Syrie : Victoire de la realpolitik et défaite du mainstream médiatique ?

Par Alexandre Latsa

Сe 22 mai 2013, l’armée Syrienne semble en passe de remporter une bataille locale importante, en reprenant le contrôle d’un des principaux bastions de l’opposition, la ville de Qousseir. Cette victoire militaire, qui devrait être confirmée dans les jours qui viennent, arriverait alors que l’État Syrien a repris le contrôle de plusieurs dizaines de localités ces dernières semaines.

Cette chute de Qousseir, qui résiste au régime depuis plus d’un an, serait stratégique pour l’État Syrien et lui permettrait de couper la principale route d’approvisionnement des rebelles dans le centre de la Syrie. L’armée Syrienne devrait ensuite vraisemblablement concentrer ses forces sur Homs, ville que près de 80.000 chrétiens ont fui depuis le début de la guerre et ainsi plausiblement reprendre le contrôle du centre du pays.

On peut imaginer qu’ensuite, le régime décide d’en finir avec Alep et lance un assaut décisif pour reprendre cette ville partiellement aux mains des rebelles, réduisant ainsi à néant toute possibilité pour ces derniers d’en faire un bastion du nord, pourquoi pas même la pré-capitale d’une région indépendante du nord. Le régime Syrien avait du reste lui-même qualifié la bataille d’Alep, qui a commencé en juillet 2012, de mère des batailles.

Ce faisant, le régime resterait sur la tactique qui est la sienne depuis le début du conflit, c’est à dire garder le contrôle des villes et refouler les rebelles dans les campagnes, les empêchant ainsi d’exercer tout contrôle politique.
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Israël veut convaincre Vladimir Poutine de ne pas livrer des missiles à Damas

Ne se sont-ils pas compris lorsque, les 25 et 26 juin 2012, à Jérusalem, Vladimir Poutine avait rencontré à plusieurs reprises Benyamin Nétanyahou ? Rien n’avait été dévoilé s’agissant de la vente à la Syrie de missiles russes sol-air S-300, mais deux jours après cette visite, le quotidien économique russe Vedomosti annonçait que le Kremlin renonçait à ce contrat estimé à 900 millions de dollars (693 millions d’euros), qui avait été conclu en 2011 (ou 2010) entre l’entreprise russe d’armement Almaz-Antey et le gouvernement du président Bachar Al-Assad.

Toujours est-il que le premier ministre israélien a jugé utile de clarifier au plus vite la situation, en se rendant, mardi 14 mai, à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, pour y rencontrer le président russe, et le dissuader de livrer à Damas des armes susceptibles de changer la situation stratégique au Proche-Orient.

(…) Le Monde

Un rebelle syrien arrache le cœur d’un soldat syrien et le mange (vidéo choc)

« Cette vidéo d’un commandant rebelle syrien qui coupe le coeur d’un soldat avant de mordre dedans est emblématique d’une guerre civile qui a rapidement sombré dans la haine sectaire », a déclaré lundi Human Rights Watch.

Daily Mail

(Merci à Aldo Sterone)

Turquie : Triple attentat près de la frontière syrienne, au moins 40 morts et 100 blessés

Deux voitures piégées ont explosé samedi à Reyhanli, dans le sud de la Turquie, près de la frontière avec la Syrie, faisant au moins 40 morts et 100 blessés, les autorités turques disant soupçonner le régime de Damas.

«Il y a 40 morts et une centaine de blessés, dont 29 dans un état grave», a déclaré à l’agence de presse Anatolie M. Güler.

Interrogé par des journalistes sur un éventuel lien entre ces attentats et le conflit syrien, le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement Bülent Arinç a estimé que le régime de Damas et le président syrien Bachar al-Assad faisaient figure de suspects.

Quelques heures plus tard, une troisième explosion a secoué la ville turque. Cette 3e déflagration est survenue dans un quartier de logements collectifs à plusieurs centaines de mètres du centre-ville, a affirmé NTV, ajoutant que de nombreuses équipes de pompiers, ambulanciers et forces de sécurité étaient en train de se rendre sur les lieux. […]

Les attentats ont provoqué la panique chez les habitants de Reyhanli et des groupes de jeunes ont commencé à prendre à partie les ressortissants syriens présents dans la ville, contraignant la police à tirer en l’air pour disperser la foule, selon NTV.

Des milliers de Syriens fuyant les combats dans leur pays se trouvent à Reyhanli et dans le camp de réfugiés jouxtant la ville.

Le Point

Syrie. Père Paolo Dall’Oglio : «Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates»

Après avoir œuvré en Syrie pendant 30 ans pour le dialogue islamo-chrétien, le prêtre jésuite Paolo Dall’Oglio il a pris fait et cause pour l’opposition syrienne. Expulsé par le régime de Bachar al-Assad en 2012, il publie depuis son exil La rage et la lumière, un livre-témoignage sur sa vie et son analyse du conflit syrien vécu de l’intérieur. Interview.

