Amnesty International : un panorama des discriminations anti-chrétiennes

N’abusons pas du terme de « christianophobie », mais l’évidence s’impose, on constate des discriminations croissantes envers les chrétiens dans le monde. Dans le témoignage des Églises, comme dans les rapports du Vatican, d’Amnesty International ou du département d’État américain, s’exprime la même inquiétude sur l’avenir de la liberté religieuse. Etat des lieux.

Les plus menacées sont celles du Maghreb et du Moyen-Orient, estimées entre 10 et 15 millions, dont nous traitons largement dans ce dossier.

La guerre du Liban, la Révolution islamique en Iran, la guerre civile en Algérie, le long chaos irakien, la poussée islamiste en Palestine (avec le Hamas) avaient été des traumatismes synonymes de marginalisation et d’exode. Les chrétiens ont survécu comme citoyens de seconde zone, mais certains de leurs hiérarques se sont compromis avec les régimes de dictatures en place (Irak, Syrie, Libye).

Aujourd’hui, à l’heure du Printemps arabe, ils semblent à nouveau balayés par le vent de l’Histoire, déchirés entre l’aspiration à la démocratie et la menace des islamistes conquérants dans les urnes.

En Égypte, en Syrie, ils sont déstabilisés, isolés et peinent à trouver leur place sur des échiquiers politiques encore instables.

En Afrique noire aussi, l’islamisme est une menace.

Au Nigeria, pays le plus peuplé (158 millions dont la moitié de chrétiens), Noël 2011 s’est révélé sanglant, endeuillé par la mort de 35 personnes dans l’église de Madalla en périphérie de la capitale Abuja. La secte islamiste Boko Aram, qui se réclame des talibans afghans, veut vider le Nord-Nigeria, très majoritairement musulman, de sa population chrétienne et créer un État islamique. La charia qui, en principe, ne doit s’appliquer qu’aux musulmans et ne pas contredire la loi fédérale, est déjà appliquée dans une dizaine d’États du Nord.

En pratique, les chrétiens subissent la pression de la majorité musulmane.

On leur reproche de boire de l’alcool, de mener une vie nocturne ou de ne pas voiler leurs femmes. (…)

Amnesty International

Une école musulmane bientôt reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles?

Il y a quelques jours, la RTBF diffusait un numéro spécial de « Question à la une » : faut-il avoir peur de islam? Le journaliste Frédéric Deborsu et son équipe s’étaient tout particulièrement intéressés au prêche d’un imam de la mosquée Al Amal à Anderlecht

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qui, le 9 mars dernier, condamnait, notamment, la Journée internationale de la femme sous prétexte que c’était, à ses yeux, une fête juive.

Le reportage avait fait l’effet d’une bombe, tout comme le discours haineux de cet imam avait choqué la population. L’homme a depuis été mis dehors.

Mais la mosquée Al Amal n’a pas fini de faire parler d’elle.

Le complexe au sein duquel se trouve ladite mosquée abrite également une école qui pourrait peut-être devenir le premier établissement scolaire « musulman » au sein du réseau libre de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les députés MR Alain Destexhe et Gilles Mouyard interrogeront la ministre de l’Enseignement Marie-Dominique Simonet (CdH) en commission de l’Éducation, le 2 mai prochain.

Dans ce reportage, on a pu également entendre un des responsables exprimer la volonté de voir l’institution reconnue en tant qu’établissement d’enseignement secondaire et de signaler que les démarches étaient en cours.

Alain Destexhe rappelle que cette reconnaissance est offerte et garantie par la Constitution. « Il existe d’ailleurs d’ores et déjà des établissements catholiques ou juifs au sein du réseau libre, explique-t-il.

