Patrimoine littéraire français

Posté le 21 novembre 2008, 20:40  |  Auteur : bds  | | Bookmark and Share |

Mignonne allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au votre pareil.

Las! Voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a en lieu et place,
Las! las! ses beautés laissé choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusqu’au soir !

Donc, si vous m’en croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.

Pierre de Ronsard (1524-1585)

______________
Rappel : ce texte est discriminatoire selon la Halde.
« Certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose » est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes.»  Le rapport de la Halde en PDF
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Commentaires

56 Commentaires

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Gorr
Commentaire Nº1 - 21/11/2008 - 20:43

Pardon, mais… ai-je le droit de trouver moche ce poème ? Disons : efféminé ?

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Vertumne
Commentaire Nº2 - 21/11/2008 - 20:46

Trop « vivant» , trop épicurien, trop païen pour Gorr sans aucun doute.

Vous êtes aussi prévisible qu’un musulman…

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bds
Commentaire Nº3 - 21/11/2008 - 20:48

Un poème qui parle des femmes peut bien être « effeminé» … C’est même la moindre des choses.

Vous préférez cette version ?

Poulette, entends-tu le canon de 12
Qui ce matin avait vidé
Son ventre d’acier sur l’ennemi ?

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Bertrand Du Déclin
Commentaire Nº4 - 21/11/2008 - 20:53

Gorr au secours…
C’est une blague pour la Halde?

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Colbert
Commentaire Nº5 - 21/11/2008 - 20:56

aucun rapport, mais je note que la mode capillaire du temps de ronsard est curieusement proche de celle des années 2000. On est loin de julles vallès ou berlioz

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Neantderthaal
Commentaire Nº6 - 21/11/2008 - 20:58

C’est curieux dans lemode de selection du contenu des manuels, il n’y a que des « experts» , mais pas … de parents d’élèves !!!

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Excalibur
Commentaire Nº7 - 21/11/2008 - 21:02

C’était l’époque de la « carte du tendre» , on ne se jetait pas sur la « marchandise» , on essayait de connaitre l’autre avant toute chose!

Mais que vient faire la halde ici?? Encore un fake de FDS!!

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Marcelle
Commentaire Nº8 - 21/11/2008 - 21:14

Gorr,

Essayez de vous concentrer.
C’est un poème courtois, cruel, moqueur, désabusé, cru. Si, si. Relisez-le.
En traduction : Le poète veut se serrer la jeunette, et lui fait un subtil chantage sur le mode de « Aujourd’hui t’es pas mal ; demain tu seras moche. Bon alors, j’te raccompagne ?» 
Alors évidemment, tout l’intérêt de Ronsard est qu’il le formule mieux. En français.

Excalibur :

« C’était l’époque de la “carte du tendre”… »

À un siècle près, oui.

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Neantderthaal
Commentaire Nº9 - 21/11/2008 - 21:15

Bon je viens de parcourir la prétendue « étude»  de la Halde; j’ai rarement vu un tel ramassis de poncifs et de présupposés, digne de la méthode soviétique.

Dans les années cinquante, R Barthes expliquait pourquoi il ne fallait plus que les petites filles jouent à la poupée, c’était un asservissement ignoble à leur futur condition de mère de famille (quelle horreur effectivement).

En gros, cinquante aprés , on fait du sous Barthes sans vergogne et on affiche sa volonté de réeduquer une population blanche et européenne pour permettre aux arriérés qui nous envahissent d’etre au meme niveau.

Je crois que les manuels devraient plutot inclure des chapitres entiers sur les khmers rouges, les methodes communistes d’endoctrinement, l’asservissement des peuples qui remettent leur destin à des traitres; et la victoire des peuples qui ont su briser leurs chaines et chasser les envahisseurs et leurs affidés. De bons chapitres sur Nietzsche, l’esprit libre et le Crépuscule des Idoles gaucho-marxistes completeraient agréablement le cursus

On pourrait appeler ça de l’Education, au lieu que nos vaillants enseignants plongent à pieds joints dans la Réeducation collective de nos enfants et au desarmement moral de tout notre pays.

Nota : le rapport HAlde est écrit dans un jargon a peine comprehensible. Son décryptage s’adresse à des gens rompus au langage des intellos gauchistes les plus chevronnés. Faites l’Expèrience : les amalgames et les raccourcis sont saisissants de mauvaise foi!!!

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Pitch
Commentaire Nº10 - 21/11/2008 - 21:17

Avec ses allusions légères au bouton de rose, ce poème est en réalité très érotique, mais avec une discrétion toute Française – au sens noble du terme.

