialiste, composée du porte-parole Benoît Hamon, de l’ancienne ministre de la Justice Elisabeth Guigou et du candidat PS à la députation pour la neuvième circonscription de l’étranger Pouria Amirshahi, avait tenu un rassemblement dans la capitale algérienne.

France Soir

Le PS à la rencontre des électeurs d’Alger

Une délégation du Parti socialiste français, dont le porte-parole Benoit Hamon et la députée et ancienne ministre Elisabeth Guigou, sont arrivés lundi à Alger pour y rencontrer les électeurs français en prévision de la présidentielle du 6 mai.  »Mme Guigou devrait être reçue dans l’après-midi par le ministre des Affaires étrangères Mourad Medelci », a également indiqué à l’AFP un membre du groupe, le candidat socialiste aux élections législatives de la 9e circonscription des Français de l’étranger, Pouria Amirshahi. [...]

Au premier tour de l’élection présidentielle française, le candidat socialiste François Hollande a remporté 63% des 4.264 suffrages exprimés, parmi plus de 22.000 électeurs à Alger, selon des sources officielles. François Hollande s’était rendu à Alger en décembre 2010, alors qu’il était candidat à la candidature du PS.

Le Figaro

Inquiétante montée de l’insécurité à Alger

Le quotidien El Watan fait un bilan de l’insécurité à Alger où les services de sécurité sont souvent dépassés par l’ampleur de la tâche.

Des citoyens expliquent la prolifération des agressions par l’absence et la démission de l’autorité parentale et d’une politique sécuritaire efficace dans les quartiers. La justice est aussi évoquée dans les discussions avec des citoyens ou des policiers mis en confiance.

Les agressions à main armée sont légion : tous les quartiers de la capitale, ou presque, connaissent ce phénomène. Les histoires de personnes malmenées par de jeunes agresseurs se répètent avec souvent le même procédé. Sous la menace d’une arme blanche, les délinquants forcent leur victime du jour à leur remettre tout ce qu’elle a de précieux sur elle : portable, bijoux ou argent. […]

Des quartiers entiers de la capitale vivent sous la menace. Au centre-ville, à la périphérie ou dans lesnouveaux sites d’habitation de l’AADL, personne n’est épargné. A Aïn Naâdja (Gué de Constantine), ce sont des batailles rangées jusque tard dans la nuit entre des groupes venus des anciens quartiers d’El Madania, Oued Korich ou encore Bab El Oued.

«C’est la guerre civile ! Après quelques jours d’accalmie, les jeunes se retrouvent chaque soir, et bonjour les dégâts ! Les familles ne se sentent plus en sécurité. A Birkhadem, Birtouta et maintenant chez nous à Aïn Malha, les jeunes se comportent comme des caïds qui veulent délimiter leur territoire et y imposer leur loi. La petite délinquance s’est installée progressivement. La gendarmerie mais surtout la police, dont l’effectif est très réduit, n’y peut rien», se désole un ancien résidant de Aïn Melha, où les jeunes, des nouveaux relogés du site AADL se battent à l’aide de sabres, de bâtons, de sabres et de pierres. […]

El Watan

Pierre Benichou : « Alger, c’est la plus belle ville de France »

Par Pierre Bénichou, journaliste au Nouvel Observateur, chroniqueur sur Europe 1 et sur France 2.

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(…) À cette époque, je fréquentais beaucoup d’étudiants et d’intellectuels algériens et j’étais carrément partisan de l’indépendance.

J’étais issu d’une famille de gauche et, avec le recul, je pensais que c’était trahir son idéal que d’être contre l’indépendance.

Les gens du FLN ont pourtant commencé à me décevoir quand ils ont affirmé leur nationalisme.

Vous connaissez la phrase de Camus – « Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère » -, elle a été très mal interprétée, mais je me demandais, moi aussi, si j’accepterais que les victimes de la révolution algérienne soient des miens.

Puis il y a eu la mascarade de De Gaulle, ce « Je vous ai compris » qui reste le pire exemple du cynisme en politique.

Alors il s’est produit, tout naturellement, cette chose extravagante : de sympathisant du FLN, je suis devenu un sympathisant des Français d’Algérie, même dans leurs pires excès.

Ce déchirement réel m’a marqué pour la vie. Et pourtant, pour moi, il est impossible à quelqu’un de sensé et de sensible de ne pas avoir été à la fois pour les révolutionnaires algériens et – moins de quatre ans plus tard ! – pour les Pieds-Noirs déboussolés, méprisés, aux abois.

On sait bien que le mythe du « Français d’Algérie millionnaire » a fait plus de mal à ce peuple que toutes les réalités historiques.

Ce million de petits employés, de commerçants, d’artisans qu’on voulait « rapatrier » dans un pays qu’ils ignoraient, a pourtant réussi à s’intégrer en France. (…)

(…) Si vous voulez continuer à refuser l’expression « les bienfaits de la colonisation », surtout n’allez pas à Alger !

Les horreurs de la colonisation, c’était impardonnable, mais mon grand-père était un juif berbère qui parlait mal le français et mon oncle Paul Bénichou, était normalien à 16 ans.

La Dépêche.fr