Turquie, l’antichambre de l’immigration clandestine

Le nombre de migrants vers l’Union européenne est de plus en plus important. Près de 43 000 clandestins ont été interceptés sur le sol européen au troisième trimestre 2013. C’est deux fois plus que l’année précédente sur la même période.

De plus en plus, les migrants africains abandonnent la route méditerranéenne pour passer par la Turquie. En attendant de rejoindre l’Europe, les migrants vivent ou plutôt survivent dans des conditions terribles, entre travail au noir et marchands de sommeil.

Émission audio à écouter sur RFI

Certaines écoles privées catholiques françaises peuvent accueillir jusqu’à 90% de musulmans

Selon les secteurs géographiques, les écoles privées catholiques peuvent accueillir jusqu’à 90% de musulmans, estime l’Enseignement catholique. Pourquoi un tel succès? Eclairage…

La pause déjeuner touche à sa fin. Walid et Ismaël, 19 et 16 ans, discutent avant de retourner en cours dans l’établissement privé catholique Jean Baptiste de la Salle, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Inscrits en Bac Pro, tous deux musulmans, ils sont arrivés ici il y a deux ans après des années dans le public. «Mes parents m’ont mis ici parce que mon secteur était blindé et que les lycées n’avaient pas bonne réputation», explique Ismaël. «C’est une bonne école. Ils sont aussi plus compréhensifs sur les absences pour les fêtes religieuses», ajoute Walid.

L’établissement, qui comprend une école, un collège et un lycée, fait partie des 8.300 existant en France, et accueille 2.400 élèves, dont une majorité d’origine étrangère. «On a une forte mixité sociale et religieuse, à l’image de la réalité sociologique de Saint-Denis. On fait vivre tout le monde dans la sérénité», assure Benoît Lecoutère, son directeur, précisant n’avoir «jamais eu de conflit lié à la religion».

Souad Boussif, vendeuse de 45 ans, musulmane, y a inscrit ses quatre enfants, à raison de quelque 1.000 euros par an pour chacun. Comme de nombreux parents, son choix a d’abord été guidé par le souci de «leur donner le meilleur enseignement possible». «L’un de mes fils a été dans le public pendant trois mois, c’était catastrophique. Il pleurait, se faisait chahuter… Alors qu’ici, il y a un bon niveau d’études et un encadrement plus strict. Ça me plaît».

Ces critères reviennent systématiquement pour expliquer le succès des établissements privés auprès des familles, surtout dans les quartiers défavorisés. «Il y a une problématique de la réussite dans le choix de ces parents musulmans, estime Dahmane Abderrahmane, conseiller de Dalil Boubakeur, Recteur de la Grande Mosquée de Paris. Il ne s’agit plus de la première génération d’immigrés venus nettoyer les rues de Paris mais de la troisième génération, inscrite dans la durée. Des parents se disent ‘’moi mon père était ouvrier, je veux que mon fils soit cadre’’».

La dimension religieuse est elle aussi valorisée. «Les parents sont contents que dans les écoles privées, on puisse parler de Dieu et de son appartenance religieuse sans se cacher, explique Claude Berruer, adjoint au Secrétariat général de l’Enseignement catholique. Dans le public, cela peut devenir explosif et les règles sont plus strictes, par exemple sur le port de signes religieux, interdits». Le partage des «valeurs» portées par la religion, quelle qu’elle soit, est lui aussi plébiscité.

Les fausses rumeurs sur l’enseignement de la soi-disant «théorie du genre» à l’école ont conforté certains dans leur choix. «Dans le privé on est à l’abri de ces trucs», tranche Dahmane Abderrahmane, qui paye la scolarité de ses petites-filles, musulmanes, dans une école catholique.

