Un conseiller de Hollande mis en cause pour conflit d’intérêts et ses goûts très luxueux démissionne sans quitter Hollande (maj 3)(vidéo)

Addendum du 18/04/14 à 13h30 :

Le conseiller de François Hollande est au centre de l’attention médiatico-politique. On vous résume l’affaire.

Le conseiller de l’ombre n’aura pas tenu 24 heures après les révélations de Mediapart dénonçant ses relations avec l’industrie pharmaceutique alors qu’il était rattaché à l’Igas (l’inspection générale des affaires sociales). Aquilino Morelle, le conseiller politique du président a démenti tout conflit d’intérêts, mais l’Igas assure qu’elle n’avait pas été mise au courant. Et la démission du conseiller politique de François Hollande n’a pas tardé. Aquilino Morelle l’a annoncée vendredi dans un communiqué à l’AFP.

Ce que dit Aquilino Morelle après sa démission. « Je veux redire que je n’ai commis aucune faute. Je n’ai jamais été en situation de conflit d’intérêts« , affirme M. Morel qui souhaite toutefois « mettre fin à (ses) fonctions » de conseiller du président à l’Elysée pour « être entièrement libre de répondre (aux) attaques »…

Ce que dit l’Igas. Le grand corps de l’Etat qui supervise les politiques sanitaires et sociales a très vite pris ses distances avec Aquilino Morelle. Et, vendredi dans un mail adressé au Monde, elle a confirmé ce qu’elle avait laissé entendre dans la journée de jeudi : « il n’y a pas eu de demande d’autorisation portant sur les activités d’expertise ou bien de consultation au bénéfice de l’industrie pharmaceutique dans les années récentes« , et « dans le cas particulier des activités extérieures de Monsieur Aquilino Morelle, le service n’a retrouvé dans les archives que les autorisations portant sur une activité d’enseignement à l’université Paris I. » Un coup dur pour la défense d’Aquilino Morelle.

Ce qu’on en disait à l’Elysée. Pour l’heure, il n’est pas question pour François Hollande de lâcher ou de se séparer de sa plume. Il a d’ailleurs passé lui même les consignes sur ce sujet sensible : pas de condamnation a priori…

                                                      

mise à jour du 18 avril 2014 à 12H00 :


source : On ne va pas se mentir – ITélé – 17 04 2014


mise à jour du 18 avril 2014 à 7H00 :

Le portrait d’Aquilino Morelle par Mediapart s’ouvre par cette anecdote, dévastatrice et destructrice pour un homme de gauche qui se présente comme un intransigeant :

« La première fois que David Ysebaert a ciré les chaussures d’Aquilino Morelle, c’était au Bon marché, dans le VIIe arrondissement de Paris. Il lui a laissé sa carte. Et quelques semaines plus tard, raconte le cireur, une femme, probablement sa secrétaire, m’a appelé pour prendre rendez-vous ». Au Palais même. Depuis, tous les deux mois environ, « le temps de garantie pour un glaçage », il revient à l’Élysée s’occuper des souliers du conseiller politique de François Hollande, également directeur de sa communication. « Aquilino Morelle a 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure, pour son pied qui a une forme particulière. Des Davison, des Weston… »

Bruno Roger-Petit est assez indulgent envers le conseiller : «Considérées comme telles, ces anecdotes ne valent rien, et, si l’on veut bien prendre un peu de distance adéquate, elles n’ont aucune portée publique. Elles ne disent que le caractère privé d’un homme, ses petites faiblesses, ses petits travers, ses petits abus… Ni plus, ni moins. Elles n’engagent en rien le destin du pays. Elles ne sont rien.»

Nouvel Obs

Une enquête de Médiapart révèle que le conseiller du président de la République Aquilino Morelle, né d’une famille d’immigrés espagnols, aurait notamment travaillé pour des laboratoires pharmaceutiques alors qu’il était rattaché à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Sur son profil Facebook, Aquilino Morelle a publié jeudi après-midi une longue réponse à Mediapart. Il reprend en détail les faits énoncés et réfute toute situation de conflit d’intérêts.

Inspecteur de l’Igas et conseil pour des laboratoires privés, «ça n’a pas de sens. C’est comme si on accordait le droit à un directeur d’hôpital entré à l’Igas de travailler pour une clinique privée, comme si un inspecteur du travail conseillait une entreprise privée.»

Au journaliste de Mediapart , l’ancien chef de service d’Aquilino Morelle, André Nutte, certifie qu’il ne se souvient pas avoir signé d’autorisation. Ce que confirment les archives de l’Inspection générale des affaires sociales.

