Classes ouvrières blanches décimées en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, Afrikaners qui vivent dans la pauvreté en Afrique du Sud et fulminent contre le battage médiatique autour de Nelson Mandela, ouvriers du Pas-de-Calais ou des Bouches-du-Rhône séduits par les tirades de Marine Le Pen sur les « invisibles » :
on voit se dessiner depuis plusieurs décennies une communauté internationale de sentiment que résume bien l’expression anglaise de white backlash,
qui décrit la frustration et la relégation sociale vécues par des « petits Blancs » chez qui domine une impression vague d’être traités par l’État avec moins d’égards que ne le sont les minorités ethniques ou les immigrés,
deux groupes généralement mis dans le même panier. (…)
Surtout, la dimension anti-élite du white backlash doit s’appréhender à l’aune des décisions fédérales touchant à l’affirmative action (souvent mal traduit par « discrimination positive ») et à la déségrégation scolaire, le tout dans un contexte de désindustrialisation et de reflux de l’État-Providence.
On peut se gausser du « racisme » de ces « petits Blancs » (white trash) et se moquer des fautes d’orthographe sur leurs pancartes, mais il n’empêche que les précurseurs de ce qui est aujourd’hui le mouvement Tea-Party
visent juste lorsqu’ils déplorent que les décisions imposant à leurs enfants de partager l’espace public avec les minorités ne concernent pas les enfants des élites politiques,
habitués aux quartiers cossus qui envoient des contingents fournis d’étudiants à Harvard ou Princeton, dans une logique de ségrégation par l’argent.
C’est de bonne guerre : les enfants des leaders politiques ou éditorialistes conservateurs partagent les bancs des mêmes campus prestigieux, bien sûr,
mais ces derniers reprochent aux « libéraux » (au sens américain du terme) de ne pas appliquer les principes qu’ils imposent à la masse. (…)
Le président français s’est fait remarquer en arrivant bon dernier à la séance du sommet de l’Otan consacrée à l’Afghanistan.
Dans le grand théâtre des sommets internationaux, il est des absences qui font plus jaser que bien des déclarations. Réputé pour sa propension à être en retard, François Hollande s’est fait remarquer lundi à Chicago en arrivant bon dernier à la séance du sommet de l’Otan consacrée à l’Afghanistan.
Une journaliste française, Laurence Haim de Canal + et i-Télé, admise dans la salle avec le «pool» de reporters, a raconté:
«Il y avait un siège vide, et un seul, pendant l’intervention du président Obama, celui de François Hollande. Il est arrivé après son discours.»
En sortant de la salle, Laurence Haim a entendu le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclarer: «Il faut expliquer les choses.»
Il semble que l’explication de cet impair soit un peu délicate à donner du côté français.(…)
Le mouvement conservateur américain a une nouvelle héroïne: elle a vingt-trois ans et s’appelle Hannah Giles. Il y a trois ans, déguisée en prostituée, elle a révélé à l’Amérique la réalité du fonctionnement et des financements publics à ACORN, une « organisation communautaire » dans laquelle le Président Barack Obama avait travaillé dans le passé. (…)
Alors qu’elle est à Washington pour un stage, elle a l’idée d’aller enquêter sur l’association ACORN, connue pour ses liens avec Obama. Elle lance un appel sur Facebook pour trouver de l’aide. Trois personnes se portent volontaires. Un plan est monté pour aller filmer les membres de l’association en caméra cachée. Au dernier moment, deux personnes se désistent, craignant pour leur carrière. Avec James O’Keefe, qu’elle rencontre pour la première fois après leurs échanges sur Facebook, ils réécrivent le scénario en catastrophe la veille de l’opération.
Elle sera déguisée en prostituée et lui en mac. Ils vont demander à ACORN de les aider à obtenir un prêt pour ouvrir un bordel avec des mineures venues du Venezuela et filmer les réactions des employés.
Le scénario est caricatural et Hannah ne croit pas trop qu’ils seront pris au sérieux.
Surprise : non seulement ils sont bien accueillis mais en plus on leur donne tous les conseils pour falsifier les papiers, maquiller leur activité illégale en club de danse, escroquer le fisc américain et les banquiers. C’est tellement inimaginable que pour en avoir le cœur net, ils vont louer une voiture et refaire l’opération 8 fois, dans 8 villes différentes. Sept fois sur 8 l’improbable se produit : on leur prête une assistance bienveillante pour monter l’opération en toute sécurité.
ACORN est une association qui regroupe des « community organizations », c’est-à-dire des travailleurs sociaux. Son nom complet est Association of Community Organizations for Reform Now.
L’association, aussi célèbre que SOS Racisme ou les Restos du Cœur en France,
compte alors quatre cent mille membres répartis dans mille deux cents antennes à travers tout le pays. C’est une association gouvernementale, subventionnée par des fonds publics et privés.
