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Éducation : Des classes surpeuplées ou supprimées partout en France pour dédoubler les effectifs de l’enseignement prioritaire en banlieue

01/03

Car la mesure-phare de Jean-Michel Blanquer dans le primaire, le dédoublement des CP de REP et REP + – mesure qui devait être progressivement étendue au CE1 dès septembre – est gourmande en postes. Certes le ministre en crée : 3 881 pour l’année prochaine, a-t-il annoncé, alors, souligne-t-il, que la démographie des élèves est en baisse. Pourtant, des classes vont fermer, voire des écoles entières. C’est le cas chaque année, et chaque année c’est la même émotion. Mais cette année, l’accusation de déshabiller Paul pour habiller Jacques revient comme un leitmotiv.

En Moselle, par exemple, 88 fermetures de classes sont envisagées, pour vingt ouvertures. Les postes supplémentaires créés ont tous été « avalés » par le fameux dédoublement. Le cas le plus emblématique est celui de Havange, un village de la vallée de la Fensch coincé entre le Pays-Haut (bassin de Longwy) et la frontière luxembourgeoise. La classe unique de la commune, qui compte 450 habitants, sera supprimée en septembre, faute d’un effectif suffisant. Là où il aurait fallu dix-neuf élèves pour son maintien, quinze enfants, seulement, ont été comptabilisés dans la perspective de la prochaine rentrée. « Fermer une classe revient ici à fermer l’école et ce n’est pas acceptable, car ce serait la mort du village », se désole Alain, parent d’élèves.

Au Sénat, l’élu lorrain Jean-Louis Masson (divers droite) a interpellé Jean-Michel Blanquer, mardi 20 février, lors de la séance de questions au gouvernement. « Dans la ruralité, on exige dix-neuf élèves pour maintenir une classe unique alors que dans certains quartiers urbains dits « sensibles », le gouvernement a fixé le seuil à douze élèves pour [les CP et les CE1, NDLR]. Eh bien, je le dis, c’est une honte ! » s’est étouffé le sénateur, dénonçant « une logique absurde et purement comptable ». Quant au maire d’Havange, Marc Ferrero, il ne décolère pas : « Je suis maire depuis 2001, j’ai moi-même fréquenté l’école du village, tout comme mes enfants. J’ai connu, en tant qu’élu, des périodes où les élèves étaient douze ou treize et jamais nous n’avons été inquiétés ! » et de conclure sévèrement : « Victor Hugo voulait fermer des prisons et ouvrir des écoles. Ce gouvernement fait tout le contraire. »

Tous les moyens sont en réalité phagocytés par les dédoublements de classes en zone REP et REP + et les effectifs moyens des autres classes explosent

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