Les faits révélés par le journal en ligne remontent à 2007. La plume de François Hollande vient de réintégrer l’Inspection générale des affaires sociales, un service interministériel de contrôle, d’audit et d’évaluation des politiques sociales et sanitaires, destiné à «éclairer la décision publique». À ce titre, il est fonctionnaire et tenu de se consacrer pleinement à sa fonction.

Pourtant, Aquilino Morelle cherche alors à offrir ses services et à ouvrir ses réseaux à l’industrie pharmaceutique. Il y parvient auprès du laboratoire Lundbeck, selon Mediapart. Il permet aux cadres du laboratoire privé d’entrer directement en contact avec les bons interlocuteurs au sein du comité économique des produits de santé. Une mission pour laquelle il aurait perçu 12.500 euros hors taxes. […]

Selon les informations du Scan, les accusations décrites par Mediapart auraient été lancées par les laboratoires Servier dès le printemps 2011 pour discréditer Morelle. Ce dernier avait alors confié au Figaro qu’il avait hésité à porter plainte. En réalité, Aquilino Morelle travaillait à l’époque pour l’agence de conseil en communication Euro-RSCG/Havas et aurait par ailleurs offert ses services à d’autres laboratoires privés que Lundbeck.

Selon le Code pénal, ces activités pourraient s’apparenter à une prise illégale d’intérêts. Selon les archives de l’Igas, le conseiller du président n’aurait jamais reçu d’autorisation pour exercer une telle activité. S’il est inquiété par la justice, Aquilino Morelle risque au minimum de devoir rembourser les sommes perçues, au pire 75.000 euros d’amende et cinq ans de prison. […]

Le Figaro

Evry (91) : Une jeune femme torturée et violée. « Toutes les Françaises sont des putes » (MàJ #3)

[mise à jour 18 avril]

Le Parisien en a fait quelques lignes. Et ça a été relayé un peu par Valeurs Actuelles. Une jeune fille de dix huit ans sort du RER. Sous la menace d’un couteau elle est entraînée dans un terrain vague. Et pendant deux heures elle est violée et re-violée. Torturée. Battue jusqu’au sang. Il faut bien que jeunesse se passe…

Les auteurs ont été arrêtés. Des mineurs dont un multirécidiviste déjà condamné pour viol. Ils vivent dans un foyer de la région. Ils sont âgés de 11 (11 ans !) à 17 ans. Un juge les a mis en examen pour viol avec « actes de barbarie ». Interrogé par lui ils ont invoqué une circonstance atténuante : « toutes les Françaises sont des putes. » Ce qui leur a valu une inculpation supplémentaire pour « racisme ».

Alors parlons-en. Pourquoi ? Non pas pour eux : ils sont déjà perdus. Mais pour leurs copains, leurs familles, leurs amis. Pour des milliers d’autres qui doivent savoir que ce genre de sauvagerie ne sera ni accepté ni impuni. Pour des millions d’autres qui, eux, ont besoin de savoir qu’ils seront protégés et que les criminels seront punis. C’est ce qui se passerait si les journaux faisaient leur travail au lieu de s’intéresser uniquement à un notaire escroc, un conseiller municipal corrompu, ou un banquier indélicat.

On vérifiera au moment du procès des jeunes barbares la publicité accordée au verdict. Quant à Marseille un voyou tue un autre voyou à la kalachnikov ça fait du bruit. Beaucoup de bruit. Les ministres défilent les uns après les autres dans la citée phocéenne. Et même le premier d’entre eux. Mais il semblerait qu’une jeune fille violée ne vaut pas un dealer abattu…

Atlantico

Addendum du 09/04/14 : Les voyous l’ont agressée parce qu’elle était française et que « les Français sont tous des fils de pute »

Les quatre voyous sont mineurs : deux de 13 ans, un de 15, le quatrième de 17. Trois frères turcs, un Marocain. Signes particuliers : l’aîné, 17 ans, a été rendu à la liberté six mois plus tôt après avoir purgé les deux tiers d’une peine de deux ans d’emprisonnement à la suite d’un viol commis sur le fils d’un sous-officier de gendarmerie. Libéré sans contrôle. Le voilà récidiviste. Deux autres ont déjà été interpellés pour vol avec violences. Quatre agresseurs, trois récidivistes — mineurs !

Lors de leurs interrogatoires, et sur ce que l’on a pu savoir de l’enquête, les mineurs n’auraient pas formulé le moindre remords. Au contraire, ils ont exprimé leur haine : oui, ils n’auraient pas touché la jeune fille si elle avait été turque ; oui, ils l’ont agressée parce qu’elle était française et que « les Français sont tous des fils de pute ».

