Nation idéelle, nation charnelle
3 janvier 2009, 12:32 | Auteur : Robin | |
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Une tribune libre de Paysan savoyard :
Il existe, comme on le sait, deux conceptions de la nation. Selon la première, que l’on peut qualifier de “charnelle”, la nation comprend plusieurs composantes :
Un peuple uni par une histoire et une culture communes est l’élément constitutif indispensable de la nation “charnelle”. Ce peuple, deuxième aspect, ne partage pas nécessairement la même langue et la même religion ; cependant lorsqu’elles sont communes, la langue et la religion, éléments essentiels de la culture, constituent pour la nation un ciment solide. En troisième lieu, la conception charnelle de la nation implique que ce peuple possède (ou aspire à posséder) un territoire. Enfin, la conception charnelle de la nation suppose que la population ait la même origine ethnique.
De nombreux pays constituent une nation qui comprend ces différents éléments : c’est vrai par exemple, pour s’en tenir à l’Europe, de l’Angleterre ou de l’Allemagne.
La conception de la nation proclamée par la révolution française est toute différente. La nation constitue cette fois un projet collectif et un ensemble de valeurs auquel ses membres – les citoyens – adhèrent : c’est une “volonté de vivre ensemble” autour de valeurs communes. Dans le cas de la France, on considère généralement que ces valeurs communes sont aujourd’hui la liberté, l’égalité (il s’agit de l’égalité des droits), la fraternité (que l’on traduit le plus souvent, en l’affadissant, par “solidarité”), la laïcité, la forme républicaine et démocratique de gouvernement, l’attachement à la paix.
Cette seconde conception de la nation est par nature non raciale et ouverte : toute personne choisissant de résider sur le territoire et d’adhérer à ces valeurs, quels que soient son pays et sa culture d’origine, intègre la communauté nationale et devient un citoyen, à égalité de droits et de devoirs. On peut dire que cette vision des choses correspond à une conception “idéelle” de la nation.
Ces deux conceptions de la nation sont, on le voit, profondément différentes. Dans un cas, c’est le “peuple” qui prédomine, composé de personnes physiques, charnelles. Dans l’autre ce qui prime ce sont des idées.
La conception “idéelle”, fondée sur les valeurs, est généreuse et ambitieuse : nous y adhérons pour l’essentiel, comme sans doute la plupart des Français. Cela veut-il dire pour autant que la dimension charnelle doit être niée et rejetée ? Nous ne le pensons pas. L’origine géographique et culturelle de la population qui compose la nation constitue-t-elle un paramètre sans importance ? Nous ne le pensons pas. La conception ouverte de la nation doit-elle conduire à penser que les notions “charnelles” de territoire, de sang, d’origine, de race, sont indifférentes ? Nous ne le pensons pas. Ces réalités charnelles ne peuvent, selon-nous, être ignorées. Elles sont respectables. Elles n’ont rien de malsain ni de régressif en soi. Elles correspondent profondément à la nature de l’homme, qui n’est pas un pur esprit, De même les sociétés humaines ne sont pas des collections d’individus intégralement autonomes, sans passé, sans attaches charnelles, sans racines.
Dès lors, il est impératif, nous semble-t-il, de combiner les deux conceptions de la nation, la nation idéelle et la nation charnelle, qui ne sont pas exclusives l’une de l’autre.
La nation est, pour une part, une communauté de valeurs : des étrangers peuvent donc venir intégrer la communauté nationale et constituer des citoyens à part entière, à égalité de devoirs, de droits et de dignité. Cette intégration suppose toutefois cette condition : la population autochtone ne doit pas être la victime d’un bouleversement. Cela signifie deux choses :
Les Français de souche sont propriétaires de leur territoire. Ils ont le droit de vouloir y rester majoritaires. Disons les choses encore plus nettement. Le territoire de la France et de l’Europe appartient à la population blanche européenne. Cette population a le droit moral de vouloir y rester majoritaire. A ce titre elle a le droit moral de décider, selon ce qu’elle souhaite, d’autoriser, de réduire ou d’interrompre les flux migratoires.
