Plein ecran

Sur l’immigration, le durcissement du discours politique gagne tous les camps : « Tu prends le programme du FN sur l’immigration, si tu ne dis pas que c’est le FN, je pense que les Français sont d’accord »

Avr
2018

Les idées qui étaient l’apanage du Front national dans les années 1990 ont infiltré tous les partis politiques, jusqu’à faire tomber le tabou du droit du sol.

(…) Alors que les discussions sur le projet de loi asile-immigration ont débuté en commission à l’Assemblée nationale, mardi 3 avril, les débats sur la question migratoire, hier brûlants et structurants dans le paysage politique, tendent à s’estomper. L’opinion, sondage après sondage, rejette l’immigration, économique au moins. La droite et l’extrême droite font assaut de promesses de fermeté et multiplient les formules-chocs.

Pendant ce temps-là, la gauche, éprouvée par le pouvoir ou tout simplement rétive à l’idée de s’impliquer sur ce terrain, émet un murmure à peine audible. En 1997, un Robert Badinter, alors sénateur PS, pouvait marquer le débat en s’opposant à la loi Debré sur l’immigration d’une formule qui a fait date : « lepénisation des esprits ». Aujourd’hui, un Benoît Hamon peine à se faire entendre quand il dénonce les mesures du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, comme « les plus liberticides sur l’immigration depuis 1945 ». (…)

Lors de son seul grand discours sur le sujet en tant que président de la République, en 2014, François Hollande présentait l’immigration comme une « force » et assurait vouloir « rendre aux immigrés la place qu’il leur revient » dans l’histoire de France. Mais, devant les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme, auteurs du livre Un président ne devrait pas dire ça… (Stock, 2016), le même François Hollande déclarait « qu’il y a trop d’arrivées, d’immigration qui ne devrait pas être là ». « Il y a à la fois des choses qui marchent très bien et l’accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue, parce que ça continue », ajoutait l’ancien chef de l’Etat. Une analyse crue, bien loin des propos d’estrade destinés à flatter l’identité de gauche.

« La situation a changé depuis 2015 car la crise migratoire a suscité un immense choc en Europe », analyse a posteriori Manuel Valls, qui avait tenu un discours très ferme, en février 2016, en affirmant, lors d’un déplacement en Allemagne, que « l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

(…) A tel point que, chez LR, de nombreux dirigeants estiment que la question va représenter l’enjeu principal des élections européennes en 2019. Comme lors des scrutins nationaux en Allemagne ou en Italie, qui ont vu, ces derniers mois, percer des mouvements d’extrême droite et populistes. « C’est un mouvement européen. Certains diraient une dérive populiste, d’autres un soulèvement des peuples. Le terrorisme et la montée du communautarisme ont changé la donne ».

(…) « Tu prends le programme du FN sur l’immigration, si tu ne dis pas que c’est le FN, je pense que les Français sont d’accord », considère d’ailleurs un proche du président de LR. Le même objectif est aujourd’hui poursuivi par l’exécutif. « Si on ne fait pas ça, ce sera le FN qui l’emportera la prochaine fois ! », a lâché Gérard Collomb, en janvier, devant des députés qu’il recevait à son ministère pour défendre son projet de loi asile-immigration. (…)

(…) Le Monde

Merci à valdorf

Immigration : regroupement familial élargi, l'article qui fâche
Des étudiants dijonnais libèrent leur fac bloquée par un groupuscule gauchiste

Derniers articles

Commentaires

X
Accueil
Menu