Européennes/circonscription Est : FN en tête à 26%, PS-PRG à 15,5%. (Ajout débat vidéo)

Addendum 23.04.2014 :

Trois invités pour la circonscription Est des européennes étaient réunis mercredi pour un débat organisé par Europe 1, LCI et Le Figaro: les têtes de liste UMP et FN, Nadine Morano et Florian Philippot, et la numéro deux de la liste PS et eurodéputée sortante, Catherine Trautmann. À un mois du scrutin, la campagne est lancée pour les candidats qui sollicitent les suffrages des électeurs de Champagne-Ardenne, Bourgogne, Lorraine, Franche-Comté et Alsace.

En l’absence de la tête de liste PS Édouard Martin, Catherine Trautmann a mis en avant la «chance» de voir un ancien leader syndicaliste «représenter les ouvriers et les artisans au Parlement européen». «Édouard Martin est un traître à sa cause», a répondu Nadine Morano.

Autre passe d’armes sur la question du traité de libre-échange transatlantique que l’Union est en train de négocier avec les États-Unis. Pour Trautmann, le Parlement européen sera très vigilant sur les conclusions de l’accord. «Nous avons conditionné le mandat de la Commission», explique-t-elle en rappelant les précédents de traités non adoptés par les eurodéputés. Philippot juge, lui, le traité «très inquiétant car il va faire sauter toutes les barrières». «Vous jetterez les ouvriers et les paysans dans le grand bain de la mondialisation», estime-t-il. «Philippot rime avec Maginot», lui répond Morano, qui rejette toute idée de protectionnisme, tout en souhaitant une «Europe qui protège». «Si nous ne mettons pas en place des règles de réciprocité, les Français ont de quoi être inquiets», dit-elle.

Le Figaro

Selon un sondage Ifop pour le Figaro, les intentions de vote dans la circonscription amplifient la tendance nationale, avec un Front national qui devance l’UMP et le PS.Avec 26% des intentions de vote, la liste FN conduite par Florian Philippot arrive en tête devant celle de l’UMP Nadine ­Morano, créditée de 24% des voix.

La liste PS-PRG, dont le numéro un est l’ex-syndicaliste Édouard Martin, ne recueillerait que 15,5% des suffrages et la liste EELV de Sandrine Bélier 12,5 %. […]

Selon ¬Frédéric Dabi, directeur du département Opinion de l’Ifop., cet écart s’explique par les spécificités de la circonscription: «Dans ces régions très touchées par la désindustrialisation, le vote frontiste a toujours été haut. Marine Le Pen y avait recueilli 22,4% des voix à la présidentielle, alors que son score national était de 18,3%. Elle obtiendrait 55% des suffrages des ouvriers, une catégorie où le FN est depuis longtemps en tête, mais rarement à ce point. »

L’extrême droite réalise aussi des performances inédites chez les 25-34 ans et les 35-49 ans, dont elle rafle 32% des voix. Dans l’Est, le Front national progresse donc bien au-delà de ses «segments» traditionnels, ce qui est logique étant donné le niveau qu’il atteint. En 2009, la liste de Bruno Gollnisch n’avait recueilli que 7,6 % des voix.[…]

Le Figaro

« La gauche n’existe presque plus dans les milieux ouvriers » (vidéo)

Une enquête Ifop pour Le Figaro et Europe concernant les intentions de vote dans le Grand Est donne le FN en tête à 55% chez les ouvriers.

Je suis sûr que dans les sondages à venir dans d’autres régions on va avoir exactement le même tremblement de terre que celui auquel on assiste dans le Grand Est.


source : Europe 1

Analyse de la montée des extrêmes droites™ en Europe (vidéo)

« il y a cette crise économique (…) mais au delà et de manière plus structurelle, il y a aussi une crise identitaire (…) cette crise identitaire provoquée notamment par l’immigration, une crise liée au phénomène de mondialisation, l’union européenne qu’on rejette, la peur de voir disparaitre son identité »


lien direct sur : VK
source : compilation de Europe, La montée des extrêmes droites – Le monde en face – Carole Gaessler – France 5 – 22 04 2014

Magali Balent est chercheur associée à l’IRIS, spécialiste des extrémismes et nationalismes en Europe. Elle est par ailleurs chercheur à la Fondation Robert Schuman, et directrice des projets de ce think tank dédié aux questions européennes. Spécialiste du discours de l’extrême droite française et européenne, et du fait nationaliste en Europe, elle est diplômée de l’Institut des Hautes Etudes internationales de Genève (HEI) où elle a obtenu un doctorat en relations internationales (discipline science politique). Sa thèse a porté sur le discours du Front national sur les relations internationales de 1972 à nos jours. Elle est l’auteur de plusieurs études sur le défi national-populiste en Europe et la dynamique identitaire du discours d’extrême droite. Elle enseigne sur ces sujets en tant que Maître de conférences à Sciences Po.

