La HALDE juge Ronsard discriminatoire
21 novembre 2008, 20:40 | Auteur : bds | |
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| Mignonne allons voir si la rose Qui ce matin avait déclose Sa robe pourpre au Soleil, A point perdu cette vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au votre pareil. Las! Voyez comme en peu d’espace, Donc, si vous m’en croyez, mignonne, Pierre de Ronsard (1524-1585) |
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“Certains textes pourraient contenir des stéréotypes. Par exemple, en français, le poème de Ronsard «Mignonne allons voir si la rose » est étudié par tous les élèves. Toutefois, ce texte véhicule une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes.” Le rapport de la Halde en PDF
Catégorie : Les essentiels, Livres, novlangue |
Voir également :
- Kafka ressuscité : le rapport de la HALDE sur les manuels scolaires
- N’obéissez jamais aux injonctions de la Halde
- La Halde épingle la CAF
- Malika Sorel : “Supprimons la HALDE !”
- Le train de vie de la HALDE remis en cause
64 Commentaires

Merci Marcelle pour ce grand moment de poètitude citoyenne.
En échange voici deux vers extraits de “Bénédiction” de Baudelaire
que je trouve haldistes avant l’heure :
…
Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
Qu’il ne saura pousser se boutons empestés
…
* Ou empesés, ça dépend des éditions.
Une pensée pour ce touchant ribaud qu’était Villon…
Premier, je donne ma pauvre ame
A la benoiste Trinité,
Et la commande à Nostre Dame,
Chambre de la divinité;
Priant toute la charité
Des dignes neuf Ordres des cieulx,
Que par eulx soit ce don porté
Devant le Trosne précieux.
LXXVI.
Item, mon corps j’ordonne et laisse
A nostre grand mère la terre;
Les vers n’y trouveront grand gresse:
Trop lui a faict faim dure guerre.
Or luy soit délivré grand erre;
De terre vint, en terre tourne.
Toute chose, se par trop n’erre,
voulentiers en son lieu retourne.
….
La langue, c’est le corps de la pensée, c’est l’esprit de l’être !
Pour tuer la “novlangue” :
En réalgar, en arsenic rocher,
En orpiment, en salpêtre et chaux vive,
En plomb bouillant pour mieux les amocher,
En suif et poix détrempés de lessive
Faite d’étrons et de pissat de juive,
En lavailles de jambes à meseaux,
En raclure de pieds et vieux houseaux,
En sang d’aspic et drogues venimeuses,
En fiel de loups, de renards et blaireaux,
Soient frittes ces langues ennuyeuses !
En cervelle de chat qui hait pêcher
Noir, et si vieux qu’il n’ait dent en gencive,
D’un vieux mâtin, qui vaut bien aussi cher,
Tout enragé, en sa bave et salive,
En l’écume d’une mule poussive,
Détranchée menu à bons ciseaux,
En eau où rats plongent groins et museaux,
Raines, crapauds et bêtes dangereuses,
Serpents, lézards et tels nobles oiseaux,
Soient frittes ces langues ennuyeuses !
En sublimé, dangereux à toucher,
Et au nombril d’une couleuvre vive,
En sang qu’on voit en palettes sécher
Chez les barbiers, quant pleine lune arrive,
Dont l’un est noir, l’autre plus vert que cive,
En chancre et fiz, et en ces ors cuveaux
Où nourrisses essangent leurs drapeaux,
En petits bains de filles amoureuses
(Qui ne m’entend n’a suivi les bordeaux)
Soient frittes ces langues ennuyeuses !
Envoi
Prince, passez tous ces friands morceaux,
S(i)’étamine, sacs n’avez ou bluteaux,
Parmi le fond d’une(s) braie(s) breneuses ;
Mais, par avant, en étrons de pourceaux
Soient frittes ces langues ennuyeuses !
Une éloge à la beauté:
Une simple robe noire sur un corps diaphane,
Un peu de rouge aux lèvres et la pommette brillant
Les arcs des sourcils où naît un nez charmant,
Le noir des yeux noyé de blanc nacré
Puis le cheveu défait négligemment posé
Caressant de près un visage bien sérieux
Apaisé quand même par un sourire radieux,
Voici la vraie beauté sans aucune arcane.
