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L’Etat ne s’associera pas à la commémoration des « ratonnades » à Marseille de 1973

Jan
2018

Une plaque dévoilée dimanche rappelle l’attentat meurtrier contre le consulat algérien à Marseille en 1973. Un devoir de mémoire auquel l’État ne s’associera pas. Seule la mairie de Marseille devrait y envoyer un de ses adjoints.

Une plaque commémorative en présence de l’ambassadeur d’Algérie doit être apposée dans la cité phocéenne dimanche. Elle rappellera l’attentat de décembre 1973 contre le consulat d’Algérie dans lequel quatre personnes avaient été tuées et vingt blessées. L’attaque à la bombe contre la représentation diplomatique algérienne le 14 décembre 1973 fut l’épilogue d’une longue série de menaces et de violences à l’encontre des ressortissants algériens à Marseille. Prenant prétexte d’un fait divers impliquant un immigré*, des individus et des nervis d’extrême droite, chauffés à blanc par les médias et les politiques locaux, appelaient aux « ratonnades » contre les Algériens. Mitraillages de foyers et de bidonvilles ainsi qu’assassinats transformèrent la vie des immigrés en cauchemar.

L’État algérien décomptera près de 50 morts – la France, 16 – et 300 blessés en moins de six mois. Les autorités d’Alger ont accusé le président Georges Pompidou et le maire socialiste Gaston Defferre de passivité. À ce jour, la justice française n’a prononcé qu’une seule condamnation contre l’un des commanditaires de cet attentat. […]

Pour l’association locale Mémoire et Réconciliation, à l’origine de la cérémonie de dimanche, «il s’agit de participer à l’écriture d’une histoire commune en même temps que d’un devoir de mémoire, comme l’explique Fazia Hamiche, sa présidente. Au sein de notre organisation, nous sommes français, et il y a aussi des Algériens, des Franco-Algériens, des anciens et des jeunes.»

D’habitude, hauts fonctionnaires comme hommes politiques jouent des coudes pour être vus sur la photo lors des nombreuses commémorations que compte notre pays, et Marseille en particulier. Interrogées sur cette absence, les autorités jointes par Le Point n’ont pas souhaité répondre.

*NDLR : Le 25 août 1973,Salah Bougrine, un déséquilibré algérien, assassine un conducteur d’autobus, E. Gerlache, en l’égorgeant au couteau. (wikipédia)

Le Point

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