Aucun chiffre n’existe sur la proportion exacte de musulmans dans ces écoles – jusqu’à 90% selon les secteurs géographiques, estime l’Enseignement catholique. Mais le phénomène semble avoir pris de l’ampleur avec le temps, puisqu’un document «très demandé» et intitulé «Musulmans en école catholique» a été publié en 2010 par la direction de l’Enseignement catholique. L’objectif était de «répondre à des interrogations croissantes» des professeurs et directeurs d’école afin d’«organiser la cohabitation» entre catholiques et musulmans dans les établissements, rappelle Claude Berruer.

Le dossier rappelait quelques règles. «Par exemple, le voile n’est pas interdit, mais on ne peut pas admettre qu’un élève n’aille pas en gym ou en Sciences de la vie et de la terre, souligne-t-il. De même, on ne peut pas transformer l’école en salle de prière musulmane. Les choses sont claires.» Et semblent bien acceptées.

20 minutes, merci à Joe Arpajo

Les musulmans de France se réunissent au Bourget

« Quelles valeurs pour une société en mutation ? L’homme, la famille et le vivre-ensemble ». Tel est le thème retenu cette année par les organisateurs de la 31e rencontre annuelle des musulmans de France, qui se tiendra du 18 au 21 avril au parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis).

« La Révélation dans son essence la plus pure, est venue apporter à l’homme les réponses aux questions qu’il se pose sur sa place dans l’univers, son rôle dans la société dont il est partie intégrante, et les moyens dont il dispose pour parvenir au bonheur », précise toutefois le dossier de presse ; on y annonce, en plus des traditionnelles conférences et de la foire commerciale, un espace dédié à la jeunesse – le « Forum génér-action » –, un « pavillon du Saint Coran », ou encore un espace « Dar el fatwa (…) pour répondre à toutes les interrogations des visiteurs en matière de jurisprudence et de pratique religieuse ».

Quant aux intervenants, les têtes d’affiche déjà annoncées donnent encore peu d’indication sur la manière dont le thème sera traité. La plupart sont des habitués, qu’il s’agisse des frères Tariq et Hani Ramadan – auteur en 2002 d’une tribune très contestée, publiée par le journal Le Monde, et intitulée « La charia incomprise » –, des chercheurs Pascal Boniface et Raphaël Liogier ou des prédicateurs étrangers comme l’Égyptien Omar Abdelkafi ou l’Algérien Abdelrazek Gassoum. « Le programme est vraiment mis au point dans les tout derniers jours », relativise une habituée de la rencontre.

Branche française des Frères musulmans, l’UOIF revendique 250 à 300 mosquées en France et indique « travailler avec un millier » d’entre elles. Impliquée dans la formation des cadres religieux, via l’Institut européen des sciences humaines basé à Château-Chinon (Nièvre) et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), la fédération est également très engagée dans l’ouverture d’établissements scolaires : Averroès à Lille, Al Kindi à Lyon, etc..

La création récente, sous son égide, d’une Fédération nationale de l’enseignement privé musulman (FNEPM) destinée à faciliter la signature de contrats d’association avec l’État, explique en partie la prudence affichée par les dirigeants quant aux journées de retrait de l’école.

En 2012, quelques semaines après les attentats commis à Toulouse par Mohammed Merah, le gouvernement s’était opposé à la venue au Bourget de plusieurs de ses invités vedettes, parmi lesquels les cheikhs Yusuf al-Qaradawi et Mahmoud al-Masri, deux prédicateurs influents et controversés du monde musulman, actifs sur les écrans d’Al-Jazira pour l’un, et de la chaîne Iqra pour l’autre.

La Croix

Nicola Sirkis (Indochine) : « L’extrême droite tient le même discours qu’Hitler dans les années 30″

Nicola Sirkis ne mâche pas ses mots. Interrogé par le magazine Paris Match, le chanteur du groupe Indochine se dit atterré par l’intolérance qui divise notre société, le manque d’implication de certains artistes qu’il compare à des employés de maisons de disques, mais aussi par la montée des partis d’extrême droite.

