Christophe Guilluy : Hollande n’a pas été élu sur le mariage gay !

Christophe Guilluy est géographe social. On lui doit des essais remarqués sur les inégalités sociales, économiques et culturelles entre les territoires de l’Hexagone.

Son dernier ouvrage, Fractures françaises, (François Bourin éditeur, 2010) analyse notamment l’« insécurité culturelle » qu’engendre la cohabitation entre différentes populations au sein d’un même territoire.

Daoud Boughezala. Les partisans du mariage gay répètent inlassablement que cette mesure était l’un des engagements du candidat socialiste. Avez-vous mesuré le niveau d’adhésion de l’électorat de second tour de François Hollande au « mariage pour tous » ?

Christophe Guilluy. C’est de la pure rhétorique. Ce n’est pas sur cette thématique, mais sur le rejet de Sarkozy que François Hollande a rassemblé une majorité de Français. Il faut cependant rappeler que 93 % des musulmans, qui sont massivement opposés au mariage gay, ont voté Hollande !

Cela dit, plutôt que de battre le pavé dans le Marais, les organisateurs de la Gay Pride feraient bien de la délocaliser dans le « 9-3 » avec un départ à Montfermeil et le tour de la Seine-Saint-Denis. Juste pour voir ce qu’est l’homophobie dans la vraie vie !

Causeur

Avoir 20 ans et voter FN

Ils sont jeunes, ils ont entre 18 et 25 ans. Ils incarnent le futur du pays, l’espoir de la nation. Et, à la dernière élection présidentielle, ils ont voté Marine Le Pen. Explications.

En janvier 2011, quand Marine Le Pen a pris la présidence du Front national, Fabien, 22 ans, a déchiré sa carte de l’UMP. Dieu sait que le jeune homme y avait cru depuis son adolescence dans une petite ville ouvrière de Moselle. Mais trop d’espérances, en 2007, dans la capacité de Nicolas Sarkozy à changer les choses, peser sur le chômage, venir à bout de l’insécurité, s’occuper des «invisibles» qui souffrent en silence loin des fastes du Fouquet’s, et au bout du compte trop de désillusions.

Alors, le 22 avril, Fabien, qui votait pour la première fois de sa vie à une élection présidentielle, a glissé un bulletin Marine Le Pen dans l’urne. Fabien fait partie des 650 000 primovotants de moins de 25 ans au scrutin d’avril-mai. Mal connus, ces puceaux des urnes – beaucoup plus intéressés par la politique que les fins experts ne l’affirmaient – ont été à l’origine d’un des plus grands tsunamis de la présidentielle. En mars 2012, l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej) publie les résultats d’un sondage auprès des primovotants. Stupeur et tremblements !

Certes, avec 31 % des intentions de vote des 18-22 ans interrogés par l’Ifop, François Hollande vient largement en tête. Mais Nicolas Sarkozy ne recueille que 21 % des intentions de vote, battu par Marine Le Pen (23 %).

Mikaël Garnier-Lavalley, délégué général de l’Anacej, se souvient : «Même si nous savions que Marine Le Pen accrochait auprès des jeunes, un pareil score nous a totalement surpris.»

Verdict définitif, au lendemain du premier tour de la présidentielle : 18 % des 18-24 ans ont voté pour la candidate FN (7 % de la même tranche d’âge s’étaient prononcés pour son père en 2007). Une percée fulgurante.

Pour Jean-Philippe Refray, membre du comité de direction de l’Anacej, c’est la confirmation de ce qui remontait de façon fragmentée de ses équipes de terrain. Le directeur général de l’Office de la jeunesse de Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais), commente : «Mon fils me racontait que certains de ses camarades de terminale S étaient ouvertement en faveur du FN

Au point que, dans le milieu du théâtre – pas vraiment à droite –, des élèves de première année du célèbre cours Florent, à Paris, ne se privent pas de dénoncer le «trop d’immigrés». Fabien n’est pas le seul diplômé du supérieur à avoir voté pour la présidente du FN. Là est la véritable surprise.

Suite du dossier sur Marianne (6 pages au total).

Merci à Alésia

Le livre de Valérie Trierweiler fait un flop

Voilà cinq semaines que l’ouvrage « François Hollande président : 400 jours dans les coulisses d’une victoire » est sorti en librairie. Composé de photos légendées par sa compagne, Valérie Trierweiler, et paru le 21 juin aux éditions du Cherche Midi, il peine à trouver preneur. Selon l’institut Edista, cité par lexpress.fr, l’ouvrage ne s’est écoulé qu’à 1174 exemplaires.