Elections européennes : Comment Debout La République peut-il exister entre l’UMP et le FN ? (MàJ : clip de DLR)

Addendum : Le clip très « identitaire » de Debout La République pour les élections européennes :

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Nicolas Dupont-Aignan

Mardi 22 avril, Nicolas Dupont-Aignan a présenté sa stratégie de campagne pour les élections européennes de 2014. Dans la même journée, il a allumé l’UMP Alain Lamassoure et Marine Le Pen, les ciblant comme principaux adversaires. Mais doit-il choisir l’un des deux pour assurer un résultat ?

Comment exister entre le Front national, chéri des sondages et une UMP de plus en plus tentée par l’euro-scepticisme ? [...]

Nicolas Dupont-Aignan accuse Marine Le Pen « de perdre son sang-froid ». « L’attaque de Marine Le Pen contre l’une de nos têtes de liste, qu’elle ose salir relève clairement des vieilles méthodes de l’extrême-droite », écrit-il. Réflexe protecteur de chef de troupe mais aussi stratégie politique de se poser en adversaire principal du FN ? « Je n’attaque pas Marine Le Pen, mais j’ai voulu répondre. Si on me cherche, on me trouve…Elle ne supporte qu’un autre patriotisme existe,ça me choque« , explique-t-il à France3 Paris. [...]

« Nous sommes le dernier rempart avant le Front national. Si nous n’existions pas, il y a certainement des gens qui diraient qu’il n’y a plus rien et que l’UMP et le PS, on n’en veut plus. Et bien là, il y a quelquechose qui les arrêtera sur cette route », explique Dominique Jamet [...]

« Ni système, ni extrême », résume son slogan de campagne. Mais, toujours le même serait-on tenté d’ajouter. Si la cohérence idéologique est sans doute une vertu, est-elle efficace politiquement ? Debout la République entame un second cycle de son existence. Le parti a été créé en 2008 et a concouru pour une première fois à des élections lors des européennes de 2009. Depuis il a participé à toutes les élections avec plus ou moins de bonheur s’installant dans le paysage politique mais à l’arrière-plan.

Mais Nicolas Dupont-Aignan sait bien que pour ce deuxième round électoral, il n’aura plus l’indulgence des premières fois et qu’il lui faut progresser. [...]

France 3 IDF

Temps de parole FN/BFMTV : algarade entre Jean-Luc Mélenchon et Jean-Jacques Bourdin (RMC) (Màj vidéo : le CSA donne tort à Mélenchon)

Addendum du 23/04/2014 : Le CSA donne tort à Jean-Luc Mélenchon

Selon le CSA, lors de la campagne du 1er tour des municipales, BFM a accordé 10% de temps de parole au FN, loin des 33% du PS et 28% de l’UMP.


Jean-Luc Mélenchon s’en prend vivement à Jean-Jacques Bourdin et BFMTV, épinglés par le CSA. Le journaliste se défend.

Hebergeur d'image

« La parole qu’on a donnée au Front National, c’était une parole critique ! Les reportages qu’on a faits, c’était pour justement critiquer (le FN) ! C’était des enquêtes sur le Front National et son incapacité à trouver des candidats ! » – Jean-Jacques Bourdin



François Hollande sifflé et chahuté à Carmaux, la ville de Jean Jaurès (Vidéo)

François Hollande a été chahuté à son arrivée à Carmaux (Tarn), mercredi 23 avril, où il devait rendre hommage à Jean Jaurès. De nombreux riverains ont sifflé le président de la République venu célébrer le centenaire de la mort du socialiste.

« Vous ne tenez pas vos promesses. »
« Jaurès, il ne parlait pas comme vous. »


Un «comité de vigilance» anti-FN à Mantes-la-Ville : «Cette ville n’aurait jamais dû tomber dans les mains du FN»

Un «comité de vigilance et d’action contre le Front national» à Mantes-la-Ville (Yvelines), seule commune francilienne conquise par le FN lors des municipales, doit être lancé mercredi soir, ont indiqué ses animateurs dans un communiqué.