Néanmoins, suite à divers scandales ayant touché des établissements se définissant comme « musulmans » à l’étranger (par exemple au Royaume-Uni), notamment quant au contenu de leurs programmes,

et l’établissement gravitant dans l’orbite d’une mosquée au sein de laquelle fut tenue un prêche antisémite et hostile à la Journée de la Femme, je m’interroge quant aux mesures que vos services entendent adopter afin de s’assurer que l’ensemble des valeurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles seront garanties à l’intérieur de cet établissement. » (…)

Enseignons.be

Rokhaya Diallo : «Il ne faut pas prendre les électeurs du FN en pitié mais les placer face à leurs responsabilités»

Pour Rokhaya Diallo, «militante associative», les score de Marine le Pen s’explique par le fait que les Français ont été «sensibilisés, acclimatés, aux idées du FN» par Nicolas Sarkozy et l’UMP.

Les scores du Front national, dont le discours est essentiellement structuré autour du refus de l’immigration, sont paradoxalement particulièrement élevés dans les territoires qui ne connaissent pas d’immigration. Cela ne témoigne-t-il pas d’une volonté de rejet, de repli et d’entre soi, définition même du communautarisme ?

Tandis que la droite sarkozyste y perçoit un « vote de crise », la gauche de Hollande plaint une «France paumée», les deux camps se montrant unis dans la volonté de déresponsabiliser les électeurs d’extrême droite, comme si ce résultat n’était que la manifestation passagère de la colère de citoyens en souffrance. […] On aime croire que les électeurs du Front national sont les Français les plus à plaindre, mais ce n’est pas parmi les chômeurs ni dans les villes que l’on retrouve le plus grand pourcentage de partisans de Le Pen. […]

Les supporters du Front national ne sont pas des incapables, perdus dans leur déshérences, ils sont des citoyens – en pleine possession de leurs moyens – qui ont fait un choix : celui d’une France xénophobe fermée sur-elle même. […]

Si la gauche revient au pouvoir, espérons qu’elle aura le courage de revenir sur ces mesures qui ont monté les Français les uns contre les autres, et surtout qu’elle se positionnera sans aucune ambiguïté contre l’escalade raciste, les expulsions massives qui déshonorent notre pays, l’interprétation fallacieuse d’une laïcité qui semble vouée à combattre les musulmans et la lutte active contre les discriminations, qui sont un poison quotidien pour des Français qui «souffrent» aussi.

Le Nouvel Obs

Racisme : l’armée au rapport

“Rares sont les entreprises où les collègues ne perdent jamais une occasion de vous soutenir”,  proclamait une campagne de pub pour l’armée.

Le slogan résonne avec une ironie amère devant les deux reportages de ce “Spécial investigation” qui lèvent le voile sur le racisme dans l’armée française.

La journaliste Marianne Kerfridden est parvenue à réunir plusieurs témoignages alarmants dans son reportage “Racisme : l’armée au rapport”. On écoute ainsi Icham, sergent dans l’armée de terre et musulman pratiquant, auquel on a intimé, parce qu’il ne buvait pas d’alcool : “Bois, c’est un ordre. Tu te mets à part : comment voulez-vous être intégrés, vous les Arabes ?” Sous-officier de gendarmerie, Kentaro Martin, lui, s’est retrouvé à patrouiller avec deux subordonnés au son de chants racistes célébrant Maurice Papon et appelant à “tuer du Manouche”. Après avoir alerté sa hiérarchie, Kentaro a écopé de dix jours d’arrêt administratif pour “dénigrement systématique de l’institution et de ses camarades”. Il avait pourtant eu le réflexe d’enregistrer la scène, mais rien n’y a fait…

Plus inquiétant encore, le récit de cet ancien parachutiste de Carcassonne révoqué et condamné, en 2008, pour l’incendie d’une mosquée.

