“Don Giovanni” de Mozart
25 octobre 2009, 0:29 | Auteur : François | |
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Nouveau ! Chaque Dimanche, Alexandre, mélomane jeune mais averti, nous fera découvrir ou redécouvrir des oeuvres classiques de notre répertoire. Cette semaine, il nous présente “Don Giovanni” de Mozart.
http://www.dailymotion.com/videox1lxsiL’extrait dure 5 minutes 20 mais n’est pas difficile à aborder même pour des non-musiciens grâce au jeu des acteurs, au décor et au sous-titrage en Français.
Petit conseil, n’oubliez pas de régler la qualité de la vidéo sur “haute” en cliquant sur le petit “HQ” .
I/ Résumé de l’intrigue:
Don Giovanni (= Don Juan en Français) est un jeune noble qui au grand désespoir de son père passe son temps à jouir de la vie, que ce soit le vin, la bonne chère ou les femmes. Très grand séducteur, fin manipulateur, aidé malgré lui par son pauvre valet Leporello qui doit subir les frasques de son maître, Don Juan attire les femmes dans son lit en leur promettant le mariage avant de les délaisser complètement le lendemain.
Il tue en duel le père de l’une de ses conquêtes. Après beaucoup de péripéties, il se retrouve pourchassé par les maris, les fiancés, les frères de celles qu’il a séduite et se réfugie dans un cimetière avec son valet pour se cacher des poursuivants. Il se trouve face à la statue de la tombe du père qu’il a tué et par bravade se moque de sa fille. La statue du père s’anime et lui demande de se repentir et de cesser de faire le mal sous peine de finir aux enfers. Don Juan, par bravade, invite la Statue à dîner chez lui.
la Statue vient à son dîner et lui demande une nouvelle fois de se repentir. Don Juan refuse toujours. La Statue du père lui propose alors de venir dîner chez lui, Don Juan bien que terrorisé accepte, lui tend la main. Il meurt foudroyé et disparait dans les flammes de l’Enfer.
II/ Le Passage que vous allez voir:
Il se situe au début de l’opéra, Acte I scène 4. Donna Elvira (la femme en blanc sur la vidéo) vient d’être séduite puis délaissée par Don Juan et ne comprends pas ce qui lui arrive. Elle rencontre par hasard Leporello (le valet de Don Juan, complice forcé de son maître) et lui demande des explications.
Celui-ci explique à Donna Elvira que malgré les apparences et tout ce qu’il a pu lui dire, son maître se moque complètement d’elle et qu’il ne s’intéresse pas plus à lui qu’à une autre. Il s’empare d’un énorme livre, et déroule devant la pauvre femme tout le “catalogue” des conquêtes féminines de son maître, femmes de tout âge, de toute condition, belles ou laides, blondes ou brunes et de tous pays.
La scène se clôt sur la pauvre femme qui regarde ébahie la liste déroulée devant ses yeux.
Don Juan lui même n’est pas présent dans cette scène.
III/ Quelques Remarques générales:
D’un point de vue musical et scénaristique, cet opéra est plus sombre que les autres de Mozart. Mais on y trouve de nombreux éléments comiques, “champêtres” même qui permettent de faire baisser la tension. C’est particulièrement sensible dans l’introduction, si assez sinistre et menaçante elle annonce déjà la mort de Don Juan, elle n’est cependant jamais loin du “sautillant”, du burlesque, du “flamboyant bravache”.
Prêtez bien attention dans la scène au jeu du “catalogue”, dans lequel Leporello assisté de quelques laquais déroule littéralement sur les escaliers la liste des conquêtes de Don Juan tout en chantant pendant 6 minutes!
L’extrait vidéo est issu de l’excellent film Don Giovanni de Losey tourné en 1979. Il s’agit d’une sorte d’”opéra-film” assez inclassable mais d’une beauté stupéfiante encore inégalée aujourd’hui.
Le tournage en lui même a lieu dans la somptueuse “Villa Rotonda” de Vicenze, du Sculpteur et Architecte du XVIème siècle Andrea Palladio. Cette villa est à elle seule une oeuvre d’architecture magistrale, mélangeant le côté “massif” du Palais Romain avec les lignes harmonieuses de la Renaissance.