J’aime beaucoup, vous l’aurez compris.
(et je conchie la Halde)

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Colbert
Commentaire Nº11 - 21/11/2008 - 21:17

Neandertaal, roland barthes a évolué vers le bon sens réac à la fin de sa vie (il lui aura fallu du temps, certes)

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Neantderthaal
Commentaire Nº12 - 21/11/2008 - 21:18

Je vous souhaite à tous une bonne soirée. Apres cette épreuve, je vais me relaxer avec ce cher Baudelaire…

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Bertrand Du Déclin
Commentaire Nº13 - 21/11/2008 - 21:19

Jolie idéalisation du passé Excalibur.

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Montjoie
Commentaire Nº14 - 21/11/2008 - 21:19

C’est un poème sur la beauté des femmes, qui fâne telles les fleurs.

La Renaissance redécouvre les lettres classiques et les douceurs épicuriennes. Cette ode pourrait être inspiré d’Horace, dont le mot d’ordre était : « Carpe diem !»  C’est-à-dire: « Cueille le jour !» 

Sinon, évidemment, ce n’est certes pas le plus beau texte de langue française. Mais il fait partie de notre patrimoine.

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Neantderthaal
Commentaire Nº15 - 21/11/2008 - 21:21

@Colbert
J’aime bien ses Mythologies, on dirait un vrai documentaire sur les années 50 (le guide bleu, les studios harcourt, le strip tease, le bifteck, …) en noir et blanc avec la vision des sociologues de l’époque un peu puerils…

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Ahlala
Commentaire Nº16 - 21/11/2008 - 21:26

La grenouille bleue

Nous vous en prions à genoux, bon forestier, dites-le nous ! à quoi reconnaît-on la fameuse grenouille bleue ?

à ce que les autres sont vertes ? à ce qu’elle est pesante ? alerte ? à ce qu’elle fuit les canards ? ou se balance aux nénuphards ?

à ce que sa voix est perlée ? à ce qu’elle porte une houppe ? à ce qu’elle rêve en troupe ? en ménage ? ou bien isolée ?

Ayant réfléchi très longtemps et reluquant un vague étang, le bonhomme nous dit : Eh mais, à ce qu’on ne la voit jamais.

Ironie facile sur nos minorités invisibles.

HONTE à vous monsieur Paul Fort !

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sainte Rita
Commentaire Nº17 - 21/11/2008 - 21:28

C est un trés joli poême, le seul d´ailleurs que je n´ai pas oublié!
En quoi est-il discriminatoire ?

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Excalibur
Commentaire Nº18 - 21/11/2008 - 21:29

Exact Marcelle, un siècle après!

Ce qui me fait me souvenir d’une jeune femme que le vieux Fontennelle voulait courtiser et se voyant refuser ce qu’il demandait, il lui avait dit : mais un jour vous serez bien vieille vous aussi et elle avait répondu : je vous emm. en attendant!!

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Colbert
Commentaire Nº19 - 21/11/2008 - 21:30

en matière de poésie, je vous recommande « l’astre rouge»  de leconte de lisle, introuvable car non réédité depuis quarante ans, mais heureusement l’internet existe!

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GAG
Commentaire Nº20 - 21/11/2008 - 21:32

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en petillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rhythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

— Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
À cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

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Colbert
Commentaire Nº21 - 21/11/2008 - 21:39

ça sent le baudelaire, GAG

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GAG
Commentaire Nº22 - 21/11/2008 - 21:41

Colbert
Vi c’est un classique d’école, mais tu trouves pas que le thème est exactement le même que celui abordé par Ronsard ?

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Marcelle
Commentaire Nº23 - 21/11/2008 - 21:42

Tiens, je n’avais pas lu la mention haldique…

Mouarf, les « seniors » « discriminés » par Ronsard ! Ouah le concept ! Le cross-over ! Le sketch ! J’achète ! Je veux un deuxième épisode Joachim du Bellay versus Obama ! Vite, rappelez-moi Marguerite de Navarre et Diam’s, qu’on fasse un numéro spécial « Té-ci sensible »…

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yannick
Commentaire Nº24 - 21/11/2008 - 21:46

« Gorr
Commentaire Nº1 – 21/11/2008 – 20:43
Pardon, mais… ai-je le droit de trouver moche ce poème ? Disons : efféminé ?
» 

Oui vous en avez le droit. Un poème est comme une peinture ou une photo ou d’autres choses du domaine de l’œuvre artistique.

Vous êtes libre d’apprécier ou détester, personne n’a le droit de vous juger là dessus, vous êtes libre de ressentir ou de ne pas ressentir d’émotion.
Le ressentit est quelque chose de personnel, d’intime, qui ne vous oblige pas à l’expliquer à autrui.

