Musique : l’Amadis des Gaules de Lully
1 novembre 2008, 13:18 | Auteur : François | |
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Opéra en un prologue et cinq actes de Jean-Baptiste Lully, sur un livret de Philippe Quinault (1635-1688). C’est Louis XIV lui-même qui donna à Quinault le sujet qui, dit-on, embarrassa ce dernier, au point d’y travailler tout l’été de 1683 et de susciter de sa part un madrigal intitulé L’Opéra difficile qui se terminait par :
O Ciel ! peut-on jamais avoir
Opéra plus fâcheux à faire ?
La création devait avoir lieu à Versailles, durant le Carnaval de 1684. La mort de la reine l’empêcha, et Louis XIV accepta que la première représentation ait lieu à l’Académie royale, le 18 janvier 1684. Les décorations et costumes dessinés par Bérain furent trouvés admirables et d’un goût nouveau. Les vols, dont la nouveauté et l’exécution suprirent les sepctateurs étaient du même Bérain.
Il y eut une version de concert «sans danse, ni ballet, sans théâtre» chez la Dauphine, à laquelle le roi n’assista pas. La représentation dans la Grande Ecurie de Versailles eut lieu le 5 mars 1685, sans décors ni machines.
Synopsis
Amadis, fils naturel de Périon et d’Elisène, est abandonné sur une barque au fil de l’eau, avec pour seuls signes de reconnaissance une épée et un anneau. Il est recueilli par Gandales qui l’élève comme son fils. Plus tard, il est conduit à la cour du roi Langrines où il rencontre Oriane, fille de Lisuarte, roi de Bretagne. Les jeunes gens s’éprennent l’un de l’autre et se jurent fidélité éternelle. Grâce à Oriane, Amadis est nommé chevalier : il accomplira tous ses exploits chevaleresques pour l’amour de sa dame. Pour avoir vaincu le géant Abiès, ennemi du roi Périon, il est accueilli par celui-ci avec tous les honneurs. Grâce à l’anneau qui ne l’a pas quitté, il est reconnu par ses parents. Mais ce n’est pas la fin de ses aventures. Retenu par enchantement au château d’Arcalaüs, il sera libéré par Urgande, sa mystérieuse protectrice. Il affronte ensuite sans le savoir son propre frère Galaor, mais les deux chevaliers finissent par s’unir pour de nouveaux exploits. Ils auront notamment pour tâche de délivrer Lisuarte et sa fille Oriane, prisonniers dans un château enchanté. A nouveau placé sous un charme maléfique, Amadis sera à son tour délivré par Oriane, qui s’offre à lui. Le héros se rend au royaume de Sobranise, où l’accueille somptueusement la reine Briolanie, mais ses pensées vont à la seule Oriane. Il part à sa recherche. Au cours de son voyage, il surmonte mille obstacles pour délivrer de preux chevaliers retenus prisonniers. Mais une lettre d’Oriane lui parvient : pensant qu’il s’est épris de la reine Briolanie, elle affirme ne plus vouloir entendre parler de lui. Amadis, désespéré, se retire sur une montagne, se faisant appeler le Beau ténébreux. Toutefois, l’occasion lui est encore donnée de porter secours à Lisuarte et Oriane. Il devient, par ses exploits, le plus grand héros du monde, triomphant tour à tour en Allemagne, en Bohème, en Italie et en Grèce. Enfin, il arrache Oriane à l’empereur d’Occident qui la retenait captive et tous deux peuvent cette fois s’unir pour toujours. (Dictionnaire chronologique des Opéras – Le Livre de Poche)
Catégorie : Les essentiels, Musique, patrimoine |
Voir également :
- Dimanche Desouche Musique : Te Deum de Jean-Baptiste Lully
- Cenerentola (Cendrillon) de Rossini
- Vae Victis – Fils de la mémoire
- Bernard de Ventadour – Can vei la lauzeta mover
- Orfeo de Monteverdi
17 Commentaires

Ah, les romans de chevalerie, Chrétien de Troyes…
Amadis de Gaule, un hyper classique aujourd’hui oublié faute d’étudier les humanités que l’éducation nationale s’est appliquée à déglinguer pour suivre son plan de nivellement par le bas.
je préfère quant même le désopilant DON QUICHOTTE de la manche.
Il nous ressemble tellement, le héros de Servantes. Il voit les choses de manière à la fois tellement lucide, folle et drôle.
On aurait mieux fait d’envoyer à tous les producteurs de “series nulles et sans intêret” français où américains, le texte d’“Amadis des Gaules”. Ce n’était pas la peine d’inventer des histoires comme “le seigneur des anneaux” alors qu’on avait à notre portée du fantastique et en plus du Littéraire Français ! – Ca aurait changé de la médiocrité habituelle. La mythologie grecque et romaine sans parler des lumières du grand siècle suffiraient à faire des des sujets de films pour des années… TNT : 18 chaînes de médiocrité. C’est tout.
C’est vrai : j’ai également pensé au seigneur des anneaux!! (plagiat?)