De même la population de souche a le droit moral de rester maîtresse chez elle et de faire en sorte que ses valeurs, ses lois, ses coutumes et ses traditions y restent dominantes. Elle a le droit d’exiger des étrangers qui souhaitent être accueillis qu’ils s’assimilent et prennent à leur compte les principaux éléments de sa culture ainsi que ses valeurs essentielles.
Résumons. Notre conception de la nation n’est donc pas exclusivement raciale ou ethnique. Elle n’est pas seulement fondée sur l’histoire et la culture communes. La nation est aussi une communauté de valeurs, et des étrangers qui le souhaitent peuvent dès lors intégrer à part entière la communauté nationale. Mais à ces deux conditions : que ces immigrés ne soient pas trop nombreux ; et qu’ils adoptent nos valeurs essentielles et les éléments majeurs de notre culture.
Chacun peut constater que ces deux conditions ne sont aujourd’hui aucunement réunies et que la situation se dégrade de jour en jour. Si un changement radical ne se produit pas rapidement les conséquences seront doubles. Les Français et Européens de souche seront progressivement évincés de leur propre territoire et verront disparaître la nation charnelle à laquelle pour la plupart d’entre eux ils étaient attachés.
Mais l’Histoire ne s’arrêtera pas là et saura se montrer ironique : par l’effet même de la société multiraciale et pluriculturelle qu’ils auront appelée de leurs voeux, les “valeurs” dont se gargarisent les zélateurs de la nation idéelle seront elles-aussi balayées.
Paysan savoyard
Catégorie : Les essentiels, Tribune Libre |
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396 Commentaires

Ne pas oublier que la conception idéelle de la Nation a été forgée à une époque où l’immigration était très limitée.
On pourra se rapporter au livre de Jean de Viguerie, les 2 patries, qui traite de la dérive de la notion de patrie au travers du temps. C’est un ouvrage plutôt pessimiste, l’auteur pensant que la patrie (française) était bel et bien morte.
En total désaccord avec ce constat, François-Marie Algoud a écrit “France, Notre seule Patrie” (éditions de Chiré) : pour lui la France ne peut mourir.
“Les Français de souche sont propriétaires de leur territoire”
Ils en seront les propriétaires tant qu’ils pourront l’être.
“Cette population a le droit moral de vouloir y rester majoritaire”
Je ne suis pas certaine que d’autres l’entendent de cette oreille : le droit moral n’a qu’une incidence faible sur une réalité bien moins idéalisée que sont les rapports de force. La terre appartient d’abord à celui qui la maîtrise.
“A ce titre elle a le droit moral de décider, selon ce qu’elle souhaite, d’autoriser, de réduire ou d’interrompre les flux migratoires”
Resterait encore à définir ce processus de décision : qui décide ? le peuple ? ses représentants ? un seul individu ? Rappelons qu’une élite peut trahir son propre pays. Une démocratie peut n’être qu’un simulacre.
Le problème est que bon nombre de militants d’extreme droite partagent en réalité la conception idéelle républicarde de la nation car ils nient (comme l’inenarrable guide suprème du PSUNE, thor) l’unicité ethnique de la vieille nation française
comme la trotskyste “suzanne citron”, ils chient à la gueule du passé gaulois de la france, que tous deux, nazillons et trotsko, mélangent dans un gloubli boulga celte de l’écosse à la turquie
nazillons et trotsko, même combat!
C’est le débat classique, reformulé très bien à la suite de la défaite française de 1871 et le rattachement de l’Alsace-Moselle au Reich allemand, entre :
- la conception allemande de la nation (fondée sur la race et la langue) et défendue à l’époque par des universitaires brillants comme Mommsen
- la conception française de la nation, comme étant “un plébiscite de tous les jours” (selon Renan) : nation non pas identifiée à une race, mais à la volonté commune de chacun de constituer cette nation. Fustel de Coulanges formula aussi cette définition française.
correction : c’est la définition “française de gauche”
l’exemple belge ou yougoslave ou tchécoslovaque ou urssien prouve bien que c’est la conception allemande qui vaut (mais qu’elle soit vraie ne signifie pas qu’elle ai eu raison pour l’alsace lorraine)
car quand on parle de volonté communne, on a rien dit, car sur quoi se base cette volonté commune sinon sur un substrat de points communs?
