Eric Besson, UMP, PS, quelle différence ?

Il a littéralement disparu du paysage politique, avec une soudaineté qui peut paraître surprenante. Mais l’ancien ministre de l’Identité nationale n’avait pas le choix, selon notre chroniqueur Thierry de Cabarrus : en effet, après avoir trahi le Parti socialiste, il n’avait plus son protecteur Nicolas Sarkozy pour le soutenir. Il a donc préféré s’effacer.

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Il a pris la fuite comme un voleur. Eric Besson a beau expliquer qu’il est parti tout de suite en vacances, parce qu’il devait absolument se rendre aux States pour assister au mariage d’un ami, on a du mal à le croire sur parole.

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Comment imaginer que lui, l’incarnation du traitre en politique, puisse être fidèle en amitié au point de traverser l’Atlantique sans attendre, et cela, au mépris de la règle de la tradition républicaine de la passation de pouvoir, lui qui n’a pas hésité à déserter le Parti socialiste et Ségolène Royal, en rejoignant le camp d’en face, celui de Nicolas Sarkozy, au soir du 1er tour de la présidentielle de 2007 ? (…)

Le nouvelle Observateur

Anciens employés des Bettencourt, ils se souviennent des discrètes visites du candidat Sarkozy

Dans les agendas saisis par les enquêteurs, il était désigné sous des noms de code plutôt transparents: « M. Nicolas », « Nicolas S. », « M. X »… Cet hôte de marque des Bettencourt, c’est Nicolas Sarkozy.

Ses discrètes visites au couple de milliardaires dans leur maison de Neuilly-sur-Seine, lors de la campagne présidentielle de 2007, sont au cœur de l’enquête du juge Jean-Michel Gentil. Le magistrat soupçonne ouvertement celui qui était encore ministre de l’intérieur de s’être rendu, à plusieurs reprises, au 18, rue Delabordère, pour obtenir de l’argent [...]

Dominique Gautier, chauffeur de 1994 à 2004 [...] s’est remémoré, le 8 mars devant le juge:

« C’était au téléphone. Mlle Berger m’a dit que M. Sarkozy était venu pour un rendez-vous voir Monsieur et Madame très rapidement et que c’était pour demander des sous. »

[...] M. Bonnefoy [le majordome] s’est souvenu de ce « rendez-vous privé entre André Bettencourt et M. Sarkozy » [...] « C’était une visite impromptue. (…) J’étais assez fier qu’il s’agisse de M.Sarkozy », a ajouté le majordome, dont les enregistrements clandestins sont à l’origine de l’affaire.

Le domicile de Liliane Bettencourt, à Neuilly-sur-Seine

[...] Ancienne femme de chambre, Dominique Gaspard a, elle, assuré, le 14 novembre 2011, avoir « aperçu » sans doute « avant juillet 2007″ M. Sarkozy « à son arrivée » rue Delabordère.

[...] Le juge semble par ailleurs donner du crédit à une annotation découverte dans le carnet de François-Marie Banier. Le dandy rapporte à la date du 26 avril 2007 – soit à une période évoquée par plusieurs témoins et divers agendas comme pouvant correspondre à une visite de M. Sarkozy, mais aussi jour où Mme Bettencourt se fit remettre 400000 euros – des propos tenus par la milliardaire:

« De Maistre m’a dit que Sarkozy m’avait encore demandé de l’argent, j’ai dit oui. »

Le Monde

J’ai voté pour Olivier Besancenot en 2007 et Marine Le Pen en 2012

17,9%, un score record pour le Front national au premier tour d’une élection présidentielle. A la différence de son père, la candidate du FN a convaincu Maël Monnier, ingénieur en informatique. Interrogé par Le Plus, il explique qu’il avait voté pour Olivier Besancenot (NPA) lors de la précédente élection présidentielle et précise pourquoi il a changé de position.

Dimanche dernier, j’ai voté pour la première fois pour Front national. Je m’étais abstenu aux cantonales en 2011.

En 2002, pour ma première élection présidentielle, j’étais engagé auprès de Jean-Pierre Chevènement, un homme de gauche mais dont les engagements notamment sur la sécurité, l’école et l’Europe me plaisaient. En 2007, je suis resté dans le camp du « Non » à cette Europe, j’ai voté pour Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste) car j’étais attiré par ses idées de meilleure répartition des richesses pour les travailleurs, ses propositions sur l’écologie, et sa façon de faire passer nos vies avant leurs profits.

