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Rennes : l’état civil de la mairie refuse un prénom breton

Jan
2018

Le procureur et l’état civil de la mairie de Rennes ont refusé d’enregistrer le prénom Derc’hen choisi par un couple pour son petit garçon, comme le relate « Ouest-France ».

À la naissance de son fils en août 2017, un couple rennais a voulu lui donner comme prénom de Derc’hen. Comme le raconte Ouest-France, les heureux parents, qui avaient choisi ce prénom depuis six ans, se sont pourtant heurtés au refus de l’administration de l’enregistrer en raison de la présence d’une apostrophe. Dans l’obligation de choisir un prénom rapidement, le couple a opté pour l’orthographe Derchen, refusant catégoriquement de changer de prénom et comptant sur la possibilité d’un recours.

Faute de pouvoir revenir sur ce choix, la famille a décidé d’alerter l’association Skoazell Vreizh (Secours breton), qui a contacté la mairie de Rennes. « Une personne élue de la majorité municipale nous a bien confirmé les faits et devrait nous communiquer l’argumentation juridique du procureur pour expliquer son refus du “c’h”, pourtant très répandu en breton », a expliqué l’association. Son président, Charlie Grall, a précisé que « ce refus du “c’h” est sans doute une première, car de nombreux prénoms bretons ainsi que des noms de famille s’écrivent avec un c’h et n’ont pas, à notre connaissance, posé de problème ces dernières années. »

Skoazell Vreizh fait également état d’une circulaire « listant les signes diacritiques autorisés », datant de 2014 et sur laquelle le procureur se serait appuyé. L’association explique être « intervenue auprès de la garde des Sceaux et ministre de la Justice, Mme Nicole Belloubet, pour lui demander de modifier cette circulaire ». Le ministère de la Justice avait expliqué à l’époque que « l’Académie française avait été sollicitée» lors de l’écriture de la circulaire et qu’elle a validé la liste retenue. « En attendant, deux familles qui ont librement choisi des prénoms bretons pour leurs enfants sont dans l’embarras, font face à des tracasseries et subissent une discrimination linguistique intolérable », ajoute l’association. […]

Le Point

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