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Cuba : Y a-t-il du racisme envers les noirs malgré la révolution de 1959 ?

16/04

Cuba est probablement l’un des pays les plus égalitaires au monde. La révolution de 1959 s’est vite donné comme objectif d’éradiquer le racisme dans une île qui a été la première à pratiquer l’esclavage et qui a été parmi les derniers pays à l’abolir. Mais 60 ans après la révolution, il y a encore des formes de discrimination raciale à Cuba.

« Nous devons en finir avec la discrimination dans le milieu de travail grâce à une campagne qui mettra fin à ce système odieux et répugnant avec un nouveau mot d’ordre : opportunité de travail pour tous sans discrimination de races; il faut que toute discrimination cesse dans tous les centres de travail. Ainsi, nous allons forger, pas à pas, la patrie nouvelle », a déclaré Fidel Castro en 1959.

Une politique officielle ne suffit toutefois pas. Presque 400 ans d’esclavage ont laissé des traces dans les mentalités, aussi bien chez les Blancs que chez les Afrodescendants.(…)

Gisela Arandia Covarrubias, journaliste, chercheure et auteure, a consacré toute sa carrière à l’étude du racisme aux États-Unis et à Cuba. Selon elle, 50 % à 60 % des Cubains ont des racines africaines. Les 2 millions de Cubains qui ont quitté l’île pour la Floride sont tous blancs, ce qui a affaibli la proportion de Blancs.

Esteban Morales va plus loin. Le politologue de l’Université de La Havane dit que plus de 60 % des Cubains sont noirs ou mulâtres. Sauf que 65 % des Cubains se sont déclarés blancs.

Les autorités ont annoncé que la nouvelle Assemblée nationale élue le 11 mars 2018 était composée de 40 % d’Afrodescendants. Mais dans les postes dirigeants, ils sont encore sous-représentés.(…)

Mais les difficultés économiques engendrées par la disparition de l’allié soviétique dans les années 1990 vont raviver les frustrations et la fracture raciale. L’aide de l’État diminue et ce sont les Afro-Cubains qui en souffrent le plus. En février 2003, Fidel Castro doit reconnaître les obstacles rencontrés « dans la lutte pour éradiquer les différences sociales et économiques de la population noire du pays ».

« Notre imaginaire social entretient le mythe que nous ne sommes pas racistes à Cuba, mentionne Gisela Arandia. Dans les années 1980, le gouvernement a imposé des quotas pour l’embauche des femmes, des jeunes et des Noirs. Échec total. Sabotage, même. Sabotage subtil; on s’est efforcé de prouver que ces gens n’étaient pas compétents. »

Depuis 2011, le modèle économique cubain changé. Ceux qui profitent du nouveau secteur privé sont ceux qui ont hérité de maisons ou de logements qu’ils peuvent louer à des touristes, ou encore ceux qui possèdent une auto qu’ils peuvent utiliser comme taxi. S’ils reçoivent de l’argent de leur famille établie à Miami, ce qui est le cas de 35 % de la population, ils peuvent s’ouvrir un restaurant. La plupart du temps, ces gens-là sont Blancs, dit Gisela Arandia.(…)

Radio Canada

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