Travailleurs : la flexibilité fonctionne à plein
6 mai 2009, 23:00 | Auteur : Eric | |
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Les gouvernements de Droite et de Gauche se sont succédés au pouvoir depuis des années. Les résultats de leurs politiques sur l’emploi peuvent se résumer sans équivoque en deux thèmes majeurs : chiffres sous-estimés, et flexibilisation.

Les chiffres sont sous-estimés, car les politiques n’arrivent pas à réduire le chômage ; le voudraient-ils qu’ils en seraient bien incapables!
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils ont ouvert nos frontières à la concurrence internationale, sans aucun garde-fou. Alors pour cacher la misère, ils ont décidé de réduire les chiffres du chômage, en radiant, et en réorganisant les catégories de chômeurs.
L’« employabilité des travailleurs a été assouplie » (cela s’appelle aussi « flexibilisation » dans le langage aseptisé des technocrates qui nous manipulent) ; tous ont œuvré à « flexibiliser » plus le marché de l’emploi. Flexibiliser, cela veut dire pour les employeurs plus de facilité à licencier, en leur coûtant moins cher.
Depuis quelques mois, l’arme suprême, appelée aussi rupture conventionnelle, permet de licencier, par le biais d’un accord à l’amiable, avec le salarié, qui part soulagé, car il a droit grâce à ce dispositif, à ses indemnités et au chômage.
Une loi sur mesure, votée par les politicards aux ordres de ceux qui les ont fait élire, pour socialiser les coûts (ici les licenciements). La même méthode que les Banquiers qui appellent à l’aide quand rien ne va plus, mais qui engrangent les profits quand tout va bien.
Quelques chiffres ci-dessous pour illustrer l’effet au quotidien de la crise sur la situation des salariés en France. Ils peuvent se résumer ainsi:
- l’industrie est le secteur le plus touché,
- face à la baisse d’activité ont licencie d’abord les contrats précaires ; les jeunes sont les plus concernés : les CDD, les Intérims, les contrats de qualification, de professionnalisation…
- Une fois les contrats précaires évacués, il va falloir évacuer les CDI… ; mais là on n’impacte plus que des jeunes, mais surtout des parents, soutiens de famille. Les contraintes légales sont donc plus fortes. Et l’opposition sera plus structurée, plus féroce aussi.
- Là où ce n’est pas encore possible on choisit le chômage partiel.
- Quand les salariés refusent les plans sociaux, ils séquestrent leurs dirigeants…
- Plutôt que d’envisager des licenciements économiques, onéreux et longs à mettre en œuvre, car nécessitant consultation des Comités d’entreprises, avec des risques de contestations par ceux-ci, on privilégie les pressions individuelles, et la rupture conventionnelle citée plus haut.
Bref, faute de pouvoir politique pour arbitrer et préserver l’intérêt général, le pouvoir économique fait la loi, et continue d’écrire l’Histoire.
Le reste en graphiques…

L’Espagne est la plus touchée par le chômage, du fait de ses choix d’endettement à l’Anglo-Saxonne

Sans oublier les derniers chiffres de l’augmentation du chômage en France:
+ 90 000 en janvier 2009
+ 80 000 en février
+ 64 000 en mars
Soit + 22 % sur un an !!!

Les chiffres ci-dessus datent du mois de janvier;
à fin mars, on dénombre officiellement 3.696.100 chômeurs (inclus DOM TOM)

Les jeunes hommes sont les plus touchés, du fait de leurs contrats précaires : CDD, intérim, etc.
Certaines régions licencient plus que d’autres, en tout cas, plus rapidement…

En France, en 2008, les Services représentaient 47 % des emplois. L’industrie souffre, à cause de la chute de « consommation »… et du manque de prêts de la part des banques pour continuer à investir.