Vous n’avez de compte à rendre à personne, et votre sensibilité vis-à-vis des choses qui vous entourent restera intact, ne vous inquiétez pas

L’avis de chacun est subjectif.

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dédé
Commentaire Nº25 - 21/11/2008 - 21:49

Je crois que la poésie est à l’écrit ce que le rêve est à la nuit.
dédé,21/11/2088

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Vertumne
Commentaire Nº26 - 21/11/2008 - 21:50

@ GAG: c’est du Rimbaud ça!

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yannick
Commentaire Nº27 - 21/11/2008 - 21:51

« Je crois que la poésie est à l’écrit ce que le rêve est à la nuit.
dédé,21/11/2088 » 

Pas mal dédé, j’aime beaucoup.

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Vertumne
Commentaire Nº28 - 21/11/2008 - 21:51

Ah non Baudelaire vous avez raison Colbert. Je confonds avec le poème de Rimbaud sur le soldat mort.

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Colbert
Commentaire Nº29 - 21/11/2008 - 21:53

GAG
Commentaire Nº22 – 21/11/2008 – 21:41
Colbert
Vi c’est un classique d’école, mais tu trouves pas que le thème est exactement le même que celui abordé par Ronsard ?

——–

ah oui, en effet j’avais pas fait attention

toutefois je préfère la version « plus jolie»  de ronsard

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Ahlala
Commentaire Nº30 - 21/11/2008 - 21:58

@ gag

Dans la même veine très fleur bleue :


C’est le diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appats;
Chaque jour vers l’enfer nous descendons d’un pas,
Sans horreur, à travers des ténêbres qui puent.

Ainsi qu’un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d’une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Préface des Pleurs du Mal

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GAG
Commentaire Nº31 - 21/11/2008 - 22:01

Vertumne
Bien vu aussi, le Dormeur du Val de Rimbaud ;)

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Marcelle
Commentaire Nº32 - 21/11/2008 - 22:03

Après l’ode, le sonnet. Le grand Ronron monte en puissance :

Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :
« Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »

Lors vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre, et fantôme sans os
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie

Vertumne, votre poème de Rimbaud c’est « Le Dormeur du val ».

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Ahlala
Commentaire Nº33 - 21/11/2008 - 22:14

Il faut dénoncer d’urgence à la Halde la nouvelle de Marcel Aymé intitulée « La carte»  tirée du recueil »  le Passe-Muraille qui commence ainsi :

10 février, – Un bruit absurde court dans le quartier à propos de nouvelles restrictions. Afin de parer à la disette et d’assurer un meilleur rendement de l’élément laborieux de la population, il serait procédé à la mise à mort des consommateurs improductifs : vieillards, retraités, rentiers, chômeurs et autres bouches inutiles….

C’est capable de faire voler en éclat notre radieuse société multi-orifices ce truc-la.

Sans parler d’une autre nouvelle du même recueil qui raconte le calvaire d’un Monsieur-Tout-le Monde qui se réveille un beau matin avec une auréole au-dessus de la tête.

Explosif je vous dit.
Donc à lire absolument.

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Isabelle
Commentaire Nº34 - 21/11/2008 - 22:24

« Et son teint au votre pareil.» 

1) Heureusement le temps où une « mignonne»  ne pourrait être que rose est révolu grâce à la halde et à Gisèle H. dont je salue le travail de fonds.
La femme est désormais libre de rôtir au soleil d’être une belle noiraude.

2) Malgré les Ronsard, la vie sexuelle d’une femme dure plus que « du matin jusque’au soir» , elle a même triplé de durée grâce au combat (et un peu à la médecine).

3) On peut séduire tous (enfin les bons), Français, et donc les dominer, sans comprendre un texte aussi réac, ni même parler français : les lauréats du festival de Cannes, la vraie miss France et Obama en sont la preuve.

Gisèle et Simone ont écrasé Ronsard par leur ouverture d’esprit.

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GAG
Commentaire Nº35 - 21/11/2008 - 22:25

Sans parler d’une autre nouvelle du même recueil qui raconte le calvaire d’un Monsieur-Tout-le Monde qui se réveille un beau matin avec une auréole au-dessus de la tête.

Sans oublier la version filmée, avec un Serrault magnifique et une voix off de Tchernia :)

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thomas
Commentaire Nº36 - 21/11/2008 - 22:28

Ronsard écrit son poême la pine à la main, Baudelaire écrit le sien la pine molle et baveuse.

