Grande-Bretagne : Ville privée, vie contrôlée

24 décembre 2009, 20:17  |  Auteur : bds  | | Bookmark and Share |


Au nom de la rénovation urbaine, des quartiers entiers de villes comme Londres et Liverpool sont aujourd’hui la propriété de sociétés privées. Et des activités théoriquement aussi anodines que celles de déjeuner ou de prendre des photos y sont désormais interdites.

Le journaliste du Guardian Paul Lewis est le dernier d’une longue liste de présumés contrevenants à avoir été arrêtés et interrogés après être entrés par erreur dans un domaine privé. Lewis a été interpellé et fouillé par la police conformément au paragraphe 44 de la loi sur le terrorisme, pour avoir pris des photographies.

Dans tout le pays, les activités les plus innocentes font aujourd’hui l’objet d’un contrôle et d’une surveillance étroite. Il faut y voir la conséquence de l’emprise croissante du secteur privé sur les municipalités.

Liverpool One, qui couvre 34 rues en plein cœur de Liverpool, est en fait la propriété de Grosvenor, société immobilière du duc de Westminster, qui a loué l’intégralité du site – dont les rues et les lieux publics – au conseil municipal pour 250 ans. Des quartiers entiers de Bristol et Leicester, ainsi que Stratford City, à Londres, appartiennent à des sociétés immobilières qui en ont la gérance. Avec près de 85 hectares, Stratford City, l’un des sites stratégiques des Jeux olympiques de 2012, sera une ville privée dans la ville.

Les politiques et les promoteurs soulignent que ce sont des lieux qui attirent les gens, qui s’y rendent en masse pour y faire leurs courses. Ils n’en représentent pas moins un défi pour la vie publique, la culture et la démocratie telles qu’on les a connues dans les villes britanniques pendant un siècle et demi.

Toutes sortes d’activités apparemment inoffensives – la pratique du skateboard, des patins à roulettes, voire le fait de déjeuner dans certains endroits – sont régulièrement proscrites, tout comme le fait de filmer et, bien sûr, de prendre des photos.

Il en va de même de la mendicité, des sans-abri, de la distribution de tracts politiques et de l’organisation de manifestations politiques. Au lieu de la diversité indissociable des grandes artères, nous sommes en train de créer des enclaves stériles sous haute sécurité, entre les mains de polices privées appuyées par des réseaux de vidéosurveillance.

Et, loin de renforcer notre sensation de sécurité, cette atmosphère ne fait que nous rappeler les dangers qui nous entourent et alimenter notre peur de la délinquance.

Pourtant, peu de gens sont conscients de ces changements qui se déroulent littéralement sous nos yeux. La plupart considèrent que puisque les rues ont toujours été un espace public elles continueront à l’être. En réalité, au début du XIXe siècle, des villes comme Londres étaient aux mains d’un petit groupe de propriétaires privés, ducs et comtes pour l’essentiel. Ils détenaient par exemple quelques-uns des plus beaux parcs géorgiens, et les premiers parcs victoriens.

Ce que l’on ne voit plus aujourd’hui, ce sont les forces de sécurité privées employées sur ces domaines pour en interdire l’accès à quiconque n’y était pas autorisé, sans parler des nombreux portails, barrières et autres guérites.

Face à la colère montante de l’opinion, reflet du développement de la démocratie locale qui avait entraîné à l’époque deux enquêtes parlementaires, le contrôle des rues fut transféré aux autorités locales. Depuis, il est courant que ces dernières “adoptent” les rues et les espaces publics de la ville. Autrement dit, qu’ils leur appartiennent. De fait, ce sont les municipalités qui les contrôlent et les gèrent.

Cette tendance s’inverse actuellement, alors que les sociétés immobilières s’emparent de quartiers entiers. Les photographes sont peut-être les premiers à s’en apercevoir, mais ils sont loin d’être les seuls concernés.

Ironie savoureuse, le quartier général de la Greater London Authority, siège du gouvernement démocratique de Londres, est situé en plein More London, autre enclave privée. Toutefois, le mois dernier, le maire Boris Johnson a officiellement fait part de son opposition au contrôle privé des rues et des espaces publics.

