Plein ecran

Alesia, une imposture ?

Page en cours de construction

Le village d’Alise Sainte Reine, désigné comme site de la bataille d’Alesia sous Napoléon III, est depuis des décennies l’enjeu d’une autre bataille : idéologique, commerciale et politique. Plusieurs érudits, se fiant aux écrits de Jules César et à ses indications topographiques précises, plaident en effet pour un site plus convaincant, dans le haut Jura, à Chaux-des-Crotenay (photo ci-dessus).

Pour qu’Alise Sainte-Reine ne perde pas son titre de gloire, pour préserver les lourds investissements en cours sur le site, une guerre d’influences a lieu depuis des années. Avec en toile de fond un enjeu bien plus large : la découverte d’une métropole religieuse celtique resterait ignorée. Le site serait parfois saboté, et les demandes de fouilles systématiquement refusées.

Le documentaire présenté ci-dessous (52 minutes, décembre 2008) fait le tour de la question. Il sera bientôt téléchargeable pour diffusion élargie.

Interview de Daniele Porte à France Inter (Emission 2000 d’histoire du 14 Septembre 2004)

http://www.dailymotion.com/video/x8aoca
http://www.dailymotion.com/video/x8ao42

Communiqué de Franck Ferrand, auteur de L’Histoire interdite en réponse au communiqué diffusé le 22/12/08 par la SEM Alésia à propos du documentaire télévisé « Alésia, la bataille continue ».

Le documentaire « Alésia, la bataille continue », réalisé par Benoît Bertrand-Cadi et diffusé par Canal + le 12 décembre dernier, a suscité la réaction outrée d’une poignée de sommités archéologiques. Ces personnalités dénoncent dans un communiqué ce qu’elles regardent comme des omissions volontaires de la part des auteurs du film ; mais elles se gardent bien d’aborder le cœur du problème.

Qu’on me laisse donc reprendre, à la volée, les griefs formulés par les signataires.

1. Ils reprochent aux auteurs de glisser sur la présence, au Mont-Auxois, d’un mur – qualifié par eux, un peu vite, de « murus gallicus » – ainsi que d’un habitat antérieur à la Conquête. Comme si l’existence, au demeurant sujette à controverse, de tels vestiges, offrait la moindre lumière sur l’identité des lieux.

2. Dans le même ordre d’idées, les signataires déplorent que les photographies aériennes du site d’Alise-Sainte-Reine par M. René Goguey aient été négligées dans le film. C’est conférer une portée indue à des clichés qui, s’ils mettent en évidence les indubitables vestiges militaires romains du Mont-Auxois, ne permettent nullement de les identifier, et moins encore d’y retrouver les ouvrages décrits dans les Commentaires…

3. Quant à l’oubli des « rarissimes monnaies à l’effigie de Vercingétorix », il aurait plutôt dû soulager les signataires : M. Michel Reddé lui-même ne reconnaît-il pas au fameux statère d’or une provenance bien éloignée d’Alise ?

On aurait aimé, au-delà de ces griefs un peu vains, voir les donneurs de leçons apporter, ne serait-ce qu’un début de réponse à toutes les grandes questions en suspens. Je me tiens du reste à la disposition des signataires qui souhaiteraient organiser un débat public sur cet important sujet ; mais je doute fort que l’un d’entre eux s’y risque jamais.

Au fond, il est navrant que des personnalités éminentes mettent leur titre, leur autorité, leur poids moral au service, non de la vérité ou d’une recherche de vérité, mais d’une cause officielle éculée, absurde, chaque jour plus douteuse et friable. Tant il est vrai que rien, aujourd’hui, ne permet plus de situer sérieusement Alésia en Bourgogne.

Personne ne se grandit à nier une évidence ; et lorsque, tôt ou tard, certains travaux en cours viendront confirmer de manière définitive les conclusions d’André Berthier sur la localisation d’Alésia dans le Jura, le jugement de la postérité sera sans indulgence pour celles et ceux qui, bien qu’avertis, auront usé leur influence à retarder la manifestation de la vérité.

Franck FERRAND (source)