Ce dernier se vante aujourd’hui auprès de la réalisatrice d’avoir mené, quand il était incorporé, des ratonnades dans les cités, avec d’autres paras qui avaient rejoint son groupuscule néonazi. Il affirme même que certains de leurs supérieurs avaient connaissance de ces agissements (il leur aurait montré des vidéos de leurs méfaits). De façon générale, difficile d’évaluer l’étendue des dégâts au sein de l’armée, dès lors que celle-ci ne communique pas sur le nombre de militaires sanctionnés, souligne la réalisatrice. Sur ce terrain miné, la grande muette préfère garder le silence… (…)

Le nouvel Observateur

Ivan Rioufol : « La mobilisation ratée des musulmans contre le terrorisme »

La manifestation parisienne avait pour objectif de rassembler les musulmans de France afin qu’ils dénoncent les tueries de Toulouse et Montauban, perpétrées il y a cinq semaines par Mohamed Merah. En réalité, la « marche citoyenne » s’est transformée, dimanche après-midi place de la Bastille,

en un petit meeting de moins de cent personnes réunies autour de l’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, qui ne se déplace plus sans son garde du corps.

Une poignée de radicaux ont même réussi à noyauter ce qui devait être la dénonciation publique, par des musulmans eux-mêmes, de l’islamisme et du terrorisme.

Alors que l’imam Chalghoumi  s’est courageusement engagé pour un respect par l’islam de l’espace public, en prenant ses distances avec le concept d’islamophobie  (« l’islamophobie ne doit pas devenir le dogme qui censure les débats », écrit-il dans son livre Pour l’islam de France, Editions du Cherche Midi), les organisateurs ont laissé déployer une, plus deux, puis trois banderoles dénonçant « le terrorisme et l’islamophobie »,

tandis qu’une jeune femme voilée attirait une partie des médias présents pour se plaindre de son sort. Bref, un fiasco. (…)

Le Figaro ( Merci à Waza80 )

Les électeurs lepénistes «souffrent à l’idée de perdre leurs privilèges de Français et de Blancs»

La «souffrance» des electeurs du FN selon Pierre Tevanian, philosophe, co-animateur du collectif Les mots sont importants.

Ils souffrent en somme de voir la France comme elle est et non comme ils la rêvent –blanche et immaculée, catho-laïque, patriarcale, hétérosexuelle.

C’est entendu : l’électeur lepéniste souffre. De Rachida Dati à Ségolène Royal, de Hollande à Sarkozy, tout le monde le dit, partout : la France qui vote FN, c’est la France qui souffre, et il faut entendre cette souffrance. Et en un sens, c’est vrai. […]

Car ce n’est pas du chômage, de la précarité, de la misère économique et sociale que souffrent ces électeurs –du moins pas tous (loin de là), et pas plus (bien au contraire) que les autres électorats ou que les abstentionnistes. […]

Cet électorat souffrant est enfin un électorat quasi-intégralement blanc, dans un pays où les Blancs sont nettement moins exposés que les Noirs et les Arabes à la précarité et aux bas salaires –sans parler des contrôles au faciès, des violences policières et de la discrimination dans l’emploi ou le logement. Tout cela, répétons-le, est attesté par d’innombrables données chiffrées.

De quoi souffrent-ils donc, ces pauvres lepénistes, si ce n’est pas de la misère ? […]

Ils souffrent, ces électeurs, parce qu’ils voient, dans leurs rues ou dans leurs téléviseurs, des femmes musulmanes qui portent un foulard. Ils souffrent parce qu’ils voient, dans leur rue ou dans leurs téléviseurs, des attroupements de musulmans priant sur la chaussée – mais ils souffrent plus encore à l’idée qu’une mosquée puisse être construite pour libérer ladite chaussée. Ils souffrent de voir des minarets – ou, le plus souvent, ils souffrent à l’idée qu’ils en verront un jour. Ils souffrent à l’idée qu’ils ont pu ingérer, «à l’insu de leur plein gré», de la viande dite halal. […]

La souffrance du lepéniste doit donc être entendue, mais une fois entendue, elle n’appelle aucune réponse. Car compatir avec le racisme, c’est devenir soi-même raciste. […] Il est temps de dire franchement aux électeurs lepénistes qu’on ne va rien faire pour calmer leur souffrance, bien au contraire.

Mediapart (Merci à yves)