Le juge qui les a fait incarcérer les a mis en examen pour viol en réunion et barbarie, mais aussi, plus rare, pour racisme.

Valeurs actuelles


Addendum 01.04.2014 :

Les enquêteurs de la PJ d’Evry ont arrêté ce lundi quatre suspects. Ils seraient âgés de seulement 17, 15, 13 et 11 ans.

Le Parisien


Dans la nuit de samedi à dimanche, une jeune femme a été agressé et « violemment agressée sexuellement » à Courcouronnes.

C’est un automobiliste qui découvre, quelques heures plus tard, la femme de 18 ans, toujours en vie, à moitié dénudée, le corps couvert d’ecchymoses. La victime a expliqué aux enquêteurs avoir été abordée par quatre individus devant la gare d’Evry-Courcouronnes. La menaçant avec un couteau, ils lui auraient volé son téléphone portable et ses bijoux, avant de l’entraîner dans le parc des Coquibus à Courcouronnes. A cet endroit, les agresseurs l’auraient frappé à coups de bâton et violé.

Vers 4h45 du matin, la victime est prise en charge par un automobiliste qui s’arrête la voyant errer à proximité du lac de Courcouronnes. Il la conduit directement à l’hôpital où les médecins diagnostiquent une fracture du nez et de la mâchoire ainsi que de multiples contusions sur le corps.

Les agresseurs sont toujours en fuite.

M6 (Merci à Joe le Rassis)

Des «activistes d’extrême-gauche» revendiquent la dégradation de 367 Vélib’

Les pneus de 367 Vélib ont été crevés à Paris et à Montreuil (Seine-Saint-Denis) dans la nuit de lundi à mardi. Une action revendiquée sur Internet par un mystérieux groupe qui entend protester contre les partenariats noués entre JCDecaux, le gérant du système de libre-service, et le ministère de la Justice.

La dégradation de Vélib’ comme acte politique. C’est l’action de masse menée dans la nuit de lundi à mardi par un mystérieux groupe d’extrême-gauche qui a crevé les pneus de 367 vélos dans la capitale et en Seine-Saint-Denis. «Dix-sept stations ont été touchées dans les 10e, 11e et 12e arrondissement et à Montreuil ». confirme JCDecaux, l’entreprise qui gère le système de libre-service depuis son lancement en 2007. RTL a révélé l’information jeudi matin.

Les dégradations avaient été revendiquées mardi sur le réseau alternatif Indymedia qui recense sur Internet des actions anti-capitalistes et anti-fascistes «directes» menées en France. Un groupe anonyme y comparait JCDecaux avec des «esclavagistes» en raison des partenariats que la société a noués avec le ministère de la Justice.

Selon une convention signée en 2012, les mineurs responsables d’actes de vandalisme sur les Vélib’ peuvent se voir proposer par le procureur de la République de « réparer les conséquences de leurs actes» pour éviter de passer devant le juge pour enfants. Les ateliers de la filiale de JCDecaux ont ainsi accueilli l’année dernière pendant les vacances scolaires 38 mineurs. Ce mystérieux groupe fait aussi référence dans son communiqué posté sur Internet à l’atelier de réparation installé à la maison d’arrêt de Villepinte où les détenus ont l’occasion de fabriquer des pièces détachées pour Vélib ‘. JCDecaux a annoncé son intention de porter plainte contre X. Le montant des dégâts n’a pas encore été évalué.

Après une décrue en 2010 et 2011, les actes de vandalisme sont repartis à la hausse l’an dernier avec près de 9 000 Vélib’ endommagés ou disparus. Et c’est la collectivité qui paye. Pour chacun vélo dégradé ou volé, la Ville de Paris doit verser à JCDecaux une indemnisation de 450 euros.

Metronews/a

Paris : Ian Brossat (PC) veut «du logement social partout, y compris dans le 16ème arrondissement».

Ian Brossat, adjoint au maire PCF d’Anne Hidalgo en charge du logement, entend s’attaquer aux prix de l’immobilier trop élevés dans la capitale et veut atteindre l’objectif des 30% de logements sociaux dans Paris.

Dans un entretien à l’Humanité mercredi, le compagnon de route communiste d’Anne Hidalgo lors de la campagne des municipales veut révolutionner le calvaire du logement dans la capitale, «premier poste de dépense dans le budget des parisiens».

«Les ghettos de Riches c’est terminé», lance Ian Brossat. À l’attention de ceux à droite, comme Claude Goasguen, qui avaient fait campagne sur ce thème le communiste avertit: «Nous aimerions que les mairies d’arrondissement tenues par la droite soient dans une position constructive. Mais si ce n’est pas le cas, les décisions seront prises souverainement par le conseil de Paris».

