Alain Gresh : «Sus à l’islam ! Ils ne se fatiguent jamais… »

Alain Gresh est un journaliste français né en 1948 en Égypte. Son père naturel est un militant communiste et internationaliste et son père adoptif est un copte égyptien. Réputé de « gauche internationaliste, il est rédacteur en chef du mensuel Le Monde diplomatique jusqu’en 2005 et en devient le directeur adjoint en 2008. Il a publié plusieurs livres sur le Proche-Orient et sur l’islam, et a souvent dialogué avec Tariq Ramadan, comme dans le livre d’entretiens L’Islam en questions. Il est membre du comité éditorial de la revue Maghreb-Machrek.

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[extrait du blog d'Alain Gresh] La France est en crise. Comme le reste de l’Europe. (…) Encore un peu plus de chômage, encore un peu plus de souffrances. Mais vous n’y êtes pas du tout…

« Ce qui nous menace vraiment, ce qui met en cause notre identité même, ce ne sont ni les financiers ni nos dirigeants, mais ces musulmans, ces étrangers, ces « pelés », ces « galeux » dont nous vient tout le mal.»
[NDLR : L'ensemble de l'article est au second degré. Certains lecteurs semblent ne pas avoir saisi que ce passage est ironique et non à prendre au pied de la lettre.]

Ce n’est pas la religion en général (…) mais cette religion-là. Elle est fondamentalement différente du christianisme qui aurait permis, lui, la laïcité (et tout le monde de rabâcher, sans la comprendre, la formule « rendre à César ce qui est à César », comme si toute l’histoire chrétienne se reflétait dans cette maxime…).

Heureusement, contrairement aux élites, le peuple, lui, comprend. Il comprend que cette menace existe. Et il demande des mesures, des lois, des sanctions. Il faut être, n’est-ce pas, à son écoute — et dans ce cas, il ne s’agit pas de populisme démagogique. Et si demain l’opinion exige le retour de la peine de mort, votons une loi pour la rétablir !

Il est vrai que l’état de l’opinion est inquiétant. La lancinante menace islamique inquiète. Et le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) l’illustre. (…)

Les enquêtes montrent comment une partie des sympathisants de gauche (socialistes, verts, Front de gauche) partagent cette islamophobie. Au lieu de lutter contre cette évolution inquiétante, (…), on nous appelle à prendre de nouvelles mesures, à adopter de nouvelles lois, notamment pour « libérer » les femmes musulmanes. (…)

Qui rappellera que la loi du 15 mars 2004 (port du voile à l’école) NDLR) a été condamnée par la commission des droits de l’homme des Nations unies (…)

Il paraît, selon un sondage, que 84 % des Français sont opposés au port du foulard par des femmes employées dans des lieux privés accueillant du public (commerces, supermarchés, cabinets médicaux, crèches, écoles privées). Peu importe qu’une telle décision soit contraire à toutes les conventions internationales et européennes : nous sommes la France, la grande nation qui illumine l’avenir de l’humanité.

Et pendant ce temps, tranquillement, la droite radicale progresse à travers l’Europe, comme le montre l’élection d’Oskar Freysinger en Suisse

Blog du monde diplomatique d’Alain Gresh

Alain Gresh :  » Le MRAP et le racisme anti-Blancs »

A la suite des polémiques suscitées par le ralliement du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) au concept de racisme anti-Blancs, le bureau exécutif de cette organisation a adopté le 26 novembre un texte intitulé « Racisme anti-blanc : un débat tronqué ou le théâtre d’ombres de la lutte des races. ».

J’avais moi-même critiqué l’adoption de ce concept dans un texte de ce blog, « Copé, le MRAP et le racisme anti-Blancs. On peut lire aussi l’excellent texte de Stéphane Beaud et Gérard Noiriel, « “Racisme Anti-Blancs”, non à une imposture ! », lemonde.fr, 14 novembre 2012.

(…) Nouvelles d’Orient

Caroline Fourest, les fours crématoires et la Syrie

Le 25 février, dans sa chronique hebdomadaire du Monde, « Les yeux ouverts sur la Syrie », Caroline Fourest écrit : « D’après Al-Arabiya, des opposants au régime iranien affirment que leur gouvernement a fourni un four crématoire à son allié syrien. Installé dans la zone industrielle d’Alep, il tournerait à plein régime… Pour brûler les cadavres des opposants ? »

Nouvelles D’Orient

La crise économique aggrave l’islamophobie

Les premiers États généraux de l’islamophobie en France se sont tenus ce 11 avril à Saint-Denis (93). Organisé par le Parti des Indigènes de la République (PIR), l’évènement a fait salle comble. L’auteur de L’islam imaginaire, Thomas Deltombe évoque une « une islamophobie systémique des rédactions », alors que le directeur adjoint du Monde Diplomatique, Alain Gresh a posé la question des relations entre « Islamophobie et choc des civilisations. »

L’islamophobie se nourrirrait de « l’hostilité ordinaire, » qui est née des croisades vis-à-vis des musulmans. Deltombe évoque la nécessité pour les musulmans de « dépasser son état de musulman pour, en quelque sorte, désislamiser la lutte contre l’islamophobie. »

Le journaliste Alain Gresh, directeur adjoint du Monde Diplomatique, a posé la question des relations entre « Islamophobie et choc des civilisations. »

Alain Gresh fait valoir que l’islamophobie dépasse le cadre géo-politique. Elle est liée à l’évolution sociale américaine et européenne : « Avant les années 90, on y parlait que de racisme. Mais ces sociétés connaissent aujourd’hui une crise économique et identitaire, où la visibilité de l’islam s’accroît alors que les fondements de la civilisation occidentale s’appauvrissent ; ce sont les éléments constitutifs de l’islamophobie. »

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