Corneille, avec son Cid a aussi subit les foudre de l’antiwassisme…
Pourquoi? Mais parce qu’il occis maures!
Allez dire aux ignorants de la Halde que le veillissement est un processus naturel qui touche tous les êtres vivants. Les vieux ne sont pas une catégorie à part, c’est nous tous arrivés en fin de course.
Ce qui a décidé le Prince Siddharta à renoncer à son royaume il y a 2500 ans, c’est la prise de conscience que la vieillesse, la maladie et la mort sont inéluctables pour tous les êtres. Et nous sommes des êtres, ce qui fait un peu baliser. Les vers blancs attendent avec impatience que nous leur offrions le support physique de notre conscience, ce corps chéri.
Pour rappel de l’histoire, jusqu’ici confiné dans un palais doré, le Prince en faisant des escapades a découvert la réalité qui touchait son peuple, la misère et les trois souffrances précitées. Dégoûté par des plaisirs sensuels qui n’amenaient aucune libération des maux, il a renoncé à ses privilèges et cherché une solution intérieure dans le recueillement.
Le reste relève du philosophique et je ne fais aucun prosélytisme.
Mais je doute que les gens de la Halde aient eux l’honnêteté d’interroger la réalité des phénomènes et renoncer à leurs privilèges pour aider autrui !
Le fait que la mort n’est pas le pendant de la vie mais de la naissance semble leur échapper. La mort est un grand moment de notre vie, si je puis dire. Il ne faut pas rater ce moment. Dans la Chrétienté, il y avait des confréries pour se préparer au bien mourir. Les Chrétiens aussi avaient compris que pour bien mourir, il fallait vivre selon l’éthique et développer des vertus.
Saurons-nous trouver en notre coeur quelque sagesse authentique en ces temps de dégénerescence ?
Quelqu’un aura-t-il pensé à rappeler à Mr Louis Schweitzer que certains ont, non sans raison, quand même songé à supprimer le service des Propaganda Staffel et Abteilung ?
Mais, à lire ces lignes renversantes, on se demande bien pourquoi ?..
@Gorr,
Si on peut émettre de larges réserves sur le passé et la fin politique de l’auteur, on ne peut que se dire, oui, que Herybert Menzel possédait, dans la langue de Goethe au moins, autre chose comme souffle épique que le triste sire ci-dessus mentionné !
Merci à toi pour ce clin d’oeil..
( que je me dois de traduire un brin, dans la mesure de mes faibles connaissances, et tout en précisant que je n’engage évidemment aucune opinion politique en traduisant ce “chant de camarades de guerres teuton”..)
“Si l’un de nous est fatigué, l’autre veille pour lui; si l’un veut douter de nous, de tout, alors l’autre en rit; si l’un de nous tombe, l’autre marche à sa place et, si l’un tombe définitivement, alors l’autre lui donne Dieu en dernier sacrement..”
Danke schön !
Le liens de l’article vers le rapport de la HALDE ne fonctionne plus.
Le Villageois et le Serpent
Esope conte qu’un Manant,
Charitable autant que peu sage,
Un jour d’Hiver se promenant
A l’entour de son héritage,
Aperçut un Serpent sur la neige étendu,
Transi, gelé, perclus, immobile rendu,
N’ayant pas à vivre un quart d’heure.
Le Villageois le prend, l’emporte en sa demeure,
Et sans considérer quel sera le loyer
D’une action de ce mérite,
Il l’étend le long du foyer,
Le réchauffe, le ressuscite.
L’Animal engourdi sent à peine le chaud,
Que l’âme lui revient avec la colère.
Il lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt,
Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut
Contre son bienfaiteur, son sauveur et son père.
Ingrat, dit le Manant, voilà donc mon salaire ?
Tu mourras. A ces mots, plein de juste courroux,
Il vous prend sa cognée, il vous tranche la Bête,
Il fait trois Serpents de deux coups,
Un tronçon, la queue, et la tête.
L’insecte sautillant cherche à se réunir,
Mais il ne put y parvenir.
Il est bon d’être charitable ;
Mais envers qui ? c’est là le point.
Quant aux ingrats, il n’en est point
Qui ne meure enfin misérable.
Voilà une fable que les nazis de la HALDE ne tarderont pas à juger discriminatoire car elle n’est pas sans rappeler un certain contèxte…
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