Ernest renan est le plus con des philosophes depuis montesquieu
@Gorr
La conception de la nation est soumise à deux types d’incertitude :
- dans le cas allemand : incertitude sur le renouvellement de la population ethnique
- dans le cas français : incertitude sur le résultat du plébiscite quotidien
La nation allemande se place dans le temps long alors que la nation française se situe dans le temps court.
“mais qu’elle soit vraie ne signifie pas qu’elle ai eu raison pour l’alsace lorraine”
L’Alsace est culturellement germanique. La Lorraine annexée par les Allemands était à moitié française.
Anne O
On peut disserter longtemps sur les deux définitions de la “nation” (au sens allemand ou au sens français de Renan ou Fustel). Le fait est, que, historiquement, le concept de nation fut défini de la sorte et donna lieu à un débat/désaccord au 19ème siècle, au sujet justement de l’Alsace-Moselle.
Rappelons également que ce débat ne fut que le résultat de l’ “apparition” du concept de nation à la suite de la révolution française jacobine, pour laquelle la souveraineté ne résida plus en Dieu (droit divin – royauté) mais en la nature : l’homme (souveraineté populaire – démocratie).
On constatera également que cette évolution engendra le nationalisme, dans ses versions allemandes et françaises, largement responsables des grandes boucheries du 20ème siècle et de notre décadence. C’est pourquoi il semble préférable de parler de “patrie” plutôt que de “nation” – c’est mon avis. La patrie renvoie à un sentiment ancestrale, non pas réduit à un critère national. La patrie évoque également la longue durée, puisque son concept ne nait pas en 1789 mais lui est largement antérieur.
“La Lorraine annexée par les Allemands était à moitié française.”
Non ! Seule la Moselle fut rattachée (le terme “annexé” est déjà connoté). Et la Moselle fut à 95 % germanophone en 1871. Seules quelques communes, frontalières avec la France, furent francophones.
Quant à l’Alsace, elle fut presque totalement germanophone. Seules les élites connaissaient le français, notamment les commerçants.
@Gorr
Le concept de nation ne me déplaît pas : nation vient de la même racine que le mot “naissance”. Dans une nation, il ne reste plus qu’à savoir d’où viennent les naissances donc : sans doute de la “patrie”, c’est-à-dire des pères. La boucle semble en apparence bouclée !
Très bonne tribune claire et bien argumentée mais quid des enfants d’étrangers nés en France qui revendiquent plus radicalement même que leurs parents leur culture d’origine et quid des métis de plus en plus nombreux et de plus en plus influents ?
Le ver n’est pas seulement dans le fruit; il a déja largement riboté.
Et lorsqu’un fruit est gaté, il est définitivement perdu. Il n’y a pas de regenérescence possible.
@Gorr
quand je dis “Lorraine annexée par les Allemands” j’entends la Moselle et deux trois communes supplémentaires. On est donc d’accord sur ce point.
Par contre, il me semblait que la frontière linguistique passait entre Metz et Thionville (Diedenhoffen en allemand) et que la région minière de Briey était francophone.
La Savoie est la dernière province à devenir française. Une partie devait en rester neutre en cas de guerre (la “zone”). En 1914, on a pensé que la guerre allait durer 15 jours. On s’est donc empressé de tester le patriotisme des habitants de la “zone” en leur faisant payer le “prix du sang”. Regardez les monuments aux morts dans les villages de la “zone”, et regardez le nombre de morts dans les 4 mois de guerre de 1914: vous verrez que le “prix du sang” a été payé par la Savoie, et surtout par la “zone”
” Les Nations sont des amitiés.L’amitié des hommes s’appelle point par point, foyer, commune, pays, province et Nation.
Mettre en commun ses intérets, ses griefs, ses sympathies, ses inimitiés, les identifier soit a un coin de terre, soit au nom propre d’une race, d’une tribu, d’une famille , c’est une condition expresse de la vie.Celui qui ne la remplit pas se condamne a fléchir.Les peuples qui cessent de sentir la force de cette loi du monde, sous prétexte que les rivalités de cité a cité, de patrie a patrie, peuvent sembler absurdes a l’examen particulier de chaque individu, ces peuples, dis-je, cessent de former un agrégation; divisés, ils ne font plus corps.Ne songeant plus a dominer afin de n’etre point dominés par les autres, la vie les abandonne.Mais ils n’y gagnent point la paix perpetuelle.
