Patrimoine littéraire : Blaise Cendrars

13 août 2009, 12:45  |  Auteur : Cadoudal  | | Bookmark and Share |

Poète, romancier, journaliste et grand voyageur, Blaise Cendrars fut aussi un soldat courageux qui défendit la France dans les tranchées de 14-18. Portrait d’un bourlingueur né en Suisse, attiré par la Russie et le Brésil, mais qui versa son sang pour la France « bien avant toute ambition d’écrire ».

Né le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds (Suisse), Frédéric Louis Sauser grandit dans une famille d’origine bernoise, mais francophone. Après avoir été apprenti bijoutier à Saint-Petersbourg puis figurant au théâtre de la Monnaie à Bruxelles, le jeune Suisse prend le pseudonyme de Blaise Cendrars, duquel il signe Les Pâques, son premier poème, écrit à New York au cours de la nuit de Pâques. De retour en Europe, il s’installe à Paris où il fonde, en 1912, les Editions des Hommes Nouveaux pour publier son poème. En novembre 1913, il publie la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France. C’est l’époque de la bohême parisienne, durant laquelle il côtoie Fernand Léger, Georges Braque, Modigliani…

Puis l’attentat de Sarajevo embrase l’Europe. Dès le 3 août 1914, l’écrivain s’engage dans l’armée pour défendre cette France qu’il aime. Il passera une année au front. Grièvement blessé au bras droit lors de la grande offensive de Champagne (septembre 1915), il est amputé de la main. Son courage et son énergie lui valent la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme. L’année suivante, Cendrars est naturalisé français. Il se remet péniblement à écrire. De sa main gauche, il signe notamment La Fin du monde (1917), Le Panama ou les aventures de mes sept oncles et J’ai tué (1918). Après s’être essayé au cinéma, Cendrars rencontre son premier succès de grand public en 1925 avec L’Or, aventure merveilleuse d’un pionnier du far-west ruiné par la découverte de gisements d’or sur ses terres.

En 1926, il voyage au Brésil et publie Moravagine, roman sombre et envoûtant. Moravagine, dernier descendant d’une famille royale en exil, incarne le mal, la folie, l’énergie destructrice que Blaise Cendrars cherche à exorciser. La même année, il publie également Eloge de la vie dangereuse et l’ABC du cinéma. En 1930, il amorce un mouvement vers le journalisme avec Rhum, biographie d’un affairiste tenté par la politique et l’aventure : Jean Galmot. Il rencontre John Dos Passos puis Henry Miller et enfin James Cruz qui adapte L’Or au cinéma. Durant cette seconde période « parisienne », ses amitiés et des sympathies franquistes l’entraînent en Espagne.

En 1940, il cherche à s’engager à nouveau mais l’armée française refuse le manchot quinquagénaire. Il quitte alors Paris pour Aix-en-Provence et publie ses Poésies complètes, L’Homme foudroyé et La Main coupée, ces deux dernières œuvres revenant sur son expérience de la guerre. En 1950, il revient à Paris et enregistre treize entretiens avec Michel Manoll à la R.T.F, diffusés à l’automne dans Blaise Cendrars vous parle… Il signe encore une préface aux Instantanés de Paris de Robert Doisneau (1955), Emmène-moi au bout du monde !… (1956) et A l’aventure (1958) avant qu’une attaque d’hémiplégie ne mette fin à son œuvre. Décédé en 1961 à Paris, Blaise Cendrars est enterré au cimetière des Batignolles. En 1994, ses cendres sont transférées au cimetière du Tremblay-sur-Mauldre, près de sa « maison des champs ».

De cet écrivain voyageur à la vie aventureuse, on peut lire ces lignes poignantes qui prouvent un attachement charnel à sa patrie d’adoption : « Aujourd’hui que nous écrivons dans une atmosphère de fin du monde, que d’une heure à l’autre une bombe peut venir mettre un point final à mon manuscrit, (…) le moment serait mal choisi de faire étalage de grands sentiments ; l’heure est venue d’être vrai ; mon dernier espoir n’est pas d’entrer à l’Académie mais d’être enfin couché dans cette terre de France qui s’entrouvre et pour laquelle j’ai versé mon sang bien avant toute ambition d’écrire. » (L’homme foudroyé, 1940)

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Catégorie : Les essentiels, Livres, Notre identité, patrimoine |

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18 Commentaires

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Plan B
Commentaire Nº1 - 13/8/2009 - 13:07

Ah Blaise. La Classe !
 