Les entrées (perte d’emploi) au chômage augmentent fortement. Et les sorties baissent aussi (sorties = emploi retrouvé). La flexibilité fait supporter les coûts à la collectivité… En revanche, rien sur la répartition des profits lorsque tout va bien

Les fins de CDD et d’intérims pèsent
pour 75 % des nouvelles entrées au chômage.

Intérimaires : les premiers jetés dehors !

Dans le même temps, le recours aux licenciements économiques chute fortement ! Remercions les politiciens aux ordres qui font les lois, ou oublient de les faire appliquer.
La crise n’en a pas fini d’impacter les travailleurs. Les semaines qui viennent vont voir les CDI commencer à être frappés. Et la grogne augmenter?
À toute chose malheur est bon ! Si cela peut faire ouvrir les yeux aux cocus qui ont fait confiance à la Gauche Mondialiste ou à la Droite Libérale.
Car ce qui les touche n’est pas une fatalité, c’est la conséquence de la Mondialisation Libérale, et de son alliée, le Capitalisme Financier : l’un comme l’autre demandent des profits rapides et nombreux (souvent supérieurs à 15 %), incompatibles avec le Capitalisme productif, seul créateur d’emploi et de richesses (mais qui ne rapporte que 4 à 5 % dans les meilleurs des cas).
Cette dégradation provient de l’ouverture sans limites de nos économies, et de leur mise en concurrence avec des pays sans protection sociale qui produisent toujours moins cher.
En Europe, si nous ne prenons pas garde, les ouvriers subiront bientôt le même sort que les employés de l’automobile aux États-Unis à qui l’on demande des baisses de salaires, et la remise en cause de leurs avantages sociaux. Et s’ils refusent, on délocalisera, ou l’on fera appel à de la main-d’oeuvre moins coûteuse ?
À moins que les Européens ne retrouvent le goût de se défendre et de se battre pour leur avenir, trop souvent laissé entre des mains et des intérêts qui leur sont étrangers !
Catégorie : Economie, Tribune Libre |
Voir également :
- Fin d’indemnisation pour 1 million de chômeurs en 2010
- 74 100 destructions d’emplois au deuxième trimestre
- Emploi: «le pire arrivera en septembre»
- Zone euro : le chômage dérape fortement en avril
- Juncker pronostique une “crise sociale” en Europe avec le chômage de masse
19 Commentaires