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Colbert
Commentaire Nº37 - 21/11/2008 - 22:28

Isabelle
Commentaire Nº34 – 21/11/2008 – 22:24

2) Malgré les Ronsard, la vie sexuelle d’une femme dure plus que “du matin jusque’au soir”, elle a même triplé de durée grâce au combat (et un peu à la médecine).

————-

:roll: :roll: :roll:

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Marcelle
Commentaire Nº38 - 21/11/2008 - 22:31

Ahlala,

Du même et encore plus explosif, Le Confort intellectuel.

Extrait (pour les gros feignants, c’est un peu l’équivalent de 1949 du bobo qui se croit subversif lorsqu’il vous accuse d’être un facho) :

«
Pour ma part, je connais plusieurs toqués qui se font une règle, dans la conversation, de n’émettre que des propos sibyllins auxquels il est impossible d’entendre rien. Ce n’est pas grave. Ce qui l’est davantage, c’est qu’ils rencontrent souvent des interlocuteurs qui les prennent très au sérieux et, sans rien comprendre de leurs paroles, les prennent pour des esprits doctes et profonds. Le Limousin de Rabelais se taillerait actuellement en France une réputation des plus enviables. À ce propos, je peux vous raconter une scène* dont j’ai été le témoin pendant l’occupation et qui vous paraîtra sûrement pleine de sens. Étant en zone sud en 1943, je me trouvai en contact avec un cénacle de poètes qui publiaient leurs vers dans une revue locale. L’un d’entre eux, farouchement antinazi, publiait au grand jour des poèmes vengeurs dans lesquels il disait cruellement son fait à l’oppresseur, mais il le disait sous une forme si rare et si personnelle que l’ennemi le plus prévenu n’y pouvait rien surprendre. De temps en temps, le poète réunissait ses amis chez lui et tandis qu’il leur lisait ses derniers écrits, chacun se récriait sur sa témérité. « Vous verrez, disait sa femme avec une fierté douloureuse, mon mari se fera fusillé. » Assistant un jour à l’une de ces séances et comme le poète reprenait haleine, j’osai dire que rien, dans les vers que je venais d’entendre, ne me paraissait de nature à éveiller la susceptibilité de l’ennemi. Il y eut un froid dans l’assemblée. Aux regards hostiles et soupçonneux qui m’enveloppèrent, je sentis qu’en insistant le moindrement, j’allais passer pour un maréchaliste et peut-être pire. Enfin, le poète reprit sa lecture. Ses vers m’ont paru, à certains égards, tellement remarquables que j’en ai pris copie. Voici les derniers :

« Roche desprise il se surlève du guidon
trois degrés mourant sur vos échines haut et bas
arc-en-ciel divisé la plaine est pleine et coule
la rivière crescendo
le bruit blanc le chant allons au pré
doux équilibracérés la flamme torte fuligine la
retombée coucou.» 

Un cri sauvage accueillit le point final. Les yeux pleins de larmes, la femme du poète se tordait les mains.
« Non, chéri, tu ne publieras pas ça ! C’est trop direct, c’est trop cru ! Ce serait du suicide !
— Si ! répliqua le poète qui était très pâle. Je le publierai.
— Voyons, mais tu ne te rends pas compte que c’est d’une brutalité inouïe ! Je vous en prie, vous tous, dites-lui d’être raisonnable !
— Allons, mon vieux, dirent les amis. Allons, mon cher, un peu de sagesse, Tu as une femme, des enfants, etc.
— Je le publierais. »
Le poète serrait les dents, fièrement résolu. Chacun entreprit de lui démontrer sa folie téméraire en reprenant le poème mot à mot. « Au moins, sanglotait l’épouse, enlève arc-en-ciel divisé et enlève coucou. » Pour me racheter aux yeux de l’assemblée, je voulus être du sauvetage et je dis à mon tour :
« Guidon me paraît également très risqué. En somme, guidon est la traduction du mot fuhrer.
— Monsieur, vous vous méprenez, répliqua fraîchement le poète. Mon poème n’est pas un mot-croisé. »

* Scène nullement inventée, qui m’a été rapportée par un témoin digne de foi. (Note de l’auteur.)
»

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thomas
Commentaire Nº39 - 21/11/2008 - 22:32

« 2) Malgré les Ronsard, la vie sexuelle d’une femme dure plus que “du matin jusque’au soir”, elle a même triplé de durée grâce au combat (et un peu à la médecine).» 

