Un assassin fait « citoyen d’honneur » dans plusieurs villes ?

Samedi, André Delcourt a accueilli à l’hôtel de ville Suzanne Le Manceau et l’avocat Jacques Vergès pour une mise à l’honneur de Georges Ibrahim Abdallah, plus vieux prisonnier politique du pays, fait citoyen d’honneur de Calonne le 23 février.

En l’absence de ce dernier, André Delcourt a remis la médaille de la ville et le diplôme de citoyen d’honneur à Suzanne Le Manceau, une militante parisienne en contact régulier avec Georges Abdallah.

La bénévole, membre du Collectif pour la libération de Georges Abdallah (CLGIA) a été chargée de lui transmettre, le week-end prochain, lors d’un parloir à la prison de Lannemezan où le communiste libanais -

condamné à la perpétuité en 1987 pour complicité d’assassinat d’un attaché militaire américain et d’un diplomate israélien – a entamé sa 28e année d’emprisonnement.

Son avocat, Jacques Vergès, a appelé à ce que ce geste calonnois « puisse marquer le début d’une large mobilisation dans toute la France ». Et de dénoncer l’ingérence des États-Unis qui bloquerait selon lui la libération de son client depuis 1999. (…)

Reste que l’initiative calonnoise serait sur le point de faire des émules.

À Grenay, le maire Christian Champiré devrait faire lui aussi du détenu le citoyen d’honneur de sa commune. Un élu PCF d’Auchel aurait promis de proposer une motion de soutien lors du prochain conseil municipal. Un autre, issu du Parti de Gauche, en ferait de même à Isbergues.

La voix du Nord

L’internationale des « invisibles » : « petits Blancs » contre minorités

Classes ouvrières blanches décimées en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, Afrikaners qui vivent dans la pauvreté en Afrique du Sud et fulminent contre le battage médiatique autour de Nelson Mandela, ouvriers du Pas-de-Calais ou des Bouches-du-Rhône séduits par les tirades de Marine Le Pen sur les « invisibles » :

on voit se dessiner depuis plusieurs décennies une communauté internationale de sentiment que résume bien l’expression anglaise de white backlash,

qui décrit la frustration et la relégation sociale vécues par des « petits Blancs » chez qui domine une impression vague d’être traités par l’État avec moins d’égards que ne le sont les minorités ethniques ou les immigrés,

deux groupes généralement mis dans le même panier. (…)

Surtout, la dimension anti-élite du white backlash doit s’appréhender à l’aune des décisions fédérales touchant à l’affirmative action (souvent mal traduit par « discrimination positive ») et à la déségrégation scolaire, le tout dans un contexte de désindustrialisation et de reflux de l’État-Providence.

On peut se gausser du « racisme » de ces « petits Blancs » (white trash) et se moquer des fautes d’orthographe sur leurs pancartes, mais il n’empêche que les précurseurs de ce qui est aujourd’hui le mouvement Tea-Party

visent juste lorsqu’ils déplorent que les décisions imposant à leurs enfants de partager l’espace public avec les minorités ne concernent pas les enfants des élites politiques,

habitués aux quartiers cossus qui envoient des contingents fournis d’étudiants à Harvard ou Princeton, dans une logique de ségrégation par l’argent.

C’est de bonne guerre : les enfants des leaders politiques ou éditorialistes conservateurs partagent les bancs des mêmes campus prestigieux, bien sûr,

mais ces derniers reprochent aux « libéraux » (au sens américain du terme) de ne pas appliquer les principes qu’ils imposent à la masse. (…)

Saphir news

Nîmes (30) : Brûlures, coups, scarifications en détention

En avril 2011, un détenu avait révélé le calvaire qu’il vivait à la prison de Nîmes. Trois prévenus comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour une affaire de sévices en détention qui s’est produite au printemps 2011 à la maison d’arrêt de Nîmes.

Un détenu avait mis en cause ses voisins de cellule, indiquant que ces derniers lui faisaient subir un véritable calvaire. Les investigations et les constatations médicales avaient révélé que

le détenu présentait des scarifications (certaines représentant une croix gammée, un sexe ou encore un “maman je t’aime”).

Des brûlures de cigarettes, des traces de coups étaient également mises en évidence. Le jeune homme avait aussi indiqué que, dans la cellule, un détenu avait tenté de lui enfoncer un savon dans l’anus.

Au départ, l’affaire avait donné lieu à une procédure criminelle pour « actes de torture et de barbarie et tentative de viol » puis les faits avaient été requalifiés. Hier dans le box, les trois prévenus devaient s’expliquer pour des « violences aggravées ». (…)

Après délibéré, le tribunal a condamné Mohamed Maamri à quatre ans de prison ferme, Fayssal Jeroudi et Azzedine Ghazar à deux ans ferme.