Le rôle d’un artiste est-il d’éveiller les consciences ? Une question qui alimente le débat dans cette interview fleuve de Nicola Sirkis et Xavier Dolan, qui se plaint d’une Europe qui « régresse au niveau des mentalités et de la tolérance » : « La montée des droites chez vous nous horrifie en Amérique du Nord » explique le réalisateur, avant d’être repris par le leader du groupe Indochine. « En France, il n’y a plus de Jean-Moulin, plus personne pour dire haut et fort que l’extrême droite française tient le même discours qu’Adolphe Hitler dans les années 1930, toutes proportions gardées » affirme-t-il, sans en craindre les conséquences.

Il va même encore plus loin en attaquant les banques, les vrais « responsables de la crise ». « Ce ne sont ni les juifs, ni les immigrés, ni les homosexuels qui sont les responsables » dit-il, en référence aux idées généralement associées au parti d’extrême droite, avant de parler d’une France qui « crève de jalousie ». « Je suis atterré par l’ignorance générale, de deux qui gobent tout. Nous avons beau avoir un patrimoine culturel énorme, nous sommes de plus en plus incultes » conclu-t-il.

Charts In France

Pakistan : à peine sortis de prison, les frères cannibales ont récidivé… sur un bébé

Un homme a été arrêté lundi 14 avril par la police pakistanaise pour avoir mangé avec son frère un bébé dont la tête a été retrouvée à leur domicile, dans le centre du Pakistan.

Les frères Mohammad Arif et Farman Ali avaient été incarcérés en 2011 pour une affaire similaire de cannibalisme, puis libérés l’an dernier. A l’époque, ils exhumaient des cimetières des cadavres qu’ils dévoraient comme celui d’une jeune femme dont la dépouille avait été retrouvée amputée d’une jambe. Un haut responsable de la police du Pendjab avait alors déclaré : C’est l’affaire la plus horrible de ma carrière. »

Au Pakistan, aucune loi n’interdit formellement le cannibalisme, une pratique d’ailleurs plus que rarissime dans le pays comme dans le reste du monde. Après deux années de prison, les frères avaient été libérés. Mais au cours des derniers jours, leurs voisins dans le village pendjabi de Darya Khan ont contacté la police après avoir senti des odeurs nauséabondes en provenance de leur domicile.

« Mohammad Arif a été arrêté après la découverte d’une tête de nourrisson. Il a avoué son crime », a déclaré Zafar Iqbal, le chef de la police du village. « Il a raconté que son frère avait ramené le bébé mort d’un cimetière situé à proximité, qu’ils l’avaient fait cuire, puis l’avaient consommé », a renchéri le chef de la police du district local de Bhakkar, Ameer Abdullah.
Il n’y a pas de loi spécifique interdisant le cannibalisme au Pakistan… nous avons donc engagé des charges contre M. Arif pour profanation d’une dépouille humaine », a-t-il ajouté.

Les autorités ont par ailleurs lancé une chasse à l’homme pour retrouver le frère de Mohammad Arif. « Nous allons aussi procéder à des tests psychiatriques » pour évaluer la santé mentale du prévenu, a précisé Ameer Abdullah.

Le Nouvel Obs

Tentative d’évasion d’un trafiquant creillois en Belgique

Un commando armé de quatre hommes a tenté hier de pénétrer dans la prison de Saint-Gilles, en Belgique. Selon une source proche de l’enquête, le commando aurait tenté de faire évader Mohamed Benabdelhak, l’un des plus gros trafiquants de drogue de l’Oise. « Une enquête est en cours », a assuré de son côté le parquet du procureur du Roi, à Bruxelles, qui n’a cependant pas démenti l’information.

Hier soir, peu après 20 heures, une voiture tente d’entrer dans le bâtiment en se faisant passer pour un véhicule de police. En vain. Le commando enfonce finalement la porte de la prison en fonçant dessus avec une camionnette. Bloqués au niveau du sas de sécurité, ils tentent alors d’ouvrir la porte de sécurité en tirant dessus à l’arme lourde. Là encore, la tentative échoue. Ils prennent alors en otage une infirmière, avant de prendre la fuite à bord d’une voiture et de la camionnette.

