Marx attaque
10 mars 2009, 17:19 | Auteur : Robin | |
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Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l’homme à ses supérieurs naturels et n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu, le dur « paiement comptant ».
Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de l’exaltation religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la mélancolie sentimentale des petits-bourgeois. Elle a dissous la dignité personnelle dans la valeur d’échange et substitué aux innombrables libertés reconnues par lettres patentes et chèrement acquises la seule liberté sans scrupule du commerce. En un mot, elle a substitué à l’exploitation que voilaient les illusions religieuses et politiques l’exploitation ouverte, cynique, directe et toute crue.
La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités tenues jusqu’ici pour vénérables et considérées avec une piété mêlée de crainte. Elle a transformé le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, l’homme de science, en salariés à ses gages.
Karl Marx et Friedrich Engels, Le manifeste du parti communiste.
Via Ethnocide
Catégorie : Histoire, Les essentiels |
Voir également :
- Diversité : la pulsion suicidaire des «élites»
- Le Moyen Âge européen, période de progrès
- Sylvain Gouguenheim répond à ses détracteurs
- L’Europe ne doit pas ses savoirs à la civilisation islamique
- La fable de la transmission arabe du savoir antique
219 Commentaires

On vend de la bouffe merdique au pauvre qui claque 50% de son salaire pour payer son HLM ignoble, et le seul rêve qui lui est offert est de pouvoir se payer un écran plat pour s’abrutir avec toujours plus de réalisme devant le hyper-productions hollywodiennes ou les émissions toujours plus stupides et avilissantes de l’hyper-classe médiatique. Et il le fait, car il n’a pas le choix. Ce n’est qu’un constat.
@Taranis
L’oppression économique est un fait et les gens ont des besoins de base à satisfaire et ils ont de plus en plus de mal à les satisfaire. C’est le gros problème du capitalisme, il voudrait se passer de leur payer leur force de travail mais en même temps il est obligé d’en passer par la consommation de ceux qu’il prive de travail ou d’un salaire décent, insoluble si ce n’est dans un phénomène de tiers-modisation que nous voyons s’appliquer actuellement.
Je ne peux pas croire au fait que les masses soient aveuglées par l’idéologie du Marché qui voudrait faire croire que le bonheur passe par la consommation. Non il y a une obligation de consommation mais les gens savent bien qu’ils n’y trouvent pas leur bonheur, sauf quelques demeurés, il y en aura toujours !
On ne peut pas comparer les bobos et les prolos, c’est impossible, les-uns croulent sous le fric et partent en vacances à l’autre bour du monde dès qu’il y a un WE un peu long, les autres vont chez Lidl et achètent un tel portable.
D’autre part, il n’y a plus de communauté nationale et la patrie est détruite par nos élites, où voulez-vous qu’ils les trouvent ces valeurs ? Ce ne sont pas les opprimés qui ne décident jamais rien de leur vie ou si peu qui peuvent être condamnés sur ce triste constat.
Eux ils rament et on est pas dans la tête des gens pour savoir ce qu’il s’y passe et méfions-nous des images médiatisées qui laisent croire qu’il y aurait un FDS type, consommateur béat et complice stupide du Système.
“A mon avis vous êtes abusés par l’image médiatique du Français de base qui nous est renvoyée au quotidien par le micro-trottoir à la télé par exemple.”
Non, ce n’est pas ce qu’on vous dit, on vous dit que le système marchand a élaboré une idéologie et un système qui lui permet de se présenter comme la seule voie possible, cela vaut pour le sous-prolétaire qui a tout juste de quoi survivre et auquel le marché n’aura jamais rien d’autre à offrir que des rêves de pacotille, que pour le bobo dont la vie n’est qu’une fuite en avant dans la jouissance surperficielle et qui bat tous les records mondiaux d’absorbsion d’anti-dépresseurs.
La principale réponse des détracteurs de ce système depuis le XIXème siècle a été : plus d’Etat, moins de Marché, ce qui en fait ne résoud rien et revient à déplacer le problème, tout en appauvrissant l’ensemble du corps social.
La techno ne nourrit pas les 7 MM d’habitants.
Lis Pierre Rabhi : lumineux.
http://www.pierrerabhi.org/blog/index.php
La décroissance est très galvaudée : il faut s’y pencher, prendre son temps.
Je ne reproche rien aux prolos, je constate qu’ils n’ont pas le choix et que le système s’est très bien arrangé pour offrir des compensations marchandes de façade, qui globablement me paraissent bien acceptées (mais cela se discute effectivement), à la destruction de ce qui traditionnellement prémunissait tout aussi bien de la misère que du désespoir (mais qui contrevenait au développement marchand) : la communauté enracinée.