Catégorie : Dimanche Musique, Les essentiels, Musique, Notre identité, patrimoine |
Voir également :
- Cenerentola (Cendrillon) de Rossini
- Messe pour Mozart
- “Roméo et Juliette” de Serge Prokofiev
- Dimanche Desouche Musique : Te Deum de Jean-Baptiste Lully
- Haendel – Ode pour l’Anniversaire de la Reine Anne
71 Commentaires

magnifique !
le Don Juan de Mozart, comme ses deux autres opéras en italien sur livret de Da Ponte, le Mariage de Figaro et Cosi fan Tutte, sont des chefs d’oeuvre absolus, que l’on ne se lasse pas d’écouter et de savourer, parce que la musique en est sublime et les thèmes de l’intrigue éternels
mais j’avoue ma préférence en général pour des versions plus anciennes, enregistrées dans les années 50/60, parce qu’il n’y avait pas encore à cette époque cet aspect commercial regrettable qui a envahi depuis le monde de l’opéra avec la pipolisation de certains artistes lyriques promus comme des stars de Hollywood et rendus soi-disant incontournables pour vendre l’oeuvre
les directeurs de salles ou de festival avaient le soin de construire des interprétations où les voix des différents rôles étaient choisies avant tout pour assurer un équilibre et une homogénéité d’ensemble à l’oeuvre, respectant ainsi une donnée essentielle de l’art lyrique
[quote]A noter que de nos jours dans beaucoup de scènes ils ont souvent des tarifs inférieurs à 20 euros si vous savez vous y prendre).
L’opéra, ce n’est plus que pour les très riches!
[quote]
Ah je n’avais pas vu ca.
Pour rebondir dessus, je tiens aussi a preciser qu’il existe d’excelentes places entre 10 et 20 euros à l’Opera Bastille !! En revanche elles ne sont pas vendues par internet ou telephone, il faut aller aux guichets (et evidement le jours de l’ouverture des resevations).
Quoi qu’il en soit, ne depensez jamais 150 euros pour une place devant à l’orchestre. On y voit mieux, mais le son est mauvais. C’est le paradoxe des salles parisiennes, il faut les yeux en bas et les oreilles en haut…
Par contre les places a 10 euros n’ont pas toutes les sous-titres.
C’est pareil au Theatre des CHamps ou Pleyel, les places au 2nd balcon à 10-15 euros sont largement de tres bonne qualité si vous y allez pour ecouter.
Sinon vous avez les concerts gratuits de Radio-France. La programmation est souvent bien plus interessante et geniale que les grandes salles classiques. Par contre faut arriver en avance pour bien se placer, 1h au moins quand il s’agit de grandes oeuvres.
Pour les jeunes vous avez aussi les places à 4,5 euros. Ou comment se retrouver pour le prix d’un paquet de clopes à cote des bourgeoises enchoucroutées qui ont payé 100 euros
Et sinon n’oubliez pas les concerts Colonnes, avec l’excelentissime Laurent Petitgirard (l’unique et meilleur chef d’orchestre francais). Il est tres soucieux du choix, de la qualite et de l’originalite des oeuvres, et les places sont tres peu chere ! Et le niveau de l’orchestre n’a rien à envier aux grands noms.
On dit que la musique classique est hors de prix, c’est totalement faux. Suffit de connaitre les combines et d’avoir un peu d’experiences et de connaissances (etre au conservatoire aide forcement à ce niveau là pour se refiler les plans ou les places).
Niveau partitions, rue de Rome, dites toujours que vous etes au CNSM, ca vous fera 10% et ils ne verifient pas.
SI vous ne jouez pas mais que vous vous contentez de lire, achetez les editions Dover. Ou comment avoir un Opera entier ou une integrale d’oeuvres pour 10 euros…
le christianisme a effectivement couvé la musique classique en l’associant à la messe. Il y a une recherche commune d’élévation d’abstraction de transcendance tant dans le message chrétien que dans la musique classique.
Le christianisme élève vers dieux symboliquement, l’islam soumet à dieux !
Les africains eux ont choisis le tam tam qui conduit à un abaissement de la conscience via la transe (napolitaine).
Salut,
je suis allé écouter récemment ‘Le Barbier de Séville’ à l’Opéra Bastille.
Tout était excellent jusqu’à ce que patatras, lors de l’apothéose d’une scène finale, Figaro enlève son costume pour laisser apparaitre un maillot de foot N°10, sort un ballon et jongle (au pied) avec!
Une bonne partie de la salle s’est mise à applaudir chaudement.
Mes amis et moi étions consternés, vous devinez pourquoi.
Mais comment arrivent-ils à pourrir TOUT ce qu’il y a de beau en ce bas monde?!?
Un merveilleux spectacle terminé honteusement.
Nous n’y remettrons plus les pieds.
@civitas Parisiorum
Commentaire Nº56 – 25/10/2009 – 14:03
Bienvenue dans le monde de la mise en scene contemporaine.