Et leur guerre civile remplace la guerre étrangere. “
“car quand on parle de volonté communne, on a rien dit, car sur quoi se base cette volonté commune sinon sur un substrat de points communs?”
sur un peuple, une langue et un état.
il n’y a pas lieu de polémiquer sur la définition de la nation (allemande ou francaise c’est à dire ethnique ou étatique) mais il faut discuter de son fonctionnement (centralisme, autonomie des régions, droit du sang/sol) essentiel à sa survie
Prenons le cas Renan… partisan de l’Europe fédérale puis partisan d’une France revancharde. Dans le premier cas, il souligne la parenté profonde entre européens. Dans le second cas, pour “démontrer” que l’Alsace est française et pas allemande, il explique que la nation est le fruit d’une volonté. Renan, aryaniste, est-il crédible dans son analyse de “Qu’est-ce qu’une nation” ? Je ne le crois pas. Le nationalisme aveugle.
Bonne synthèse des distinctions habituelles qui, a mon avis, posent mal la question.
le problème n’est pas de savoir si tel conception est juste ou généreuse ou même de défendre la dimension charnelle mais qu’est ce qui permet a une nation de traverser les siècles.
La seule définition viable de la nation c’est celle d’une communauté d’ascendance car c’est la seul façon d’assurer un avenir commun.
Dés qu’on en sort c’est la dérive façon ER ou la nostalgie Algérie Française type FN
La France n’a jamais été un peuple. Entre un catalan, un basque, un alsacien et un breton, il y a des différences d’ordre nationale au sens ou l’entend 95% des personnes de la planète.
Comme disait Céline “La race française a bien besoin d’être défendue, vu qu’elle n’existe pas”.
Et je crois que ce débat est clos depuis longtemps puisque nous sommes dans la post-europe. La France est devenue une zone grise, intermédiaire, ou émerge une espèce d’empire café au lait “républicain”.
La France n’était déjà pas une nation, mais alors aujourd’hui c’est encore plus vrai.
@ Colbert
La conception républicaine de la nation c’est la nation-ethnos et donc le droit du sang en matière de nationalité/citoyenneté. Il y a un profond contresens à croire que la conception républicaine est anti-ethnique, mais simplement aujourd’hui nous ne sommes plus en république mais en oligarchie.
Athènes contre Corinthe. Depuis Aristote on en est toujours là. A la thalassocratie libérale le droit du sol, le droit des marchands. A la démocratie sociale le droit du sang, le droit des paysans.
La terre ne ment pas, le sang non plus. L’argent ment.
D’où la république européenne, fondée sur l’appartenance commune de tous les Européens à un même socle anthropologique et civilisationnel. Europa, unsere Nation.
@BLL
Les Catalans, les Basques, les Alsaciens, les Bretons sont aux marges du pays (“nations étrangères”).
Qu’en est-il de l’intérieur ?
@ Colbert
La “Gaule” [Gallia] est une invention romaine, mais pas une réalité “gauloise”. On parlait aussi de Gaule Cisalpine pour désigner la partie celte de l’Italie. Tu la revendiques ?
Les Grecs ne parlaient guère de Gallia mais plutôt de Keltia, car ils avaient eu l’occasion de rencontrer des Celtes au IIIème siècle, lorsque ceux-ci envoyèrent une vague conquérante en Grèce, en Thrace et jusqu’au coeur de l’Anatolie.
La “Gaule” ? Une invention romaine. La Celtie ? Une réalité celte. Rappelons d’ailleurs que Belges, Helvètes et troupes bretonnes (de Bretagne donc d’ “Angleterre”) ont combattu aux côtés de Vercingétorix, contre les Romains. Les natios franchouillards falsifient l’histoire pour a posteriori créer de toutes pièces une “France éternelle” qui n’existe que dans leur esprit.
Je n’ai rien contre le rattachisme wallon, mais je ne vois pas trop l’intérêt d’une “Grande France”, sincèrement… Vous réclamez aussi la Suisse francophone ou le Val d’Aoste ? Vous voulez donc cèder la Corse et le bout catalan de la France ? On peut redécouper l’Europe sur critères linguistiques (adieu la Flandre française, adieu l’Alsace, adieu la Bretagne, et vive la Wallonie) aussi.