En tout cas je ne crois pas que “Moins d’Etat, plus de Marché” soit la solution, on le voit de nos jours !
Il faut savoir ce que l’on entend par “Etat”, l’Etat moderne finance l’immigration et les plus démunis pour éviter les troubles, il le fait parce qu’il sait que le patronat cherche des consommateurs mais pas vraiment de nouveaux producteurs. Et c’est la classe moyennne qui est ponctionnée jusqu’à ce qu’un jour elle soit anéantie. Donc l’Etat est à la fois présent pour distribuer le fric et financer le modèle de société voulu par le patronat qui lui ne veut pas se charger de son financement en donnant du travail et si posssible bien payé. Et en même temps, l’Etat est absent car il détruit les protections sociales de ceux qui les financent (la classe moyenne) en les renvoyant vers le Marché, coup double !
A notre époque, l’Etat est à la fois interventionniste et ultra libéral !
Au delà de la question économique, notre priorité politique doit être identitaire. Après, “que le chat soit noir ou blanc” comme disait l’autre…
C’est le passage de Marx que je trouve le plus prodigieux. Il avait un intelligence très troublante. Une intelligence contraire à Dieu. Lire le poème Le Ménestrel qu’il rédigea à 16 ans un prodigieux texte où il affirme sa soumission déserpérée au DIABLE.
Menestrel, Menestrel pourquoi joue tu si fort ?
(…)
C’est le Diable qui bat la mésure.
pour moi j’oppose les matérialistes aux idéalistes, les intellectuels et les manuels.
et donc le spirituel au matériel.
On peut parfaitement être catholique et vivre en matérialiste. C’est ce qu’on appelle le catho embourgeoisé qui sans renié ses convictions religieuses a renié sa religion et ses croyances
Prenons des exemples concrets: le fils aura sa bagnole, son portable, ses fringues, sa propriété, ses pillules, etc… donc
ce mode de vie ne s’oppose pas à l’esprit du bourgeois moderne qui n’est autre qu’un bourgeois décadent. c’est à dire qu’il doit sa réussite sociale ou son confort à ses parents ou a son talent.
En effet, la meilleure facon de se passer d’argent c’est d’en avoir. et il pense que tout lui sera acquis sans travail.(il ne reste plus comme préoccupation que le loisir, la culture et le divertissement)
puis il y a la classe prolétaire, pauvre et inculte qu’on a complétement névrosé. Alors qu’ils appartenaient a une population d’origine rurale avec des paysans, des artisans, et donc un métier proche de la terre et de la nature. Le prolétaire a quitté la campagne et s’est installé en ville pour venir exercer le métier d’ouvrier, avec une habitation pres des centres villes dans des hlms.
Le soir il n’ont de préoccupation que la télévision, la musique et les loisirs. Ils ne pensent plus qu’a se goinfrer tellement ils sont préoccupés a acheter. n’étant plus proche de la nature, ils se rapprochent des biens matériels et culturels(a consommer) qui ont une existence éphémère.
@ 208 Ah bon l’intelligence est “contraire à Dieu”. La foi est donc réservée au “charbonnier” celui qui est “heureux comme un pape et con comme un balai” ? Wie eine Weltanschauung !
@ 210
Lis le Ménestrel cela résume parfaitement ce que je dis. Si Marx croit en une divinité il s’agit du malin.
@ Milheria (#209): “On peut parfaitement être catholique et vivre en matérialiste.”
C’est exactement cela. C’est de ce genre de cathos en particulier dont je parlais. Ils sont très pratiquants, c’est à dire qu’ils vont à la messe tous les dimanches et ne tarissent pas d’éloges sur la pompe et la beauté de la liturgie. Ils défendent leur institution religieuse comme certains défendent leur entreprise, mais finalement dans leur attitude au quotidien ces gens ne sont pas du tout chrétiens (“circoncis du coeur”), que ce soit envers les pauvres, le pardon des fautes, etc. Et, pour ceux que je connais leur justification de l’inégalité repose avant tout sur une volonté de préserver leur statut social plus que sur une lecture fidèle des écritures (qu’ils ne lisent pas d’ailleurs).
Finalement, ils ne font qu’appartenir à une des innombrables tribus qui pullulent dans la France post-moderne, chacune avec ses codes et son mode de vie (écolos, syndicalistes, profs, etc.)
