L’auteur nigérian du best-seller « Le Monde s’effondre » s’est éteint

(…) Chinua Achebe, père de la littérature nigériane, auteur du livre légendaire Le Monde s’effondre, est mort à l’âge de 82 ans, à Boston, où il enseignait.

Selon la presse nigériane, Achebe, dont les causes de la mort n’ont pour le moment pas été dévoilées, avait été hospitalisé en début de semaine.

Dans Le Monde s’effondre, livre traduit en plus de 50 langues, Achebe proposait une des premières critiques de la colonisation et des entreprises d’évangélisation qui la précédèrent, en narrant l’histoire d’un village Igbo (ethnie du sud-est du Nigeria) au XIXe siècle, confronté à l’arrivée de missionnaires blancs.

«L’homme blanc est très intelligent. Il est venu sans bruit et de manière pacifique dans la région. Sa bêtise nous amusait et nous l’avons autorisé à rester. Aujourd’hui, il a gagné les cœurs de nos frères et notre clan ne peut plus faire comme s’il était uni et indivisible», dit l’ami du personnage principal du Monde s’effondre, dans un extrait cité par The Guardian. (…)

Slate Afrique

Allemagne – La petite sorcière : polémique autour du « politiquement correct »

Début janvier, un Allemand a obtenu le retrait des passages d’un conte. Depuis, la polémique enfle pour déterminer s’il s’agit d’une censure abusive. Même les enfants s’y sont mis.

Il était une fois une vilaine sorcièrequi décide, à l’âge de 127 ans, de devenir gentille. Tel est le propos de Die Kleine Hexe, conte enfantin écrit en 1957. Une histoire pas si innocente qu’on pourrait le croire. Notamment depuis qu’un père de famille a exigé le retrait de certains termes «racistes» de ce classique de la littérature jeunesse outre-Rhin. Tout est même parti d’un sentiment de colère en novembre dernier lorsque cet homme, Mekonnen Mesghena, lit La petite sorcière à sa fille de sept ans au moment du coucher. Il découvre alors au sein de ce texte, écoulé à plus de 50 millions d’exemplaires, l’utilisation du qualificatif «nègre».

Choqué, le père ne peut se résoudre à tourner la page. «La terminologie n’est jamais neutre. Elle montre la structure de domination», affirme-t-il. D’origine Érythréenne, il se sent intimement victime de ce racisme hérité d’une autre époque. Mekonnen Mesghena est un militant actif. Il dirige le département «migration et diversité» de la Fondation Heinrich Böll, un think tank berlinois. Il décide alors d’adresser une lettre de contestation à Thienemann Verlag, la maison d’édition. Là encore un monument du paysage culturel germanique. Loin de se faire débouter, la requête abouti finalement à une promesse en janvier 2013. Les passages incriminés seront modifiés lors de la prochaine édition, en juillet prochain. (…)

Depuis cet accord passé entre le plaignant et la maison d’édition, une partie du milieu intellectuel s’agite. Dans un essai publié par l’hebdomadaire Die Zeit, le journaliste Ulrich Greiner se montre radical: «Ce n’est ni plus moins que de la censure ou de la contrefaçon… Un scandale du politiquement correct qui est en train balayer le pays.» Le pédopsychologue Hartmut Kasten porte un avis aussi irrévocable, accusant les parents de «projeter leurs propres peurs», rapporte le Guardian . Mais la manifestation la plus éloquente reste celle du critique littéraire Denis Sheck. Il a débarqué sur un plateau télévisé la figure peinturlurée de marron pour étayer ses arguments: «Le langage est quelque chose de vivant, et les livres pour enfants sont de la littérature. Les jeunes enfants devraient particulièrement apprendre la façon dont le langage courant évolue perpétuellement.»

Pour soutenir ce point de vue, un autre éditorialiste de Die Zeit s’est même aventuré à une comparaison osée: «N’importe qui croyant que l’art devrait être adapté rétrospectivement parce qu’il contredit la morale qui prévaut a dû être satisfait en 2001 lorsque les Talibans ont détruits les Bouddhas de Bâmiyân.» (…)

C’en fut trop pour Ishema Kane. Cette petite fille métisse de 9 ans a décidé de prendre son stylo plume pour répondre personnellement au journal. «Je suis café au lait, affirme-t-elle de son écriture enfantine. Et je trouve ignoble l’idée selon laquelle le mot négro devrait rester dans les livres. Vous ne pouvez pas imaginer ce que je ressens quand je dois entendre ou lire ce mot.» (…)

Le Figaro

Lire : Allemagne : un classique littéraire modernisé… ou défiguré ?

Allemagne : un classique littéraire modernisé… ou défiguré ?

