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Quotas de logements sociaux : « La diversité serait-elle un risque et la fragilité, une menace ? »

13/09

Dans une tribune au « Monde », Bernard Devert, fondateur d’Habitat & Humanisme, explique que le gouvernement envisagerait de limiter les contraintes des communes en matière de diversité sociale : ce serait une grave erreur, politique et éthique.

« La diversité serait-elle un risque et la fragilité, une menace ? Alors, il faudrait penser que la sécurité naîtrait de l’enfermement et du repli sur soi »

Si la République est une et indivisible, il n’en demeure pas moins qu’elle consent à de véritables ghettos. Trop de logements à vocation sociale sont encore réalisés dans des périmètres qui focalisent la pauvreté. Concentrer sur de mêmes territoires des populations qui désespèrent de pouvoir être considérés comme des citoyens à part entière crée des quartiers de non-droit et fabrique cette montée inexorable des extrêmes, dont une des premières causes est le ressenti de l’oubli.

La loi Solidarité et renouvellement urbains (SRU) du 13 décembre 2000, en imposant aux communes un quota de logements sociaux, concourt à une réconciliation du corps social qui souffre non seulement du manque de logements, mais aussi de ces fractures qui le désarticulent au point de lui enlever toute cohésion.

Or, il aurait été question, alors que le gouvernement rend public cette semaine sa « stratégie logement », de repousser à 2025 la réalisation du quota de 25 % de logements sociaux, d’autoriser, pour les zones tendues, l’intégration des logements intermédiaires dans ce pourcentage. Mais réduire le champ d’application de l’article 55 de la loi SRU, ce serait priver les personnes en situation de fragilité de trouver un habitat dans les quartiers socialement équilibrés au sein desquels les chances d’insertion sont considérablement majorées.

Il est vrai que la loi SRU a toujours déchaîné les passions. Elle fut présentée par l’opposition de l’époque comme un danger pour la qualité de vie et l’habitat des Français. La diversité serait-elle donc un risque et la fragilité, une menace ? Alors, il faudrait penser que la sécurité naîtrait de l’enfermement et du repli sur soi, dont la carte scolaire donne un triste et inquiétant exemple. […]

Le Monde

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