L’angélisme du discours sur l’immigration à gauche

Mais l’affaire de la candidate voilée (qui s’était présentée sur une liste du NPA aux régionales en 2010) ne m’a pas plu. Je suis profondément laïque et cela m’a fait réfléchir.

Et puis, depuis 2002, la situation économique et sociale n’a fait qu’empirer en France et je n’étais plus convaincu par les solutions proposées par la gauche.  Je me suis rendu compte que le modèle européen actuel, beaucoup trop libéral, notamment en ce qui concerne la circulation des personnes et l’immigration, n’arrangeait pas les choses, sachant que les immigrés d’aujourd’hui ne sont pas tous déjà pas intégrés et assimilés.

Entre-temps, un ami m’a rapproché du Front national dont il défendait les idées. Cet ami d’origine kazakhe, et qui a vécu en Russie, était pourtant loin d’être sur ma longueur d’onde sur le plan politique. Il y a avait de vives tensions entre nous, car j’avais tendance à diaboliser le Front national. Les propos de Jean-Marie Le Pen à propos de l’anniversaire de la libération du camp de concentration d’Auschwitz, qu’il a qualifié de « détail de l’histoire », me rebutaient particulièrement. Mais cet ami m’a ouvert les yeux, en particulier sur les questions d’immigration et d’insécurité.

Marine, pas Jean-Marie

J’ai grandi dans un milieu rural et dans une famille orientée à gauche, mais suite à un changement professionnel de mon père, pendant deux ans j’ai connu la violence dans la ZEP de Villejean à Rennes en Bretagne, notamment dans une école publique. Ma mère a dû me faire changer d’établissement afin que j’aille dans un établissement privé. J’ai pardonné pendant 15 ans mais maintenant, comme les problèmes persistent, je crois qu’il faut arrêter l’angélisme autour des problèmes de violence et d’insécurité, comme le fait la gauche. (…)

Je suis un sympathisant, pas encore un militant. J’ai pu aller au Zenith de Paris pour le meeting de Marine le Pen :

ça a levé mes dernières appréhensions concernant le Front national. J’y ai vu un FN différent de ce qui pouvait être décrit dans les médias. Pas de skinheads, pas de néonazis mais plutôt une ambiance bon-enfant et des personnes de tous âges. (…)

Le nouvel Observateur

Sarkozy veut oublier ce « prêt » de 3 millions

Il veut croire que c’est la faute aux médias, à quelques médias. En début de semaine, Nicolas Sarkozy a publiquement accusé le Monde de rouler pour le candidat François Hollande. Le quotidien du soir avait titré sur cette enquête du juge Gentil sur l’éventuel financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy par les époux Bettencourt en 2007.

Il avait la trouille, et faisait mine de n’y rien paraître. Il espérait que cette France silencieuse qu’il cherchait tant ne lisait pas ses rares médias perturbateurs.

Question gênante

Jeudi, en déplacement dans le Gard, Nicolas Sarkozy refusa donc de répondre à une question de Mediapart, sur une autre affaire, comment avait-il pu financer l’acquisition de son duplex sur l’île-de-la-Jatte, à Neuilly-sur-Seine ? A l’époque, il avait prétexté un prêt de 3 millions de francs (200.000 euros) de l’Assemblée nationale. Et le prix d’achat était déjà largement inférieur aux prix du marché.

La journaliste de Mediapart, sur cette video, est empêchée d’insister. Nicolas Sarkozy lui-même pose la main sur la caméra « pour l’empêcher de filmer.»

Sarkozy sur le financement de son ancien… par Mediapart

La journaliste, Valentine Oberti, avait pourtant enquêté. Le candidat Sarkozy, en 2007, n’avait pu bénéficier d’une telle largesse de l’Assemblée. Car cette dernière ne pouvait prêter que 1,2 millions de francs, et non 3 millions de francs. Et l’Assemblée ne put garantir l’existence d’un tel prêt.

