Concert subventionné en faveur du droit de vote des étrangers

Un responsable local du FN agressé à l’occasion d’un rassemblement à Nantes

C’était ce matin, vers 10h30. Une trentaine de membres du FN venait déposer une gerbe de fleurs au pied de la statue, pour commémorer Jeanne d’Arc, devant l’église Saint-Donatien à Nantes.

Gauthier Boucher, responsable local du FN, s’y rendait quand il a été agressé.

Drapeau bleu, blanc, rouge à la main, il marchait vers le lieu du rendez-vous quand il a vu cinq personnes, aux visages masqués, débouler. Le jeune homme, âgé de 25 ans, a aussitôt fait demi-tour. Mais un coup-de-poing lui a été porté au niveau du visage.

Moins de deux heures plus tard, Gauthier Boucher racontait déjà son agression sur sa page facebook : « Près de l’église Saint-Donatien de Nantes, avant d’arriver à l’hommage pour Jeanne d’Arc, accueilli aux cris de « Nazis raus! », « Bleu-Blanc-Rouge, t’as rien à foutre ici ! », « Cours ! » par cinq gauchistes. Dans la foulée l’un me poursuit et me frappe la tête contre une vitre de voiture, dent ébréchée et un peu de sang. Dépôt de plainte ce jour », pouvait-on lire.

Ses agresseurs n’ont pas pu être rattrapés.

PresseOcéan

Taubira prône une « politique foncière » en faveur des descendants d’esclaves

Christiane Taubira « n’a jamais souhaité s’inscrire » dans le débat sur les demandes de « compensation financière » de l’esclavage, réitérées par le CRAN cette semaine, mais prône en revanche une « politique foncière » pour les descendants d’esclaves en outremer. Evoquant les discriminations et le racisme qui sont « les survivances de cette violence », la ministre de la justice affirme que « nous sommes tous comptables des injustices qui s’entretiennent et se reproduisent, parce qu’elles sont enracinées dans cette période d’esclavage et de colonisation », dans un entretien au JDD à paraître dimanche.

(…)

En revanche, la garde des Sceaux évoque la « confiscation des terres » dans les territoires d’outremer qui « fait que, d’une façon générale, les descendants d’esclaves n’ont guère accès au foncier ». « Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d’une action publique qui consisterait à acheter des terres », affirme Christiane Taubira. « En Guyane, l’État avait accaparé le foncier, donc là, c’est plus facile. Aux Antilles, c’est surtout les descendants des +maîtres + qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en oeuvre », reconnaît-elle.

Le Monde

A relire : Au Zimbabwe, la réforme agraire sème la misère

Une application qui vous prévient lorsque vous arrivez dans une commune où l’extrême-droite dépasse un seuil prédéfini

AlerteBrune vous informe sur les tendances de vote où que vous soyez. Sa fonction d’alerte vous prévient dès que vous arrivez dans une commune où les partis d’extrême-droite et nationalistes dépassent le seuil d’alerte que vous avez fixé.

• Plus de 20 élections analysées depuis 2001
• Résultats par arrondissement (Paris)
• Tous les partis d’extrême-droite et nationalistes analysés
• Alerte personnalisable : Votre téléphone vibre lorsque vous pénétrez dans une commune où le résultat dépasse le seuil que vous avez fixé.

AlerteBrune rend les résultats électoraux des partis d’extrême-droite et nationalistes facilement consultables et compréhensibles pour tous. Les résultats sont présentés par élection et par parti, par liste ou par candidat en fonction de l’élection. L’application donne la couleur politique d’un territoire et ne présente que les élections à dimension nationale (les résultats des élections municipales ne sont pas pris en compte).

 

(Merci à Droitenationale)

Rennes. Jeunesses Nationalistes : 0, Anti-fascistes : 0

Hier soir jeudi, les fascistes français des jeunesses nationalistes avaient appelé à un rassemblement à Rennes (Bretagne) pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, un militant d’extrême-droite tombé d’un toit parisien en 1994 lors d’une manifestation contre « l’impérialisme américain ».

(…)

Le rendez-vous avait été fixé à 20h00 sur la célèbre place de la mairie. A l’heure dite, le climat était surréaliste. Des guetteurs anti-fascistes, à peine repérables, quadrillaient méthodiquement la place attendant de pied ferme les phalangistes.