À l’annonce du délibéré, un des prévenus a copieusement insulté les magistrats avant d’être conduit en prison.

Midi Libre

Millau (12) : Meurtre de Jean-Ronald, la place Foch replonge dans la nuit du drame

Les commerces fermés, les rues vidées, les passants bloqués derrière des barrières de sécurité : après une matinée passée à “nettoyer” le périmètre, la Place Foch et ses alentours ont fait l’objet hier après-midi d’une reconstitution de l’assassinat de Jean-Ronald.

Considérée par les magistrats comme un « acte essentiel » dans cette affaire hors normes, cette première et unique reconstitution était organisée par deux magistrates du pôle de l’instruction de Montpellier, en charge de l’enquête. Celle-ci s’est déroulée sous la pluie, durant tout l’après-midi, dans une atmosphère pesante mais finalement plutôt calme.

Une trentaine de policiers locaux a été réquisitionnée pour l’occasion, tous postés aux abords du domicile où ce jeune Antillais de 21 ans avait perdu la vie, tué à l’arme blanche à l’issue d’une vraisemblable expédition punitive, dans la nuit du 8 au 9 mai 2010.

Comme prévu, seuls quatre des vingt-cinq individus mis en cause dans cette affaire ont participé à cette procédure qui marquera très certainement la fin de l’instruction après deux ans d’investigations. (…)

Midi Libre

Lire : « Meurtre raciste » à Millau : un Antillais poignardé à mort par des Maghrébins

« En prison, il y a beaucoup de Maliens et d’Arabes. Ce sont eux les chefs »

Six mois après son acquittement lors du premier procès en France pour piraterie au large des côtes africaines, les longs mois passés en prison hantent encore le pêcheur somalien Abdulahi Guelleh Ahmed, qui attend à Paris son procès en appel. (…)

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Le pêcheur s’en effraie encore: l’hélicoptère qui l’a réveillé en pleine nuit, les menottes tellement serrées qu’il a eu des hématomes aux poignets pendant un mois, le transfert à Paris, dont il n’avait jamais entendu parler.

« J’avais vu des films américains, alors j’ai eu peur qu’il me tuent avec une seringue » comme dans les scènes de peine de mort, dit-il.

Quand les gardiens de la prison parisienne de la Santé ouvraient les portes en criant « promenade », Abdulahi Guelleh Ahmed était terrifié. »Personne ne m’expliquait. J’ai compris après trois semaines quand un Arabe m’a dit: +Viens!+.

En prison, il y a beaucoup de Maliens et d’Arabes. Ce sont eux les chefs »,

juge-t-il, avant de soupirer: « trois ans et trois mois, c’est long ».

« Je ne veux pas retourner en prison »

« Dans ma cellule, il y avait deux autres personnes, des bagarres », dit-il avec dégoût.

« Quand on allait au procès, je regardais Paris par la fenêtre (du fourgon cellulaire, ndlr). Il y a beaucoup de maisons, les Parisiens marchent vite, ici tout le monde travaille », découvre-t-il. « Chez moi, à Louk (sud de la Somalie), il n’y a pas d’électricité dans les maisons ». (…)

Slate Afrique

Christiane Taubira, garde des Sceaux, bientôt dans les bacs !

Christiane Taubira, fraîchement nommée ministre de la Justice, a écrit plusieurs chansons pour le chanteur guyanais Chris Combette. L’album devrait bientôt sortir. (…)

L’un de ses textes, écrit en hommage au résistant politique Félix Eboué, a déjà été interprété par un jeune chanteur guyanais, Tedji, devant… Nicolas Sarkozy !

C’était en janvier dernier, à l’occasion de l’inauguration de l’aéroport Félix Eboué à Cayenne. « Je suis vraiment ravi de cette expérience, de la chanson et j’ai ressenti beaucoup de fierté quand j’ai appris sa nomination », a déclaré l’artiste.

Espérons que les textes juridiques qu’elle rédigera à présent soient aussi populaires que ses poèmes !

Réponse à tout

Accusé d’avoir menacé de mort un syndicaliste, le cadre municipal Karim Lakjaa relaxé

Cadre supérieur à la ville de Reims, Karim Lakjaa a été relaxé après la plainte pour «menaces de mort» déposée par un syndicaliste FO.

Parole du prévenu contre parole du plaignant, témoignages de syndicalistes SUD contre témoignages de syndicaliste FO… Accusé d’avoir proféré des menaces de mort à l’encontre d’un délégué Force ouvrière de la ville de Reims, le 28 juin 2011 dans la cour intérieure de la mairie, Karim Lakjaa n’a eu de cesse d’en contester la réalité, d’abord au cours de l’enquête puis lors de son procès en correctionnelle le 7 mai.

L’Union