Un éditeur allemand vient de jouir de l’une de ces promotions dont on se passerait volontiers. Die Kleine Hexe (La petite sorcière), l’ouvrage au centre de la polémique, écrit par Otfried Preußler, a été épuré des plusieurs termes considérés comme offensants. Qu’on lui demande de restaurer dans les meilleurs délais. Du « politiquement incorrect » passé au bistouri… surtout pour un éditeur spécialisé dans les oeuvres jeunesse…

Originellement paru en 1957, le livre de la petite sorcière est un best-seller classique de l’Allemagne, mais l’éditeur Thienemann Verlag a décidé, dans un effort de modernisation, de supprimer certains mots ou expressions qui seraient choquants pour un jeune public. Ainsi, le mot « nègre » a disparu de tout le livre, ou encore le verbe wischen, qui dans son acception moderne, désigne le fait de se masturber. Horribile auditu !

La nouvelle édition n’a donc pas fini de faire rugir les Allemands, qui reprochent à l’éditeur une certaine pudibonderie et une politique de censure excessive, voire tout simplement, injustifiable.

Les livres d’Otfried Preußler ont été traduits en 55 langues et plus de 50 millions d’exemplaires ont été vendus dans le monde entier. Or, près de 50.000 exemplaires de cette histoire de sorcière sont annuellement vendus en Allemagne, mais l’arrivée de cette nouvelle édition, prévue pour le mois de juillet, n’est pas du goût de tous.

« Ce ne sont pas seulement les termes politiquement incorrects comme ‘nègres’ mais aussi des mots que les enfants ne comprennent plus », assure Klaus Willenberg, directeur de Thienemann Verlag. Mais rien, n’y fait : même les journaux allemands conservateurs déplorent que l’édition brise l’intégrité artistique de l’oeuvre, et souligne qu’il ne revient pas aux éditeurs de se soucier de censurer les ouvrages jeunesse.

Le mot qui commence par n-

Un courrier des lecteurs inhabituel est parvenu à la maison, considérant comme inadmissible d’opérer une telle coupure dans l’oeuvre originelle, alors que l’éditeur ne cesse de se défendre.

« Personne n’a jamais accusé Otfried Preußler de racisme… Ses mots, à l’époque où il les a utilisés, étaient neutres. Mais ils ne le sont plus. » Et de garantir qu’il n’a pas effectué ces modifications à la légère : elles sont intervenues par nécessité, pour moderniser et ne pas reproduire des termes qui n’ont plus le même sens de nos jours. (…)

Actualitté

Philippe Cohen reçu par E. Ratier (Radio Courtoisie)

Dans un article intitulé Philippe Cohen, biographe de Le Pen, promeut son livre en eaux troubles, Abel Mestre* continue de pilonner les auteurs d’un livre posant clairement le problème de la « légende noire » de Jean-Marie Le Pen, savamment construite par les partis de gauche;  Philippe Cohen pointe avec une certaine cruauté, l’enfermement quasi-pathologique de la pensée de gauche avec la vérité, les faits historiques, dés lors qu’il s’agit de comprendre et d’analyser le phénomène historique Le Pen.

Dans un soucis d’honnêteté, Philippe Cohen admettra, lors de l’entretien avec E. Ratier, s’être laissé convaincre par la thèse d’Abel Mestre selon laquelle le soutien de Marine Le Pen ainsi que celui de Wallerand de Saint-Just, à la sortie de son livre, procéderait d’une démarche purement stratégique, visant à diaboliser le livre et ses auteurs.

Abel Mestre n’aura pas attendu longtemps, pour réagir à un tel compliment sur les ondes d’une radio, par trop licencieuse, et dont il se serait visiblement bien passé; dés le lendemain l’article est publié.

On ne saurait dire si Abel Mestre se comporte ici en idiot utile ou s’il souhaitait seulement apporter la preuve de sa thèse; on ne peut s’empêcher de penser que Philippe Cohen s’est empressé de reprendre la malicieuse idée de « l’étreinte trop étouffante », analysé et inspiré par son détracteur.

L’interview d’Emmanuel Ratier montre une fois de plus, la qualité intrinsèque d’une radio, certes avec bien des défauts, mais qui permet de mesurer le gigantesque écart, avec les interviews que l’on a pu entendre sur les radios et télévisions à l’occasion de la promotion du livre.

*Abel Mestre est un Journaliste , spécialiste de l’extrême droite au journal Le Monde. Auteur avec Caroline Monnot d’un blog du Monde spécialisé sur l’extrême droite, “Droites extrêmes”

Dans son article, Abel Mestre écrit :

Le livre se pose effectivement en défenseur de Jean-Marie Le Pen sur plusieurs sujets, au premier rang desquels l’antisémitisme et la torture en Algérie.