Cher Taranis,
Merci d’avoir si parfaitement traduit ce que j’avais tenté de dire.
« Le propre de la modernité industrielle et bourgeoise est de vendre du toc aux masses laborieuses en leur faisant croire qu’elles marchent vers le progrès ; c’est de leur faire accepter des rêves fumeux, celui notamment qui consiste à tout attendre du Marché, ou encore celui qui consiste à croire que tout ce qui est vieux est dépassé et doit être remplacé, ou encore celui qui consiste à s’imaginer que le but de la vie est le “bonheur” et ce “bonheur” ne peut être qu’individuel. Ces rêves fumeux n’ont qu’un but : accrocher les masses au système de production actuel dont la (vraie) bourgeoisie (certains disent “l’hyper-classe”) tire les plus grands profits, ce qui leur permet de se construire des paradis privés qui compensent largement pour eux la perte de toute transcendance, de tout sens commun, la mort de la Patrie et de la joie de la solidarité humaine. »
C’est exactement ça.
*
Cher chateaubriand,
Je distingue bien les prolos des bobos. Pas dans mon message précédent, je vous l’accorde, et c’était fait exprès. Je mettais les uns et les autres dans le même lot des « embourgeoisés », sans aucune nuance, considérant globalement le passage de notre société de la production à la consommation (c’est d’ailleurs le postulat qui présidait à l’instauration des 35 heures, c’est vous dire si les gauchistes sont du côté du manche).
Cette dernière, la consommation, quoique ses modalités se vivent différemment dans les deux milieux (mais je persiste : c’est plus une question d’échelle que d’essence), m’a semblé une ligne de partage opérationnelle entre ceux qui la commandent, et ceux qui la suivent, bon gré (bobos), mal gré (prolos). Si l’aveuglement des premiers tient plus de la complaisance et du snobisme, celui des seconds n’est pas moins réel, maintenu par en haut bien en bas.
Parce que des pauvres, y en aura toujours, et les seuls, rares, à s’en sortir le font au prix du sacrifice du superflu et de l’apparence pour, enfin, garantir l’essentiel et le développer. Et il faut un sacré courage pour assumer pendant un bon bout de temps, au sein d’une société toute de faux-semblants, d’avoir l’air de ce qu’on est, des authentiques pauvres, des parias, et pour se délester assez pour courir la proie plutôt que l’ombre. Ce n’est pas tout le monde qui parvient à oublier l’immédiat, ses sirènes et ses ricanements pour retrouver l’essentiel, rendu sévère, ringard, morne par les médias, pour retrouver l’essentiel et s’y consacrer.
Or, l’essentiel, ça ne rapporte pas aux très riches, aux « vrais bourgeois », qui ont bien compris qu’ils ne se feraient pas du fric en apprenant au pauvre à pêcher (pour plagier une célèbre parabole), mais en lui fournissant au jour le jour du poisson pas frais ressemblant à peine à son icône survendue via la télévision. Maintenir le pauvre en état de dépendance, lui avancer juste assez pour la prochaine dose, et le lier à jamais. Le bourgeois, il a bien saisi qu’il n’amasserait pas le blé en vendant des patates, de l’utile, du concret, mais en refourguant du rêve à deux balles s’autodétruisant aussitôt acheté. Là, la plus-value existe.
Il vend donc au pauvre ce rêve à deux balles à cent balles, en mettant « promo » et « vu à la télé » dessus, et le pauvre, eh bien, il l’achète sa merde. À cinquante balles, le pauvre, il l’aurait même pas vue, sa merde inutile à deux balles dont il s’est encombré contre cent balles. Le pauvre, il se serait dit que c’était un truc de pauvres, « penses-tu, à ce prix-là, cinquante balles, une vraie merde ! »
Elle est là, la tragédie, absurde. La fatalité ne suffisait pas, même en s’aidant du bâton merdeux du déterminisme. Il restait encore un peu trop de bon sens, là-bas, au fond, dans le coin. Alors on ajouta la léthévision.
Vous doutez, peut-être ? Je vais y revenir, à propos du « mépris du pauvre », en vous donnant quelques exemples.
Cher chateaubriand,
« Le mépris du pauvre » ?