Il dispose de pouvoirs considérables dans le domaine de la planification, et est à même d’ordonner aux arrondissements de refuser tout nouveau projet qui empiéterait sur ces règles. Une politique cruciale, sachant que presque tous les chantiers immobiliers cèdent discrètement le contrôle des rues à des intérêts privés. (The Guardian, traduit par Courrier International)

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Catégorie : Société |

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21 Commentaires

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Pedrov
Commentaire Nº1 - 24/12/2009 - 20:49

wow… à ce niveau là ça devient juste dingue. Imaginez que ces sociétés privées tombent aux mains des muzz… du bonheur en perspective!

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GRAFF
Commentaire Nº2 - 24/12/2009 - 20:53

1984 !

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La coupe est pleine
Commentaire Nº3 - 24/12/2009 - 21:16

Je l’attendais pour 2050, dans le pire des scénarios. Je suis effaré que cela soit venu si vite. Déjà, j’avais vaguement l’impression de ne plus habiter ma commune mais Eiffage ou Vivendi Cité S.A., tant des prérogatives publiques ont été bradées au privé par les élus.
 
La disparition du bien public fait froid dans le dos. Mais n’est-ce pas le credo des économistes? Après les enclosures agricoles, les enclosures urbaines. C’est le fermage ubain. Nous sommes le bétail. Est-il possible de ne plus rien partager? Pas une rue, pas un arbre qui ne soit la propriété d’une multi-nationale. Les compteurs d’air, bientôt? Nos enfants vivront dans un cauchemar.
 
C’est là qu’on voit à qui a intérêt à creuser les déficits abyssaux des États et des collectivités publiques. Encore un petit effort et ils seront en faillite. Un petit coup de pouce des agences de notation les y aidera. Il ne restera plus qu’à les cueillir comme des fruits mûrs. Quand je disais ici en plaisantant qu’un jour, un pays serait à vendre, nos y arrivons plus tôt que prévu.
 
Voila, ça m’a gâché mon Noël. Ce monde pue.

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JoeLeTaxi
Commentaire Nº4 - 24/12/2009 - 21:20

C’est le délire de l’idéologie anglo-saxonne.

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Al dabaran
Commentaire Nº5 - 24/12/2009 - 22:31

Salut,

Vous aimez vous faire peur… Cela a toujours existé, et l’article le précise bien. Vous n’allez pas me dire que vous ignorez que les sociétés immobilières sont propriétaires de bâtiments, partout en France.

Le truc, c’est qu’il y a aussi les rues et les parcs, mais j’ai un peu de mal à y croire. Sauf s’il s’agit vraiment de zones bien définies, et dans ces cas là, c’est normal.

Si un état ne veut pas perdre le contrôle de son espace public, il ne le cèdera pas au plus offrant. On a pu le vérifier avec les US, qui malgré le libéralisme à outrance pratiqué là-bas, n’ont pas voulu qu’une boite de Dubaï qui avait acheté P&O et par extension, l’exploitation de certains ports américains.

Rien de nouveau…

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Le HURON
Commentaire Nº6 - 24/12/2009 - 23:19

Et oui! nous y voilà! mais quand je répétais que la “privatisation” était une catastrophe pour nos libertés et la spoliation du bien commun, les bons connauds de droite -et qq natio!- me disaient que je parlais comme un “communiste” !!! ma

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Le HURON
Commentaire Nº7 - 24/12/2009 - 23:20

mais ce sont les enfoirés de “gauche” qui ont bradé le patrimoine public des français! salopards de traîtres!

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subsunday
Commentaire Nº8 - 25/12/2009 - 1:24

Ils sont fous !!

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Lolo
Commentaire Nº9 - 25/12/2009 - 1:41

C’est quoi ça ? Un genre de féodalité néo-libérale ?

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Marcus
Commentaire Nº10 - 25/12/2009 - 1:44

Nous aussi on a aussi des quartier privé, privé de liberté, ou règne la jungle, le non droit, voir les deux jeunes blessé au couteau car il était considéré comme des étrangers à sarcelle.

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Petiminus
Commentaire Nº11 - 25/12/2009 - 4:41

Alors là, je ne vois pas où est le problème.  Ce système a toujours existé en Europe et en France avant l’apparition des jacobinismes destructeurs. Et ça a même perduré un peu encore après. Il y a des rues encore à Partis, qui ont été spoliées pendant la révolution à leurs propriétaires (église, noblesse, voire grande bourgeoisie) et qui appartiennet encore aujourd’hui à des société de copropriété privée car elles  n’ont pas été rachetée par le préfet de Paris Haussmann lors de la réalisation de ses travaux (ou par un de ses successeurs).
 
