Plein ecran

Régis de Castelnau : « Quand Churchill met nos « élites » face à leurs démissions »

20/01

La sortie du film Les Heures sombres consacré au Churchill des mois de mai et juin 1940 a provoqué un peu d’agitation dans le mainstream intellectuel français. Le Monde et Télérama en tête ont pincé le nez devant « ce film raté » et ce « navet hagiographique et patriotique ». Jean-Paul Brighelli, et d’autres avec lui, ont vu dans ces réactions une forme de rejet primaire. Je crois qu’ils ont tort, ceux qui se proclament les élites ont parfaitement vu le danger et analysé la force politique de l’œuvre.

« Nous ne nous rendrons jamais »

Grâce à la VOD (vidéo à la demande), la trêve des confiseurs m’a permis d’éponger un peu mon retard et c’est ainsi que j’ai téléchargé (légalement), Dunkerque, le film de Christopher Nolan sorti au début de l’été dernier. J’étais un peu méfiant à cause des commentaires de mes chers amis les historiens militaires qui sont tous de grands malades. Ça râlait ferme au sein de la secte, à cause de l’absence totale des Français dans le film, qui faisait effectivement l’impasse sur leur résistance qui avait considérablement aidé à l’évacuation des troupes anglaises. Prévention infondée, le film est remarquable, et s’il développe le point de vue anglais au niveau de la troupe, les Français, quoiqu’indirectement, sont présents. Ne serait-ce qu’avec la réplique sublime de l’amiral britannique, joué par le non moins sublime Kenneth Branagh, qui, constatant son devoir accompli avec l’évacuation terminée sur son secteur et malgré la captivité qui l’attend, refuse d’embarquer en disant : « je reste pour les Français ». Ma fibre patriotique étant facile à solliciter, j’étais dans des dispositions particulièrement réceptives, quelques jours plus tard, en allant voir le Churchill de Joe Wright. […]

Churchill, une leçon politique

La leçon politique est celle qui démontre subtilement pourquoi en juin 1940 la bourgeoisie et les élites françaises ont capitulé et trahi, et comment une partie de l’élite britannique, en résonance avec son peuple a fait le choix inverse, point de départ du chemin qui aboutira à aller, cinq ans plus tard, tuer la bête dans sa tanière.

La majorité au pouvoir en 1940 en Angleterre est celle des conservateurs qui, pour mener la guerre déclenchée par l’invasion allemande de la Pologne en septembre 1939, a maintenu sa confiance à Neville Chamberlain, pourtant l’homme de Munich et de la politique « d’apaisement » avec Hitler. Dans leur grande majorité, les conservateurs se défient de Churchill qui appartient certes à leur monde, mais leur apparaît comme un aventurier et un ivrogne. Ce qu’il est d’ailleurs probablement. C’est donc l’appui des travaillistes qui veulent un cabinet d’union nationale qui lui permet d’être désigné par le roi. Churchill est intronisé le 10 mai 1940, le jour du déclenchement de l’offensive allemande. Au bout de quelques jours, la défaite sur le continent est consommée. Les élites économiques et politiques anglaises sont terrorisées et persuadées que la défaite et l’invasion de leur île sont inévitables. Elles essaient compulsivement de convaincre Churchill de négocier et, à défaut, veulent le renverser en propulsant le défaitiste Hallifax pour sauver ce qui peut l’être. C’est-à-dire leurs intérêts étroits. Survivre en tant que caste au prix de la honte et de la servitude du plus grand nombre si nécessaire. […]

La trahison des clercs obscurs

Que notre bourgeoisie et nos élites, qui pratiquent depuis si longtemps la culture de la soumission, détestent ce film, c’est tout à fait normal.

Quatre présidents de la République successifs, le dernier, contre toute évidence politique et ne rechignant pas devant l’insulte, nous ont martelé que « Vichy c’était la France ». Proposition obscène nécessitée par la poursuite d’un projet européen sous domination allemande, et pour lequel, comme le dit très bien Bertrand Renouvin, fils de Compagnon de la Libération, on nous présente « des criminels vaincus érigés en victimes. Des vainqueurs désignés comme coupables ».

La bourgeoisie et les élites françaises avaient fait dès 1938 le choix de la défaite. Quoiqu’excessive et un peu sotte, le slogan : « plutôt Hitler que le Front populaire » renvoyait à une réalité, dont on trouvera une expression déjà très claire dans L’étrange défaite de Marc Bloch. Ce choix débouchera sur la défaite militaire, la capitulation et la trahison.

La suite ici. 

Article de Jean-Paul Brighelli : Le Churchill « patriotique » que Le Monde et Télérama n’ont pas aimé

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