(Ok je sors)

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SOBIESKI
Commentaire Nº2 - 13/8/2009 - 13:08

Entre les deux guerres, Blaise Cendrars refuse à plusieurs reprises la Légion d’Honneur à titre civil. Il répond invariablement que son colonel l’a proposé en 1915 et que c’est à titre militaire qu’il entend être décoré. En juillet 1939, il est enfin fait Chevalier de la Légion d’Honneur en tant qu’ « engagé volontaire étranger mutilé ».
Un écrivain d’exception, oublié aujourd’hui, il faut bien reconnaître qu’il n’était pas spécialement philosémite, ceci expliquant sans doute cela …

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babar_becue
Commentaire Nº3 - 13/8/2009 - 15:31

“La main coupée”, chef d’oeuvre de noblesse d’âme et d’humour sombre.
 

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Marcelle
Commentaire Nº4 - 13/8/2009 - 15:32

 

À noter : depuis 2000 (à peu près), Denoël réédite les œuvres de Cendrars (il doit maintenant y avoir une quinzaine de volumes au moins). Pour les livres les plus connus, il y a les éditions de poche (Folio de Gallimard, Cahiers rouges de Grasset). Aux éditions Fata Morgana, il y a aussi des textes intéressants quoique moins lus, et souvent illustrés (John Paul Jones ou l’ambitionLes Armoires chinoisesMon voyage en Amérique…).

Ce qui est plutôt amusant avec Cendrars, c’est que sa vie et ce qui l’écrit se mêlent dans une même légende rocambolesque, dont on ignore souvent si elle est vraie ou fausse, reprise, inventée de A à Z, ou exagérée… En tout cas, pour ceux qui aiment les livres d’aventures très bien écrits, Cendrars (qui est allé partout, a côtoyé tout le monde et fait tous les métiers) est tout indiqué.

J’ajoute à la liste donnée par Cadoudal un roman – Dan Yack – en deux livres : Le Plan de l’Aiguille ; Les Confessions de Dan Yack. Au programme : mont Blanc, Saint-Pétersbourg, glaces de l’Antarctique, nuit polaire, port Déception (c’est son nom), folie…
 
« Un écrivain d’exception / oublié aujourd’hui »

Oui / Et… pas tout à fait : il semble que L’Or soit encore souvent donné à lire aux collégiens (j’ai vu chez Gibert des éditions apparemment destinées aux adolescents). Mais c’est vrai qu’à part ce roman, on n’en parle pas trop. Et puis, comme souvent, les lectures imposées au collège ont tendance à dégoûter les élèves…, c’est pas dit que ce soit un cadeau pour la défense de la littérature française que de le coller au programme de l’Éduc. “nationale”…

 

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genevieve
Commentaire Nº5 - 13/8/2009 - 15:40

Marcelle , l’Or est en effet étudié pafois dans les collèges , et bien souvent , les élèves disent qu’ils n’arrivent pas à lire chez eux tout seuls, mais adorent ce qu’on leur propose en classe.
J’avais également recommandé un court recueil composé lors d’un voyage en cargo jusqu’en amérique Feuilles de Route, sans oublier La Prose du Transsibérien.

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100%antimomo
Commentaire Nº6 - 13/8/2009 - 15:50

@marcelle

à 20 piges,véridique, j’avais pris ca au pied de la lettre,quand je suis revenu,ma copine était partie ;)
sa poésie et son amour du foot m’avais conquis,il avait d’ailleurs joué à St petersbourg, je crois, ou un truc comme ca.Si vous achetez le livre de sa fille Myriam, il y’a de magnifiques photos, en train d’écrire avec son bras coupé.

felicitations pour vos interventions,toujours agréable à lire…

Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir

Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises

II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre

Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends

Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler

Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en

Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe l’œil
Je prends mon bain et je regarde

Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime

Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

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Marcelle
Commentaire Nº7 - 13/8/2009 - 16:35

“les élèves disent qu’ils n’arrivent pas à lire chez eux tout seuls, mais adorent ce qu’on leur propose en classe.”