Ah ah ah, merci pour ce non-sens total !
Vous le chiffrez à combien « le soir»  juste pour voir ? Ça nous emmène à combien, quatre fois plus ? :lol:

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thomas
Commentaire Nº40 - 21/11/2008 - 22:39

“2) Malgré les Ronsard, la vie sexuelle d’une femme dure plus que “du matin jusque’au soir”, elle a même triplé de durée grâce au combat (et un peu à la médecine).”

Trois fois plus, ça vous fait passer de la rose de Ronsard à la charogne de Baudelaire… J’arrête, je bande… Ou bien, si on considère que « du matin jusqu’au soir»  est en fait la métaphore « du matin, vers six heures, au soir, vingt heures» , ça nous fait tout juste « du matin jusqu’au soir»  du jour suivant… Avec la médecine moderne et une alimentation équilibrée vous pouvez donc baiser 36 heures d’affilées. Moi je peux pas, je serais fatigué avant.

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thomas
Commentaire Nº41 - 21/11/2008 - 22:43

Marcelle
#38
Excellent ! J’ai bien ri :lol:

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Us and them
Commentaire Nº42 - 21/11/2008 - 22:50

Un de Rimbaud,que j’adore…

« Les Poètes de Sept ans»  d’Arthur Rimbaud

Et la Mère, fermant le livre du devoir,
S’en allait satisfaite et très fière, sans voir,
Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminences,
L’âme de son enfant livrée aux répugnances.

Tout le jour il suait d’obéissance ; très
Intelligent ; pourtant des tics noirs, quelques traits
Semblaient prouver en lui d’âcres hypocrisies.
Dans l’ombre des couloirs aux tentures moisies,
En passant il tirait la langue, les deux poings
A l’aine, et dans ses yeux fermés voyait des points.
Une porte s’ouvrait sur le soir : à la lampe
On le voyait, là-haut, qui râlait sur la rampe,
Sous un golfe de jour pendant du toit. L’été
Surtout, vaincu, stupide, il était entêté
A se renfermer dans la fraîcheur des latrines :
Il pensait là, tranquille et livrant ses narines.
Quand, lavé des odeurs du jour, le jardinet
Derrière la maison, en hiver, s’illunait,
Gisant au pied d’un mur, enterré dans la marne
Et pour des visions écrasant son oeil darne,
Il écoutait grouiller les galeux espaliers.
Pitié ! Ces enfants seuls étaient ses familiers
Qui, chétifs, fronts nus, oeil déteignant sur la joue,
Cachant de maigres doigts jaunes et noirs de boue
Sous des habits puant la foire et tout vieillots,
Conversaient avec la douceur des idiots !
Et si, l’ayant surpris à des pitiés immondes,
Sa mère s’effrayait ; les tendresses, profondes,
De l’enfant se jetaient sur cet étonnement.
C’était bon. Elle avait le bleu regard, – qui ment !

A sept ans, il faisait des romans, sur la vie
Du grand désert, où luit la Liberté ravie,
Forêts, soleils, rives, savanes ! – Il s’aidait
De journaux illustrés où, rouge, il regardait
Des Espagnoles rire et des Italiennes.
Quand venait, l’oeil brun, folle, en robes d’indiennes,
- Huit ans – la fille des ouvriers d’à côté,
La petite brutale, et qu’elle avait sauté,
Dans un coin, sur son dos en secouant ses tresses,
Et qu’il était sous elle, il lui mordait les fesses,
Car elle ne portait jamais de pantalons ;
- Et, par elle meurtri des poings et des talons,
Remportait les saveurs de sa peau dans sa chambre.

Il craignait les blafards dimanches de décembre,
Où, pommadé, sur un guéridon d’acajou,
Il lisait une Bible à la tranche vert-chou ;
Des rêves l’oppressaient chaque nuit dans l’alcôve.
Il n’aimait pas Dieu ; mais les hommes, qu’au soir fauve,
Noirs, en blouse, il voyait rentrer dans le faubourg
Où les crieurs, en trois roulements de tambour,
Font autour des édits rire et gronder les foules.
- Il rêvait la prairie amoureuse, où des houles
Lumineuses, parfums sains, pubescences d’or,
Font leur remuement calme et prennent leur essor !

Et comme il savourait surtout les sombres choses,
Quand, dans la chambre nue aux persiennes closes,
Haute et bleue, âcrement prise d’humidité,
Il lisait son roman sans cesse médité,
Plein de lourds ciels ocreux et de forêts noyées,
De fleurs de chair aux bois sidérals déployées,
Vertige, écroulements, déroutes et pitié !
- Tandis que se faisait la rumeur du quartier,
En bas, – seul, et couché sur des pièces de toile
Écrue, et pressentant violemment la voile !