Le problème avec les pauvres d’Occident, les « prolétaires de tous [nos] pays », c’est qu’ils ne servent plus vraiment à produire, puisqu’on a trouvé ailleurs (ou sur place – vive l’immigration !) encore plus pauvres et moins chers qu’eux, plus corvéables encore (et on s’en moque que ce soit du boulot mal fait, puisque c’est toujours assez bien pour le con-sommateur). Mais puisqu’ils sont là, les prolos, autant qu’ils servent, ces tas d’esclaves, ces moins que rien*. On on leur a collé dans la tête des rêves de pauvres, et au cul les fallacieux « moyens » de les « réaliser » – provisoirement, toujours provisoirement : RMI, allocs et crédits, pour qu’ils puissent, sinon produire, du moins acheter (même de la merde, surtout de la merde). Une autre bonne façon de faire tourner l’usine à gaz et, pour les vrais bourgeois, de se sucrer au passage. Une sorte de supplice de Tantale pour pauvres, accru par la télévision (les antennes paraboliques poussent bien chez les pauvres, et pas que chez les immigrés, je vous assure).
* Le « mépris des pauvres », c’est ça, hein ? Allons-y, alors, allons-y gaiement :
Petite, j’étais complexée parce que je portais des bottes en caoutchouc (pas des Aigle, hein), trop grandes jusqu’à ce qu’elles soient trop petites, et les jupes démodées de mes cousines. Et je jalousais ma copine, qui elle portait des baskets de marque et des sweatshirts tout neufs, pas bleu marine ou kaki comme mes gilets, mais roses, bariolés, fluos, avec des trucs écrits dessus en english. Et puis, elle racontait ses vacances à la mer, elle racontait Canal +, et ses parents venaient la chercher le samedi midi dans une grosse voiture qui brillait (une des premières métallisées que j’ai vues).
Bref, une nuit, ma mère m’a laissé, exprès, dormir chez les parents de la gamine : ma copine, disons qu’elle s’appelait Jessica, avait une supertélé au bout de son lit, mais son lit (avec une couette pleine de dessins animés dessus, devenus gris à force de ne jamais être lavés), eh bien son lit, il était dans une caravane, sur un terrain vague, plutôt décharge qu’îlot bucolique.
On a dîné du bouillon Knorr (« j’adore ! »), je m’en souviens très bien, parce que j’ai cru que la maman avait oublié de mettre les coquillettes dedans. Du-bouillon-Knorr-et-c’est-tout-c’est-bien-assez dans des verres à moutarde dépareillés, pas nets, sur une petite table pliante toute poisseuse avec une autre télévision posée dessus (ça aussi, je me le rappelle bien, parce que c’était la première fois que je dînais avec le monsieur de la télé).
On a joué avec des poupées Barbie. Plein, y en avait plein, et des Ken aussi, et le chien de Barbie, et le cheval de Barbie, et la Ferrari de Barbie, et la coiffeuse de Barbie, et les bébés de Barbie, et des tas d’autres jouets ! Des Barbie qui avaient la tronche encore plus crasseuse que le visage de Jessica. On ne s’est pas lavées, ni le soir ni le matin. Et, comme c’était la première fois que j’allais à l’école avec des crottes au coin des yeux, que d’habitude, j’étais propre comme un sou neuf (c’est même ce que répétait tout le temps ma mère, un rien obsédée par la question : « l’essentiel, ma fille, c’est que tu sois IM-PEC-CA-BLE. IMPECCABLE ! »), eh bien, d’un coup, j’ai cru que mes parents étaient riches ! Ce qui m’a encore complexée un petit moment. Je ne me sentais pas raccord, voyez-vous.
Le mépris des pauvres, je vais vous dire où on le ressent le plus : chez les pauvres pardi ! Oh, il existe aussi chez les riches (va donc pour les bobos), mais là, plutôt sous forme de condescendance (madame la Marquise visite ses malheureux, elle va leur faire la charité, affiche de générosité de gôche plutôt que vraiment chrétienne). Le pauvre, un peu qu’il l’a, le mépris du pauvre ! Le pauvre, mais il le hait, le pauvre ! Le pauvre, les pauvres, ça le dégoûte ! La solidarité chez les prolos ? N’importe quoi ! Le pauvre, il veut juste faire comme il croit que le riche fait, c’est-à-dire comme le bourgeois lui a laissé croire que ça se passait en haut. Le pauvre, il veut juste paraître un peu plus riche que son connard de pauvre de voisin.