Et c’est aussi un puissant lobby qui défend les droits des minorités et milite pour tous les candidats de la gauche progressiste.
En 2008, l’association avait financé la campagne d’Obama. Ce dernier y avait travaillé pendant un an comme « organizer », après ses études à Columbia. Le concept de « community organizing » est né dans les années 60, sous l’inspiration de Saul Alinsky. En 1971, ce dernier avait rédigé un « Manuel de l’animation sociale » (Rules for radicals), qu’on peut résumer en une phrase : « la fin justifie les moyens ».
Mais cette fois le piège s’est refermé sur les « organizers »… et sur Obama. Hannah met en ligne une première vidéo le 9 septembre 2009. L’association ACORN nie tout en bloc et crie à la manipulation. Elle décide alors d’en publier une seconde, puis une troisième, etc. Prise la main dans le sac, obligée de reconnaître les faits, l’association présente ses excuses. Obama, gêné, fait de même.
Quelques semaines plus tard, en novembre 2010, après avoir vainement tenté de lancer des procès contre Hannah, ACORN, l’une des plus grosses organisations de la gauche culturelle américaine dépose son bilan et disparaît. (…)
Trois jeunes militants ont été arrêtés et inculpés hier aux Etats-Unis. Ils projetaient un attentat contre le quartier général de campagne du président américain Barack Obama à Chicago, lors des manifestations organisées en marge du sommet de l’Otan.
Quand la leçon de laïcité éclairée nous vient des Etats-Unis, terre de contrastes, capable du pire comme du meilleur, la conception laïcarde de la France, ou qui feint de l’être au nom d’intérêts supérieurs, paraît plus étriquée que jamais, recroquevillée dans ses certitudes sans éclat, et désespérément sans hauteur de vue.
Washington ouvre la voie de la tolérance religieuse au sein de sa police, à travers une grande première dont se félicite sa responsable en chef Cathy Lanier : les agents de police sikhs de la capitale sont désormais autorisés à porter le turban, et pas plus tard que début août, le premier policier sikh prendra ses fonctions, arborant barbe et turban. Quand on sait l’importance que revêtent ces deux symboles essentiels dans la construction identitaire des hommes sikhs, on mesure la formidable ouverture consentie par les Etats-Unis pour favoriser leur intégration dans la société.
On imagine sans mal le retentissement d’une telle nouvelle dans le microcosme politico-médiatique hexagonal, où la philosophie de comptoir a supplanté, en l’espace de quelques années, et avec l’émergence des chaînes d’informations en continu, la réflexion distanciée, lumineuse et profonde. Nul doute que la vision de policiers barbus et enturbannés sur le sol national susciterait une avalanche de commentaires, mais par le petit bout, tout rabougri, de la lorgnette…
C’est la question centrale à laquelle vont devoir répondre les jurés, alors que les rapports médico-légaux confirment qu’il y a eu bagarre entre le patrouilleur George Zimmerman, et l’adolescent Trayvon Martin, qu’il a tué d’une balle dans le cœur.
Et si George Zimmerman était vraiment la victime?(…)
Mercredi, un rapport dévoilé par le procureur spécial de Floride, Angela Corey, semble pencher vers la thèse de l’accusé: un document de 183 pages confirme en effet que George Zimmerman avait une fracture du nez, un double œil au beurre noir, ainsi que des contusions aux joues et aux lèvres à son arrivée au commissariat -une photo prise sur les lieux du crime par le premier agent à être arrivé sur place ne laisse d’ailleurs pas de place au doute. Des images diffusées aux médias par le bureau du procureur le 17 mai montraient également le suspect avec des plaies sur l’arrière du crâne.
(…) Qui est George Zimmerman, qui, le 26 février, a tiré une balle mortelle sur le lycéen Trayvon Martin dans une allée piétonne d’un très paisible lotissement clos de Sanford, en Floride ? Le vigile autoproclamé obsédé par l’ordre et la sécurité, pour qui un jeune Noir portant un sweat-shirt à capuche ne pouvait être qu’un cambrioleur ? Ou l’employé modèle, toujours prêt à aider son prochain et vacciné contre le racisme par ses origines mêlées ?
Pour défendre George Zimmerman, son père a encore argué qu’il ne pouvait être raciste puisqu’il appartenait lui-même à une minorité.
George est membre de « la minorité hispanophone. Il serait le dernier à se comporter de façon discriminatoire de toutes façons ».
Certains Noirs, au contraire, préfèrent voir simplement en Zimmerman « un Blanc » pour conforter la thèse d’un crime raciste.
Aux Etats-Unis, la définition des identités est tellement liée aux idées d’ « ethnie » et de « race », qu’un vaste débat s’est ouvert sur l’ « identité » du meurtrier.