«Paris est une ville de locataires, nous l’assumons», explique l’élu de 33 ans. Avant les menaces, Le conseil de paris mise en premier lieu sur l’incitation, avec le dispositif «multiloc» destiné à débloquer des locaux vides, mis à disposition à des loyers abordables.

Pour atteindre l’objectif des 30% de logements sociaux dans Paris qu’exige la loi, l’adjoint au maire de Paris ne mise pas seulement sur la construction des 10.000 logements par an annoncés pendant la campagne. Il souhaite multiplier les préemptions et acquisitions de logements et entend batailler pour mettre la main sur les logements vacants.

Pour soulager la pression de l’immobilier dans une ville où la rareté fait flamber les tarifs, Ian Brossat dévoile sa stratégie: «Notre ambition est de transformer 200.000m2 (de bureaux) en logements (…) Les bureaux obsolètes doivent être transformés en habitats, d’autant qu’ils sont situés dans des arrondissements peu dotés en logements sociaux, au centre et dans l’ouest de la capitale (…) Tout le monde doit s’y mettre».

Le Figaro

«Tolérance, laïcité, vivre ensemble : l’Europe a perdu ses valeurs fondatrices»

À un peu moins d’un mois des élections européennes alors que l’abstention menace, Catherine Jeannin-Naltet, grande Maitresse de la Grande Loge Féminine de France s’inquiète de la montée des « extrémismes religieux» dont les femmes sont les «principales victimes»

Le « vivre ensemble » devrait être la devise des États européens « unis dans la diversité ». Dans ce contexte, seule la laïcité pourrait être le creuset où forger enfin, de façon apaisée et ouverte, l’identité européenne.

De traité en traité, d’élargissement en élargissement, mais aussi de crise en crise, les états membres qui constituent le Conseil européen ont privilégié les critères économiques en s’éloignant des valeurs fondatrices.

Ils ont fait naître chez les citoyens un euroscepticisme croissant qui se mue parfois en une franche hostilité qui les conduit à déserter les urnes, voire à plébisciter à travers les nationalismes, les populismes et les extrémismes, des partis anti-européens.

L’Europe manque de chair et de souffle. C’est un colosse aux pieds d’argile qui ne répond plus aux attentes de ses citoyennes et de ses citoyens. Pire, on assiste à une régression inquiétante, dans des domaines où elle s’était montrée particulièrement progressiste, comme le respect de la vie, de la dignité humaine, du refus de la violence et de la torture, de la liberté absolue de conscience, de l’égalité homme/femme. […]

À cet égard, l’initiative citoyenne européenne « One of Us » qui prône l’arrêt de la recherche sur les cellules souches et le refus de financer la contraception et l’IVG dans les pays en voie de développement, nous paraît particulièrement dangereuse. Nous ne pouvons accepter que des groupes de pression qui ont portes ouvertes dans les institutions européennes, forts de leurs croyances et de leurs dogmes, tentent d’y imposer des conceptions qui risquent d’entraver l’évolution scientifique et le progrès social.

Les droits des femmes seront les premiers à pâtir de cette montée d’un ordre moral que l’on croyait révolu. Les dernières semaines ont ainsi été marquées par le rejet au Parlement européen de textes d’initiatives qui concourraient précisément à garantir, sur tout le territoire de l’Union, le libre choix des femmes à la contraception et à l’IVG. […]

Appelons nos candidats aux élections européennes à :

- condamner toute remise en cause des droits fondamentaux, concernant en particulier, les droits des femmes et leurs droits à la contraception et à l’IVG,
- refuser l’ingérence des lobbies confessionnels dans les débats parlementaires,
- interdire l’affichage de références religieuses dans les locaux des institutions européennes.

Nouvel Obs

Pascal Bruckner : «En France, l’adversaire a toujours le visage du nazi»

Dans «Un bon fils» (Grasset), le romancier et essayiste Pascal Bruckner révèle le passé nazi de son père issu d’une famille de huguenots qui avaient été contraints de quitter la France pour se réfugier en Allemagne. Extraits d’un long interview sur Atlantico.

Je crois que l’Europe de l’Ouest voudrait tranquillement sortir du temps, être simplement engagée dans les joies de l’économie et de la consommation et se poser en exemple pour le monde entier. Mais tout ce qui passe nous prouve qu’on ne peut pas sortir de l’Histoire, sauf à disparaître complètement.

Pour vous, l’antisémitisme est une des formes de la haine de l’autre ?