Chère genevieve, cela doit évidemment dépendre du professeur. Pour ma part, tombée en quatrième sur une prof’ vraiment pas convaincante, c’est à peu près l’inverse de ce que vous décrivez qui m’est arrivé : j’avais aimé lire L’Or, mais dès qu’on l’a étudié, je l’ai détesté, ou plutôt, je ne l’ai pas reconnu. Mais faut dire, bon sang, qu’elle était con cette prof’, mais con, mais con, vous n’imaginez pas. Avec elle, j’ai fini par comprendre que certains de mes camarades affirment “détester lire”. Heureusement que je n’ai pas eu que des professeurs comme ça. Vous-même, vous l’êtes, prof’ ?

***

Merci, 100%antimomo.

Sur le bras amputé, une anecdote intéressante, relevée par Claude Roy je crois (un des spécialistes de l’œuvre de Cendrars), mais je ne sais plus dans quel essai. Bref, dans Dan Yack, qui se passe donc en partie en Antarctique, Cendrars parle à plusieurs reprises de “pingouins”. Or, dans l’hémisphère Sud, et ce baroudeur de Blaise ne devait pas l’ignorer, y a tout de même plus de chances qu’il s’agisse de “manchots”. Mais voilà, ce dernier terme est soigneusement évité par l’écrivain à la main coupée, qui pourtant appelait un chat un chat (et une chatte une…, si on lit certains passages, truculents on va dire). Cendrars ne se prive pas non plus de décrire les gueules cassées, et de parler de temps en temps de son “membre fantôme” (le phénomène de la main qui démange encore, même coupée). Mais “manchot”, apparemment, ça passait pas.

Maintenant, en “manchot” de référence, on a l’“indigène” Jamel Debouze… Les temps changent…

Sinon, pour les photos, c’est vrai qu’il avait une sacrée trogne, ce type. On en voit quelques échantillons en tapant son nom dans Google images.

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genevieve
Commentaire Nº8 - 13/8/2009 - 16:40

Je l’ai été Marcelle et je disais aux élèves, bons ou mauvais, que la littérature n’avait pas été inventée pour faire passer des examens, mais qu’elle était pour tous. sinon, moi aussi j’en ai connu des cons , et moi-même quelquefois….

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Colère
Commentaire Nº9 - 13/8/2009 - 17:12

Je vous recommande Troyat également.

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100%antimomo
Commentaire Nº10 - 13/8/2009 - 17:22

@Marcelle,

Belle anecdote, je ne connaissais pas, l’histoire des manchots, génial!

Un petit oubli, que je relève sur le site Poetica, juste pour rendre à César. Ils ont oublié un, « LE», très important dans ce magnifique poème d’amour fou. Sur tout les autres sites aussi d’ailleurs, ou alors je divague (c’est pas grave) ou alors ils font tous du copié collé?

Allez, deuxième fournée, pour les amoureux de poésie et version compléte (d’aprés moi)

Tu es plus belle que le ciel et la mer

Quand tu aimes il faut partir
Quitte ta femme quitte ton enfant
Quitte ton ami quitte ton amie
Quitte ton amante quitte ton amant
Quand tu aimes il faut partir
Le monde est plein de nègres et de négresses
Des femmes des hommes des hommes des femmes
Regarde les beaux magasins
Ce fiacre cet homme cette femme ce fiacre
Et toutes les belles marchandises
II y a l’air il y a le vent
Les montagnes l’eau le ciel la terre
Les enfants les animaux
Les plantes et le charbon de terre
Apprends à vendre à acheter à revendre
Donne prends donne prends
Quand tu aimes il faut savoir
Chanter courir manger boire
Siffler
Et apprendre à travailler
Quand tu aimes il faut partir
Ne larmoie pas en souriant
Ne te niche pas entre deux seins
Respire marche pars va-t’en
Je prends mon bain et je regarde
Je vois la bouche que je connais
La main la jambe LE , l’œil
Je prends mon bain et je regarde
Le monde entier est toujours là
La vie pleine de choses surprenantes
Je sors de la pharmacie
Je descends juste de la bascule
Je pèse mes 80 kilos
Je t’aime
Blaise Cendrars, Feuilles de route, 1924

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pignon170
Commentaire Nº11 - 13/8/2009 - 17:54

“L’Or” est un livre extraordinaire qui m’a beaucoup marqué .