Non je pense qu’une euro-région flamande et une euro-région wallone me semblent préférables à un rattachement pur et simple à un état dont je ne souhaite pas par ailleurs la pérennité.
@ Fiefien
Je n’en savais rien, mais sinon en général on retrouve Celtia ou plutôt Keltia dans les îles britanniques et en Bretagne. L’explication logique c’est que dans l’esprit des nord-africains, la bière est associée à l’Europe et au pays celte (les Romains et les Grecs préféraient le vin à la bière).
“préférables à un rattachement pur et simple à un état dont je ne souhaite pas par ailleurs la pérennité”
tu es contre la pérennité de la France ?
ça mérite une petite explication…
Je suis en effet, “Anne Onyme”, pour la formation d’un état-nation Europe, basé sur le fait que tous les Européens appartiennent au même socle anthropologique et civilisationnel, et que je considère comme parfaitement arbitraires et contingentes les frontières actuelles, qui sont en effet le fruit du hasard et des guerres. Aussi quel intérêt de renforcer l’état français, coupable pour moi d’avoir trahi depuis longtemps les intérêts du peuple, et surtout état complètement lié par divers traités et conventions.
Le formation d’un état unitaire européen permettra une remise à zéro des compteurs juridiques, une tabula rasa permettant de le fonder sur des bases nouvelles, visant à l’intérêt absolu des Européens et à la conservation de l’européanité de l’Europe.
L’état français peut disparaître. Ce qui ne doit jamais disparaître, et pour lequel il faut tout sacrifier si nécessaire, sa vie incluse, c’est l’européanité de l’Europe. Les constructions administratives peuvent changer, mais pas les données anthropologiques. Car si ces dernières changent, c’est foutu et pour toujours.
@ Fiefien
Le nom est typographié en caractères gothiques et surmonte la mention « bière de luxe ».
Hommage à la bière européenne donc…
“Je suis en effet, “Anne Onyme”, pour la formation d’un état-nation Europe”
Anne Onyme sans les guillemets, merci.
Euh, un Etat-nation Europe ? Multiculturel donc ? Une Autriche-Hongrie continentale ?
“je considère comme parfaitement arbitraires et contingentes les frontières actuelles, qui sont en effet le fruit du hasard et des guerres”
l’inexistence de certaines races est aussi le fruit de la contingence (extermination, ethnogenèse…)
“Ce qui ne doit jamais disparaître, et pour lequel il faut tout sacrifier si nécessaire, sa vie incluse, c’est l’européanité de l’Europe”
La division de l’Europe en Etats (ou en régions me direz-vous ?) fait partie de l’européanité de l’Europe. L’Europe ne peut être que multinationale (ou multirégionale ?).
— C’est pour citer les auteurs que je mets des guillemets, n’y voyez nulle offense. —
Multiculturelle ? Oui et non, puisque partant du principe qu’il existe une culture européenne commune. C’est la mise en avant du commun plus que du particulier.
La division de l’Europe en états est une période historique parmi d’autres de l’Europe. Pourquoi serait-elle plus valable qu’une autre ? Rien en permet de l’affirmer. L’Europe peut être unie, si elle met en avant son commun, qui est son essentiel. Ortega Y Gasset ainsi déclarait que 80% formait la culture européenne, 20% la particularité. Il est logique que ce 80% prime sur ce 20%, surtout quand ces derniers alimentent finalement de manière en apparence paradoxale l’allogénisation de notre continent.
On peut avoir une Europe politique unifiée avec un pouvoir identitaire donné aux euro-régions. Ce n’est pas du pur jacobinisme, mais un équilibre entre le commun et le particulier, au sein d’une commune européanité.
“la république européenne”
beurk.
“La république” : peut-être une bonne idée en soi, mais entachée de 2 siècles de républicanisme jacobinard. La république n’est pas une institution, mais une quasi-religion, une idéologie, un système de valeur et de principes absolument malsains et faux.