Une course-poursuite commence entre les fuyards et la police belge. Des tirs nourris sont échangés. Craignant une balle perdue, les policiers laissent finalement les deux véhicules filer. Un peu plus tard dans la soirée, la voiture, une Volkswagen Golf, est retrouvée incendiée à Waterloo (Belgique). La camionnette, qui a subi le même sort, est localisée dans la région bruxelloise. Les auteurs sont quant à eux toujours en fuite et restent pour l’heure introuvables.

Arrêté fin janvier en Belgique, Mohamed Benabdelhak, 34 ans, condamné une première fois en 2005 pour trafic de stupéfiants, avait été interpellé après six ans de cavale. Ce trafiquant bien connu des services de police français s’était en effet évadé en novembre 2008 lors d’un transfert : à l’entrée de Beauvais (Oise), la voiture de gendarmerie qui le transportait avait été percutée par une mini Cooper. Un commando de six hommes armés de Kalachnikov l’avait alors libéré. Il devrait bientôt être extradé vers la France.

Le Parisien

Ces mafias étrangères qui s’implantent dans le Sud-Est

Dans le grand Sud-Est (c’est-à-dire sur un territoire couvrant les régions Rhône-Alpes et Paca), voilà plusieurs années que la situation est alarmante : les mafias russes et géorgiennes s’implantent progressivement, les Italiens sont de plus en plus présents, les Albanais investissent le nord de Rhône-Alpes, les Tchéchènes et les Moldaves tentent de détrôner les trafiquants locaux dans les villes moyennes.

Aux yeux de Thierry Colombié, l’un des spécialistes de la criminalité organisée (1), cette percée des organisations étrangères ne doit pas cacher les réalités françaises, à savoir, « le haut degré de corruption, notamment dans le Midi, et la puissance du milieu marseillais ». Voilà bien longtemps, explique l’écrivain, que les Russes travaillent avec la pègre du Sud-Est, tout simplement parce qu’elle est incontournable. [...]

Si Russes et Italiens travaillent avec les Corses, d’autres mafias étrangères ont fait leur apparition ces dernières années dans le Sud-Est. Selon un bon connaisseur du trafic de stupéfiants, la mafia bulgare serait en train de s’associer avec des Français et des Italiens dans le domaine de la cocaïne.

La mafia albanaise, après avoir exploité des centaines de filles sur les trottoirs de la région lyonnaise, a de nouveau investi dans l’héroïne. « Ils maîtrisent parfaitement cette filière. Ils l’ont privatisée pour ainsi dire ! Avec le retour en grâce de cette drogue, dont le prix a beaucoup baissé, la mafia albanaise a tout d’abord occupé la zone frontalière franco-suisse. [...]

Autre sujet de préoccupation important : la présence très prégnante de la mafia géorgienne dans tout le Sud-Est. Plusieurs règlements de comptes internes se sont produits ces dernières années sur la Côte d’Azur et la police a démantelé plusieurs équipes orginaires de ce pays de l’Est. « Il s’agit d’une criminalité multicarte, mais dont la structure est très pyramidale, qui s’appuie sur des petites mains soumises à une obligation de résultats et à une discipline impitoyable. [...]

Élément plus récent encore : des truands moldaves et tchéchènes ont également fait leur apparition dans le paysage de la criminalité organisée : « En Franche-Comté par exemple, des groupes très structurés et surarmés ont détrôné les trafiquants de banlieue de certaines villes moyennes et ont pris le contrôle du trafic de cannabis », confie un policier isérois. « À terme, il est probable qu’ils cherchent à s’implanter également en Rhône-Alpes »…

Le Dauphiné

Les chrétiens sont-ils persécutés au Moyen-Orient ?

