Immigration : Un collectif de clandestins porte plainte contre Nicolas Sarkozy

Un collectif de défense de clandestins va porter plainte contre Nicolas Sarkozy pour «provocation à la haine raciale» suite à ses propos sur les immigrés en France.

Un collectif de défense des sans-papiers, «Sos soutien ô sans papiers», a décidé de porter plainte contre le président-candidat Nicolas Sarkozy pour «provocation à la haine raciale». En cause, les propos tenus par le chef de l’État sur les immigrés, ce mardi matin, sur RMC/BFMTV. À la question de savoir si il y a trop d’immigrés en France, Nicolas Sarkozy a répondu très fermement. «Oui, il y a trop d’immigrés en France. Notre système d’intégration ne fonctionne pas. Pourquoi ? Parce qu’avant même que nous ayons conduit à l’intégration de ceux qui étaient accueillis sur notre territoire, d’autres arrivaient. Ayant accueilli trop de monde, nous avons paralysé notre système d’intégration, c’est une réalité.»

En l’entendant, Rodolphe Nettier, président de l’association, a bondi de son siège. «Dire qu’il y a trop d’immigrés en France revient à provoquer de l’hostilité envers eux. Nicolas Sarkozy veut faire des étrangers et des immigrés devenus Français les boucs émissaires, les responsables de la crise, dans le but de récupérer des voix à l’extrême-droite. Or, tant qu’on insufflera la haine des uns et des autres, il y aura des Anders Breivik (Norvégien motivé par des idées d’extrême-droite, qui a massacré 77 personnes l’an dernier, ndlr) et des Mohamed Merah qui surgiront», confie-t-il à France-Soir.[…]

France Soir (Merci à Aurelius)

Malek Boutih : « les sans-papiers nettoient les ministères »

« Qu’est-ce que l’immigration clandestine ? », s’est interrogé lundi le socialiste Malek Boutih sur Europe 1.

« C’est la main d’oeuvre, pas chère, exploitée par des secteurs économiques entiers »,

a ensuite répondu l’ancien président de SOS Racisme.

« Je vous donne un conseil : arrivez avant sept heures du matin dans le VIIème arrondissement.

Ces sans-papiers, vous les verrez. Vous savez ce qu’ils nettoient ? Les ministères, là où on fait la loi »,

a ajouté le membre du bureau national du PS. (…)

Europe 1

Marine Le Pen : Dati « choquée » par Longuet

L’ex-ministre UMP de la Justice, Rachida Dati, a déclaré aujourd’hui qu’elle était « choquée » par les propos du ministre de la Défense Gérard Longuet voyant en la présidente du Front national, Marine Le Pen, « un interlocuteur » possible, contrairement à son père.

« Je suis choquée, je n’adhère absolument pas au fait qu’on puisse dire que Mme Le Pen est un interlocuteur (…) De même que je suis pour l’intégration des immigrés venus légalement en France et non pas pour le tri entre +bons+ et +mauvais+ immigrés », a-t-elle déclaré. [...]

Le Figaro

Ce que l’immigration nous coûte (rediff.)

Rediffusion 23/06/2011

5 milliards d’euros pour le chômage, 2,6 milliards d’aides au logement, 316 millions pour les demandeurs d’asile…

Moins qualifiés, plus souvent au chômage et ayant plus d’enfants en moyenne, les immigrés touchent d’avantage d’aides (chômage, allocations familiales…) que le reste de la population. C’est ce que montrent les chiffres que nous publions ci-après. Mais ils participent aussi au financement de la protection sociale et, au final, contribuent plus qu’ils ne reçoivent.

Allocations

Elles profitent à 40% des familles africaines

Les familles immigrées touchent plus souvent les «allocs» que les autres, à cause des fratries nombreuses : on y trouve trois fois plus de familles de quatre enfants que dans la population générale. Résultat ?

Ces prestations profitent à 30% des personnes originaires du Maghreb et à 40% de celles issues du reste de l’Afrique, contre un quart des familles «autochtones».

Mais, selon les démographes, dès la deuxième génération, la fécondité des femmes s’aligne sur celle du pays d’accueil. [...]

Délinquance
Dans les quartiers, plus de crimes et moins de policiers qu’ailleurs

Dans ce foyer du nord de Paris, les 70 à 80 jeunes accueillis chaque année sont presque tous français. Mais «à plus de 90% nés dans une famille comptant un parent étranger», explique, sans tabou, le directeur de la structure. Educateurs et juges pour enfants le savent bien, les enfants d’origine étrangère sont surreprésentés parmi les jeunes délinquants – même si aucune statistique ne vient confirmer cette impression. [...]

A Grenoble, en 2002, Sebastian Roché a ainsi découvert que 66% des mineurs jugés avaient un père né à l’étranger. Plus récemment, Hugues Lagrange a étudié des cohortes d’ados de Mantes, Nantes et Paris, pour mettre au jour le poids de l’origine sur la délinquance.

Dans son échantillon, 4,7% des ados issus de familles françaises depuis plusieurs générations ont été verbalisés, contre 11,2% des ados de familles maghrébines et 16,5% des ados de familles originaires du Sahel. Ces travaux montrent une surdélinquance en fonction des origines, même quand les scientifiques comparent à niveau social égal. Elle devient spectaculaire dans les «quartiers», où se cumulent échec scolaire, chômage et pauvreté. [...]