Quand je vois ça :

Liverpool One, qui couvre 34 rues en plein cœur de Liverpool, est en fait la propriété de Grosvenor, société immobilière du duc de Westminster, qui a loué l’intégralité du site – dont les rues et les lieux publics – au conseil municipal pour 250 ans.

il faudrait peut être précisé que cette zone a toujours été la proprité du duc de Westminster depuis plus de 500 ans.
Le quartier de Kensington à Londres est la propriété directe de la Reine aujourd’hui, mais a été pendant très longtemps la propriété du duc de Kent. Les maisons n’y sont pas vendues mais concédées pendant une période allant de 80 à 120 ans et redeviennent après la propriété de la Reine qui peut les reconcédées.
 
Pour en revenir à la France, ce qu’on appelle espace ou domaine public est un espace ou un domaine qui était soit royal, soit racheté par l’Etat à un propriétaire privé, soit spolié par l’Etat. Le but ultime de l’Etat jacobino-socialiste étant de tout posséder et de faire du citoyen asservi, non pas le propriétaire en partage, mais le locataire et l’usufruitier de son domaine public (HLM) et de son service public (SNCF).
Dans l’ancine régime, la propriété était géré, de façon très libérale, par un lien de vassalité à hiérarchie verticale. Le paysan propriétaire de sa terre était vassal (sujet s’il était locataire) du seigneur de pouet, lui même vassal du comte de truc, qui était vassal du duc de machin, qui était vassal du Roi de France. Dans chacun des rapports de vassalité le n devait fidélité et service à son n+1. Ce service pouvait être un impôt (qui n’excédait jamais 20%, ça laisse rêveur aujourd’hui), de servir dans l’armée de son n+1 pendant une période qui n’excédait pas 40 jours (et si cette période excédait 40 jours, le n+1 devait payer son n-1)…
Les hommes ou les communautés qui s’installaient quelque part devaient demander l’autorisation du seigneur ou du comte qui donnait, vendait ou louait la terre et l’acte de vente/don/location créait automatiquement un lien de sujetion ou de vassalité direct.
Je pourrais faire un grand chapitre sur la passion de Marx pour le système féodal. Ce qui fait que le système marxiste qui est une sorte de féodalité sans propriété propre, est très différent du système socialiste. Le communisme est bien plus un socialisme qu’un marxisme au sens propre du terme. Mais je ne développerai pas plus sinon je risque de me lancer dans une thèse qui serait bien trop longue à développer ici.
 
PS1 : le bon connaud de droite, royaliste et catholique que je suis confirme que Le Huron est bien un socialo-communiste. ^^
PS2 : si la seigneurerie de Villiers le Bel était restée la vassale de l’abbaye de Saint Denis, on n’en serait pas là où on en est aujourd’hui. ^^

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KOLCHALK
Commentaire Nº12 - 25/12/2009 - 7:58

Interdit de prendre des photos ça ne veut rien dire, n’importe quoi peut en prendre avec son portable ni vu ni connu …  Interdit de Pique niquer : et les fast food, et les sandwicheries  …  quand à la mendicité  : je me souviens une des premières fois où je suis allé à Paris en 1982, tout le monde y faisait la manche, on se faisait accoster quasiment partout par des branleurs en tout genre …
Pour être peinard : rien de vaut une maison à la campagne!

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coco
Commentaire Nº13 - 25/12/2009 - 8:02

Bienvenue dans le nouvel ordre mondial

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Neantderthaal
Commentaire Nº14 - 25/12/2009 - 8:50

Les anglais sont tellement cupides qu’ils vendront eux meme la corde pour les pendre…
 
(d’apres soljenitsyne)
 
 

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Neantderthaal
Commentaire Nº15 - 25/12/2009 - 9:00

Le Huron
+1

NB : moi je ne suis pas socialo-communiste
Petitminus, ta demonstration est interessante mais en matiere de pratique et d’equité fiscale, il y avait beaucoup de trous dans la raquette et tu dois savoir que precisement la pseudo noblesse de robe avait dévoyé le systeme que tu idealises peut etre un peu trop. Mais c’est un eclairage intéressant sur les pratiques de ces “maudits anglois”.