Le Juif, ce n’est pas l’autre. Ce peut être n’importe qui. C’est le Même dans l’Autre, ou l’Autre dans le Même. On apprend que M. Untel est juif, et tout à coup, on réinterprète toute sa conduite. Un Arabe ou un Africain, on voit tout de suite que c’est l’Autre. Le Juif, c’est « le poison qui corrompt la nation ». Ce n’est pas la même chose. L’antisémitisme s’adresse aux presque semblables, à ceux qui ont tout comme nous sauf le petit détail qui les fait basculer dans une altérité sournoise alors qu’on reconnaît tout de suite les Arabes, les Africains, les Indiens : les jeux sont clairs. La haine du Juif, c’est le bacille qui dévore la nation française. C’est une idée qui date du XIXe siècle. L’antisémitisme est beaucoup plus ancien. […]

Vous dites que le roman familial de la France, c’est la Seconde Guerre mondiale, dont elle n’est pas sortie, qu’aujourd’hui encore, nous «rejouons sans fin l’Occupation»…

Tout le temps, sans cesse… La France s’est arrêtée en 1944, avec la libération de Paris et de l’Alsace-Lorraine. On a l’impression qu’on n’est pas sorti de là.

Il y a vraiment deux mémoires qui s’affrontent en France : la mémoire de la colonisation et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Mais on s’aperçoit que la mémoire de la colonisation concerne en fait très peu de monde. Cela concerne évidemment les Algériens, mais eux-mêmes sont peut-être mieux chez nous que chez eux. La France a été un grand pays colonialiste, un Empire, mais un Empire peut-être pas si populaire que cela. […]

La mémoire de la guerre a donc été plus traumatisante que la mémoire de la colonisation ?

Je crois, oui. La France a quand même été occupée trois fois en un siècle : en 1870, tout l’Est et le Nord en 1914 et l’intégralité du pays en 1940. Je pense qu’on a beaucoup de mal à se relever de cela. Tout le monde aujourd’hui parle en terme de résistants, de fascistes, d’occupants… L’adversaire a toujours le visage du nazi. Chacun se drape dans la pose du Résistant. Il y a trois semaines, les manifestants contre le pacte de responsabilité sont passés en dessous de chez moi. Ils ont chanté «Le chant des partisans» et «L’Internationale». Comme si refuser le pacte avec le patronat, c’était finalement de nouveau dresser le pays contre l’abomination nazie. Il y a une folie française.

Et vous, vous avez «joué au Juif»… Alors que vous êtes d’origine protestante, vous n’avez pas démenti quand certains vous ont présenté comme juif. C’était votre «revanche» sur ce père nazi : «J’ai joui, dites-vous, de corrompre le nom de l’intérieur»…

Exactement. Et cela s’est accentué avec les années. Petit à petit, j’ai reçu du courrier de toutes les associations juives. A chaque fois, je répondais : «Mais non, vous savez, je ne suis pas juif». Soit, les gens disaient : «Ce n’est pas grave», soit ils disaient : «On respecte votre choix si vous ne voulez pas le dire». J’étais toujours pris entre deux feux. Finalement, j’ai laissé faire. C’est une ambiguïté qui, finalement, est plutôt plaisante. […]

Le Figaro

Alain Finkielkraut ou la «détestation de tout ce qui n’est pas blanc»

Quelques extraits d’un texte de Norman Ajari (« doctorant contractuel ») sur l’élection d’Alain Finkielkraut à l’Académie Française publié par les Indigènes de la République.

Finkielkraut se lamente que les Français de souche aient perdu leur rôle de «référents culturels». Pour ma part, je m’en félicite hautement.

Puisque l’Académie Française vient de l’accueillir sur ses bancs, c’est l’occasion de revenir sur la pensée d’Alain Finkielkraut. Il est désormais chargé de veiller sur la culture française ; on verra l’idée qu’il en a. La parution de son dernier livre, L’Identité malheureuse, s’est faite à grand bruit et fut accueillie par de nombreux éloges et quelques critiques. […]

Nous avons le devoir de comprendre l’atmosphère qui rend possible un livre qui dresse, nous le verrons, un portrait haïssable des Arabes et des Noirs de France.

Que l’Académie récompense Finkielkraut pour sa détestation de tout ce qui n’est pas blanc, cela dit beaucoup de l’état intellectuel de ce pays.

L’Identité malheureuse est une réflexion sur le déclin contemporain de la civilisation française, menacée par un libéralisme culturel et politique dont l’un des principaux torts serait une bienveillance exagérée à l’endroit des minorités raciales. Cette faute n’est pas la seule, mais elle occupe dans l’ouvrage une place conséquente.

