La justice britannique ordonne la libération de l’islamiste Abou Qatada

La justice britannique a accordé lundi la libération sous caution à l’islamiste Abou Qatada après avoir accepté son appel contre son extradition vers la Jordanie, pays qui le réclame pour son implication présumée dans un complot.

Abou Qatada, qui a été notamment condamné par contumace en Jordanie en 1998 à 15 ans de travaux forcés pour la préparation d’attentats, devrait être libéré mardi, a annoncé la Commission spéciale des recours concernant l’immigration, une instance chargée des dossiers sensibles liés à la sécurité nationale.

Le Jordanien n’était pas présent à l’annonce de la décision du juge John Mitting.

Un temps considéré comme le chef spirituel d’Al-Qaïda en Europe, Abou Qatada, qui est âgé d’une cinquantaine d’années, vit depuis 1993 en Grande-Bretagne où il a demandé un statut de réfugié. [...]

Le Point

La Grande-Bretagne a arrêté l’islamiste Abou Qatada pour l’extrader

L’islamiste jordanien Abou Qatada a été arrêté, mardi 17 avril, à son domicile londonien en vue de relancer la procédure d’extradition en Jordanie à son encontre, a annoncé le ministère de l’intérieur britannique.

« La police des frontières a arrêté aujourd’hui Abou Qatada et lui a communiqué notre intention de reprendre la procédure d’extradition à son encontre », selon un communiqué du ministère.

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La décision prise début février par un juge britannique de libérer sous conditions l’islamiste jordanien Omar Othman, alias Abou Qatada, avait provoqué un tollé outre-Manche. Le ministère de l’intérieur avait émis officiellement un avis contraire, faisant valoir le « risque posé pour la sécurité du Royaume-Uni ». La ministre de l’intérieur, Theresa May, qui a négocié avec les autorités jordaniennes ces derniers mois, doit faire une déclaration au Parlement en début d’après-midi au sujet de ce dossier, précise le ministère.

Emprisonné depuis 2005, Abou Qatada, qui réside au Royaume-Uni depuis 1993, doit être rejugé en Jordanie pour son implication présumée dans deux attentats perpétrés en 1998 à Amman.

Londres tente depuis six ans d’extrader le Jordanien, âgé de 51 ans, qui est présenté comme le chef d’Al-Qaida en Europe.

Ses efforts ont été bloqués par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 17 janvier. La cour avait alors estimé que son extradition violait ses droits à un procès équitable car des preuves obtenues sous la torture pourraient être retenues contre lui.  (…)

Le Monde

Grande-Bretagne : l’islamiste Abou Qatada bénéficiera d’une protection policière

Le prêcheur de haine Abou Qatada bénéficiera d’une protection policière 24 heures sur 24 au coût de 10.000 £ par semaine [environ 15.800 dollars] après sa libération de prison demain.

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Abou Qatada (à gauche)

Des agents protégeront sa maison de Londres où un système d’alarme a été installé en raison de craintes d’attaques contre lui et sa famille par des gens en colère. La police a «l’obligation légale» de le protéger ainsi que sa femme et ses cinq enfants, et un plan a été établi pour les transférer dans un lieu sûr en cas d’urgence. Un couvre-feu de 22 heures lui a été imposé ; deux heures lui seront accordées pour accompagner ses enfants à l’école après sa libération de la prison de Long Lartin dans le Worcestershire.

Le ministre de la Sécurité James Brokenshire doit se rendre en Jordanie cette semaine dans l’espoir que Qatada y soit renvoyé pour répondre à des accusations de terrorisme. Le Premier ministre David Cameron doit également en discuter avec le roi Abdallah de Jordanie.

Les précédentes tentatives de l’expulser vers la Jordanie où il est recherché pour son implication présumée dans des complots terroristes ont échoué après que la cour européenne des droits de l’homme a jugé que les preuves à charge avaient été obtenues sous la torture. Si les négociations qui auront lieu la semaine prochaine échouent, Qatada continuera d’être surveillé pendant deux ans en vertu des nouvelles mesures de prévention du terrorisme et il sera ensuite totalement libre.

Selon l’une des conditions de sa libération, tous ceux qui lui rendront visite devront avoir été approuvés. Ces restrictions ne s’appliquent toutefois pas à ses enfants, dont l’un, Qatada Othman, 18 ans, semble suivre les traces de son père depuis qu’il a prononcé un sermon anti-britannique devant la prison de Belmarsh en août l’année dernière.

Partageant une tribune avec des terroristes condamnés, Qatada Othman a accusé le gouvernement d’être «en guerre» contre les musulmans. Le jeune homme, arrivé en Grande-Bretagne avec son père à l’âge de deux mois, s’exprimait lors d’une manifestation organisée par d’anciens membres du groupe aujourd’hui interdit Al-Muhajiroun. Dans son sermon, il a fait l’éloge des «lieux du djihad» qui ont résisté à la «colonisation» par l’Occident, ainsi que des présumés terroristes Abou Hamza et Haroon Aswat.

Daily Mail via Poste de Veille