«Après le choc de l’élection municipale à Mantes-la-Ville, (…) de nombreux citoyens et plus de 40 organisations (associations culturelles, citoyennes et politiques) ont décidé de se rassembler au sein d’un comité de vigilance et d’action mantevillois», indiquait la semaine dernière le communiqué de ce comité qui sera officiellement créé mercredi soir lors d’une assemblée générale à Magnanville (Yvelines).

«Cette ville n’aurait jamais dû tomber dans les mains du FN», affirme Saïd Benmouffok, élu d’opposition PS, regrettant «les divisions à gauche et chez les républicains».

Said Benmouffok est un franco-algérien né à Alger. (mantes-actu)

Manifestation lors du premier conseil municipal le vendredi 4 avril

«Si la victoire de l’extrême droite est une catastrophe (…) elle doit être l’occasion pour les républicains d’une réaction constructive, afin d’en atténuer les effets sur les habitants», précisait-il.

Ce comité auquel participeront également des élus d’opposition de gauche entend former un «rassemblement le plus large possible, dépassant les étiquettes partisanes» et avec l’objectif de « mettre le FN sous surveillance », a expliqué à l’AFP Said Benmouffok, membre de l’organisme et élu d’opposition PS.

«Nous veillerons à ce que l’égalité de traitement entre tous les Mantevillois soit respectée», a ajouté Bénédicte Bauret, élue d’opposition Front de gauche et présidente de la section locale de la Ligue des droits de l’homme, association qui adhère à ce comité.

Eric Visintainer, élu d’opposition DVD, a décliné l’invitation à rallier ce comité anti-FN la semaine dernière: sur son blog, Mantes en mouvement, il a raillé «les gesticulations de la gauche mantevilloise» et l’a exhortée à faire son «autocritique».

Le Figaro

Debout La République s’indigne d’un propos « sexiste » de Marine Le Pen (Màj vidéo : réaction de Marine Le Pen)

Addendum : Marine Le Pen répond à Nigel Farage (RFI le 22/04/14)

(Merci à Celina)


Note : Le tweet d’indignation de la concernée (Laure Ferrari) a été effacé.

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Laure Ferrari
En gris : Laure Ferrari.

Prise de bec chez les souverainistes français. Le soutien à Debout la République (DLR) de Nigel Farage, le leader de l’United Kingdom Independence Party (Ukip), un parti britannique anti-européen crédité d’un bon score aux européennes, n’a pas plu à Marine Le Pen. Pas plus que ses déclarations selon lesquelles « l’antisémitisme est inscrit dans l’ADN » du FN.

Des déclarations que la présidente du FN a qualifiées mardi d’ « ignominieuses ». « J’ai essayé désespérément de trouver la raison qui le pousse à ces déclarations somme toute assez nouvelles, car par le passé il avait plutôt eu à notre égard un comportement courtois. Est-ce que peut-être nos assistantes sont moins jolies que celles de Nicolas Dupont-Aignan ? Ça pourrait être une raison », a-t-elle suggéré. Une allusion claire à la tête de liste DLR dans la circonscription Est, Laure Ferrari, qui a été l’assistante parlementaire de Nigel Farage au Parlement européen. [...]

L’Express

« A Marseille, j’entends du ‘nique la France’ toute la journée ! » (RMC)

Dans les GG de RMC, une auditrice marseillaise ne s’étonne pas de voir des voyous issus de l’immigration partir en Syrie. L’intervenante sociale Elina Dumont défend ces « jeunes » de banlieue. Marie-Anne Soubré et Johnny Blanc n’en reviennent pas.

Hebergeur d'image

« Savez-vous que la plupart de ces gens ne partent jamais en vacances, ils n’ont pas d’activités physiques, ils sont plus dans le système scolaire, quand ils cherchent un travail ils ne sont pas considérés [...] Les guetteurs que je connais, c’est tout simplement parce qu’ils sont exclus du système scolaire à 14 ans ! » – Elina Dumont

Progrès social, religion et identité européenne : Jaurès serait-il socialiste aujourd’hui ?

Alors que François Hollande se rend mercredi 23 avril à Albi et Carmaux pour rendre hommage à Jean Jaurès, le philosophe Claude Obadia combat les idées préconçues à l’égard du député du Tarn, notamment sur le progrès social, la religion et l’identité européenne.

Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné. On ne s’étonnera donc guère que le Président de la République ait décidé, à l’occasion du centenaire de la mort du député de Carmaux, de rendre hommage à la figure tutélaire du socialisme français. […]

Si le député du Tarn ne croit pas aux vertus de la révolution et de la violence, c’est qu’il est convaincu qu’il n’y a de société que dans l’unité de ses composantes. Et c’est exactement la raison pour laquelle, contre Auguste Comte pour qui la religion n’est que l’enfance de la raison, Jaurès affirme qu’il n’y a «pas de société sans religion»,c’est-à-dire sans la reconnaissance d’un infini, dit-il, dont toutes les âmes procèdent et qui puisse conférer à la société la solidité lui permettant d’être solidaire. De fait, s’il faut une nouvelle fois rendre à Jaurès ce qui est à Jaurès, alors il convient, non pas seulement de dénoncer le cléricalisme, mais de rendre à la religion ce qui est à la religion et à l’Europe ce qui est à l’Europe.

Cela veut dire trois choses. Premièrement, qu’on ne peut réduire la religion chrétienne à l’histoire de l’Église catholique romaine. Deuxièmement, et comme Jaurès l’écrit dans l’ouvrage déjà cité, que «la vocation du socialisme est d’accomplir l’histoire de l’Europe chrétienne», donc que l’histoire de l’Europe est bien liée à l’influence dominante de la spiritualité religieuse. Troisièmement, aujourd’hui contre Ulrich Beck (4)et les partisans du cosmopolitisme, que l’Europe a une identité propre, et qu’elle est davantage une culture et une histoire qu’un territoire.

François Hollande va rendre hommage à Jean Jaurès? Puisse-t-il d’abord lui rendre ce qui lui appartient. Contre les marxistes, une certaine idée du progrès social et de la société. Contre les positivistes, une certaine idée de la religion et du christianisme. Contre ceux pour qui le “vieux continent” ne doit pas avoir d’identité, une certaine idée de l’Europe en marche.

S’il y parvient, le Président aura été au rendez-vous de l’Histoire. Il aura honoré la pensée du député du Tarn. Mais il aura aussi montré qu’on peut se demander si, aujourd’hui, Jean Jaurès serait socialiste…

Le Figaro

François Hollande oublie Pâques mais pas l’Aïd. Deux poids, deux mesures ?

Se retranchant derrière la laïcité, François Hollande n’a pas souhaité une bonne fête de Pâques aux catholiques français. On se souvient pourtant qu’il avait adressé ses vœux aux musulmans de France pour la fête de l’Aïd. Deux poids, deux mesures ? Gérard Leclerc journaliste, philosophe, essayiste et est éditorialiste à France catholique et à Radio Notre-Dame est interrogé par Le Figaro.

Le premier à avoir manifesté son hostilité à la mention des «racines chrétiennes de l’Europe», c’est Jacques Chirac, dans la lignée du radical-socialisme plutôt que dans celle du gaullisme.

Que vous inspire ce deux poids, deux mesures ?

Le salut aux musulmans de François Hollande est de nature opportuniste et politique. C’est une clientèle électorale essentielle au Parti socialiste, qui est en train de lui échapper à cause des réformes sociétales, et qu’il s’agit de bien soigner. […]

Cela témoigne-t-il d’une hostilité particulière que vouerait le président aux catholiques suite à l’affaire du mariage pour tous, ou plus généralement une indifférence de la classe politique française à l’égard des catholiques ?

Je pense qu’il s’agit d’un problème propre à François Hollande, mais qui rejoint également une tradition et une culture française. Comme l’a souligné Samuel Pruvot dans son livre François, Hollande, Dieu et la République (Salvator, 2013), François Hollande s’est éloigné du catholicisme, pourtant prégnant dans sa famille, et retranché dans un agnosticisme fermé à l’égard de toute inquiétude religieuse.

Il rejoint ainsi une tradition française positiviste née avec les Lumières qui ont eu en France une tonalité bien particulière par rapport à d’autres pays européens, celle d’une philosophie antichrétienne et anticatholique qui a débouché sur la déchristianisation entreprise par la Révolution française. De là provient l’ambiguïté fondamentale de la notion de laïcité dont on ne sait pas si elle traduit une neutralité du pouvoir ou la promotion délibérée d’un athéisme d’État. […]

Sans nier les évolutions de l’histoire et la pluralité de nos appartenances, on ne peut ignorer une histoire chrétienne qui a profondément marqué les mentalités, la culture et jusqu’aux paysages de notre pays. Il y a quelque chose de malsain dans cette amnésie de l’Europe à l’égard de son passé religieux.

Nous sommes à la veille des élections européennes. L’Union européenne devrait-elle, selon vous, faire référence à ces «racines chrétiennes de l’Europe» ?

Je pense que c’est une évidence. Malheureusement, ce n’est pas la direction que prend l’Europe, noyée dans des préoccupations économiques et technocratiques. […]

Le Figaro