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Le ministre hongrois de la Justice : « La question de l’immigration est clé car elle touche à la composition de notre population. On voit bien que le multiculturalisme ne marche pas »

Mar
2018

INTERVIEW – Immigration, multiculturalisme… Le ministre de la Justice hongrois, qui fut ambassadeur à Bruxelles et à Paris, évoque ces sujets sensibles en Europe centrale.

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Laszlo TROCSANYI. -Depuis la vague de réfugiés de 2015, on fait le procès à la Hongrie d’avoir voulu contrôler sa frontière, qui est aussi la frontière extérieure de l’UE. Ce qui est en débat, c’est l’idée de la «société ouverte», ce modèle politique qui prône le multiculturalisme et les frontières ouvertes et met la défense de l’individu au-dessus de tout le reste. Nous sommes attachés aux libertés individuelles, mais nous pensons que d’autres éléments doivent peser: l’intérêt général, l’ordre public, la souveraineté nationale, l’identité culturelle. Nous avons en Europe centrale une vision différente de celle d’Europe occidentale, due à notre histoire. Nous n’avons pas connu le phénomène des colonies ni eu l’expérience d’une immigration de masse.

Est-ce l’islam qui fait peur à la Hongrie?

-Le multiculturalisme en Europe centrale suscite une vraie réticence, d’autant que nous observons que cela ne marche pas si bien que ça en Europe occidentale. Cela ne veut pas dire que nous sommes contre la solidarité. Nous avons accueilli énormément d’Ukrainiens depuis l’annexion de la Crimée et énormément de réfugiés des Balkans. Mais nous voulons contrôler notre frontière et ne comprenons pas que cela ne soit pas compris.

Pour nous, la question de la migration est clé, car elle touche à la composition de la population du pays, et donc du type de société dans lequel nous allons vivre, pas seulement aujourd’hui mais dans vingt ans. Est-il possible de forcer les États à accueillir des populations étrangères s’ils ne le veulent pas? C’est tout le débat que nous avons avec Bruxelles. Pour nous, ce sujet touche à la souveraineté nationale et à l’identité constitutionnelle de notre pays.

Mais la question se pose de savoir comment le christianisme et l’islam peuvent vivre ensemble. Nous avons certaines craintes et, pour nous, les racines chrétiennes sont importantes, or nous voyons aujourd’hui qu’à cause du multiculturalisme, l’Europe veut cacher sous le tapis ses racines, au prétexte que cela peut léser certains. Mais comme le disait notre ancien premier ministre Jozsef Antall, il ne faut pas oublier qu’en Europe, même les athées sont chrétiens, car c’est notre culture. Il faut la préserver.

Le Figaro

Merci à valdorf

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