Capital

En coulisse, Guéant tente déjà de réformer Schengen

Nicolas Sarkozy promet, s’il est élu, la fin de « l’Europe passoire ». Mais sur le continent, il est loin de faire l’unanimité.

De sa tribune toulousaine, Nicolas Sarkozy s’est targué d’avoir « levé le tabou des frontières ». En ligne de mire: Schengen, une des pierres angulaires de la construction européenne. Dès le lancement de sa campagne, le 11 mars à Villepinte, le président-candidat avait crié haro sur l’accord de libre circulation des biens et des personnes:

Si je devais constater que dans les douze mois qui viennent il n’y avait aucun progrès sérieux dans cette direction, alors la France suspendrait sa participation aux accords de Schengen jusqu’à ce que les négociations aient abouti. »

Omettant de dire que toute « modification importante » du traité, a fortiori donc une sortie, nécessite une « ratification de tous les pays de l’UE ».

La marge de manœuvre est donc faible. Et malgré le volontarisme affiché en meeting, le président – s’il est réélu – devra convaincre ses partenaires européens. C’est précisément ce qu’a tenté de faire le ministre de l’intérieur Claude Guéant jeudi 26 avril. A l’occasion d’une réunion avec ses homologues qui se tenait à Luxembourg,

il a relancé un débat qui fait rage depuis plusieurs années, dans les coulisses de l’Europe.

En préambule à cette rencontre, il avait adressé à la présidence de l’Union Européenne (UE) une lettre, co-signée par le ministre de l’intérieur allemand Hans-Peter Friendrich. En substance les deux pays réclament la possibilité de fermer les frontières nationales dans le cas où un état membre « se révèle incapable d’assurer ses obligations au titre de la protection des frontières extérieures de l’UE. » Rien de neuf de ce côté-là. La requête est dans les tuyaux depuis mars 2011 et la crise migratoire de Lampedusa, après les révolutions arabes.

La veille, mercredi 25 avril, la commission des Libertés civiles du Parlement européen avait voté un texte autorisant les états à rétablir les contrôles aux frontières,

mais seulement en cas de « menace pour la sécurité » et pour une durée maximale de dix jours.

« Nous avons catégoriquement exclu la possibilité d’ajouter des motifs supplémentaires, par exemple de flux migratoire, à des dispositions exceptionnelles déjà existantes permettant aux Etats membres de réintroduire des contrôles aux frontières intérieures », avait alors affirmé le rapporteur du Parlement européen, la députée roumaine Renate Weber.

Claude Guéant avait toutefois obtenu l’ouverture de nouvelle discutions sur l’opportunité d’inclure la question migratoire comme cause de rétablissement des frontières. (…)

Le nouvel Observateur

Le vote FN : « Je dois bien reconnaître que c’est de plus en plus un vote d’adhésion  » (Sarkozy/RMC)

Nicolas Sarkozy répond aux questions d’auditeurs de RMC.

« Je suis tout à fait contre la suppression de la double nationalité, parce qu’il y a des histoires familiales, il y a des traditions familiales. Chacun sait bien que, pour un certain nombre de nos compatriotes d’origine africaine, le lien avec le pays d’origine, ça compte. » – Nicolas Sarkozy

« Je crois toujours à la discrimination positive. » – Nicolas Sarkozy

Esther Benbassa : «Le droit de vote et d’éligibilité des étrangers n’est pas une faveur. C’est un droit»

Pour Esther Benbassa , Directrice d’études à l’Ecole pratique des hautes études (Sorbonne) et sénatrice EE-LV du Val-de-Marne, le droit de vote et d’éligibilité des étrangers non communautaires aux élections municipales n’est pas une faveur. «Il s’agit d’un droit. Ni plus ni moins.»

Les sans-voix – les «Blancs» et les autres, quelles que soient leur couleur, leur ethnie, leur religion – voteront encore demain. Agissons de sorte qu’ils aient à le faire pour une gauche revigorée et progressiste.

En 2001, dans son ouvrage intitulé Libre, Nicolas Sarkozy lui-même s’y déclarait favorable. Il en étendait même le champ d’application aux cantonales, jugeant naturel que des étrangers votent «à compter du moment où ils paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sur notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années» (p. 214). Il allait jusqu’à y voir un «facteur d’intégration». Les ténors de son parti étaient d’ailleurs, jusqu’à peu, du même avis, de Jean-Pierre Raffarin à Brice Hortefeux… […]

Lorsqu’il perd pied, et ce depuis un bon moment, notre Président ne trouve rien de mieux que de reprendre les idées de Mme Le Pen, diabolisant, tour à tour ou ensemble, l’immigré, le musulman, le Rom, les gens du voyage, l’«assisté», le mineur délinquant. […]

La plupart des pays européens ont compris la nécessité d’accorder ce droit et de favoriser ainsi un vivre ensemble indispensable à l’équilibre d’un Etat. Et on n’y a pas vu exploser ce «communautarisme» dont M. Sarkozy brandit la menace. Si la gauche arrive au pouvoir, il ne lui incombera pas seulement de faire entrer dans les faits le droit de vote des étrangers. Le défi à relever est immense. Il s’agit ni plus ni moins que d’inverser le rejet et la défiance, qui se sont répandus dans la société, en volonté d’accueil, en respect, en tolérance citoyenne, sans céder jamais, bien sûr, à l’irénisme. Réguler l’immigration est une chose, intégrer dans la nation les étrangers et leurs descendants français en est une autre. […]

Libération