En effet, la référence à la race signale généralement une décadence intellectuelle, culturelle, morale. En d’autres termes, les minorités «visibles» sont l’incarnation la plus évidente d’une société trop libérale quant à ses mœurs, devenue analphabète ; elles sont la preuve de cet état de débilité généralisé. Alain Finkielkraut n’attaque pas les Arabes et les Noirs pour eux mêmes : il en fait des symptômes visibles d’un mal social évidemment plus profond. […]

Si l’école, à ses yeux, est le lieu d’expression de l’universel, elle doit avant tout se présenter comme une immense blanchisserie.

Pourtant, et c’est un terme qui revient souvent dans L’Identité malheureuse, le système éducatif devrait favoriser la « dépersonnalisation » des enfants. Un abandon de soi grâce auquel l’étudiant pourrait se laisser affecter par la radicale nouveauté des grands textes du passé. Il serait difficile de ne pas souscrire à ce projet s’il n’était sous-tendu par une mauvaise foi fondamentale. S’émouvant de la multiplication des kebab et des boucheries halal, regrettant que le multiculturalisme fasse son entrée dans les programmes scolaires, Alain Finkielkraut pose très rapidement d’évidentes bornes à son idéal de dépersonnalisation : le «Français de souche» (expression dont il regrette la soi-disant disparition) est un être accompli, à condition qu’il ne se laisse pas happer par le «politiquement correct» ; ceux qui doivent être dépersonnalisés, ce sont toujours les autres. Il faut dépersonnaliser les Noirs et les Arabes – de force s’il le faut – avant qu’ils ne dépersonnalisent les Blancs.

Mais comment ? Et à quoi faudrait-il les convertir, ces jeunes basanés qui incarnent si tragiquement la décadence de l’époque ?La réponse va de soi : à la nation française. Peu importe qu’ils soient déjà français : ils ne le sont jamais suffisamment.

Cette France éternelle, Finkielkraut la décrit en des termes qui méritent l’attention. Elle se définirait par «ses platanes et ses marronniers, ses paysages et son histoire, son génie et ses emprunts, sa langue, ses œuvres et ses échanges». Tout cela, à en croire l’auteur, «dessine un monde». […]

L’Académie Française poursuit donc un travail déjà commencé par un autre de ses membres, Max Gallo, soutien actif de l’élection de Finkielkraut. À savoir, l’affirmation constante du « continuum République-nationalisme-colonialisme-racisme constitutif de la nation française contemporaine » pour employer la formule de Sadri Khiari. […]

indigenes-republique.fr

Avec le FN à la mairie, «triple galère» pour bâtir une mosquée (saphirnews)

Aux élections municipales, le Front national a remporté 13 villes. Selon le site saphirnews, «des temps difficiles sont attendus pour les musulmans compte tenu du rejet explicite du FN envers l’islam, qui s’illustre avec le refus catégorique de voir s’ériger des mosquées».

Des maires de gauche ou de droite d’abord réticents à l’édification de mosquées peuvent céder pour s’assurer le vote de l’électorat musulman mais tel n’est pas toujours le cas. Les candidats frontistes choisissent, eux, d’emblée de faire campagne contre des mosquées, qui dénatureraient, à leurs yeux, l’identité de la France, pour être élus. Dans les deux cas, les associations cultuelles musulmanes se trouvent prisonnières de situations qui vont à l’encontre de la laïcité, laquelle garantit le libre exercice du culte à tous.

Le FN, par la voix de sa présidente Marine Le Pen, a montré sa détestation des prières dans les rues. Paroxysme de l’incohérence : dans ce parti, on reste hostile à tout projet de mosquée. Les membres du parti se mobilisent alors farouchement contre toute édification de mosquée. Cela fut largement le cas au cours de la campagne des élections municipales. […]

saphirnews

La famille, fondement de la société ? «Une erreur théorique fondamentale»

A l’occasion du premier anniversaire du mariage pour tous, l’anthropologue Maurice Godelier «déconstruit» l’a priori qui voudrait que la parenté soit le fondement de la société.

Un an après l’adoption du mariage pour tous, le 23 avril 2013, où en est la famille ? Les antimariage ne cessent de déplorer son effondrement, le nouveau gouvernement ne lui consacre plus de ministère et les partisans de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA) attendent toujours – un rapport sur la filiation, cosigné par la sociologue Irène Théry et la juriste Anne-Marie Leroyer, a été publié cette semaine.

La famille est-elle au fondement de la société, comme l’affirment les anti-mariage pour tous ?