20h01: une troupe d’environ 150 personnes en ligne. Habillées en noir, masquées pour une partie d’entre elles, descendent de la rue Le Bastard. Est-ce eux les squadristes des Jeunesses Nationalistes groupés en phalanges de combat ? « Toi la vieille, tu ne fais de photo ! » crie l’un d’entre eux à une quadragénaire interpellée par l’attroupement. « Alerta, alerta antifascista ! ». Raté, le groupe en question est une contre-manifestation…. d’anti-fascistes. Sur le moment, on s’interroge tout de même sur la pertinence des thèmes habituels de l’anti-fascisme, à savoir « l’anti-sexisme », « l’anti-agisme », etc…

La centaine de militants bien énervée découvre une place de la mairie… vide. Ca tourne en rond. Soudain un cri retentit « Celui-là c’est un nazi ! » un quidam aux cheveux longs se met à courir poursuivi par la meute. Le chevelu sort une gazeuse, mal lui en prit, il est rattrapé et subit un lynchage aux petits oignons. 25 anti-fa contre un squadriste (supposé) à terre. Mouaih. Chacun vient mettre son p’tit coup de pompe, sûrement par solidarité anti-fasciste. Il repartira avec les pompiers.

Ensuite, le groupe s’éparpille entre la place de la mairie et la place du parlement. Tout quidam, tout passant ayant une allure jugée « suspecte » est pourchassée avec le dernier zèle. La contre-manifestation vire vraiment au ridicule. Il faut chercher du fasciste. A tout prix ! Un type portant un drapeau breton (!) passe en haut de la place du parlement ? 10 « gardiens de la démocratie » lui courent au train. « On a vu un mec suspect par là » et tout le groupe suit, badauds compris. On se dit que dans le lit ce soir on relira « Psychologie des Foules » de Gustave Le Bon. La comédie durera une bonne heure. Au moins en ce jeudi de l’Ascension, il y avait un peu d’animation dans le bourg !

(…) 7seizh.info

Controverse de Valladolid : la traite des noirs est-elle partie d’un « bon sentiment » ? (MàJ vidéo)

La Controverse de Valladolid (1992) est un téléfilm réalisé par Jean-Daniel Verhaeghe, sur un scénario et d’après le roman éponyme de Jean-Claude Carrière qui s’inspire de faits réels, la controverse de Valladolid.

L’auteur du roman dont s’inspire ce téléfilm précise en note préliminaire que le livre est une interprétation romancée de faits historiques. En réalité, si Las Casas et Sépulvéda ont largement échangé sur la question, on ignore s’ils se sont réellement rencontrés. En tout cas le débat a été essentiellement épistolaire. Surtout, le débat n’a pas porté sur l’humanité des indiens (cela avait déjà été tranché par le Pape Paul III), mais sur le mode d’évangélisation qu’il était nécessaire de mettre en place.
L’humanité des Indiens, l’existence de leur âme donc, n’a en réalité jamais été l’objet du débat puisque sans cela, Sepúlveda n’aurait jamais parlé du devoir de les évangéliser et ne se serait jamais autant étendu sur leur « péché d’idolâtrie ». Las Casas comme Juan Ginés de Sepúlveda s’accordèrent sur le devoir de conversion des Indiens qui incombe aux Espagnols mais diffèrent sur le moyen d’y parvenir : colonisation pacifique et vie exemplaire pour le premier et colonisation institutionnelle où la force est légitimée par le réalisme et la nature même des civilisations précolombiennes, pour le second.

Wikipédia


La controverse de Valladolid est un débat qui opposa essentiellement le dominicain Bartolomé de Las Casas et le théologien Juan Ginés de Sepúlveda en deux séances d’un mois chacune (l’une en 1550 et l’autre en 1551) au collège San Gregorio de Valladolid, mais principalement par échanges épistolaires. Ce débat réunissait théologiens, juristes et administrateurs du royaume, afin que, selon le souhait de Charles Quint, il se traite et parle de la manière dont devaient se faire les conquêtes dans le Nouveau Monde, suspendues par lui, pour qu’elles se fassent avec justice et en sécurité de conscience .