On écoutera attentivement les propos de Philippe Cohen sur ce point particulier, en toute fin d’émission (1h16)

Campagne de presse ou loi du silence : le cas Cesare Battisti

L’actualité, ce sont aussi les silences.

L’absence de réactions, chez ceux qui ont plutôt l’habitude d’être prolixes, en dit parfois autant que les tirades qu’ils aiment nous infliger. Ainsi en est-il du mutisme de quelques-uns des anciens défenseurs de Cesare Battisti depuis la parution, il y a quelques semaines, du livre du journaliste Karl Laske, La mémoire du plomb (Stock), consacré à l’itinéraire du terroriste italien reconverti en auteur de romans policier. Recherché par la justice de son pays qui l’a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par contumace pour assassinats, il fut un temps hébergé par la France avec le soutien tapageur de belles personnes germanopratines avant de prendre la fuite au Brésil.

La lecture de ce bon livre d’enquête est révélatrice d’une double tradition française : la faible appétence pour la réalité d’une partie de l’élite politico-intellectuelle française et l’importance de l’identité politique du messager de la vérité.

Car, si cet ouvrage apporte de nouveaux éléments sur le parcours de Battisti et les soutiens aveugles dont il a bénéficié – de Fred Vargas à Bernard-Henri Lévy et de Carla Bruni à François Hollande (qu’un entourage coupable aura poussé à le visiter en prison) – l’important réside dans l’identité de son auteur : Karl Laske, ancien de Libération et présentement enquêteur au site Médiapart.

Le fait que cette mise au point définitive sur les mensonges de Battisti vienne d’un journaliste classé à gauche a soudainement laissé sans voix ses défenseurs alors que six ans plus tôt le très bon livre d’enquête d’un journaliste du Figaro, Guillaume Perrault, « Génération Battisti. Ils ne voulaient pas savoir » (Plon), n’avait pas eu les mêmes conséquences.

Marianne

Attaque de pirates marocains contre la Maison des Ecrivains

Le site internet de la MEL, Maison des Ecivains et de la Littérature, ne s’est toujours pas remis du passage des Moroccan Hunters, groupe de pirates informatiques, qui ont fait tomber le site de l’Association, ce vendredi soir, affichant de manière bin visible le logo de leur équipe.

« Le site de la Maison des Ecrivains et de la littérature est en cours de maintenance », affiche désormais le site, qui n’est toujours pas revenu sur la toile. Et les pirates revendiquent leur action :

« Nous n’insultons la religion de personne, alors pourquoi insulter notre religion maintenant ? » Ajoutant : « Je proteste contre le manque de respect envers notre prophète bien-aimé, Mahommet. » 

La suite n’est pas bien passionnante, et pour la direction, rien ne semble expliquer cet acte. Contactée par l’AFP, Sylvie Gouttebaron ne voit en effet aucun lien entre le hacking du site et la programmation prochaine, ou passée.  (…)

Les Moroccan Hunters revendiquent d’être des « tireurs d’élite marocains » et travaillent à « protéger la patrie et défendre l’intégrité territoriale en luttant contre les ennemis de l’islam ». (…)

Actualitté

Les Boloss des Belles Lettres déchirent

Les écrivains pour vieux enfin à la portée des djeunz

C la tréren é ta tro la looz, le prof, cte tarba c juste un gros guedin y tenvoi les kinbou dans la face façon high kick middle kick low kick genre Ramzy dans la tour monpar infernal : « j’annonce : coup de pied retourné et fiche de lecture pour demain sinon j’colle une balle dans la tête à la main et j’demande un renkar a té darrons pour lanceba ktu gère queude en cekla. »

Ta le seum grav tu cé pa komen tu va géré pour lundi sa mère ? Vazy me brise pas les couilles é pa la peine de kriser, ta les boloss des belles lettres ki von tro te sauver ta life man ! (…)

Ainsi, la critique féroce de la bourgeoisie provinciale proposée par Flaubert dans Madame Bovary est mise au diapason de l’époque afin que tous puissent à nouveau en percevoir la finesse et la portée :