“européenne” : si on est anti-mondialiste, qu’on soit cohérent et opposé à toute forme d’euro-mondialisme. Non à une Europe de brest à moscou. Même la France est déjà trop grande à mon goût. Il faut retrouver le sens des patries, du local, de la petite échelle. Les grands ensembles mondiaux sont le projet des élites apatrides qui rêvent d’Etat mondial.
mais l’heure n’est plus aux états nations mais aux blocs de civilisation : inde, chine, Eurasie ou occident ou alors on se fera mettre en pièce par les grandes puissances économiques et politiques.
“c’est une “volonté de vivre ensemble” autour de valeurs communes”…
Voilà qui est u peu “léger” devant l’adversité. L’histoire contemporaine de la France nous l’a largement prouvé et nous le prouvera encore.
Que se passe t’il donc lorsque cette volonté s’effrite, ou que les valeurs communes deviennent divergentes ?
Chacun peut il reprendre ses billes et continuer à vivre sur un même territoire selon sa propre loi ?
Il semble néanmois que l’on nous oriente fortement dans cette direction, à savoir celle du communautarisme, afin d’éviter l’explosion et la guerre civile.
Cette solution pourrait éventuellement trouver une issue réelle, du moins si nous évoluions dans un vase clos. or, tel n’est pas le cas, nous sommes au contraire dans un univers devenu totalement ouvert et où de nombreuses tensions extérieures viennent nous travailler au corps.
La première adversité venue aura raison de tout ce montage “idéel”.
Je ne suis pas un ardent partisan défenseur du déterminisme historique, mais il faut bien admettre quelques similitudes entre notre situation et celle de l’Empire romain aux abord su IIIème siècle.
L’édit de CARACALA en 212 ap JC et surtout ses conséquences ne sont pas sans rappeler notre actuel situation. Cette note du site Mémo l’expliquera de manière plus synthétique que moi:
“la proclamation de l’édit de 212 qui conférait la citoyenneté romaine à tous les sujets de l’Empire. Cette dernière initiative, qu’on doit attribuer plus à son entourage, formé de légistes, qu’à l’empereur lui-même, aura quelque importance pour l’avenir politique et social de l’Empire. S’il a pour effet immédiat d’astreindre tous les habitants libres aux taxes sur les successions, jusqu’alors réservées aux Romains, il s’inscrit également dans la poursuite de la lutte entre les césars et le sénat.
En effet, la constitution de Caracalla a eu pour conséquence de neutraliser les privilèges historiques des cités d’Italie romanisées, dont les classes dominantes constituaient un des plus solides piliers de l’oligarchie sénatoriale. Caracalla, en avançant dans la voie où s’étaient engagés ses prédécesseurs, noyait par une naturalisation en masse le particularisme italien dans la romanité universelle, et préparait à plus long terme l’accession au pouvoir suprême d’imperators orientaux et, par là même, l’ouverture de Rome à toutes les influences des provinces.
Aussi, lorsque la crise financière et économique vint à manifester l’étendue de ses conséquences (affaiblissement de l’Etat et de l’armée, augmentations des impôts etc.) et que les barbares commencèrent à déferler périodiquement sur les frontières, procédant à des incursions toujours plus loin au coeur de l’Empire, il advint ce qui devait arrivé.
L’EFFONDREMENT. La volonté des citoyens de vivre et de mourir pour l’Empire qui n’était plus pour eux qu’un couteux prestataire de services aux mains d’étrangers avides et peu scrupuleux rompit tout lien sacré entre lui et les peuples romains.
Ce fut la fin.
Gorr, vous semblez bloqué sur le sens de “république”. Vous pensez en franco-français, mais la notion de république transcende le petit cas hexagonal et ne se réduit donc pas à deux cents ans (dont 40 ans d’empire d’ailleurs, et 33 ans de monarchie).
Pour moi la république c’est déjà la polyarchie et donc la démocratie (en grec moderne le mot “république” se traduit d’ailleurs par “démocratie”), donc le rejet de la monarchie, de la ploutocratie, de l’oligarchie. La république c’est aussi le socialisme au sens strict, c’est à dire l’intérêt général primant sur l’intérêt particulier, le bien commun au dessus du bien individuel. La république c’est Athènes, c’est Rome, c’est la Scandinavie et seulement ensuite la révolution française.
De plus le Royaume-Uni, “royaume”, ne semble pas mieux loti que notre “république”.