George Zimmerman est-il « blanc », « latino », « hispanique » ? La question agite sans fin les médias et la société,
reflétant la difficulté de cette dernière à s’accommoder des métissages, des identités qui déjouent ses propres clichés. (…)
Une nouvelle vidéo affaiblit la défense de Trayvon Martin
La diffusion, ardemment relayée sur internet, avait réjoui les défenseurs du lycéen tué. Elle contredisait la version des faits de l’auteur du coup de feu mortel, selon laquelle il avait été attaqué par le jeune homme dont il trouvait la présence suspecte. Selon un rapport de police rendu public par le quotidien The Orlando Sentinel, George Zimmerman a déclaré que Trayvon Martin l’avait agressé par derrière, lui avait asséné des coups de poing sur le nez et lui avait frappé la tête sur le trottoir.
La vidéo, enregistrée peu après, contredisait cette version des faits sur la base de laquelle les policiers, alléguant de la très extensive loi de Floride sur la légitime défense, avait remis en liberté le tireur. La vidéo prouvait que Zimmerman, surveillant autoproclamé de son lotissement obsédé par les cambriolages, avait menti.
En apparence. Car ABC news a rendu publique, lundi 2 avril une nouvelle version « améliorée » de la même vidéo.
Elle montre la même scène, le même homme, mais portant une blessure à l’arrière du crane. La chaîne a eu recours à la société Forensic Protection, spécialisée dans les expertises judiciaires, qui dit avoir amélioré numériquement la netteté de la vidéo. Est alors apparue « une entaille ou une marque » au sommet antérieur du crane de George Zimmerman. Même « améliorée » numériquement, la vidéo ne montre en revanche « aucune blessure au nez ni aucune trace de sang sur sa chemise », croit bon de préciser ABC news. La version selon laquelle le lycéen aurait fait usage de la violence semblerait confortée. Pourtant, selon le responsable des pompes funèbres qui ont pris en charge le corps de Trayvon Martin, ce dernier ne portait sur les mains aucune trace de coupure ou d’ecchymose qui aurait pu suggérer qu’il avait été engagé dans une bagarre.
Addendum 29 mars 2012 : Des capuches en solidarité avec Trayvon Martin
Le meurtre en février d’un jeune noir portant un pull à capuche, abattu par un blanc qui le trouvait suspect, continue de susciter l’indignation aux États-Unis. A l’église, au Sénat et dans la rue, des milliers d’Américains sortent avec leur capuche pour dénoncer les préjugés racistes.
Des sénateurs démocrates ont également arboré une capuche lors de la session parlementaire du 26 mars :
Le représentant Noir de l’Illinois Bobby Rush a porté le 28 mars un vêtement à capuche à la Chambre des représentants :
Un fait divers est en train de tourner au scandale politique aux Etats-Unis au point que le ministère fédéral de la Justice a décidé d’ouvrir une enquête.
George Zimmermann
Le 26 février dernier, un jeune noir de 17 ans, Trayvon Martin, sort d’une épicerie et rentre chez lui en traversant un parc quand il est repéré par George Zimmermann, 28 ans, un Hispanique qui patrouille dans le quartier pour dissuader les cambrioleurs. Quand il repère Trayvon Martin, il appelle la police qui lui intime l’ordre de rester dans sa voiture mais lorsque les policiers arrivent, Trayvon Martin est mort d’une balle dans la poitrine.
George Zimmermann affirme avoir agi en légitime défense, mais quand Trayvon Martin a été abattu, il était au téléphone avec sa petite amie et la conversation qu’il a eue avec elle dément totalement la version de George Zimmerman.
Depuis vendredi, la mort de Trayvon Martin fait scandale aux États-Unis, où ses parents et leurs supporteurs crient à l’injustice et au racisme. Ce jour-là, la police de Sanford a diffusé les appels 911 effectués par Zimmerman le soir du drame, qui s’est produit le 28 février. Ces appels semblent contredire la version des faits du tireur et mettent en cause la décision de la police de ne pas l’arrêter.
«Nous avons eu des vols par effraction dans le quartier, et il y a un type très suspect», dit Zimmerman dans un des appels 911 tout en suivant Martin dans son 4×4. «Ce type semble faire des trucs louches ou être sous l’effet de drogues ou quelque chose. Il pleut et il marche dans la rue, en regardant autour de lui.»
Plus tard au cours du même appel, Zimmerman dit que Martin s’est mis à courir. Son interlocuteur lui dit ne pas poursuivre l’adolescent. «Un agent est en route», précise-t-il.
Quelques minutes plus tard, après ce que des témoins eurent décrit comme étant une courte lutte au cours de laquelle des appels à l’aide ont été entendus, Zimmerman a tué Martin.
Avant la diffusion des appels 911, le père de Zimmerman a envoyé un texte au Orlando Sentinel niant que son fils avait poursuivi et confronté Martin.
Il a également affirmé que le comportement de son fils n’avait rien à voir avec le racisme. Il a fait valoir que ce dernier est d’origine hispanique et qu’il compte plusieurs amis noirs.