J’appelle FG pour me faire une note de synthèse de cet article
C’est bien, c’est bien. Il faut que les Français commencent à souffrir. La souffrance a une efficacité pédagogique remarquable.
Ils devraient penser à cela, à l’éduc nat’
À moins que les Européens ne retrouvent le goût de se défendre et de se battre pour leur avenir, trop souvent laissé entre des mains et des intérêts qui leur sont étrangers !
On peut rêver…
Certaines petites sociétés commencent à rentrer dans le giron de la France.
“Impacter”, connais pas.
agir, marquer, se répercuter, toucher
http://www.crisco.unicaen.fr/cgi-bin/trouvebis2?requete=impacter
Il faut tout de même savoir que cette crise est une véritable aubaine pour tous les industriels qui rêvaient depuis longtemps à licencier des ouvriers devenus obsolètes et de fermer des fillières en surproduction (comme la pétrochimie) car de nouvelles lois ou technologies ont fait leur apparition.
Tout n’est pas de la faute à la mondialisation. La majeure partie du travail manuel a disparu. L’ouvrier est une espèce en voie de disparition, chose que les gauchistes n’ont pas compris.
@ Je trouve la réflexion no 9 tout à fait juste. Cette crise est une véritable aubaine pour un grand nombre de “chefs” d’enteprise qui vont pouvoir licencier “sous prétexte” de la crise. D’ailleurs, la bourse ne s’y trompe pas semble-t-il, elle remonte. La cerise sur le gâteau : les petits chefs vont pouvoir refuser les augmentations avec l’argument massue : “si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs, le chômage augmente, c’est la crise !”
Pour les entreprises cotées en bourse c’est encore pire, les licenciements préventifs sont légions pour préserver les profits…
Par contre pour les pme les situations sont bien différentes
> Pour les entreprises cotées en bourse c’est encore pire, les licenciements préventifs sont légions pour préserver les profits…
D’ailleurs on se demande bien pourquoi ils ne licencient pas tout le monde pour faire des produits infinis…
Quand une entreprise se sépare de ses salariés, c’est qu’ils ne rapportent plus rien (par exemple, parce ce que ce qu’ils produisent est dépassé). S’ils rapportaient ne serait-ce qu’un seul euro, ils ne seraient pas licencié.
Le problème n’est pas là. Le progrès technique fait qu’inévitablement, des emplois sont détruits en permanence. C’est peut-être triste, mais c’est logique. Peut-on reprocher aux industriels de fermer une usine qui produit des radio-cassettes que plus personne n’achète ?
Le vrai problème de la France, ce ne sont pas les emplois détruits. Ce sont les emplois non (re)créés. Pourquoi les industriels/patrons/entrepreneurs ne créent pas, ou plus, d’emplois ? Mais, potentiellement, nous/vous somme tous des entrepreneurs/patrons/employeurs ! Nous savons très bien pourquoi il y a peu de patrons en France.
Ils ne créeent plus d’emplois car les investisseurs dans l’univers de la bourse cherchent des rentabilités à près de 15 % ou plus…
Alors que dans la production exploitation, on tombe à 2 ou 3 % environ.
Donc ceux qui ont l’argent pour investir vont le faire à la bourse… Capitalisme Financier contre Capitalisme Productif
Autre facteur qui fait que les emplois ne sont plus créés chez nous, c’est la globalisation / mondialisation des échanges…
Avec la mondialisation la main d’oeuvre Européenne, est mise en compétition avec tous les ouvriers du monde. En commencant par la multitude miséreuse de Chine ou d’Inde pour ne citer qu’eux…mais ils sont légions
La gauche a trahit les ouvriers en devenant Mondialiste, ou Altermondialiste, ce que n’étaient pas certains socialistes du 19°.
Du coup nous coutons trop chèr avec notre sécu et nos avantages sociaux
“Pourquoi les industriels/patrons/entrepreneurs ne créent pas, ou plus, d’emplois?”
Tous simplement parce que les charges sont exorbitantes! Entre la taxe professionnelle, d’apprentissage, la TVA, l’impôt sur les entreprises, les URSAFF, CSG, RDS…
Ce à quoi viennent s’ajouter les autres frais et amortissements: véhicule, informatique, matériel/outils, loyer (si besoin d’un local)…
La course aux bas coûts de main d’oeuvre a liquidé le tissu industriel occidental; c’est maintenant au tour des services, qui partent au Maghreb ou en Inde.
La croissance pour tous est une illusion : La tiers-mondisation de la planète est en marche.
Je vous invite à lire çà:
http://j2080.wordpress.com/2009/05/04/la-croissance-pour-tous-est-une-illusion-la-tiers-mondisation-de-la-planete-est-en-marche/
Réalisé à la demande de l’Elysée, le rapport de Jean-Philippe Cotis, directeur général de l’Insee, va relancer le débat sur le partage des profits dans l’entreprise. Ce rapport pointe la quasi-stagnation des salaires réels, l’envolée des plus hauts revenus et le poids croissant des dividendes. Même en temps de crise, les groupes du Cac 40 maintiennent leur choix: ils s’apprêtent à distribuer quelque 35 milliards d’euros à leurs actionnaires. La somme est en baisse de 14% mais leurs bénéfices eux ont chuté de plus de 40%.
Il y a actuellement une volonté de noyer le poisson sur le sujet de la répartition des profits; voir l’article ci dessous :
http://robertofiorini.blog4ever.com/blog/lirarticle-84180-1170353.html
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Commentaire Nº1 - 6/5/2009 - 23:16