Mon pire souvenir, c’etait le Parsifal d’il y a 1 an et demi environ, où une video du film “Allemagne Annee 0″ etait diffusée au debut de l’acte III, celle avec le gamin qui se suicide. La salle s’est mise à huer, pendant que d’autres applaudissaient, et les insultes se sont mises à fuser dans tous les sens, on a meme entendu des “fachistes” (comme quoi ce mot est devenu tellement passe partout quand on n’a pas d’arguments)…
Sinon il y a aussi eu Wolf , avec les scenes de fellation et les chiens sur scene…
Après ce dernier opéra, chef-d’oeuvre absolu, je n’ose imaginer quel aurait été le suivant si Mozart avait vécu !!! Et les belles voix de baryton, comme celle de R.Raimondi sont plutôt rares, ce qui en fait un enregistrement unique. A déguster sans modération !!
tol
Commentaire Nº20 – 25/10/2009 – 11:06
Superbe. Y aura t il une disgression sur l’opéra baroque ?
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Je tenterai peut-être de présenter un opéra baroque, mais j’ai l’impression que c’est assez difficile, à part ceux de Monteverdi j’en connais pas beaucoup.
Lully (d’origine italienne) fera quelques tentatives en mélangeant théâtre, poésie, danse mais ce n’est pas ses plus grandes réussites.
Les grands moments de l’Opéra sont quand même au XVIIIème et au XIXème.
@ tous:
Merci de vos encouragements!
Je remercie tous les gens qui m’ont proposé des morceaux à écouter. Je ne peux pas les écouter où je suis, mon père regardant la télé dans le fauteuil mais je le ferai.
Rendez-vous Dimanche prochain pour un nouveau morceau!
Pommier du Val
Commentaire Nº31 – 25/10/2009 – 12:15
L’étude de l’ouverture de Don Giovani est un grand classique en cours d’analyse et d’écriture au conservatoire. Je n’y ai moi même pas coupé
Elle est remarquable non seulement pour sa technique d’écriture, car pour une fois Mozart innove et sort des carcans classiques (par exemple vers la fin où une sixte napolitaine enchaine sur une sixte allemande, c’est révolutionnaire pour l’époque), mais aussi pour l’esthétique pre-romantique.
Les historiens de la musique se font d’ailleurs la guerre pour savoir qu’elle est l’œuvre fondatrice du romantisme musical: Don Giovani de Mozart ou la Sonate Pathétique de Beethoven ?
Sinon on peut participer à l’article du dimanche matin? Pour les 100 ans de sa naissance j’avais écrit et soumis un article sur Messiaen mais je n’ai jamais eu de réponses…
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Ah, un autre condisciple de Conservatoire, abreuvé de sixte napolitaine, de tierce picarde et autre quinte à vide!
C’est vrai que Don Giovanni est souvent considéré comme les débuts du Romantisme car Mozart mélange dans la même oeuvre des éléments tragiques et des éléments comiques (pour faire simple).
Jusque là l’Opéra et même le théâtre avaient une séparation “stricte” à savoir on met dans la même pièce uniquement des éléments tragiques ( ce qu’on appelle au théâtre une “tragédie”) ou uniquement des éléments comiques (ce qu’on appelle au théâtre une “comédie”).
Cette “barrière des genres” sautera au théâtre au XIXème siècle et commence à sauter dans l’opéra chez Mozart fin XVIIIème siècle.
Pommier du Val
Commentaire Nº31 – 25/10/2009 – 12:15
Sinon on peut participer à l’article du dimanche matin?
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Pour le moment, je ne préfère pas, surtout pour des raisons pratiques en fait… Je tiens à “caler” le truc d’abord.
Je suis désolé que votre article sur Olivier Messiaen n’ait pas été retenu, beaucoup d’articles passent malheureusement à la trappe faute de place j’imagine.
Olivier Messiaen était ma bête noire au conservatoire, un peu comme Fauré, ce sont des compositeurs très profonds et souvent difficiles à interprêter correctement!
Françoise
Commentaire Nº58
Il y en a eu après : Cosi fan Tutte, La Clemenza di Tito, et le meilleur à mon avis : Die Zauberflöte (La Flûte enchantée.)
Certes l’Europe « chrétienne » fut l’apogée de l’humanité (encore que cela reste subjectif).
Mais ça n’a pas grand chose à voir avec le fait qu’elle est été chrétienne .
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L’apogée de l’Europe arrive, comme par hasard, à partir du moment où elle est chrétienne. Avec l’explosion des découvertes et progrès, notamment dans l’agriculture dès le 10ème siècle (merci aux moines), puis dans tous les domaines.
Mais comme vous dites, rien à voir avec le christianisme. Le hasard, sans doute.