Tiens, j’en connaissais un, de pauvre, ses gamins ne mangeaient pas à la cantine (ni ailleurs) le midi ; je le sais bien, parce que je piquais du pain et du Kiri à la cantoche pour le refiler à sa fille, disons qu’elle s’appelait Jennyfer. Le père non plus ne mangeait pas le midi, et revendait ses tickets resto ; je le sais bien, parce que c’était un collègue, smicard, de ma mère, smicarde. Et pour quoi donc économisait-il comme ça, ce pauvre connard, ce connard de pauvre ? Pour aller aux sports d’hiver ! Et en plus d’exposer son minable bronzage à lunettes pendant une semaine, il promenait ses skis un mois avant, un mois après sur le toit de sa BMW (à tel point qu’une année, il a fini par se les faire piquer, ses skis, et l’année d’après, la bagnole), et ses gamins allaient à l’école en Moon Boots jusqu’à la mi-avril, pour bien montrer qu’ils valaient plus que les cons de pauvres, que les pauvres cons qui bouffaient à leur faim à la cantine des pauvres. On aurait eu de la neige, les MoonBoots et les skis, je veux bien, mais non : l’histoire se passait sous les cieux plutôt tempérés de la proche banlieue parisienne – c’est vous dire si c’est con, les histoires de pauvres.
Tiens, une dernière : peu après la chute du mur de Berlin, on a hébergé chez nous deux Polonais, alors là, pour le coup, des archipauvres, à faire pleurer nos clodos. Avant leur départ, ma mère leur a préparé un colis de vêtements pour leurs gamines. Des fringues pas très fun, d’accord, mais neuves pour la plupart, et pour les autres, les nôtres, dont elle avait toujours pris grand soin et qui sentaient bon et propre. Les Polonais n’en ont pas voulu : « Nié moda » qu’ils ont dit, « nié moda ». En revanche, ils ont rapporté chez eux les emballages en carton et plastique d’une virée qu’ils avaient faite chez McDonald, parce que ça, au moins, c’était à la mode. Ça, c’était le luxe, le grand train, la vie de pacha ! Ça c’était riche ! La classe internationale ! « Américans » qu’ils disaient en roulant les r et en se montrant du doigt.
C’est ça, que j’entends par l’« embourgeoisement », dont le prolo est certes la première victime, et la plus malheureuse, la plus sacrifiée : c’est se la faire mettre par derrière bien profond, se faire enchaîner bien comme il faut à sa condition de merde, à coups de crédits, de fausses aides, de vraies propagandes et de dépenses inutiles.
Bien sûr que le pauvre a du mal à boucler les fins de mois, et à bouffer correctement. Mais le vrai grand bourgeois, il n’en a rien à foutre, et c’est lui qui commande.
[et encore, monsieur Foubert, j’ai retranché 2 500 signes avant de poster…]
@Marcelle
Je voulais juste vous remercier de vos posts.
Et en effet, comme le disait Brel, “on ne joue pas au riche quand on n a pas le sou”, mais malheureusement “ces gens la” ne font que ça, jouer aux riches, et la societé toute entiere fait comme eux.
Cet embourgeoisement mental, c est notre perte, c est notre decadence, c est notre chant du cygne, helas…..
Encore merci.
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D’abord lire Marx. Pour se libérer entre autres de ses prétendus concepts opératoires comme celui de classe. Parce qu’il apparaît clairement que ce pseudo-concept (dont on peut certes trouver des racines chez Hegel mais comme toujours sur la base d’un malentendu de ce dernier) n’est qu’un instrument simplificateur d’une analyse qui se dit objective.
Puis lire Hegel (La Philosophie du droit) et y découvrir qu’à propos de la société civile bourgeoise ce dernier parle de système de l’entendement…
Bon, en même temps la fripouille trempait son pain dans la soupe et a fini ses jours dans le temple cosmopolite de la bourgeoisie à Londres, bien à l’aise financièrement de ses méfaits.
Je regrette que -il faut bien le dire- le manque de culture notoire des patriotes permette de penser que le marxisme contrait la bourgeoisie alors qu’il était justement à son service.
Orwell, communiste, et bien d’autres s’étaient en leurs temps aperçus de la supercherie et l’avait dénoncée (in Philosophie spécial seconde guerre mondiale par exemple).
Nous devrions être une force d’information et non de confusion, pour la peine c’est moi qui suis choqué !
Marx était anti-communiste alors ? du moins dans ce texte !!
le communisme a continué le travail de destruction des identité locales commencé par le jacobinisme en France
marx dans “le capitale” décrit la réalité
malheureusement les coco se sont servi de sont enseignement pour asservir le peuple
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Là où elle est arrivée au pouvoir, la bourgeoisie a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a impitoyablement déchiré la variété bariolée des liens féodaux qui unissaient l’homme à ses supérieurs naturels et n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt tout nu, le dur « paiement comptant ».
































