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Le jeu toujours gagnant de Goldman Sachs

Déc
2009

Quatre jours avant la date donnée par le journal Le Monde pour la pseudo-découverte, par le New York Times, des secrets de la réussite de la banque Goldman Sachs en pleine crise des subprimes, l’économiste suisse Michel Santi en donnait déjà la clé.

Voici leurs articles respectifs.

I – Le Monde :

Goldman Sachs est une des rares banques américaines à avoir très peu souffert de la crise des subprimes.

Le New York Times a peut-être découvert pourquoi, mercredi 23 décembre. Selon le quotidien, Goldman Sachs et quelques autres banques – Deutsche Bank et Morgan Stanley – auraient vendu à dessein des produits à risque à des clients tout en pariant sur leur chute.

Ces titres étaient des obligations adossées à des actifs (collateralized debt obligation, CDO), constituées en grande partie de crédits immobiliers à risque, créées par les banques.

Conscientes du risque élevé de ces CDO qu’elles avaient pourtant elles-même créées, les banques ont misé parallèlement sur leur chute.

Quand la crise des subprimes a explosé en septembre 2007, les investisseurs qui avaient souscrit à ces titres ont tout perdu. Mais pas les banques, qui ont pu récupérer des sommes considérables auprès des assureurs.

Selon le NYT, une enquête a été ouverte par des membres du Congrès, la commission des opérations en Bourse (Securities and exchange commission, SEC) et l’Autorité de régulation de l’industrie financière (Finra). Les investigations en sont à leur stade préliminaire, mais les enquêteurs se concentrent sur une éventuelle violation des règles de transactions équitables de la part des banques.

Dans certains cas, les CDO semblent en effet avoir été volontairement constituées de crédits immobiliers particulièrement risqués. Une des CDO proposées par Goldman Sachs, sur laquelle la banque avait parallèlement parié à la baisse, lui avait ainsi rapporté 210 millions de dollars en mars 2008, dix-huit mois après sa création, selon le NYT.

Interrogées par le quotidien, les banques mises en cause se sont défendues en assurant « qu’il est normal qu’elles utilisent différentes techniques de trading pour se prémunir contre les risques de perte ».

Mais selon les experts interrogés par le NYT, les paris à la baisse des banques mises en cause étaient si élevés qu’il ne pouvait pas s’agir d’une simple façon de se prémunir contre des pertes, mais bien de paris contre les intérêts de ses propres clients.

Cet épisode montre en tout cas à quel point certaines banques, alors qu’elles avaient anticipé la crise des subprimes et le retournement du marché de l’immobilier, ont tout fait pour continuer à faire croire à leurs clients qu’il valait la peine d’investir dans ces crédits immobiliers à risques.

Le Monde

II – Michel Santi (19 décembre 2009) :

Les conditions financières favorables et à la limite de l’indécence mises en place par la Réserve Fédérale US, ont transformé les Banques Américaines en machines à faire des bénéfices, pilotées par des banquiers fiers de cette année 2009, dont les résultats ne sont en rien redevables à leurs talents.

Un rapport de l’organe de régulation Américain, cité il y a quelques jours par le Financial Times, dévoilait effectivement que Goldman Sachs n’avait eu que deux journées de pertes au second trimestre de l’année, alors que le troisième trimestre 2009 s’était soldé, lui, par une seul jour négatif!

Ce rapport détaillait ainsi les bénéfices de Goldman, qui avait généré plus de 100 millions de dollars sur 36 jours et plus de 50 millions sur 8 autres journées et ce, sur l’ensemble des 65 jours que compte le troisième trimestre 2009…

Il est vrai que Goldman est un établissement rôdé aux périodes fastes : n’avait-il pas ainsi distribué des prêts hypothécaires à environ 200.000 ménages Américains pour un encours de 40 milliards de dollars, tandis qu’il misait dans le plus grand secret, pour ses fonds propres, sur un effondrement du marché immobilier ?

Goldman avait même réussi l’exploit de promouvoir les titres pourris, alors côtés AAA auprès de sa clientèle privée et institutionnelle, lui permettant ainsi de se délester de l’ensemble de ses subprimes, peu avant l’implosion de la bulle en 2007.

L’organe de régulation Américain, la Securities and Exchange Commission, s’intéresse de très près aujourd’hui à cet établissement, qui distribuait activement des valeurs parmi sa clientèle constituée de fonds de pension, de syndicats, de compagnies d’assurance et d’institutions financières étrangères importantes, alors même qu’il spéculait sur les marchés contre ces mêmes titres vendus !

Goldman ayant fait distribuer ces titres par l’entremise de succursales localisées dans les Iles Caïman, afin de ne pas se conformer aux réglementations US, qui l’auraient contrainte à alerter sa clientèle sur ses propres prises de position, pour le moins antithétiques de sa politique commerciale…

Aujourd’hui, Goldman Sachs se bat contre une menace de démantèlement des établissements majeurs, les Too Big To Fail [trop gros pour faire faillite], menace qui reste toutefois bien hypothétique dans son cas, puisque nombre d’actuels et d’anciens hauts responsables politiques US sont issus de son giron.

Néanmoins, le patron actuel de Goldman, Lloyd Blankfein, défend son établissement qui ne serait actif, selon lui, que dans le domaine de la Banque d’Investissement, la preuve étant qu’il emploie 30.000 salariés quand les banques géantes, elles, – autrement dit, celles qui mériteraient selon lui d’être cassées – en emploient 200 ou 300.000 !

Pourtant, l’analyse des résultats officiels de Goldman Sachs révèle que sa partie  » Banque d’Investissement  » n’a généré au 30 septembre de cette année que 899 millions de dollars sur ses 12.300 milliards de revenus et ne représente, en conséquence, que 1.360 millions de dollars sur les 882 milliards de fonds propres de cet établissement…

Dans ces conditions, Lloyd Blankfein ne verrait certainement aucune objection à démanteler Goldman Sachs, pour n’y conserver que la Banque d’Investissement ?!

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