La question était de savoir si les Espagnols pouvaient coloniser le Nouveau Monde et dominer les indigènes, les Amérindiens, par droit de conquête, avec la justification morale pouvant permettre de mettre fin à des modes de vie observés dans les civilisations précolombiennes, notamment la pratique institutionnelle du sacrifice humain, ou si les sociétés amérindiennes étaient légitimes malgré de tels éléments et que seul le bon exemple devait être promu via une colonisation – émigration.

 

 

(…) Le débat intellectuel issu de la controverse de Valladolid a inspiré les Nuevas Leyes de América, compilation de plus de 6000 lois en neuf livres.

Le souci sincère de Bartolomé de las Casas d’épargner les Indiens les a préservés (par rapport à l’Amérique du Nord anglo-saxonne, notamment) mais paradoxalement, il est à l’origine, non de la naissance mais de la généralisation, de la Traite des Noirs vers l’Amérique : empêchés d’employer les Indiens comme travailleurs forcés, les Espagnols cherchent des esclaves et nouent des contacts avec des négriers africains, portugais, génois, français… qui leur vendent sur plusieurs siècles des millions d’esclaves.

(…) Wikipédia

Guy Debord et l’immigration.

Voici un texte de Guy Debord qui s’intitule : Notes sur « la question des immigrés ». Rédigées en décembre 1985, ces notes furent communiquées à Mezioud Ouldamer, qui publiera en novembre 1986 aux éditions Gérard Lebovici « Le cauchemar immigré dans la décomposition de la France.


Tout est faux dans la « question des immigrés », exactement comme dans toute question ouvertement posée dans la société actuelle ; et pour les mêmes motifs : l’économie — c’est-à-dire l’illusion pseudo-économique — l’a apportée, et le spectacle l’a traitée.

On ne discute que de sottises. Faut-il garder ou éliminer les immigrés ? (Naturellement, le véritable immigré n’est pas l’habitant permanent d’origine étrangère, mais celui qui est perçu et se perçoit comme différent et destiné à le rester. Beaucoup d’immigrés ou leurs enfants ont la nationalité française ; beaucoup de Polonais ou d’Espagnols se sont finalement perdus dans la masse d’une population française qui était autre. Comme les déchets de l’industrie atomique ou le pétrole dans l’Océan — et là on définit moins vite et moins « scientifiquement » les seuils d’intolérance — les immigrés, produits de la même gestion du capitalisme moderne, resteront pour des siècles, des millénaires, toujours. Ils resteront parce qu’il était beaucoup plus facile d’éliminer les Juifs d’Allemagne au temps d’Hitler que les maghrébins, et autres, d’ici à présent : car il n’existe en France ni un parti nazi ni le mythe d’une race autochtone !

Faut-il donc les assimiler ou « respecter les diversités culturelles » ? Inepte faux choix. Nous ne pouvons plus assimiler personne : ni la jeunesse, ni les travailleurs français, ni même les provinciaux ou vieilles minorités ethniques (Corses, Bretons, etc.) car Paris, ville détruite, a perdu son rôle historique qui était de faire des Français. Qu’est-ce qu’un centralisme sans capitale ? Le camp de concentration n’a créé aucun Allemand parmi les Européens déportés. La diffusion du spectacle concentré ne peut uniformiser que des spectateurs. On se gargarise, en langage simplement publicitaire, de la riche expression de « diversités culturelles ». Quelles cultures ? Il n’y en a plus. Ni chrétienne ni musulmane ; ni socialiste ni scientiste. Ne parlez pas des absents. Il n’y a plus, à regarder un seul instant la vérité et l’évidence, que la dégradation spectaculaire-mondiale (américaine) de toute culture.

Ce n’est surtout pas en votant que l’on s’assimile. Démonstration historique que le vote n’est rien, même pour les Français, qui sont électeurs et ne sont plus rien (1 parti = 1 autre parti ; un engagement électoral = son contraire ;

et plus récemment un programme — dont tous savent bien qu’il ne sera pas tenu — a d’ailleurs enfin cessé d’être décevant, depuis qu’il n’envisage jamais plus aucun problème important. Qui a voté sur la disparition du pain ?). On avouait récemment ce chiffre révélateur (et sans doute manipulé en baisse) : 25 % des « citoyens » de la tranche d’âge 18-25 ans ne sont pas inscrits sur les listes électorales, par simple dégoût. Les abstentionnistes sont d’autres, qui s’y ajoutent.