c’est l’histoire d’un keum pas trop bien dans sa peau à l’école il est absent et tout tu sens le malaise en lui il s’appelle charbovary c’est pas le héros de l’histoire mais bon il est assez important tu le vois tout le livre. ensuite il rencontre une petite zouz campagnarde pas dégueulasse elle s’appelle emma c’est elle le héros c’est madame bovary voilà là tu as résolu la première énigme à savoir qui c’est madame bovary ben c’est elle. ensuite ils se marient etc. et puis ils vont habiter dans une petite bourgade bien paumée emma elle se fait chier donc elle commence à toucher la nouille de quelques keums qui passent, des ptits jeunes et des autres mecs dans des calèches et tout c’est assez hot zizibaton. emma elle kiffe le luxe elle commence à acheter des ptites louboutin easy et aussi du cacharel des polo lacoste et tommy hilfinger enfin des trucs de luxe sauf que charbovary il a pas une thune du coup ils font des prêts à un keum genre voilà et sauf que après ils sont endettés, mais charbovary il sait pas, mais emma elle s’en met plein les fouilles lol la salope.
après emma elle se fait jeter de tous ses keums à un moment elle est toute seule à la campagne elle se réveille all naked dans un champ de blé bon après elle est trop déprimée elle a le seum de la vie elle se suicide et du coup charbovary il a tellement le seum il crève aussi il reste juste la gosse qui fait du tricot pour la fin de sa vie bref une putain de vie de merde qui commence c’est madame bovary.

Les plus hautes instances éducatives se sont empressées de saluer l’initiative à l’instar du pédagogue Philippe Meirieu qui a déclaré que « l’entreprise innovante de MM. Pimpant et Valtudinaire opère une reconfiguration syntaxique salutaire d’un patrimoine qu’il semblait urgent de réadapter aux exigences du vivre et de l’apprendre-ensemble afin de mettre fin au processus insupportable de la stigmatisation cognitive qui détruit le lien social et met en danger la relation appreneur-apprenant. »

Réagissant à ces propos ainsi qu’à l’annonce de la mise en ligne du nouveau site, Vincent Peillon a quant à lui simplement déclaré : « ça peu fér. » (…)

Idiocratie via Causeur

Les Boloss des Belles Lettres

La négritude des héros blancs…

James Bond, Catwoman, Kojak: les héros sont-ils “black or white” ? Texte et dessins de Damien Glez.

2006: haut-le-cœur parmi les aficionados de l’Ecossais Sean Connery. Le sixième James Bond sera un James… blond.

Daniel Craig est en réalité le neuvième à interpréter “l’agent secret au service de sa Majesté”, après Barry Nelson, Sean Connery donc, David Niven, George Lazenby, Christopher Cazenove, Roger Moore, Timothy Dalton et Pierce Brosnan; question de comptabilité et d’homologation. Toujours est-il que, pour les cinquante ans officiels de l’espion au cinéma, en 2012, c’est une rumeur plus que capillaire qui fait frémir les inconditionnels du héros de l’écrivain britannique Ian Fleming. Les producteurs de la série cinématographique auraient approché Idrissa Elba pour préparer la retraite de Craig, à l’issue des deux prochains opus. Comédien forcément britannique, Elba est aussi DJ (sous le pseudo de DJ Big Driis the Londoner) et… noir.

Le créateur du buveur de Martini-vodka a-t-il jamais précisé, dans ses romans, la couleur de peau de son personnage? Et même si c’était le cas, serait-il scandaleux qu’un héros censément blanc soit interprété par un acteur d’un autre épiderme? Depuis longtemps, le théâtre africain a joyeusement franchi le Rubicon. Notamment via les intrigues politiques de Shakespeare qui se prêtent tant à des adaptations sur les terres de la chefferie africaine. En 1995, le plus blafard de ses personnages, Hamlet, est incarné par le Burkinabè “teint noir” Issaka Sawadogo.

Le texte intégral de la tragédie du plus célèbre des Danois est mis en scène par Jean-Pierre Guingané et Stein Vinge. Peu de temps après cette version burkinabo-norvégienne, c’est une mise en abîme théâtrale que propose le metteur en scène Ildevert Méda dans un «Hamlet noir» italo-burkinabè. Dès le titre, la pigmentation semble explicite et le casting renoue avec la comédienne Aminata Diallo qui incarnait une Ophélie de couleur dans la précédente transposition.

Alors pourquoi ne pas confier à un Blanc le rôle d’Othello, le plus noir des héros de l’œuvre de William Shakespeare? En réalité, le “toubab” russe Constantin Sergueïevitch Stanislavski interpréta déjà le Maure de Venise, dès 1896. Mais maquillé…

Si l’Afrique ne rechigne pas à “noircir” les héros blancs, les composantes associatives du “monde noir” s’offusquent aisément du procédé inverse.

En 2010, l’écrivain Alexandre Dumas est interprété, au cinéma, par Gérard Depardieu.

Mimétisme saisissant qui n’est pas du goût de la journaliste Audrey Pulvar et du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN).

Ils rappellent que Dumas, petit-fils d’une esclave noire, était un quarteron.

La réaction militante à la distribution du long-métrage est-elle la manifestation d’un racisme anti-blanc aujourd’hui décrié par une partie de la droite française? (…)

Slate Afrique