L’Europe de l’Islande à l’Oural et par extension au Pacifique est notre seul avenir crédible. C’est ainsi que nous pourrons restaurer notre européanité, en remigrant les migrants. Cette Europe ne saurait être mondialiste puisqu’elle sera fondée sur ce qui particularise strictement l’Europe, donc sur une logique anti-universelle. Nous faisons l’Europe non parce qu’elle est diverse mais parce qu’en réalité elle l’est justement peu. Parce que les Européens appartiennent à la même civilisation et sont tous de même origine. L’anti-mondialisme doit être crédible c’est à dire au niveau où on peut le combattre. La Grande Europe unifiée, qui sera exclusive puisque “citadelle”, pourra vaincre le mondialisme. Vos “nations” en seraient incapables. Incapables de s’entendre, incapables d’agir dans un même élan… ce que savent bien les USA. Une armée doit avoir un commandement unique sinon c’est la chienlit !
Si l’Europe unifiée dit merde au mondialisme, le mondialisme crève. Si la France dit merde au mondialisme, c’est elle qui crève. Toute la différence et elle est considérable.
Donc, contre le nationalisme impuissant et contre le mondialisme, la troisième voie c’est l’européanisme. Contre le marxisme internationaliste, contre l’impuissance nostalgique du socialisme national, contre le libéralisme global, la troisième voie c’est le socialisme européen.
“Même la France est déjà trop grande à mon goût. Il faut retrouver le sens des patries, du local, de la petite échelle.”
pas besoin de patrie pour mener une vie de berger en élevant des moutons à la campagne
@ Milheria
Oui et non. Vous avez raison, c’est l’époque des blocs civilisationnels. Mais surtout ne parlez pas d’ “Eurasie”, ça c’est le projet délirant du sinophile et de l’islamophile Douguine (ex-rosenbergien reconverti dans l’islamophilie tordue), soutenu par qui vous savez. Douguine nie l’européanité de la Russie, qu’il voit comme eurasiatique c’est à dire métisse. D’ailleurs l’eurasisme douguinien est rejeté massivement par quasi tous les nationalistes russes.
Il faut bien parler d’européanisme, c’est à dire de la Grande Europe de l’Islande à la Russie, et pas d’eurasisme.
Bien cordialement
@ Milheria :
Vous savez réellement ce que c’est que d’élever des moutons ?
Franchement, je ne m’y vois pas.
@ BJ
Même chose que pour Milheria, ne tombez pas dans la terminologie douguino-nriste avec ce vilain mot métisseur d’Eurasie (souvenez vous que quand on parle d’un eurasiate, on désigne un métis de blanc et de jaune !).
L’Europe de Reykjavik (!) à Vladivostok, le rêve thiriartiste avant que ce dernier ne tombe vers la fin de sa vie dans les délires nationaux-bolcheviks, est en effet une nécessité. Ce que Faye appelle Eurosibérie. Mais ce qu’il convient d’appeler simplement Europe ! Les seules “colonies” que nous nous autoriserons seront les républiques autonomes de Sibérie et le Groenland sous-peuplé, avec statut spécifique (donc pas de nationalité européenne pour les inuits ou pour les yakoutes) de dominion.
La Grande Europe de l’Islande à la Russie, oui.
L’Eurasie, non !!!
@ Anne Onyme
La république c’est d’abord le rejet du pouvoir personnel (monarchie, autocratie, césarisme) avant toute autre chose. La république comme terme est née de la chute de Tarquin le Superbe chassé par une révolte populaire après avoir commis le viol de Lucrèce. C’est Brutus l’Ancien levant le glaive de Mars.
Ce n’est donc absolument pas une religion. Comme le dit Louis Ménard, “le polythéisme est la religion de la république”. On ne saurait fonder une république sans s’assurer qu’elle aura une religion républicaine. Sade dans “Français, encore un effort pour devenir républicains”, le dit clairement. “Rendez-nous nos dieux !”, affirme-t’il.
Aujourd’hui, élever des moutons c’est pour fournir l’aïd et éventuellement du fromage de brebis. Il y a des textures synthétiques qui font des pulls très corrects.
à Curtis Newton,
vous pensez que votre concept de nation européenne passera par la voie démocratique ou par le chaos(crise financière et conflits ethniques)?
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