Le site musulman saphirnews publie un communiqué de l’Assemblée des Ordinaires catholiques de Terre sainte (Palestine, Israël et Jordanie) et du Comité Justice et Paix sur la situation des chrétiens au Moyen-Orient. Le mot « persécution » semble gêner cette auguste Assemblée.

Oui, les chrétiens sont parfois touchés précisément parce qu’ils sont chrétiens, parce que leur foi est différente et parce qu’ils ne sont placés sous aucune protection.

Persécution : Dans de nombreuses parties du monde occidental, ce mot est sur toutes les lèvres. On ne cesse de dire qu’aujourd’hui les chrétiens sont persécutés au Moyen-Orient. Mais, que se passe-t-il réellement ? Comment, en tant que chrétiens et en tant qu’Eglise, parler en toute vérité et intégrité de la souffrance et de la violence qui sévit dans la région ?

Néanmoins, la répétition du mot «persécution» dans certains milieux (pour désigner habituellement uniquement les souffrances endurées par les chrétiens aux mains de criminels qui se déclarent musulmans), sert aux extrémistes, chez nous comme à l’étranger, dont le but est de semer la haine et les préjugés, et de monter les peuples et les religions les uns contre les autres.

Il ne fait aucun doute que les récents bouleversements du Moyen-Orient, d’abord appelés «printemps arabe», ont ouvert la voie à des groupes extrémistes et à de nouveaux rapports de force qui, au nom d’une interprétation politique de l’islam, font des ravages dans de nombreux pays , en particulier en Irak , en Egypte et en Syrie . Il ne fait aucun doute non plus que nombre d’extrémistes considèrent les chrétiens comme des infidèles, des ennemis, ou encore des agents de puissances étrangères hostiles ou comme une cible facile à extorquer.

Cependant, au nom de la vérité, nous devons souligner que les chrétiens ne sont pas les seules victimes de cette violence et de cette sauvagerie. Les musulmans laïques, tous ceux nommés «hérétiques», « schismatiques» ou simplement « non – conformistes » sont également attaqués et assassinés dans ce même chaos. Là où les extrémistes sunnites sont au pouvoir, les chiites sont massacrés. Là où les extrémistes chiites dominent, les sunnites sont tués. […]

Les chrétiens vivaient dans une relative sécurité sous ces régimes dictatoriaux. Ils craignaient que, une fois le pouvoir autoritaire renversé, des groupes extrémistes semant le chaos prennent le dessus et s’emparent du pouvoir, au moyen de la violence et de la persécution. Par conséquent, certains chrétiens ont eu tendance à défendre ces régimes. Au lieu de cela, la fidélité à leur foi et leur préoccupation pour le bien de leur pays, auraient du peut-être les amener à parler beaucoup plus tôt, à dire la vérité et à en appeler aux réformes nécessaires, en vue de plus de justice et de respect des droits de l’homme, et à prendre position aux côtés de nombreux chrétiens et musulmans courageux qui ont su parler.

Nous comprenons parfaitement les peurs et les souffrances de nos frères et sœurs dans le Christ, qui ont perdu dans cette violence des membres de leur famille et ont été chassés de chez eux. Ils peuvent compter sur notre solidarité et nos prières. […]

Ensemble, nous devons unir nos voix à tous ceux qui rêvent comme nous d’une société dans laquelle musulmans, chrétiens et juifs seront citoyens égaux, vivant côte à côte, et construisant ensemble une société dans laquelle les nouvelles générations pourront vivre et prospérer.

saphirnews

Européennes : le «Happy voting», remède à l’abstention des jeunes ?

Avec «Happy Voting» et «Eye 2014», l’Union européenne tente de motiver ses troupes avant les élections du 25 mai. Deux nouvelles campagnes de communication visant à donner une autre image de l’Europe.

Pharrell Williams pensait-il que sa chanson aurait un tel écho? Après les étudiants qui font la promotion de leur école, la Ligue des jeunes électeurs européens a décidé de danser sur son tube «Happy» pour promouvoir l’acte de voter lors des élections européennes prévues pour le 25 mai 2014.