Pour ces opposants, principalement issus des couches chrétiennes, le mariage est un sacrement, l’union d’un homme et d’une femme devant Dieu et en Dieu. Le divorce est de ce fait interdit. Il faut distinguer ce dogme catholique de l’affirmation philosophique avancée par de nombreux penseurs depuis l’Antiquité, à savoir que la famille est le fondement de la société. Cette affirmation constitue une erreur théorique fondamentale. La famille joue un rôle essentiel dans la construction d’un individu car les enfants, partout, ont besoin des soins des adultes pour survivre. Il ne s’agit donc pas de minimiser l’importance de la famille et des liens de parenté, mais de ne pas prêter à la famille des missions illusoires. […]

Depuis près de deux mille ans, pour les chrétiens, les rapports sexuels dans le mariage ne suffisent pas non plus à faire complètement un enfant. Il faut que Dieu intervienne pour introduire dans le fœtus une âme qui va immédiatement être entachée par le péché originel transmis depuis Adam et Eve, d’où la nécessité de la laver par le baptême. Ce n’est plus la vision que nous présente la science du vivant. […]

Vous êtes en faveur d’une légalisation des mères porteuses. Pourquoi ?

Les mères porteuses permettent à des femmes qui ont des ovocytes, mais qui font régulièrement des fausses couches, d’avoir des enfants. Quand le bébé naît, il est génétiquement et socialement relié à l’homme et à la femme qui l’ont désiré. Auditionné par la commission des lois à l’Assemblée nationale au moment des débats sur le mariage pour tous, j’ai entendu les opposants à la légalisation citer le cas des Ukrainiennes qui font des enfants pour des couples européens aisés ou celui d’Indiennes qui, après douze enfants, en font un treizième pour le vendre, tous ces arguments me scandalisent. Nous ne sommes ni dans l’Inde des castes ni dans l’Ukraine postsoviétique. La France est un pays démocratique qui doit partir de sa propre démocratie pour avancer. Les mères porteuses, c’est un élargissement de la parenté. L’Etat doit donner un cadre juridique à cette pratique et l’autoriser.

Libération

«L’insécurité a amené les Martiniquais à s’armer pour se protéger»

Grenades, munitions, fusils de chasse et revolvers. En deux mois, les Martiniquais ont rapporté dans les commissariats et les gendarmeries du département plus de 460 armes à feu et environ 22 000 munitions. Une récolte considérable, fruit de la campagne «Déposez les armes» menée par la préfecture depuis le 1er février. Pour parvenir à une telle collecte, la préfecture a promis de ne pas poursuivre ceux qui rendaient leurs armes aux autorités, même si celles-ci étaient détenues illégalement. La plupart des meurtres commis dans le département en 2013 l’auraient d’ailleurs été par une arme à feu.

Pour le sociologue Louis-Félix Ozier-Lafontaine, la campagne «Déposez les armes» sur l’île antillaise est une «opération qu’il faudra reproduire».

Qui sont ceux qui ont rendu leurs armes ? Les citoyens ou les trafiquants ?

De manière générale, les armes ont été rendues par la population, qui comprend qu’elles représentent un danger. […]

Pourquoi une telle circulation d’armes en Martinique ?

La circulation d’armes est une caractéristique des Antilles en général, et plus particulièrement des petites Antilles. Elle est surtout liée au trafic de stupéfiants, car les produits toxiques sont des produits d’appel au trafic d’armes. Leur provenance est difficile à connaître de manière précise. Nous savons juste qu’elles ne viennent pas uniquement d’Amérique Latine. Mais ce n’est pas la seule explication à leur présence. L’insécurité, souvent engendrée par ces trafics, a amené la population à s’armer pour se protéger. Même s’il ne s’agit là que d’une faible proportion des armes en circulation.

Qu’est-ce qui peut expliquer l’importance de ce trafic ?

Il existe une corrélation de phénomènes qui concourent à cette violence. Notamment un mimétisme fort. Le monde est mené par une forte proportion de violence. Cette culture arrive dans les sociétés, dans la nôtre en particulier. Cela passe par la consommation d’images, souvent violentes, par exemple dans la cinématographie actuelle. Et en Martinique, elle trouve les conditions favorables pour se développer.

Quelles sont les conditions particulières à la Martinique ?