Le Dauphiné

Afghanistan: Joly en mission pour l’ONU

L’ancienne magistrate Eva Joly s’est vu confier une mission anti-corruption en Afghanistan dans le cadre de l’ONU et effectuera dans cet objectif un premier séjour à Kaboul du 7 au 20 juillet.

La mission, au côté de deux autres experts internationaux et trois spécialistes afghans, aura lieu à Kaboul, à raison de 15 jours tous les trois mois, a priori pour une période de deux ans renouvelable, a affirmé l’ex-juge anti-corruption, à l’issue d’une conférence de presse au siège d’EELV consacrée au sommet Rio+20 sur le développement durable.

« Notre rôle sera de donner des conseils et vérifier l’avancement dans la création d’institutions capables de lutter contre la corruption » a expliqué l’eurodéputée EELV, qui rencontrera des dirigeants afghans sur place. Un rapport sur « l’état d’avancement des recommandations » sera établi tous les trois mois par l’équipe d’experts.

La Franco-Norvégienne, qui a par le passé conseillé le gouvernement de son pays natal dans sa lutte contre la corruption internationale après s’être fait un nom dans l’affaire Elf en France, a souligné que « tout l’enjeu était de créer des îlots d’intégrité » en Afghanistan, que ce soit dans la justice ou la police, car sans cela, « il n’y a pas d’avenir démocratique. » Interrogée sur sa sécurité lors de ses séjours là-bas, l’ex-candidate à la présidentielle a répondu: « nous serons très protégés » avec une « vingtaine de garde du corps. »

Pendant sa campagne électorale, Eva Joly, 68 ans, avait notamment estimé qu’il n’y avait « pas de sens de vouloir construire une démocratie sur un régime qui est complètement corrompu » s’en prenant notamment au président afghan Hamid Karzai « et sa famille. »

Le Figaro

Nicolas Hulot a voté Mélenchon au premier tour, Hollande au second

«Je vote pour la planète.» En avril, Nicolas Hulot s’était refusé à appeler à voter Eva Joly pour le premier tour de la présidentielle. L’ancien candidat écologiste a indiqué ce mercredi avoir donné son bulletin à Jean-Luc Mélenchon, le patron du Front de gauche. «Je ne peux pas mentir, je n’ai pas voté Eva», révèle au micro de RMC- BFM-TV l’ex-animateur de télévision, battu par sa rivale lors de la primaire d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

«Non par réaction, mais parce que dans le discours de Mélenchon, pendant la campagne, j’ai trouvé plus de pédagogie sur ces sujets, sur la régulation de la finance, sur la planification écologique, je l’ai trouvé plus performant sur ces sujets», affirme-t-il. Et au second tour ? François Hollande.

Le Parisien

La chute de la maison Bayrou

Il a voté François Hollande. Mais n’a pas été payé en retour. Confronté à la concurrence d’une candidate socialiste qui l’a largement devancé au premier tour des législatives, talonné par l’UMP, François Bayrou pourrait perdre son dernier mandat national. Récit d’un fiasco politique.

«Bayrou est en pleine névrose. Il s’applique à reproduire indéfiniment le même geste, en attendant des effets différents.» Le jugement de Jean-Louis Bourlanges est sévère. Mais il reflète l’incompréhension de nombre des proches du patron du MoDem. Depuis quelques semaines, ils ne le comprennent plus. Les faits, il est vrai, sont plus cruels encore: avec 23,63% des suffrages dans son fief du Béarn, François Bayrou est très loin derrière la candidate socialiste, Nathalie Chabanne. Et tout juste devant le candidat UMP qui, en annonçant son intention de se maintenir, conformément à la décision de la direction nationale, risque de provoquer la chute du centriste. La conséquence directe d’une décision prise dans l’entre-deux-tours de la présidentielle.

(…) La campagne «droitière» de Nicolas Sarkozy, ses appels du pied, dans l’entre-deux-tours, à l’électorat frontiste ont sans doute sincèrement heurté les convictions de François Bayrou. Après l’annonce de son ralliement sans condition aucune à François Hollande, sa garde rapprochée entonnera la chanson d’un Bayrou libre, enfin. Loin des petits calculs électoraux. (…) Voire. «C’est par orgeuil que François ne s’est pas résolu à voter Sarkozy, confie un homme qui le connaît bien, depuis longtemps. La raison l’y poussait, mais il en avait trop fait, trop dit, trop écrit contre Sarko. Il a craint de se ridiculiser. C’est par orgueil aussi qu’il n’a pas voulu demander la moindre contrepartie à François Hollande. Il aurait eu le sentiment de s’abaisser» Résultat: il n’a rien demandé à personne, ni pour lui ni pour ses amis. Il n’a rien obtenu, ni pour lui ni pour ce qui était son parti. (…)

Le Figaro

Analyse de la photo officielle de François Hollande par un spécialiste

Mercredi, Jean-Paul Garraud, député UMP de Gironde, faisait remarquer qu’il y avait selon lui « un vrai problème » avec le portrait officiel de François Hollande, réalisé par Raymond Depardon et dévoilé lundi par l’Élysée.