L’enquêtrice de Mediapart s’est interrogée. Elle avait retrouvé l’acte de vente. Le futur monarque avait écrit cette curieuse formule, «  avoir obtenu l’ensemble des prêts nécessaires au financement de mon acquisition » sans pourtant préciser la source de ses apports. Mediapart précise:

« Plus de quinze années après l’achat, nul ne sait donc comment le président de la République a financé son appartement, et ainsi constitué une grande partie de sa fortune personnelle. ».

On résume: Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un (ou plusieurs) prêt(s) secrets pour environ 3 millions de francs (450.000 euros).

Bettencourt ? (…)

Marianne2

2007-2012, le «grand swing» des électeurs

François Miquet-Marty directeur associé de Viavoice, société de sondages, partenaire de Libération analyse l’évolution du comportement des électeurs pour l’élection présidentielle. Il estime que «ces mobilités sont révélatrices d’un corps électoral en recherche».

En apparence, la scène politique de cette présidentielle est aisément lisible. En vue du premier tour, l’offre électorale est structurée autour de cinq personnalités qui fédèrent plus de 80 % des intentions de vote exprimées : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon. Chacun appartient à une famille politique identifiée …].

En réalité, les parcours politiques des électeurs, de 2007 à aujourd’hui, révèlent un univers en fortes turbulences : 52% des personnes ayant l’intention de voter pour Marine Le Pen n’ont pas voté pour son père en 2007, 41 % de celles qui envisagent de voter Bayrou n’ont pas voté pour le président du MoDem en 2007, 28 % de celles qui envisagent de voter Hollande n’ont pas voté Royal en 2007, 18 % de celles qui envisagent de voter Sarkozy n’ont pas voté pour le candidat UMP en 2007 (sondage Viavoice, 16-20 janvier 2012). […]

Libération

La dette, ligne de mire des présidentielles de 2012

Les élections présidentielles de 2012 auront pour principal enjeu la réduction de la dette. La campagne électorale s’annonce intéressante et le vainqueur sera obligé de prendre en compte ce paramètre pour mettre en place son programme.

La campagne présidentielle de 2012 risque d’être – enfin – une campagne sérieuse, parce que le scénario-catastrophe vers lequel nous semblons évoluer obligera enfin les différents candidats à s’en tenir aux problèmes de fond soigneusement esquivés en 2007 et en 2002.

Forte dégradation des comptes publics et des comptes sociaux, montée de l’endettement, croissance insuffisante, mécontentement social : tel est le contexte dans lequel Sarkozy risque de devoir se battre pour sa réélection… Mais il empêchera aussi l’opposition de mettre en avant un contre-projet économique et social irresponsable, sous peine d’être à nouveau battue faute de crédibilité : le « demain, on rasera gratis » ne marchera pas.

Avec une croissance prévue de 0,8 % en 2010, la France ne voit toujours pas son économie redémarrer. L’OFCE révèle que la croissance réellement perdue est de 7 % étalés jusqu’en 2020, soit 140 milliards d’euros de PIB, dont 75 de pertes de recettes pour le budget de l’Etat et des régimes de Sécurité Sociale, auxquels il faut ajouter les déficits cumulés actuels ; sur la base du scénario le plus optimiste et le moins probable, celui d’une croissance annuelle de 2,5 % et d’une baisse du chômage de 1% par an, la France mettrait 10 ans à sortir de la récession mondiale.

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Le nombre de personnes à très hauts revenus a explosé

Entre 2004 et 2007, le nombre de personnes gagnant plus de 500.000 euros a augmenté de 70 %, observe l’INSEE. Par le jeu des niches, leur taux moyen d’imposition est assez faible. La crise a sans doute stoppé le phénomène.

(…) le nombre de riches a  » explosé «  entre 2004 et 2007, la période de référence observée par l’INSEE. Ainsi,  » le nombre de personnes dépassant les 100.000 euros de revenus annuels s’est accru de 28 %, celui dépassant les 500.000 euros de 70 % « , note l’INSEE. Les effectifs de cette catégorie sont passés sur la période de 6.500 personnes à 11.000.

Sur la période 2004-2007, ce sont les revenus du patrimoine (+ 46 %) et les revenus exceptionnels (+ 55 %), par exemple les plus-values ou les levées d’option, qui ont tiré l’ensemble. Les revenus directs du travail n’ont, eux, progressé  » que «  de 11 % sur la période. Le revenu moyen des 90 % de Français les moins dotés ayant progressé de 9 % sur la période,  » c’est une augmentation des inégalités par le très haut « , souligne Julie Solard, de l’INSEE.