“Qui veut de l’or ? Qui veut de l’or ?”

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suger
Commentaire Nº12 - 13/8/2009 - 18:49

ah, Cadoudal, merci pour cet hommage à ce grand poète et grand amoureux de la vie que fut Blaise Cendrars !

mais une petite remarque par rapport à un oubli, si je puis me permettre : ce grand voyageur curieux des autres civilisations et des autres littératures que l’occidentale, publia dans les années 1920, au moment où les peintres et sculpteurs européens commençaient à chercher des sources du côté des arts africains, l’ “Anthologie nègre”, recueil de contes africains rapportés par les explorateurs et missionnaires

il écrivait dans la préface:

“…l’étude des langues et de la littérature des races primitives est une des connaissances les plus indispensables à l’histoire de l’esprit humain…”

races primitives ! rien que ça !

faut le passer à la trappe ! à la trappe ! ce cher Blaise

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Foubert
Commentaire Nº13 - 14/8/2009 - 11:14

” Vie, vie, vie, vie, vie, vie, vie … Nous remontions l’Orénoque sans parler” Haaa ! ç’était bon de découvrir l’Or à dix – sept ans. Merci à mon merveilleux professeur M. Karm, un phare.

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ZEK
Commentaire Nº14 - 14/8/2009 - 21:47

Je confirme ce qu’a dit Marcelle : l’oeuvre complète de Cendrars en 15 volumes chez Denoël, toujours disponible.

Il y a aussi la correspondance Cendrars/Miller

http://www.lire.fr/critique.asp/idC=30975/idR=213/idG=8

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Menpenti
Commentaire Nº15 - 17/9/2009 - 22:00

Blaise est un écrivain qu’on garde précieusement au plus profond de son coeur, sitôt qu’on l’a lu. Difficile d’apprécier les tiédasses et pénibles prix goncourt et autres contemporains après lui…
J’étais complètement passé à côté de son patriotisme et de son amour pour la France, merci fdesouche!
Je recommande vivement “Le lotissement du ciel”, un roman autobiographique. (Il n’a pas perdu qu’une main, le Blaise, il a aussi perdu un fils dans un accident d’avion. Si le mot n’était pas aussi galvaudé, je dirais que Blaise parle avec son coeur, mais c’est à la fois stylisé et sincère, brut et choisi.) Mais attention, avec Blaise on a parfois la tête qui tourne et les yeux qui deviennent humide devant la générosité et la force de sa plume…
Sinon “Emmène-moi au bout du monde”, truculent et détonnant, je le recommande aussi pour la gouaille et la pagaille.

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Occitane
Commentaire Nº16 - 17/10/2009 - 10:59

Emblématique de la décadence nationale :
Le petit-fils de Cendrars est Thomas Gilou, réalisateur bobo fasciné par la banlieue, les beurs, les blacks et toute cette modernité diversifiée, auteur par exemple du film “Rai” avec Samy Naceri.

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Malch
Commentaire Nº17 - 30/11/2009 - 20:11

Je viens de finir Moravagine… un grand livre!

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Malch
Commentaire Nº18 - 30/11/2009 - 20:32

“Maintenant, en “manchot” de référence, on a l’“indigène” Jamel Debouze… Les temps changent…”
“Emblématique de la décadence nationale :
Le petit-fils de Cendrars est Thomas Gilou, réalisateur bobo fasciné par la banlieue, les beurs, les blacks et toute cette modernité diversifiée, auteur par exemple du film « Rai » avec Samy Naceri.”
 
Tellement vrai… hélas.

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