Ca me rappelle le festival de Hammamet avec le neveu Mitterand (grand amateur de..) qui interrogeait une tunisienne sur l’interprétation de la 5e symphonie de Beethoven qui répondit : mouii, c’est pas mal, !!!
Magnifique musique du Grand Siècle.
Le “Seigneur des anneaux” est imprégné de symboles et de références mythologiques européens.
Tolkien était un universitaires spécialistes de langues anciennes comme le vieil anglo-saxon ou le gallois.
Le livre, très riche,est de mon point de vue, une réussite.
Cette musique est le révélateur d’un très haut niveau de civilisation, le Grand Siècle. Nous par contre sombrons dans un très petit siècle mesquin et la culture de notre malheureuse époque ne laissera pas grand chose. Plus de musique autre que de la musique industrielle (à de très rares exceptions près), plus de poésie, plus de littérature digne de ce nom puisque remplacée par les déjections de nos écrivaillons, plus de peinture qui ne soit pas l’immense attrape-nigauds de l’art contempourrien, resucée épuisée d’un post-dadaïsme éreinté, RIEN, le Néant d’une époque entièrement librée au FRIC et aux histrions qui prétendent la gérer. Ecoutons Lully !
@TNT
Désolé TNT, je ne pensais pas de mal contre vous mais bien contre le “service public” malveillant et propagandiste-schtaffel de la pensée unique fait de programmes pour les crétins etc…
et comme dit chateaubriand : “Ecoutons Lully” !
Je viens d’écouter le requiem de Berlioz sur radio-courtoisie (qu’est-ce qu’elle est bien cette radio) tiens ils parlent deFDS!
Si vs voulez rire : écoutez Caruso chanter Lully, le pauvre, il devait être vieux et le classique ne lui allait pas du tout!!
Bon sang ! c’est autre chose que la RAP tout de même ! et c’est le RAP qui veut tuer cette culture là ?
Juste pour rire, Lully était :
- un étranger immigré ;
- un artiste officiel genre lèche-bottes, combinard et subventionné ;
- un pédophile.
A part ça : très bel exemple de réinterprétation française de mythes européens bien plus anciens. En ce sens, une préfiguration de Wagner.
Magnifique, merci !
@denis
Ce n’est absolument pas drôle et cela se rapproche du sous-humour éculé d’un torche-cul tel Charlier Hebdo. C’est avec ce genre de dérision que toute la culture européenne est passée à la trappe dans un immense éclat de rire nihiliste. Depuis il n’y a plus rien.
@ chateaubriand : Il n’y a pas moins nihiliste que moi. Ce n’était pas de la dérision, tout était exact, et en fait c’était – le public de Fdesouche étant ce qu’il est – une discrète invitation à relativiser certaines choses. Dire que l’oeuvre prime le profil sociologique (ou ethnique, ou l’orientation sexuelle, etc) de l’artiste, c’est l’exact contraire de la dérision. C’est d’autant plus important et urgent de faire cela, aujourd’hui, sur Fdesouche, que nous avons eu droit à un fil de discussion parfaitement consternant, au sujet de Serge Gainsbourg, et ce très récemment. Le “juste pour rire” n’était qu’une tournure de phrase. Je regrette que cela vous ait échappé.
@denis
Le fait que ce compositeur ait été Italien, sans doute représentatif d’une certaine servilité à l’époque où la survie économique des artistes dépendait du bon vouloir des Grands, et qu’il ait eu des penchants (on dit désormais orientations) non “conventionnels” sont connues. Mais personnellement, tout comme vous je m’intéresse plutôt à l’oeuvre et non aux “cancans” sur tel artiste ou tel autre. Je n’ai pas suivi le fil sur Gainsbourg, mais de mon côté je n’ai jamais pensé qu’un artiste respectable devait correspondre aux conventions de que l’on appelait dans la Passé, l’Ordre moral, et peut-être est-cela que vous visiez chez le comentateur Fddesouche type que vous semblez identifier. J’ai réagi sans la moindre référence à cela mais plutôt au premier degré parce que nous avons désormais l’habitude de voir systématiquement dénigrés ou salis tous les représentants de l’Art et plus généralement de la culture européenne. C’est une technique qui permet d’anéantir le Passé au nom d’une transparence moralisante jetant le discrédit sur qui ne devrait apparaître que comme l’hypocrisie de l’Occident. Ce sont les fameux hommes blancs hétérosexuels et sans doute dominateurs qui doivent disparaître des programmes scolaires au nom d’un politiquement correct hygiéniste. C’est ce que j’avais cru comprendre dans votre petit commentaire sur les moeurs de ce Lully, je n’ai sans doute pas suffisamment d’ancienneté sur le site pour ne pas m’être mépris.
@ Chateaubriand : Je comprends votre réflexe ! Et de manière générale, sur le fond, vous avez parfaitement raison.
Ouf !
Quel bol d’air vivifiant !! Et quel bonheur …
A quand Charles Dollé (1710-1755) ou Antoine Forqueray(1672-1745) ? C’est à écouter …
Merci François .
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Commentaire Nº1 - 1/11/2008 - 13:42