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Gravatar
Gorr
Commentaire Nº43 - 21/11/2008 - 22:53

Il n’est quand même pas honteux de ne pas aimer ce poème (efféminé) de Ronsard. Cela ne fait pas de vous un mauvais français.

Voici un autre poème, peut-être d’un ton plus heureux : (Victor Hugo)

L’expiation

Il neigeait. On était vaincu par sa conquête.
Pour la première fois l’aigle baissait la tête.
Sombres jours ! l’empereur revenait lentement,
Laissant derrière lui brûler Moscou fumant.
Il neigeait. L’âpre hiver fondait en avalanche.
Après la plaine blanche une autre plaine blanche.
On ne connaissait plus les chefs ni le drapeau.
Hier la grande armée, et maintenant troupeau.
On ne distinguait plus les ailes ni le centre.
Il neigeait. Les blessés s’abritaient dans le ventre
Des chevaux morts ; au seuil des bivouacs désolés
On voyait des clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre.
Boulets, mitraille, obus, mêlés aux flocons blancs,
Pleuvaient ; les grenadiers, surpris d’être tremblants,
Marchaient pensifs, la glace à leur moustache grise.
Il neigeait, il neigeait toujours ! La froide bise
Sifflait ; sur le verglas, dans des lieux inconnus,
On n’avait pas de pain et l’on allait pieds nus.
Ce n’étaient plus des cœurs vivants, des gens de guerre :
C’était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d’ombres sous le ciel noir.
La solitude vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Le ciel faisait sans bruit avec la neige épaisse
Pour cette immense armée un immense linceul.
Et chacun se sentant mourir, on était seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funeste empire ?
Deux ennemis! le czar, le nord. Le nord est pire.
On jetait les canons pour brûler les affûts.
Qui se couchait, mourait. Groupe morne et confus,
Ils fuyaient ; le désert dévorait le cortège.
On pouvait, à des plis qui soulevaient la neige,
Voir que des régiments s’étaient endormis là.
Ô chutes d’Annibal ! lendemains d’Attila !
Fuyards, blessés, mourants, caissons, brancards, civières,
On s’écrasait aux ponts pour passer les rivières,
On s’endormait dix mille, on se réveillait cent.
Ney, que suivait naguère une armée, à présent
S’évadait, disputant sa montre à trois cosaques.
Toutes les nuits, qui vive ! alerte, assauts ! attaques !
Ces fantômes prenaient leur fusil, et sur eux
Ils voyaient se ruer, effrayants, ténébreux,
Avec des cris pareils aux voix des vautours chauves,
D’horribles escadrons, tourbillons d’hommes fauves.
Toute une armée ainsi dans la nuit se perdait.
L’empereur était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
Sur ce géant, grandeur jusqu’alors épargnée,
Le malheur, bûcheron sinistre, était monté ;
Et lui, chêne vivant, par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Chefs, soldats, tous mouraient. Chacun avait son tour.
Tandis qu’environnant sa tente avec amour,
Voyant son ombre aller et venir sur la toile,
Ceux qui restaient, croyant toujours à son étoile,
Accusaient le destin de lèse-majesté,
Lui se sentit soudain dans l’âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
L’empereur se tourna vers Dieu ; l’homme de gloire
Trembla ; Napoléon comprit qu’il expiait
Quelque chose peut-être, et, livide, inquiet,
Devant ses légions sur la neige semées :
« Est-ce le châtiment, dit-il. Dieu des armées ? »
Alors il s’entendit appeler par son nom
Et quelqu’un qui parlait dans l’ombre lui dit : Non.

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Vertumne
Commentaire Nº44 - 21/11/2008 - 23:04

@ Gorr: vous! citer un poème de Victor Hugo sur Napoléon, alors là je retire ma remarque sur votre prévisibilité :)

Par contre vous avez tort de juger les poèmes d’amour courtois « effeminés» . Pour séduire une fille à cette époque il fallait bien souvent se départir de ses atours trop « brutaux» .

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Us and them
Commentaire Nº45 - 21/11/2008 - 23:25

Pour moi,ce qui fut de plus beau d’écrit à une femme,ce sont les Poèmes à Lou,d’Apollinaire.

Téléchargement possible…
http://www.artyuiop.fr/artyuiop/Apollinaire_po%C3%A8mes_%C3%A0_Lou.html

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Gorr
Commentaire Nº46 - 21/11/2008 - 23:29

Vertumne

C’est vrai, c’est vrai. L’amour courtois fut sans doute le sommet du raffinement, de l’élégance, du respect de la femme et de la féminité sans jamais tomber dans l’égalitarisme vulgaire des féministes et militant(e)s de l’émancipation, ni dans la pornocratie banalisée des partouzeurs blasés.