Alors qu’ils devraient, compte tenu du barème progressif de l’impôt sur le revenu, subir une imposition d’environ 36 %,  » pour les personnes très aisées et les personnes les plus aisées, le poids de l’imposition [...] est de l’ordre de 25 % seulement « , note l’INSEE. En moyenne, les ménages fiscaux les plus aisés acquittent 270.000 euros d’impôt sur le revenu. Pour l’ensemble du 1 % de très hauts revenus, le taux moyen d’imposition est de 20 %.

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La pauvreté augmente de nouveau

Le dernier rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES) reconnaît officiellement l’échec du gouvernement à réduire la pauvreté. La récession y est évidemment pour quelque chose…

L’Observatoire livre une batterie particulièrement riche de données, qui permet de comprendre la pauvreté ; notamment, via 11 indicateurs phares, du taux de pauvreté à la part des demandeurs d’emploi non indemnisés, en passant par les inégalités de revenus.

Mais ces données, publiées début 2010, posent problème : elles portent en effet au mieux sur l’année 2007, pour la plupart des indicateurs. Ce qui signifie qu’elles ne prennent pas en compte l’effet du retournement économique majeur intervenu depuis deux ans.

Selon cet organisme, la récession devrait avoir pour effet une hausse de 240 000 du nombre de personnes pauvres au seuil de 60 % du revenu médian et une élévation du taux de 0,3 points du taux de pauvreté, de 13,4 à 13,7 % [soit 8 millions de personnes].

L’Observatoire reconnaît au passage que, dans ce contexte, les objectifs gouvernementaux de réduction d’un tiers de la pauvreté d’ici 2012 ne seront pas tenus : « l’indicateur n’évoluera pas spontanément de façon favorable » (sic).

L’écart de revenus entre les plus riches et les plus pauvres s’est creusé de 4 850 euros entre 1996 et 2007. Une partie de cet écart résulte directement des cadeaux fiscaux aux plus aisés.

La mise en place de la prime pour l’emploi ou du revenu de solidarité active (RSA) ne change rien, en particulier, à la situation de ceux qui ne travaillent pas. Comme le remarque l’ONPES, depuis 1990 le pouvoir d’achat des minimas sociaux stagne. Le RMI, qui représentait 48,7 % du Smic en 1990, n’en pèse plus désormais que 43,7 %.

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1er mars 1999 : l’OMC impose la dérégulation financière mondiale

La dérégulation à outrance des marchés financiers, ayant abouti à la crise des années 2007-2010, remonte au 1er Mars 1999.

C’est en effet sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que des nations aussi diverses que Bahrein, les Etats-Unis ou l’Australie et représentant 90% du chiffre d’affaires mondial en terme de services financiers, signèrent le «Financial Services Agreement» (FSA), qui devait consacrer l’invulnérabilité des «Too Big To Fail» [trop gros pour faire faillite].

Cet accord ouvrait ainsi une voie royale aux fusions d’établissements financiers d’importance moyenne, qui avaient dès lors la bénédiction de l’OMC et de ses membres pour se transformer en mastodontes, sans devoir être inquiétés par les autorités internationales, ni devoir leur rendre des comptes…

Plus aucune restriction sur les nouveaux produits financiers, ouverture totale de leur marché à toutes les entreprises actives dans la finance et encouragements à la création de corporations géantes, telles étaient donc les directives acceptées, le coeur léger, par des pays qui considéraient cet accord comme une percée considérable dans l’histoire de la civilisation moderne.

Ces pays ont en effet, de facto, abandonné leur sort aux Too Big To Fail, en neutralisant et en limitant, de manière décisive, la marge de manoeuvre de leurs régulateurs. Wall Street peut dormir tranquille, car l’OMC veille au grain, les Etats-Unis n’adopteront pas de sitôt de lois interdisant produits à risques ou établissements financiers à buts purement spéculatifs !

De surcroît, ces Too Big To Fail poussent en faveur de la signature des accords dits de «Doha», qui exigent virtuellement une disparition pure et simple de toute régulation financière.
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