Avec cette vidéo typique de la culture jeune, l’électorat des 18-30 ans est directement visé. Pourtant la crise les concerne aussi: le chômage des jeunes Européens est en hausse, et les programmes comme Erasmus sont remis en cause malgré leur succès. En 2009, le scrutin avait été boudé par 59,5% des électeurs français. Du jamais-vu.

Pour éviter que ce taux d’abstention ne connaisse un nouveau record, le service de communication de l’Union européenne a créé «Happy Voting» un clip «revigorant et amusant, qui montre des morceaux de vie d’Européens, qui dansent».

Ils sont «comptables, enseignants, nudistes, étudiants, drag-queens, ouvriers…» bref différents, mais Européens. Des membres du Parlement européen ont même participé à cette initiative, comme Ska Keller, candidate écologiste à la présidence de la Commission européenne avec José Bové.

Cette vidéo sera notamment diffusée lors de l’évènement EYE 2014 à Strasbourg du 9 au 11 mai, où 5000 jeunes entre 16 et 30 ans sont invités à venir participer aux débats européens.

Sous le slogan «Des idées pour une meilleure Europe», l’évènement proposera des débats, des ateliers, des concerts et un festival de rue. Les thèmes principaux abordés seront le chômage des jeunes en Europe, la révolution numérique, l’avenir de l’UE, les valeurs durables de l’Union.

Le Figaro

Associations et syndicats publient un petit manuel pour s’attaquer aux «idées fausses» de l’extrême droite

Des associations et syndicats tels que la CGT, FSU, l’Unef ou la Ligue des droits de l’homme soutiennent cet ouvrage, qui décortique 73 arguments sur l’immigration, l’insécurité, l’islam, pour les démonter.

Comment affronter la pensée d’extrême droite sur d’autres terrains que celui de la morale ? Des syndicats (CGT, Solidaires, FSU, Unef, UNL, Fidl) et associations (Ligue des droits de l’homme, Mrap, JOC) ont mené cette réflexion, face à la «banalisation préoccupante» des antiennes répétées notamment par le Front national. Ils soutiennent la publication d’un livre, En finir avec les idées fausses propagées par l’extrême droite.

«Sortir de l’euro permettrait de revenir au franc et d’avoir des prix plus compétitifs pour les produits exportés»; «les travailleurs sans papiers ne payent pas de cotisations sociales ni d’impôts»; «il y a trop de main-d’œuvre disponible et pas assez d’emploi pour tout le monde», etc. Des affirmations qui seraient, selon les organisations partenaires du petit ouvrage, reprises avec de plus en plus d’aplomb, de moins en moins de complexes. Du bon sens, se voient rétorquer les militants associatifs ou syndicaux. «Ces idées, on ne les entend plus simplement dans les meetings ou sur les plateaux de télé, mais aussi dans les cafés, les usines», s’inquiète l’éditeur Bernard Stéphan (Ed. de l’Atelier).

La porte-parole de Solidaires, Annick Coupé, reconnaît que sur le terrain, son syndicat s’est souvent trouvé démuni, en mal d’arguments pour contrer la progression de ces positions xénophobes et réactionnaires : «L’année dernière, nos équipes militantes ont assisté totalement sidérées à la montée du Front national et ne savaient pas quoi répondre.» Pour Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, de tels discours sont d’autant plus délicats à déconstruire que des partis comme celui de Marine Le Pen savent désormais choisir leurs mots. «Le FN vient sur le terrain du syndicalisme en tentant de nous instrumentaliser, utilise des termes généreux et les détourne en faisant croire qu’il a des réponses sociales», a-t-elle constaté.