Aujourd’hui, on en est au Nique Ta Mère et au porno sur internet. Evidemment, Ronsard semble sorti d’une autre planète. Absolument incompréhensible.

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Moi Mad
Commentaire Nº47 - 21/11/2008 - 23:33

Corneille avait écrit un poème du même genre à une Marquise.

Stnace à la Marquise (1658)

Marquise, si mon visage
A quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge
Vous ne vaudrez guère mieux.

Le temps aux plus belles choses
Se plaît à faire un affront,
Et saura faner vos roses
Comme il a ridé mon front.

Le même cours des planètes
Règle nos jours et nos nuits :
On m’a vu ce que vous êtes;
Vous serez ce que je suis.

Cependant j’ai quelques charmes
Qui sont assez éclatants
Pour n’avoir pas trop d’alarmes
De ces ravages du temps.

Vous en avez qu’on adore,
Mais ceux que vous méprisez
Pourroient bien durer encore
Quand ceux-là seront usés.

Ils pourront sauver la gloire
Des yeux qui me semblent doux,
Et dans mille ans faire croire
Ce qu’il me plaira de vous.

Chez cette race nouvelle,
Où j’aurai quelque crédit,
Vous ne passerez pour belle
Qu’autant que je l’aurai dit.

Pensez-y, belle Marquise :
Quoiqu’un grison fasse effroi,
Il vaut bien qu’on le courtise,
Quand il est fait comme moi.

Ce à quoi, Tristan Bernard avait rajouté une strophe :

Peut-être que je serai vieille,
Répond Marquise, cependant
J’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille,
Et je t’emmerde en attendant.

Le tout a été chanté par Brassens.

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Kouign Haman Ier
Commentaire Nº48 - 21/11/2008 - 23:33

« Or, le même mystère qui dérobe souvent aux yeux la cause des catastrophes, quand il s’agit de l’amour, entoure tout aussi fréquemment la soudaineté de certaines solutions heureuses. Solutions heureuses ou du moins qui paraissent l’être, car il n’y en a guère qui le soient réellement quand il s’agit d’un sentiment d’une telle sorte que toute satisfaction qu’on lui donne ne fait généralement que déplacer la douleur. Parfois pourtant une trêve est accordée et l’on a pendant quelque temps l’illusion d’être guéri.» 

Marcel Proust, « A l’ombre des jeunes filles en fleurs» 

C’est curieux, mais je trouve que cette citation peut être déplacée dans de nombreux contextes différents. Relisez ces phrases en pensant à « vivre ensemble avec les immigrés»  au lieu de « l’amour avec une femme» .
Bigre, ça fait peur…

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Gorr
Commentaire Nº49 - 22/11/2008 - 0:12

Pour les connaisseurs, de la poésie fine :

« » Wenn einer von uns müde wird,
der andere für ihn wacht -
Wenn einer von uns zweifeln will,
der andere gläubig lacht -
Wenn einer von uns fallen sollt,
der andere steht für zwei -
Denn jedem Kämpfer gibt Gott
den Kameraden bei.» 

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Jacques Bonhomme
Commentaire Nº50 - 22/11/2008 - 0:13

Ronsard ne faisait pas que lutiner (joliement d’ailleurs).

Discours des misères de ce temps, à la reine mère du roi (1562), vers 127 à 166

On dit que Jupiter, fâché contre la race
Des hommes qui voulaient par curieuse audace
Envoyer leurs raisons jusqu’au Ciel, pour savoir
Les hauts secrets divins, que l’homme ne doit voir,
Un jour étant gaillard choisit pour son amie
Dame Présomption, la voyant endormie
Au pied du mont Olympe, et la baisant soudain
Conçut l’Opinion, peste du genre humain.
Cuider en fut nourrice, et fut mise à l’école
D’orgueil, de fantaisie, et de jeunesse folle.
Elle fut si enflée, et si pleine d’erreur
Que même à ses parents elle faisait horreur.
Elle avait le regard d’une orgueilleuse bête ;
De vent et de fumée était pleine sa tête.
Son cœur était couvé de vaine affection,
Et sous un pauvre habit cachait l’ambition.
Son visage était beau comme d’une sirène ;
D’une parole douce avait la bouche pleine ;
Légère, elle portait des ailes sur le dos ;
Ses jambes et ses pieds n’étaient de chair ni d’os,
Ils étaient faits de laine, et de coton bien tendre,
Afin qu’à son marcher on ne la pût entendre.
Elle se vint loger par étranges moyens Dedans le cabinet des théologiens,
De ces nouveaux rabbins, et brouilla leurs courages
Par la diversité de cent nouveaux passages,
Afin de les punir d’être trop curieux
Et d’avoir échellé comme géants les cieux.
Ce monstre que j’ai dit met la France en campagne
Mendiant le secours de Savoie et d’Espagne,
Et de la nation qui prompte au tabourin
Boit la large Danube, et les ondes du Rhin.
Ce monstre arme le fils contre son propre père,
Et le frère (ô malheur) arme contre son frère,
La sœur contre la sœur, et les cousins germains
Au sang de leurs cousins veulent tremper leurs mains.
L’oncle fuit son neveu, le serviteur son maître,
La femme ne veut pas son mari reconnaître.
Les enfants sans raison disputent de la foi,
Et tout à l’abandon va sans ordre et sans loi.