La principale, c’est une jeunesse désœuvrée. Les jeunes Martiniquais connaissent aujourd’hui la précarité. Nombre d’entre eux sont obligés de s’en aller pour trouver du travail. Entre 10 000 et 15 000 jeunes âgés de 16 à 35 ans se retrouvent sans emploi. Une grande partie d’entre eux se met à consommer des produits illicites, ce qui mène à la violence. C’est une jeunesse qui a le sentiment d’être abandonnée et qui vit dans une précarité matérielle et psychologique. C’est une situation dégradée et dégradante. D’autant plus que le tissu familial a changé lui aussi et ne véhicule plus le même message qu’autrefois. Depuis plusieurs décennies, le nombre de parents au chômage ne cesse d’augmenter. Et beaucoup de jeunes n’ont jamais vu leurs parents travailler. […]

Libération

Nigeria : Plus de cent lycéennes enlevées par des islamistes

Une centaine de jeunes filles, qui s’apprêtaient à passer un examen scolaire à Chibok, au nord-est du Nigéria ont été enlevé par islamistes qui pourraient appartenir au groupe Boko Haram − dont le nom signifie «l’éducation occidentale est un péché» en langue haoussa.

«De nombreuses jeunes filles ont été enlevées par des islamistes armés qui ont attaqué leur établissement», a déclaré Emmanuel Sam, responsable de l’éducation à Chibok, une ville de l’Etat du Borno au nord-est du Nigeria, où l’attaque a eu lieu lundi soir. Il a ajouté avoir fui à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, après l’attaque. Des habitants de Chibok ont déclaré sous couvert d’anonymat que les jeunes filles devaient passer cette semaine un examen annuel donnant accès à un diplôme commun à plusieurs pays d’Afrique anglophone, le WAEC. D’après un responsable de la sécurité nigériane, les lycéennes seraient plus de cent.

Selon un habitant, les hommes armés sont arrivés «dans des camions et sur des motos et ils se sont dirigés vers l’école». Des soldats avaient été déployés dans la ville afin d’assurer la sécurité des lycéens pendant la durée de l’examen, mais les hommes armés «ont maîtrisé les soldats et ils ont emmené les jeunes filles». […]

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Presse de gauche : Le politiquement correct, ce «virus mortel»

Tribune de Marcela Iacub dans Libération sur la « débandade » de la presse de gauche.

Ce qui est en train de tuer la presse de gauche – car celle de droite se porte plutôt bien – c’est le politiquement correct. Et Libération, hélas, n’échappe pas à cette maladie post-coloniale. Car c’est bel et bien ainsi qu’il faut appeler ce virus mortel.

Les journalistes et les intellectuels qui s’expriment dans les journaux de gauche se sentent investis d’une fonction civilisatrice envers les masses. Ils croient que ces dernières ont besoin d’être guidées dans la vie sociale, politique et culturelle.

Qu’il faut leur dire comment traiter sa femme, son compagnon, ses enfants, ses voisins, les immigrés, les Arabes, les Juifs, les homosexuels, les harcelés, ceux qui sont discriminés pour de mauvaises raisons. Qu’il faut leur indiquer les choix politiques qui s’ouvrent à eux de sorte qu’ils ne sombrent pas dans la barbarie ou dans l’infantilisme. Qu’il faut leur donner à lire des livres véhiculant des messages massifs et clairs – pourvu qu’ils soient écrits d’une certaine manière, bien entendu – voir des films dont leurs auteurs se sont donné un mal fou pour qu’ils existent grâce au système français d’aides au cinéma. Et si les masses auxquelles ils s’adressent n’achètent plus cette presse-là, il faut dire que c’est la faute d’Internet, des tablettes, etc. Comme si le papier était le coupable et non pas ce qu’on y lit.

Sauf à devenir entièrement financée par l’Etat, on peut imaginer que la presse de gauche disparaîtra définitivement du paysage français d’ici quelques années. Et ce sera la presse de droite dont la panoplie idéologique ne cessera de s’étendre qui occupera la place laissée vacante par la gauche.

Or, le plus étonnant c’est que ces masses auxquelles on attribue tant d’ignorance et une telle nécessité de guidage sont de plus en plus éduquées. Ces «indigènes» sont capables de se faire une opinion propre sur un grand nombre de choses et s’ils boudent la presse de gauche, c’est parce qu’ils pensent, en revanche, que les journalistes et les intellectuels qui s’y expriment n’en sont pas capables.

En effet, si l’on passe en revue l’ensemble de la presse de gauche on y retrouve des points de vue identiques sur presque tout. Il suffit qu’un quelconque événement un peu hors du commun arrive pour deviner presque littéralement ce que la presse de gauche va dire à l’unisson, telle une meute de perroquets ou de singes. […]

Marre qu’on ne l’invite pas à réinventer la société, la politique, la réalité, la langue. Marre que la lecture d’un journal ne soit jamais une expérience forte, enivrante, affolante. Marre.

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