L’idée était donc de disséquer les rengaines de l’extrême droite pour les démonter à l’épreuve des chiffres et des faits. De lancer «une offensive sur le fond», décrit l’auteur Pierre-Yves Bulteau. Le journaliste décortique 73 «idées reçues» sur l’immigration, l’UE et l’euro, l’insécurité, l’islam, la concurrence entre les travailleurs, etc. L’ouvrage aurait pu passer davantage le programme du FN à la moulinette du fact-checking, fournir plus de chiffres et de données précises. Il s’agit en fait moins d’un travail de désintox que d’un contre-argumentaire. Objectif assumé par les partenaires à la recherche d’objections pour répliquer dans les entreprises, les facs et les lycées : «On veut en faire un outil militant pour armer les membres de nos organisations qui nous demandent comment répondre», explique Bernadette Groison (FSU).

Pédago, le petit manuel tiré à 17 000 exemplaires, fournit des munitions intéressantes. Sur le prétendu manque à gagner que représentent les travailleurs étrangers pour la France, il explique que si ceux-ci perçoivent 47,9 milliards d’euros de l’Etat (allocations, prestations de santé, retraites), «ils en reversent 60,3 milliards en impôts, cotisations et taxes à la consommation. Soit un solde positif de 12,4 milliards.» Concernant l’intégration des Roms, il rappelle que sur la période 2007-2013, la France «a touché 1,7 milliard d’euros» du Fonds social européen : 53 projets d’insertion ont pu être montés, mais au bénéfice «principalement de gens du voyage ou de personnes vivant en campement, c’est-à-dire une majorité de Français et non de Roms».

Libération

« Les zoos reflètent encore un inconscient colonial »

Énorme succès populaire, la réouverture du jardin zoologique de Vincennes témoigne de l’attrait pour les parcs animaliers. Un lieu qui, selon le géographe Jean Estebanez, en dit long sur les relations « humanimales » et sur l’impensé colonial des sociétés occidentales. Entretien.

L’Humanité : Vous parlez des zoos comme d’un « théâtre » de la relation de l’homme à l’animal. Qu’entendez-vous par là ?

Jean Estebanez : Le zoo consiste à construire un discours, ou plutôt un récit, sur ce qu’on estime être la nature sauvage et exotique. On y met en scène, à travers la gestion de l’enfermement et du choix des animaux, une certaine conception culturelle du vivant, avec toutes ses caractéristiques et ses impensés… Ainsi, ce fut ma première surprise lorsque j’ai commencé à travailler sur cette question : il y a une grande stabilité des collections. Quel que soit le lieu du jardin zoologique, vous retrouvez toujours les mêmes animaux charismatiques. Lions, singes ou encore girafes synthétisent à eux seuls l’idée du zoo, que l’on soit au Zimbabwe ou en France. On aurait pu penser, pourtant, que ce type de lieu servirait à rencontrer des animaux qui s’écartent de ceux qu’on a l’habitude de fréquenter dans son contexte culturel. Mais pas du tout : au zoo de Vincennes comme à celui de Niamey, vous trouverez des lions, mais pas de vaches normandes…

Les zoos ne sont donc que la vision exportée de ce que l’Occident considère être l’exotisme…

Jean Estebanez : Exactement. L’exotisme tel qu’il existe est une construction occidentale. Regardez : quand vous parlez de fruits exotiques, ils viennent toujours d’un même endroit, alors que les pommes ne seront pas exotiques, même pour des gens qui habitent le Sénégal… L’exotisme ne relève pas d’un écart avec ce qui est produit localement mais d’un écart avec une norme implicite qui se présente comme ayant valeur d’absolu, en l’occurrence le modèle occidental. Le zoo, avec le choix de ses collections animales ou de ses décors, est un lieu d’impensé politique très fort. L’Afrique y est surreprésentée, ce continent apparaissant, dans le découpage symbolique du monde, comme le lieu du sauvage et de l’exotisme par excellence, en opposition à l’Occident civilisé. (…) Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que les singes y ont toujours une place de choix…

Lire l’interview dans son intégralité sur le site de L’Humanité