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Ahlala
Commentaire Nº51 - 22/11/2008 - 0:15

Merci Marcelle pour ce grand moment de poètitude citoyenne.

En échange voici deux vers extraits de « Bénédiction»  de Baudelaire
que je trouve haldistes avant l’heure :

Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu’il ne saura pousser se boutons empestés

* Ou empesés, ça dépend des éditions.

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Jacques Bonhomme
Commentaire Nº52 - 22/11/2008 - 0:33

Une pensée pour ce touchant ribaud qu’était Villon…

Premier, je donne ma pauvre ame
A la benoiste Trinité,
Et la commande à Nostre Dame,
Chambre de la divinité;
Priant toute la charité
Des dignes neuf Ordres des cieulx,
Que par eulx soit ce don porté
Devant le Trosne précieux.

LXXVI.

Item, mon corps j’ordonne et laisse
A nostre grand mère la terre;
Les vers n’y trouveront grand gresse:
Trop lui a faict faim dure guerre.
Or luy soit délivré grand erre;
De terre vint, en terre tourne.
Toute chose, se par trop n’erre,
voulentiers en son lieu retourne.
….

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Fellah Sion
Commentaire Nº53 - 22/11/2008 - 0:35

La langue, c’est le corps de la pensée, c’est l’esprit de l’être !
Pour tuer la « novlangue»  :

En réalgar, en arsenic rocher,
En orpiment, en salpêtre et chaux vive,
En plomb bouillant pour mieux les amocher,
En suif et poix détrempés de lessive
Faite d’étrons et de pissat de juive,
En lavailles de jambes à meseaux,
En raclure de pieds et vieux houseaux,
En sang d’aspic et drogues venimeuses,
En fiel de loups, de renards et blaireaux,
Soient frittes ces langues ennuyeuses !

En cervelle de chat qui hait pêcher
Noir, et si vieux qu’il n’ait dent en gencive,
D’un vieux mâtin, qui vaut bien aussi cher,
Tout enragé, en sa bave et salive,
En l’écume d’une mule poussive,
Détranchée menu à bons ciseaux,
En eau où rats plongent groins et museaux,
Raines, crapauds et bêtes dangereuses,
Serpents, lézards et tels nobles oiseaux,
Soient frittes ces langues ennuyeuses !

En sublimé, dangereux à toucher,
Et au nombril d’une couleuvre vive,
En sang qu’on voit en palettes sécher
Chez les barbiers, quant pleine lune arrive,
Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive,
En chancre et fiz, et en ces ors cuveaux
Où nourrisses essangent leurs drapeaux,
En petits bains de filles amoureuses
(Qui ne m’entend n’a suivi les bordeaux)
Soient frittes ces langues ennuyeuses !

Envoi

Prince, passez tous ces friands morceaux,
S(i)’étamine, sacs n’avez ou bluteaux,
Parmi le fond d’une(s) braie(s) breneuses ;
Mais, par avant, en étrons de pourceaux
Soient frittes ces langues ennuyeuses !

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Foubert
Commentaire Nº54 - 22/11/2008 - 13:04

Villon, Rabelais, Baudelaire, Brassens … boutez, boutez les mahométans de vos vers salvateurs.

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Lbuddha
Commentaire Nº55 - 22/11/2008 - 15:08

incroyable
la police de la pensée se vautre dans la fange imbécile de l’égalit

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Lbuddha
Commentaire Nº56 - 22/11/2008 - 15:09

arisme ordinaire

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On ne se débarrasse pas de l’ethnos, des communautés de mémoire. Il ne faut pas l’idolâtrer, mais il faut faire avec. Le demos, la communauté de conviction, ne suffit pas. — Régis Debray, philosophe – Causeur, 12 mars 2009

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