Certains mettent en avant le critère de « parler français ». Risible. Les Français actuels le parlent-ils ? Est-ce du français que parlent les analphabètes d’aujourd’hui, ou Fabius (« Bonjour les dégâts ! ») ou Françoise Castro (« Ça t’habite ou ça t’effleure ? »), ou B.-H. Lévy ? Ne va-t-on pas clairement, même s’il n’y avait aucun immigré, vers la perte de tout langage articulé et de tout raisonnement ? Quelles chansons écoute la jeunesse présente ? Quelles sectes infiniment plus ridicules que l’islam ou le catholicisme ont conquis facilement une emprise sur une certaine fraction des idiots instruits contemporains (Moon, etc.) ? Sans faire mention des autistes ou débiles profonds que de telles sectes ne recrutent pas parce qu’il n’y a pas d’intérêt économique dans l’exploitation de ce bétail : on le laisse donc en charge aux pouvoirs publics.

Nous nous sommes faits américains. Il est normal que nous trouvions ici tous les misérables problèmes des USA, de la drogue à la Mafia, du fast-food à la prolifération des ethnies. Par exemple, l’Italie et l’Espagne, américanisées en surface et même à une assez grande profondeur, ne sont pas mélangées ethniquement. En ce sens, elles restent plus largement européennes (comme l’AIgérie est nord-africaine). Nous avons ici les ennuis de l’Amérique sans en avoir la force. Il n’est pas sûr que le melting-pot américain fonctionne encore longtemps (par exemple avec les Chicanos qui ont une autre langue). Mais il est tout à fait sûr qu’il ne peut pas un moment fonctionner ici. Parce que c’est aux USA qu’est le centre de la fabrication du mode de vie actuel, le cœur du spectacle qui étend ses pulsations jusqu’à Moscou ou à Pékin ; et qui en tout cas ne peut laisser aucune indépendance à ses sous-traitants locaux (la compréhension de ceci montre malheureusement un assujettissement beaucoup moins superficiel que celui que voudraient détruire ou modérer les critiques habituels de « l’impérialisme »). Ici, nous ne sommes plus rien : des colonisés qui n’ont pas su se révolter, les béni-oui-oui de l’aliénation spectaculaire. Quelle prétention, envisageant la proliférante présence des immigrés de toutes couleurs, retrouvons-nous tout à coup en France, comme si l’on nous volait quelque chose qui serait encore à nous ? Et quoi donc ? Que croyons-nous, ou plutôt que faisons-nous encore semblant de croire ? C’est une fierté pour leurs rares jours de fête, quand les purs esclaves s’indignent que des métèques menacent leur indépendance !

Le risque d’apartheid ? Il est bien réel. II est plus qu’un risque, il est une fatalité déjà là (avec sa logique des ghettos, des affrontements raciaux, et un jour des bains de sang). Une société qui se décompose entièrement est évidemment moins apte à accueillir sans trop de heurts une grande quantité d’immigrés que pouvait l’être une société cohérente et relativement heureuse. On a déjà fait observer en 1973 cette frappante adéquation entre l’évolution de la technique et l’évolution des mentalités : « L’environnement, qui est reconstruit toujours plus hâtivement pour le contrôle répressif et le profit, en même temps devient plus fragile et incite davantage au vandalisme. Le capitalisme à son stade spectaculaire rebâtit tout en toc et produit des incendiaires. Ainsi son décor devient partout inflammable comme un collège de France. » Avec la présence des immigrés (qui a déjà servi à certains syndicalistes susceptibles de dénoncer comme « guerres de religions » certaines grèves ouvrières qu’ils n’avaient pu contrôler), on peut être assurés que les pouvoirs existants vont favoriser le développement en grandeur réelle des petites expériences d’affrontements que nous avons vu mises en scène à travers des « terroristes » réels ou faux, ou des supporters d’équipes de football rivales (pas seulement des supporters anglais).