Enfin si aujourd’hui beaucoup de “nobles” ont bradé leurs chateaux et leurs domaines et ce n’est pas la faute du jacobinisme mais de leur nullité. L’heredité était le talon d’achille de l’ancien regime figé dans ses rites alors qu’un bon general pouvait grimper dans l’appareil napoleonien ou un preux chevalier faire ses preuvesà l’epoque feodal.

Je ne suis donc pas sur que Villiers le bel ne serait pas aujourd’hui la propriété d’un emir ou de khadafi :D

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Richelsdorfite
Commentaire Nº16 - 25/12/2009 - 11:18

Toute ressemblance avec “La Zone du Dehors” de Damasio est purement fortuite.

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ZEK
Commentaire Nº17 - 25/12/2009 - 12:39

La privatisation totale est le gant retourné de la nationalisation totale.

Ou, quand le néo-libéralisme rejoint le communisme.

La boucle du matérialisme est bouclée.

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YannC
Commentaire Nº18 - 25/12/2009 - 19:35

Je rappelle qu’on parle de l’Angleterre. Où la tradition de dire la loi n’est pas du tout la même que chez nous en France. On ne peut pas comparer. Maintenant il est vrai que nos “élites” façon CEE s’appuient souvent sur le prétexte de ce que fait le voisin pour le faire également chez soi. Donc que nous serions alor indirectement concernés par ce qu’il se passe chez les Brits.  Cela n’enlève rien au caractère spécial de l’Angleterrre et de son rapport aux lois.

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Le HURON
Commentaire Nº19 - 25/12/2009 - 20:08

@ Petitminus 11 : bel exposé que j’apprécie à sa valeur. Mais nous ne sommes plus sous “l’ancien régime” qui avait sûrement ses avantages. La féodalité n’a pas la noirceur que des historiens-idéologues lui ont donné. Ceci étant, on ne peut pas revenirt en arrière, même si on peut le regretter à tort ou à raison. Vous rendez hommage indirectement à l’intelligence de Marx qui n’a eu de pires ennemis que les ..marxistes! C’est rare ici. Ceci étant je suis tout à fait pour la “libre entreprise” mais aussi pour le bien commun! L’Eau, l’énergie, ne peuvent être privatisé. Tout ce qui est “vitale” pour un pays doit forcément être supervisé par l’ETAT pour le bien de tous. Le dévoiement que nous connaissons est “anti-démocratique”…
 
Vous pouvez lire utilement :

“LA GRANDE BRADERIE DU PATRIMOINE PUBLIC DES FRANCAIS”
sous-titré Une OPA géante sur la France. Ed. F-X de Guibert
A lire l’histoire (chiffres à l’appui!) de la spolliation du Peuple Français vous apprendrez sans doute beaucoup. En revanche me qualifier de “socialo-communiste” est une insulte. Vous savez très bien que le “socialisme” du soi-disant PS n’est qu’un pavillon de complaisance de la bourgeoisie mondialiste, quant au terme de “communiste” il a été trop lié à un système criminel pour s’en réclamer encore, il n’empêche que, comme l’a bien dit Grégor Strasser “…conserver une ligne en équilibre entre le nationalisme légitime et le socialisme nécessaire”
 
LE NATIONALISME LEGITIME
LE SOCIALISME NECESSAIRE
 
Voilà, tout est dit. Vous n’êtes pas obliger d’être d’acord avec moi. C’est votre droit, et je le respecte.

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Imperator.
Commentaire Nº20 - 26/12/2009 - 23:08

Quel délire! Quelqu’un a évoqué 1984 (roman d’Orwell), à juste titre : on s’en rapproche à grand pas.

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Le HURON
Commentaire Nº21 - 26/12/2009 - 23:27

@ Petitminus : Pfff ! un pet sur une toile cirée ?

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Jean Baudrillard avait relevé qu’il existait SOS-Baleines et SOS-Racisme, les premiers voulaient sauver les baleines, et les seconds, sauver les racistes, pour conserver leur magnifique sentiment de supériorité morale. (…) La race pure était le projet délirant de Hitler ; la religion du métissage est le Graal de notre époque. — Eric Zemmour, Hebdo Vendredi, 28 novembre 2008

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