« Sur le drapeau apposé sur le mur de l’Elysée, le bleu, le blanc et le rouge sont à la verticale. Si on le met droit, les couleurs sont en long : ce n’est pas le drapeau français, c’est le drapeau hollandais ! »

[...] Raphaël Delpard, auteur de « La fabuleuse histoire du drapeau français«  (éditions Quai de Seine), que nous avons joint ce jeudi par téléphone; estime que Jean-Paul Garraud a « tout à fait raison ».

« Tel que ce drapeau est présenté, c’est le drapeau hollandais. »

« C’est d’autant plus surprenant que le ministère de l’Intérieur a édité une brochure pour établir les règles en la matière »

Deux de ces règles sont brisées sur ce portrait selon lui :
- « le drapeau ne doit pas être posé à plat, sur un bâtiment ou le sol, mais doit flotter« . Or les deux drapeaux longent le bâtiment de haut en bas.
- « le drapeau doit être attaché à son support dans le sens vertical« . Or, il l’est de façon horizontale sur le portrait.

Les règles de cette brochure sont basées sur les coutumes et les usages. En effet, aucun texte législatif ou réglementaire ne fixe les règles de pavoisement du drapeau tricolore, comme l’a précisé Nicolas Sarkozy en 2007, alors qu’il était ministre de l’Intérieur.

En revanche, le pavoisement du drapeau européen est, lui, réglementé.

Dans une circulaire datant du 4 mai 1963, confirmée ensuite par un décret, les ministères de la Défense et de l’Intérieur indiquent que « le pavoisement des édifices aux couleurs de l’Europe est possible [...] à condition que le drapeau européen soit placé à droite du drapeau français (donc vu à gauche de celui-ci en regardant l’édifice public) ». Sur le portrait, si l’on regarde vers le bâtiment, le drapeau européen est à droite, ce qui va à l’encontre de la loi.

Il est même possible que deux autres usages de ladite brochure n’aient pas été respectés :
- Les drapeaux ne doivent pas toucher le sol. Sur le portrait ils semblent terminer leur chute sur les escaliers au pied des bâtiments. S’il est difficile de distinguer précisément les éléments à cet endroit de la photo, la visite virtuelle du parc de l’Élysée confirme que des escaliers longent le bâtiment duquel pendent les deux drapeaux.
- Si un drapeau flotte sur le toit de l’Élysée 24 heures sur 24, un deuxième doit lui être joint lorsque le chef de l’État est présent dans l’enceinte. On ne distingue pourtant qu’un seul drapeau sur le toit, mais le deuxième est peut-être caché par la tête de François Hollande ou la végétation sur la droite du cliché [...]

Sud-Ouest

Amiens (80) : nouvelles tensions entre jeunes et policiers

Le quartier Philéas-Lebesgue à Amiens a encore été marqué par des violences urbaines, dans la nuit de vendredi à samedi. Un individu a été interpellé.

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«Cela fait quinze jours que ça dure. Les policiers et les pompiers sont appelés quasiment tous les soirs. C’est infernal ».

Dans la nuit de vendredi à samedi, les habitants des rues Edmond-Rostand et Philéas-Lebesgue ont encore été réveillés en pleine nuit.

Peu après 23 heures, des jeunes du quartier ont incendié une armoire électrique, plongeant tout le quartier dans l’obscurité. Sapeurs-pompiers, effectifs de la brigade anticriminalité, CRS sont intervenus pour sécuriser les lieux en raison de la présence d’une vingtaine de jeunes particulièrement énervés.

Des forces de l’ordre qui sont revenues sur place deux heures plus tard, cette fois pour des feux de poubelles sur la voie publique. Une intervention qui a tourné à l’affrontement, les policiers essuyant des jets de projectiles.

«Les jeunes ont volontairement incendié l’armoire électrique afin que le quartier soit dans la pénombre et qu’ils puissent en découdre avec les policiers. C’est ce qu’ils recherchaient »,

explique un témoin qui a d’ailleurs été incommodé par les fumées. (…)

Le courrier Picard