La dhimmitude est perçue en Occident comme une institution d’asservissement de la minorité. Un peu court. Dans une époque pré-démocratique, elle constitue un instrument du pluralisme. (L’Express 10/05)

Toutes les nouvelles de Syrie sont mauvaises. Prêtre et homme engagé dans l’opposition, voyez-vous des raisons d’espérer ?

[…] Après deux ans de tragédie, nous nous rendons compte, plus qu’avant, que quelque chose de plus global se joue. En Syrie, nous voyons à l’œuvre à la fois l’Amérique post-bushiste, le néo-soviétisme, les tensions meurtrières entre sunnites et chiites, la confessionnalisation de toute la région, la paralysie européenne pour des raisons internes à l’Europe. Et comme tant d’autres sociétés arabes, nous nous nous demandons quelle pourrait être la compatibilité entre une politique islamiste et une démocratie mûre et pluraliste.

Le djihadisme est le fait de prendre les armes pour rétablir la justice. C’est la guerre sainte islamiste. Il y a des islamistes démocrates et des djihadistes démocrates, comme il y a des djihadistes extrémistes, radicaux, clandestins, criminels, en relation avec les services secrets syriens et les mafias des narcotrafiquants. C’est donc quelque chose de complexe.

Vous avez vécu 32 ans en Syrie. Êtes-vous devenu Syrien ?

Je suis un citoyen du monde avec une spécificité syrienne et avec des origines italiennes. Qu’est-ce que la nation ? Ce n’est pas la race. C’est une aventure culturelle. La nation est dans la fréquentation culturelle, dans l’empathie et dans l’engagement. En ce sens, oui, je suis Syrien.

Je soulignerai que les combattants d’al-Qaida sont des frères et des sœurs en humanité. Dans mes échanges avec eux, j’ai reconnu des hommes et des femmes qui ont une passion religieuse, un sentiment religieux que je partage.

Tous les chrétiens, y compris des jésuites, ne partagent pas votre analyse de la situation. Ils ne croient pas à la résistance armée, mais à une solution négociée.
Il ne faut pas oublier que beaucoup de chrétiens doivent s’exprimer prudemment car ils vivent toujours sous la coupe du régime. […]

Peut-on dialoguer avec Bachar al-Assad ?

Auriez-vous été prêt à parler avec Hitler en 1944 ? Je ne pense pas qu’on puisse discuter de son «droit » de tuer, de discriminer et de considérer un peuple comme un peuple esclave. […]

Mais vous dites en même temps qu’il faut discuter avec des combattants d’al-Qaida qui commettent aussi des crimes. […]

Je suis rejeté par le régime syrien et par les islamophobes chrétiens. Quand je mise sur l’évolution de l’islam, je vais à l’encontre de la perception que beaucoup ont des musulmans.

La Vie; L’Express

Belgique : Les imams appellent les «jeunes belges musulmans» à ne pas aller combattre en Syrie

Le départ de jeunes belges musulmans en Syrie, pour combattre aux côtés des rebelles, inquiètent de plus en plus les autorités du pays. En avril dernier, le gouvernement belge appelait les représentants de la religion musulmane en Belgique à la mobilisation, après le départ en Syrie de plusieurs jeunes musulmans, dont plusieurs d’origine marocaine, souhaitant combattre aux côtés des rebelles.

«On explique à ces jeunes là que leur place est ici en Belgique, pour participer à l’avenir de ce pays-là», a souligné de son côté Salah Alaoui, président du Rassemblement des musulmans de Belgique.

Depuis hier, c’est chose faite. Les 18 principales organisations musulmanes du pays ont, en effet, rédigé un argumentaire destiné aux mosquées et associations musulmanes, dans le but de dissuader ces jeunes de partir en Syrie.

«Plus on donnera d’amour à ces jeunes qui sont mus par l’idéal de sacrifier leur vie pour une croyance>, plus ils seront disposés à intégrer la société et contribuer positivement à sa prospérité», expliquent-ils.

Le texte, signé notamment par le Conseil européen des oulémas marocains, le Conseil des théologiens musulmans de Belgique et la Ligue des imams de Belgique, a été présenté, mercredi matin, lors d’une conférence à Bruxelles. Il sera distribué aux mosquées et imams du pays et publié sur internet. «Nous voulons faire le nécessaire pour endiguer ce phénomène et nous apportons notre soutien aux différents acteurs qui luttent contre le processus de radicalisation des jeunes», a déclaré Khalid Hajii, président du Conseil européen des oulémas marocains, cité par 7sur7.be.

«Leur retour après la fin du conflit est beaucoup plus redouté que leur départ», ont-ils estimé. […]

yabiladi