Malheureusement tous ces progrès n’ont pas eu lieu en 30 000 ans de paganisme.
Olivier Messiaen était ma bête noire au conservatoire
Un de mes profs fut élève d’Olivier Messiaen au conservatoire de Paris. 40 ans après il en parlait encore comme d’un dieu vivant, avec les yeux tout brillant ! Le gout pour les bonnes choses et le refus de la médiocrité, ca se transmet aussi de génération en génération, de maitre à élève. Ce n’est pas dans les livres que l’on apprend à écouter ou plus généralement vivre. J’ai l’impression que ca disparait de plus en plus de nos jours…
Sinon quelle œuvre avait vous joué de Messiaen? Si c’est le catalogues d’oiseaux, je comprend que ca vous ai laissé un mauvais souvenir
@ Alexandre
Merci pour vos réponses à chacun d’entre nous.
J’ai une idée : si c’est seulement le dimanche que vous nous ferez connaître la musique classique, pourquoi ne pas garder le post’ en haut de page toute la journée pour que tout le monde puisse en prendre connaissance ?
Ce serait aussi une manière de rassembler de plus en plus de posteurs autour d’une oeuvre musicale attendue régulièrement ?
Je me permets de le demander à François, que je remercie pour avoir tenu compte de votre proposition.
Ah, un autre condisciple de Conservatoire, abreuvé de sixte napolitaine, de tierce picarde et autre quinte à vide!
Et depuis ma découverte du “mode Fauré” (qui porte ce nom car il est le seul compositeur à l’avoir utilisé comme tel), ca fait des années que je ne peux plus imaginer une cadence autrement que dans ce mode.
Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, regardez la première cadence du Pie Jesus de son requiem. Ca sonne religieuso-médiéval, j’adore
Ajout:
http://www.youtube.com/watch?v=ZThARSv69Rg
a la 14eme seconde
Duchesse du Berry
Commentaire Nº66 – 25/10/2009 – 18:46
@ Alexandre
Merci pour vos réponses à chacun d’entre nous.
J’ai une idée : si c’est seulement le dimanche que vous nous ferez connaître la musique classique, pourquoi ne pas garder le post’ en haut de page toute la journée pour que tout le monde puisse en prendre connaissance ?
Ce serait aussi une manière de rassembler de plus en plus de posteurs autour d’une oeuvre musicale attendue régulièrement ?
Je me permets de le demander à François, que je remercie pour avoir tenu compte de votre proposition.
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Pourquoi pas mais seul François peut en décider. ça donnerait un petit côté “supplément du Dimanche/Magazine”…
Je lui en parlerait éventuellement pour la semaine prochaine.
En tout cas je suis très satisfait de ce premier essai, on a réussi à avoir plus de 60 commentaires sans aucun sujet polémique dedans. D’habitude, pour les posts culturels, on en a 25-30 et c’est déjà pas mal.
Dimanche Musique vous dit à la semaine prochaine!
Une belle illustration de la légèreté de l’homme Occidental envers les Femmes. Infidèle hier mais viril et encore plus infidèle aujourd’hui mais sans virilité aucune. Les cpf ont de beaux jours devant eux face aux femmes blanches
Merci pour cette petite séquence.
Ce qu’il y a de bien avec l’art, c’est que ça reflète particulièrement bien l’époque où ça a été crée, tout en se basant sur les traditions et l’héritage de la civilisation.
Autrement dit, il est difficile d’orienter l’art selon une idéologie. Seul le temps permet de juger des “oeuvres d’art”.
Ainsi Cali et sa merde multi-culturelle passeront à la trappe une fois cette idéologie passée de mode.
Nos dirigeants actuels peuvent subventionner, acheter ce qu’ils veulent pour leurs projets. Carla Bruni peut gratter sa guitare jusqu’à en perdre le doigts, je suis sûr que dans 100 ans, personne n’en parlera.
A ce titre, je pense qu’il sera important de présenter de temps en temps des oeuvres de musique instrumentale contemporaine. Ca permettra de montrer qu’actuellement, de la grande musique est encore faite.
Par exemple, Arvo Pärt, Estonien.
http://www.youtube.com/watch?v=TRZLxxR23K4
Bien sûr il les autres styles musicaux ne sont pas à négliger. Mais là, il suffit d’allumer sa radio.
s’intesser à l’art lyrique et tout particuliérement au Musicien W.A MOZART est plutot rare de nos jours! vaila qui réchauffe
l ame du mélomane que je suis. Et pour paraphraser ,en toute modestie Charles beaudelaire: “la Musique souvent me prends
comme la mer. DeL’ART , pas du lard(rap).
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