Mais on comprend bien pourquoi tous les responsables politiques (y compris les leaders du Front national) s’emploient à minimiser la gravité du « problème immigré ». Tout ce qu’ils veulent tous conserver leur interdit de regarder un seul problème en face, et dans son véritable contexte. Les uns feignent de croire que ce n’est qu’une affaire de « bonne volonté anti-raciste » à imposer, et les autres qu’il s’agit de faire reconnaître les droits modérés d’une « juste xénophobie ». Et tous collaborent pour considérer cette question comme si elle était la plus brûlante, presque la seule, parmi tous les effrayants problèmes qu’une société ne surmontera pas. Le ghetto du nouvel apartheid spectaculaire (pas la version locale, folklorique, d’Afrique du Sud), il est déjà là, dans la France actuelle : l’immense majorité de la population y est enfermée et abrutie ; et tout se serait passé de même s’il n’y avait pas eu un seul immigré. Qui a décidé de construire Sarcelles et les Minguettes, de détruire Paris ou Lyon ? On ne peut certes pas dire qu’aucun immigré n’a participé à cet infâme travail. Mais ils n’ont fait qu’exécuter strictement les ordres qu’on leur donnait : c’est le malheur habituel du salariat.

Combien y a-t-il d’étrangers de fait en France ? (Et pas seulement par le statut juridique, la couleur, le faciès.) Il est évident qu’il y en a tellement qu’il faudrait plutôt se demander : combien reste-t-il de Français et où sont-ils ? (Et qu’est-ce qui caractérise maintenant un Français ?) Comment resterait-il, bientôt, de Français ? On sait que la natalité baisse. N’est-ce pas normal ? Les Français ne peuvent plus supporter leurs enfants. Ils les envoient à l’école dès trois ans, et au moins jusqu’à seize, pour apprendre l’analphabétisme. Et avant qu’ils aient trois ans, de plus en plus nombreux sont ceux qui les trouvent « insupportables » et les frappent plus ou moins violemment. Les enfants sont encore aimés en Espagne, en Italie, en Algérie, chez les Gitans. Pas souvent en France à présent. Ni le logement ni la ville ne sont plus faits pour les enfants (d’où la cynique publicité des urbanistes gouvernementaux sur le thème « ouvrir la ville aux enfants »). D’autre part, la contraception est répandue, l’avortement est libre. Presque tous les enfants, aujourd’hui, en France, ont été voulus. Mais non librement ! L’électeur-consommateur ne sait pas ce qu’il veut. Il « choisit » quelque chose qu’il n’aime pas. Sa structure mentale n’a plus cette cohérence de se souvenir qu’il a voulu quelque chose, quand il se retrouve déçu par l’expérience de cette chose même.

Dans le spectacle, une société de classes a voulu, très systématiquement, éliminer l’histoire. Et maintenant on prétend regretter ce seul résultat particulier de la présence de tant d’immigrés, parce que la France « disparaît » ainsi ? Comique. Elle disparaît pour bien d’autres causes et, plus ou moins rapidement, sur presque tous les terrains.

Les immigrés ont le plus beau droit pour vivre en France. Ils sont les représentants de la dépossession ; et la dépossession est chez elle en France, tant elle y est majoritaire. et presque universelle. Les immigrés ont perdu leur culture et leurs pays, très notoirement, sans pouvoir en trouver d’autres. Et les Français sont dans le même cas, et à peine plus secrètement.

Avec l’égalisation de toute la planète dans la misère d’un environnement nouveau et d’une intelligence purement mensongère de tout, les Français. qui ont accepté cela sans beaucoup de révolte (sauf en 1968) sont malvenus à dire qu’ils ne se sentent plus chez eux à cause des immigrés ! Ils ont tout lieu de ne plus se sentir chez eux, c’est très vrai. C’est parce qu’il n’y a plus personne d’autre, dans cet horrible nouveau monde de l’aliénation, que des immigrés.

Il vivra des gens sur la surface de la terre, et ici même, quand la France aura disparu. Le mélange ethnique qui dominera est imprévisible, comme leurs cultures, leurs langues mêmes. On peut affirmer que la question centrale, profondément qualitative, sera celle-ci : ces peuples futurs auront-ils dominé, par une pratique émancipée, la technique présente, qui est globalement celle du simulacre et de la dépossession ? Ou, au contraire, seront-ils dominés par elle d’une manière encore plus hiérarchique et esclavagiste qu’aujourd’hui ? Il faut envisager le pire, et combattre pour le meilleur. La France est assurément regrettable. Mais les regrets sont vains.

Guy Debord 1985